On parle de "commissariat au plan". Retour à l'après guerre ? Vive De Gaulle ?
Quelle serait la mission d'un tel commissariat ? Reconstruire ce que, gouvernement après gouvernement, la réforme a détruit au nom du "libéralisme" ? Ce qu'Hamel et Prahalad appellent "compétences clés", les atouts quasiment culturels de la nation ?
Retour aux "facteurs de production" de "l'économie politique" ? Abandon de l'hypothèse d'un marché d'individus, les nations sont des êtres ?
Attendons pour voir ?
(Sur le commissariat au plan, en 1965 : Le plan ou l'anti-hasard. Et sur l'économie politique : l'oeuvre de Friedrich List. Hamel et Prahalad ? Competing for the future.)
mercredi 5 août 2020
Le grand bond en avant dans la démocratie locale ?
Dans la tradition française de "la fronde", les élus locaux font la nique à l'administration centrale. Il est possible qu'ils gagnent.
S'il y a eu conflit, c'est parce que les élus locaux sont dépensiers. L'Etat a voulu les contraindre à la vertu. Ils ont les torts qu'ils lui reprochent. Ils constituent une police municipale, une agence de développement, concurrente des chambres de commerce, ils offrent du pain et des jeux, ils se font construire un Versailles à la démesure de leur ego...
L'Etat a eu le tort de vouloir leur apprendre la responsabilité par la contrainte, ce qui ne marche jamais. Leur laisser la bride sur le cou au milieu de la crise la plus terrible que nous ayons eue en un siècle est sûrement le meilleur moyen de procéder. L'erreur ne pardonnera pas. Il faudra s'adapter vite ou périr. Ce n'est pas un changement, Grand timonier, mais une révolution culturelle !
Attachons nos ceintures...
(En fait, les réformes "libérales" ont dissout les "corps intermédiaires" (cf. l'administration des ponts et chaussées, les chambres de commerce, etc.). Mais le besoin demeurait ? Ce qui a encouragé les collectivités locales à les reconstituer ? Si l'on veut ramener la France à la vertu, il va peut-être falloir recréer ces organes intermédiaires, sans retomber dans une centralisation jacobine de leur programmation.)
S'il y a eu conflit, c'est parce que les élus locaux sont dépensiers. L'Etat a voulu les contraindre à la vertu. Ils ont les torts qu'ils lui reprochent. Ils constituent une police municipale, une agence de développement, concurrente des chambres de commerce, ils offrent du pain et des jeux, ils se font construire un Versailles à la démesure de leur ego...
L'Etat a eu le tort de vouloir leur apprendre la responsabilité par la contrainte, ce qui ne marche jamais. Leur laisser la bride sur le cou au milieu de la crise la plus terrible que nous ayons eue en un siècle est sûrement le meilleur moyen de procéder. L'erreur ne pardonnera pas. Il faudra s'adapter vite ou périr. Ce n'est pas un changement, Grand timonier, mais une révolution culturelle !
Attachons nos ceintures...
(En fait, les réformes "libérales" ont dissout les "corps intermédiaires" (cf. l'administration des ponts et chaussées, les chambres de commerce, etc.). Mais le besoin demeurait ? Ce qui a encouragé les collectivités locales à les reconstituer ? Si l'on veut ramener la France à la vertu, il va peut-être falloir recréer ces organes intermédiaires, sans retomber dans une centralisation jacobine de leur programmation.)
mardi 4 août 2020
Le bon progrès ?
La liste des certitudes qu'aura abattues le virus est sans fin. La façon dont nous faisons de la science est probablement l'une d'entre elles. Le problème que soulève l'affaire Raoult, surtout si l'on compare à la démarche de Pasteur, est qu'il est possible que nos techniques de test de l'innovation soient contre productives (les travaux de Pasteur n'auraient probablement pas été retenus).
Or, ces tests, s'ils sont susceptibles de bloquer le mouvement qui a fait la médecine moderne, ne prennent pas en compte les effets distants de l'innovation qu'ils choisissent. C'est ainsi qu'il faut des décennies pour découvrir que tel ou tel produit est cancérigène.
Comment résoudre ce paradoxe ? Si l'on reprend les travaux de JB. Fressoz, il semble que ce que le progrès a eu de mauvais, c'est qu'il s'est fait au détriment d'une partie de la population. Elle a servi de cobaye. En revanche, il a été "le progrès", il a changé notre vie, il nous est consubstantiel. Et il a été un moment d'enthousiasme et de fierté.
Et si le "bon progrès" était un saut dans l'inconnu, mais voulu par tous, en connaissance de cause ? Ne résultant pas d'une manipulation des esprits mais d'une adhésion réelle, d'un "comité citoyen" qui s'étendrait à l'humanité et qui serait spontané, ni animé, ni dirigé ?
Or, ces tests, s'ils sont susceptibles de bloquer le mouvement qui a fait la médecine moderne, ne prennent pas en compte les effets distants de l'innovation qu'ils choisissent. C'est ainsi qu'il faut des décennies pour découvrir que tel ou tel produit est cancérigène.
Comment résoudre ce paradoxe ? Si l'on reprend les travaux de JB. Fressoz, il semble que ce que le progrès a eu de mauvais, c'est qu'il s'est fait au détriment d'une partie de la population. Elle a servi de cobaye. En revanche, il a été "le progrès", il a changé notre vie, il nous est consubstantiel. Et il a été un moment d'enthousiasme et de fierté.
Et si le "bon progrès" était un saut dans l'inconnu, mais voulu par tous, en connaissance de cause ? Ne résultant pas d'une manipulation des esprits mais d'une adhésion réelle, d'un "comité citoyen" qui s'étendrait à l'humanité et qui serait spontané, ni animé, ni dirigé ?
La raison de M.Trump
D. Trump suggère de déplacer les élections américaines, pour cause de virus. On dénonce une manipulation.
Or, nous, Français, quand notre gouvernement a voulu maintenir nos élections municipales, alors que l'épidémie était encore incertaine, nous l'avons accusé d'irresponsabilité. Et, je n'ai pas voté. D'ailleurs, il a repoussé le second tour.
N'est-il pas légitime de se poser la question d'un report, alors que l'épidémie fait des ravages, si j'en crois les informations ?
Est-ce délibéré ? La tactique de M.Trump semble être d'amener ses adversaires, les intellectuels, à montrer que, dès que leurs intérêts sont en jeu, ils renient leurs principes.
(PS. Après 100 jours, sans malade du coronavirus, 4 cas sont détectés en Nouvelle Zélande. Réaction :
Or, nous, Français, quand notre gouvernement a voulu maintenir nos élections municipales, alors que l'épidémie était encore incertaine, nous l'avons accusé d'irresponsabilité. Et, je n'ai pas voté. D'ailleurs, il a repoussé le second tour.
N'est-il pas légitime de se poser la question d'un report, alors que l'épidémie fait des ravages, si j'en crois les informations ?
Est-ce délibéré ? La tactique de M.Trump semble être d'amener ses adversaires, les intellectuels, à montrer que, dès que leurs intérêts sont en jeu, ils renient leurs principes.
(PS. Après 100 jours, sans malade du coronavirus, 4 cas sont détectés en Nouvelle Zélande. Réaction :
)Daily coronavirus thread: New Zealand has deferred dissolving its parliament amid a new outbreak, the US saw its biggest jump in cases and deaths in four days and Texas became the third US state to record 500,000 cases. Follow our live coverage here: https://t.co/ROvVhrXdZL— Financial Times (@FinancialTimes) August 12, 2020
lundi 3 août 2020
Les vertus pédagogiques du virus
Pour une fois, je n'avais peut être pas tort. Je pensais que le virus nous aurait appris l'hygiène. Eh bien, j'entendais Patrick Pelloux, le représentant syndical des urgentistes, dire que cette nouvelle hygiène avait permis d'éliminer certaines affections qui s'emparent de nous en ces périodes.
Curieusement, en dehors du fait que j'utilise du gel hydro alcoolique lorsque j'entre dans une grande surface, les recommandations du gouvernement n'étaient pas très différentes de ce que je faisais depuis toujours. J'applique l'hygiène de mes parents, qui désinfectaient tout.
Mais alors, lorsque je suis malade, aurais-je été contaminé par "les autres" ? Faux frères ?
Nous n'allons pas revenir à la "normalité", parce que ce que nous considérions comme normal, zéro contraintes ?, ne l'était pas ?
Curieusement, en dehors du fait que j'utilise du gel hydro alcoolique lorsque j'entre dans une grande surface, les recommandations du gouvernement n'étaient pas très différentes de ce que je faisais depuis toujours. J'applique l'hygiène de mes parents, qui désinfectaient tout.
Mais alors, lorsque je suis malade, aurais-je été contaminé par "les autres" ? Faux frères ?
Nous n'allons pas revenir à la "normalité", parce que ce que nous considérions comme normal, zéro contraintes ?, ne l'était pas ?
Le virus va-t-il réveiller la science ?
Le gouvernement aurait-il réinventé le supplice chinois de la goutte d'eau ? La radio répète sans arrêt que le "virus est toujours là", et elle compte, cas par cas, les nouveaux malades, en nous promettant une "nouvelle vague". Cette méthode va-t-elle devenir la norme et être appliquée à la grippe, et aux épidémies qui nous frappent chaque année ?
Toujours est-il que le coronavirus aura été la Bérézina de la science. Des dizaines de millions de personnes ont été touchées dans le monde, et on en sait toujours aussi peu sur la maladie, sa propagation, les facteurs aggravants... L'Intelligence Artificielle, par exemple, qui défaisait champion du monde après champion du monde, démontrait l'imposture de Shakespeare, etc. a mordu la poussière.
En fait la science ne cherche pas. Elle a une solution : le vaccin. Elle lui consacre tous ses moyens. Il ne lui reste plus les moyens de penser.
Mais est-ce cela la science ? Et si, justement, le virus était l'occasion d'apprendre ce que nous ne savons pas ? Et si la science c'était le doute, et la soif d'apprendre pour le combler ? Mais comment faire de la science, quand tous les scientifiques sont salariés de multinationales ? Le virus nous aidera-t-il à trouver la solution ?
Toujours est-il que le coronavirus aura été la Bérézina de la science. Des dizaines de millions de personnes ont été touchées dans le monde, et on en sait toujours aussi peu sur la maladie, sa propagation, les facteurs aggravants... L'Intelligence Artificielle, par exemple, qui défaisait champion du monde après champion du monde, démontrait l'imposture de Shakespeare, etc. a mordu la poussière.
En fait la science ne cherche pas. Elle a une solution : le vaccin. Elle lui consacre tous ses moyens. Il ne lui reste plus les moyens de penser.
Mais est-ce cela la science ? Et si, justement, le virus était l'occasion d'apprendre ce que nous ne savons pas ? Et si la science c'était le doute, et la soif d'apprendre pour le combler ? Mais comment faire de la science, quand tous les scientifiques sont salariés de multinationales ? Le virus nous aidera-t-il à trouver la solution ?
dimanche 2 août 2020
Cowboy électrique
Pour PSA le coût de la voiture électrique doit baisser de 12.000€. (Article.) Ce qui est colossal.
Dans ces conditions, comment se fait-il que Tesla soit vu comme un tel succès, sachant qu'il ne jouit pas d'effet d'échelle ?
Probablement, parce qu'acheter Tesla, est un acte politique. Le prix ne compte pas. Les clients de Tesla se reconnaissent dans l'esprit de son fondateur. Eux aussi sont des êtres supérieurs, des "disrupteurs" du monde d'avant.
Mais ce monde d'avant est maintenant "d'avant avant". Pourrait-il redevenir le monde de maintenant ?
Dans ces conditions, comment se fait-il que Tesla soit vu comme un tel succès, sachant qu'il ne jouit pas d'effet d'échelle ?
Probablement, parce qu'acheter Tesla, est un acte politique. Le prix ne compte pas. Les clients de Tesla se reconnaissent dans l'esprit de son fondateur. Eux aussi sont des êtres supérieurs, des "disrupteurs" du monde d'avant.
Mais ce monde d'avant est maintenant "d'avant avant". Pourrait-il redevenir le monde de maintenant ?
Louis Pasteur
Il semblerait que l'on ne soit pas sûr que le traitement par Pasteur de la rage ait suivi un protocole très scientifique, ai-je cru comprendre. (Une émission de France Culture.)
Mais, voilà, Pasteur a fait avancer la science. Ce qui rappelle ce que dit Jean-Baptiste Fressoz : le progrès scientifique n'a pas été tel qu'on le pense. Il n'a pas été très scientifique, et il a coûté cher à l'espèce humaine, qui en a fait les frais. Mais il a fini par réussir. Il n'y a pas de progrès sans saut dans l'inconnu, et nous n'y sommes plus prêts ?
Mais, voilà, Pasteur a fait avancer la science. Ce qui rappelle ce que dit Jean-Baptiste Fressoz : le progrès scientifique n'a pas été tel qu'on le pense. Il n'a pas été très scientifique, et il a coûté cher à l'espèce humaine, qui en a fait les frais. Mais il a fini par réussir. Il n'y a pas de progrès sans saut dans l'inconnu, et nous n'y sommes plus prêts ?
samedi 1 août 2020
Notre avenir : le système D ?
Quand va-t-on retrouver la normale ? se demandent les entreprises que je rencontre. Pour moi, la normale était anormale, et c'est ce qu'a démontré le virus.
Mais, parler de "nouvelle normale" est idiot, car s'il y en a une, c'est un problème de long terme, et, "à long terme, nous sommes tous morts", disait Keynes : notre vie va être faite de coups de Trafalgar. Déjà, on voit de quoi il s'agit : on soupçonne un cas de coronavirus, on ferme un restaurant, une entreprise, on suspend un événement... et alors on se retrouve pris dans le chaos technocratique français, normes inapplicables, cabinets d'analyse saturés... Il va donc falloir ne plus compter sur rien, et redécouvrir pourquoi "système D" est intraduisible.
Mais, parler de "nouvelle normale" est idiot, car s'il y en a une, c'est un problème de long terme, et, "à long terme, nous sommes tous morts", disait Keynes : notre vie va être faite de coups de Trafalgar. Déjà, on voit de quoi il s'agit : on soupçonne un cas de coronavirus, on ferme un restaurant, une entreprise, on suspend un événement... et alors on se retrouve pris dans le chaos technocratique français, normes inapplicables, cabinets d'analyse saturés... Il va donc falloir ne plus compter sur rien, et redécouvrir pourquoi "système D" est intraduisible.
Les dieux ont soif
Oeuvre d'Anatole France, publiée en 1912, lue par Michel Bouquet (en 1954).
Histoire d'un juré d'un tribunal de la Terreur. Un pur. C'est sec, rapide, jamais de temps mort. Tout s'enchaîne comme une mécanique impitoyable. Quel talent ! C'est saisissant de vraisemblance. C'est effrayant, surtout. On y entend les procès staliniens. Moments, menace permanente, où l'humanité est prise de folie. Aliénée par la croyance en un absolu, elle devient inhumaine. Puis elle oublie. Ce qui est peut-être encore pire.
Histoire d'un juré d'un tribunal de la Terreur. Un pur. C'est sec, rapide, jamais de temps mort. Tout s'enchaîne comme une mécanique impitoyable. Quel talent ! C'est saisissant de vraisemblance. C'est effrayant, surtout. On y entend les procès staliniens. Moments, menace permanente, où l'humanité est prise de folie. Aliénée par la croyance en un absolu, elle devient inhumaine. Puis elle oublie. Ce qui est peut-être encore pire.
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