lundi 20 mai 2013
Renaissance de l’impérialisme japonais ? Europe, au bord de la dislocation ?
dimanche 9 août 2009
Iran et Europe
L’Iran juge des ressortissants européens dans le cadre de procès qui ressemblent fâcheusement à ceux de Staline. L’Iran pose un difficile problème à l’Europe : que faire ?
L'Iran a trouvé le point faible de l’Europe : l’Europe n’est pas une puissance, au sens où ses décisions ne sont pas suivies des résultats qu’elles appellent. C'est pour cela qu'elle évite ordinairement d'en prendre. C’est ennuyeux, car son bouclier habituel, les USA, a une crédibilité en berne, est en crise, et n’a peut-être pas des intérêts très conformes à ceux de l’Europe. L’Europe est d’autant plus faible qu’elle a sûrement beaucoup d’otages potentiels (notamment économiques – ceux qui rendent lâches les gouvernements) en Iran.
En fait, voilà exactement l’exercice qu’il faut pour construire une Europe-puissance :
- Elle est provoquée, elle doit réagir, sous peine de perdre toute crédibilité. Plus important : elle ne peut pas laisser ses ressortissants se faire insulter.
- Mais cette réponse ne doit pas affermir le régime iranien, qui va l’utiliser pour montrer à son opinion que l’Occident est hostile, et que les accusations des procès étaient fondées, afin de souder sa population derrière lui.
- Et elle doit prendre en compte les mesures de rétorsions qu'infligeront les Iraniens aux intérêts et aux ressortissants européens. Leur impact doit être évalué et des solutions trouvées pour que leurs effets ne nuisent pas à l’objectif recherché.
Cependant, il existe des facteurs favorables aux Européens, qui sont justement ceux qui expliquent l'attitude du gouvernement iranien : ce régime est extrêmement faible. Non seulement il fait face à une opposition qui pense avoir gagné les élections, mais Amadinejad est contesté par les ultras. Son lien avec Kameneï, qui lui aussi doit être sur un siège éjectable, pourrait être relativement ténu. Juste une question d’intérêt à court terme.
Curieusement, l’Europe doit retrouver ses réflexes de puissance coloniale, mais elle ne peut plus utiliser ses armées comme à l’époque où ses ambassades étaient encerclées par les Boxers, elle doit apprendre à jouer avec les règles de la démocratie pour arriver à ses fins. Il suffit qu’elle réussisse une seule fois pour qu'elle sache dorénavant comment se faire respecter. Les intérêts de ses ressortissants, et de son économie, s'en porteront bien mieux.
Compléments :
- Le point actuel de mes réflexions sur l’Europe : Quelle stratégie pour l’Europe ?
- Derniers événements en Iran : EU hits out at Tehran over trial.
lundi 15 juin 2009
Que penser de l’Iran ?
Dans un précédent billet, je trouvais l’Iran assez démocratique. Les résultats de la dernière élection connus, est-ce toujours le cas ?
- Y a-t-il eu manipulation des résultats ? Personne n’en sait rien. Il est possible que l’Occident ait exagéré la force de l’opposition parce qu’il lui était plus facile d’approcher les classes moyennes que le peuple.
- Ce qui est surprenant est la taille d’une victoire au premier tour, alors que, si mes souvenirs sont bons, la précédente élection de M.Amadinejad avait été une surprise. Or, cette fois ci, l’opposition semblait importante et déterminée.
- D’ailleurs, cette opposition est visiblement extrêmement mécontente, puisqu’elle est prête à risquer sa vie pour ses idées. Or, une démocratie ce n’est pas qu’un choix à la majorité, c’est aussi la capacité de représenter la diversité d’une population, qui fait sa richesse (l’Iran n’aurait pas grand avenir si elle n’était peuplée que de paysans).
On fait fréquemment l’erreur de penser que parce qu’un parti politique est élu démocratiquement, ce parti est démocratique. Il ne l’est que s’il est capable de se faire battre. Sinon, comme le parti nazi, c'est une dictature.
Si c’est le cas pour l'Iran, et si l’argument du précédent billet est juste (M.Amadinejad a été fait par M.Bush), il y a ici un sérieux avertissement : nous avons intérêt à manipuler avec prudence les démocraties fragiles, sous peine d’en faire des dictatures.
Complément :