George Bush ou le changement ? Aujourd'hui les Américains se rappellent de lui avec nostalgie. En son temps, les présidents n'étaient pas haïs par la moitié de l'électorat. Le pays était plus sage qu'aujourd'hui.
Pourtant, George Bush était risible, disait la presse de l'époque. Et le ridicule a peut être tué sa tentative de réélection. Quelle leçon en tirer ?
Affichage des articles dont le libellé est Bush. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bush. Afficher tous les articles
dimanche 2 décembre 2018
mardi 6 octobre 2015
Bushismes
Bushisme. Je découvre. Certainement avec retard. George Bush semble avoir une exceptionnelle mauvais maîtrise de la langue. Il est non seulement victime de lapsus, mais il emploie un mot pour un autre.
Pour n'importe qui d'autre, un tel défaut aurait été un handicap fort. Pourquoi cela n'a-t-il pas été le cas pour lui ? Lui qui était le "commander in chief" de la plus puissante armée mondiale, et qui s'en ventait, et qui a utilisé ses pouvoirs sans complexes ? Et s'il avait réussi justement du fait de ses défauts ?
(Mon favori : "nucular power pants", les pantalons à énergie nuculaire. Ils mériteraient d'être inventés.)
dimanche 9 août 2015
Népotisme et politique
Etre "parent de" en politique. Emission de France Culture samedi dernier. Intéressante comparaison entre la France et les USA.
En France, être "parent de" est très mal vu. Pas aux USA. On l'oublie en France, mais la politique aux USA ne se réduit pas à la présidence de la fédération. Ce n'est pas que la famille Bush contre la famille Clinton. Certains maires, certains gouverneurs... sont extrêmement puissants. Et il existe des dynasties locales, qui ne sont pas sans rappeler les dictatures bananières. Un maire pouvant passer sa vie au pouvoir, sans opposition crédible. Jusqu'à ce qu'un de ses descendants le remplace.
Hypocrite démocratie ? Car ce qui est compliqué en politique n'est pas se faire élire, mais parvenir à être candidat à une élection. Or il est infiniment plus facile pour un "parent de" (ou un "ami de") d'être candidat que pour vous ou moi.
Dans ces conditions, pourquoi les Américains tolèrent-ils mieux le népotisme que nous ? Je me demande s'il n'y a pas du culturel là-dedans. Les grandes familles françaises ne tendent-elles pas à être haïssables ? Elles défendent des avantages acquis. Comme celles d'ancien régime, elles croient tenir leur légitimité d'un "droit" inné. Elles ne produisent que des "fruits secs". Aux USA, ces familles savent que rien n'est définitivement acquis. Donc, elles soignent leur image. Surtout, elles font fructifier le talent de leurs membres les plus brillants. Ce sont leurs représentants. Gestion de marque ?
dimanche 27 octobre 2013
Nouvelles du monde : toujours aussi sombres...
L’Europe est obsédée par la dette de ses Etats alors que c’est
la dette de ses entreprises et de ses citoyens qui est dangereuse,
dit The Economist. Pendant ce temps, l’entreprise américaine joue avec les lois
(et avec le feu ?). Entreprise (américaine), comment ne pas payer d’impôts ? Un montage qui permet de distribuer ce que l'on gagne est de plus en plus utilisé. C’est une association qui ressemble à un
fonds d’investissement. (Ou à une expédition pirate ?) Du coup, l’entreprise est totalement dépendante du
marché. (Comment peut-elle procéder à des investissements à long terme dans ces
conditions ?) L’édifice dépendrait d’une interprétation habile de la loi, du bon
vouloir du législateur, et de réseaux relationnels. Et la finance, c’est un casino. Une
de ses activités est le « spread betting » : parier sur les
mouvements des actions, entre autres.
Le Canada et l’UE ont conclu un partenariat de libre échange
qui devrait établir un précédent. Il libéralise ferme, notamment les services. Faut-il
s’étonner, lorsqu’un événement aussi important pour nos vies est passé sous
silence, que l’on puisse craindre la prise de l’UE par les extrémistes ? En
tout cas, pour la combattre, The Economist encourage les gouvernements
nationaux à défendre l’UE et à affronter les eurosceptiques. L’alternative, une
UE politisée, serait contre-productive.
En Allemagne, grande coalition. 80% des voix à l’assemblée. De
quoi changer la constitution. L’opposition, elle, ne pourra plus se faire
entendre. En France, le chemin de croix
de M.Hollande est sans fin. L’affaire Léonarda montrerait « les limites du compromis ». (Tournant ?)
En Angleterre, le gouvernement veut décourager l’immigration en lui rendant la
vie impossible. Aux USA, un
développement informatique pourrait réussir là où les Républicains ont échoué.
Abattre Obamacare. Car il dépend d’un site web, qui ne parvient pas à
fonctionner. (Grand classique !) En revanche, lors des prochaines
négociations concernant la dette de l’Etat, une partie des Républicains est prête
au compromis. Puerta Rico pourrait faire faillite.
Nouvelles encourageantes ? La BCE teste la solidité des
banques européennes. Jeu dangereux. Mais « le plan de la BCE va vraisemblablement renforcer la confiance dans les
banques de la périphérie ». Les fonds de pension devraient investir
dans les infrastructures de transport. Ce que ne peuvent plus faire les
gouvernements. Mais trop risqué. Alors, créons une banque d’investissement
nationale dont les fonds achèteraient les obligations.
M.Singh, premier ministre indien, est sur le départ. Ne
pouvant agir à l’intérieur il semble s’être rabattu sur la politique
extérieure. Partenariats locaux visant à contrebalancer les menées chinoises.
Son successeur pourrait ne plus, même, avoir cette latitude… Confirmation, Vietnam
= Chine, sans son élite éclairée. Quant au Laos, désertification, pauvreté, « kleptocratie »,
30% des terres vendues aux étrangers… Et « un tiers du pays toujours contaminé par des munitions américaines qui n’ont
pas explosé ». (Ce qui ne le prédispose pas à écouter les voix de la
démocratie ?) Aidé notamment par Zodiac, le Mexique veut acquérir des
compétences de sous-traitance aéronautique. Les éditions universitaires sont en
déficit. Victimes de l’augmentation des prix des journaux scientifiques, qui
diminue les ressources des bibliothèques. Pour vendre en Afrique, il faut être
du coin. Au Bengladesh, les conditions de travail dans l'industrie textile sont toujours aussi
mauvaises. Mais, baisse des prix et manque d’investissement font qu’on ne peut
pas les améliorer.
Élever un enfant ? Mission impossible aux USA. Le gamin y est intraitable. Mais on vient de découvrir une contre-mesure. Il est totalement dépendant des jeux électroniques. Il suffit donc de leur faire dire ce qui est bon pour la santé. Pierre Omydiar d’eBay utilise son argent pour construire notre
monde selon son goût. Biographie de M.Bush. Son mauvais génie fut M.Cheney. Mais, il est
parvenu à s’en débarrasser en fin de mandat. (Je note que ce que j’avais cru
comprendre à l’époque est assez près de cette analyse.)
Mots-clés :
Bengladesh,
Bush,
éducation,
EU,
Hollande,
Laos,
Mexique,
Omydiar,
Singh,
The Economist,
USA
vendredi 12 octobre 2012
Union Eropéenne, prix Nobel, militant
L’EU reçoit le prix Nobel. Le Comité Nobel ne récompense plus une vie, il influence le monde pour qu’il mérite le Nobel ? N’est-ce pas pour cela qu’Obama a reçu le Nobel de la
paix ? Afin qu'il ne poursuive pas les guerres de Bush ? Ou que l’action anti-Bush de Paul Krugman a été récompensée ? Afin de montrer que la pensée néolibérale n’était pas seule au monde ?
Et voilà que l’on commence à soupçonner Mme Merkel de suivre
un peu trop son intérêt électoral à court terme. Ce que dit The Economist du
rapprochement EADS / BAE qu’elle a empêché : « Les explications
possibles incluent sa prudence personnelle, la répugnance des électeurs
allemands pour l’industrie de l’armement, et surtout la suspicion que l’âme de
la nouvelle entreprise serait plus anglo-française qu’allemande. Tout ceci
devrait inquiéter les Européens. Si une fusion globalement logique peut échouer
du fait de raisons insignifiantes, quel espoir pour une union bancaire ? »
lundi 1 octobre 2012
Politique, pharmacie, Warren Buffett, retraités et quelques autres
Affligeants politiques, semble dire The Economist. Ils n’obéissent
qu’à leur seul intérêt, d’une inconcevable médiocrité. Caractéristique certaine :
s’opposer à l’intérêt général. Ici Mme Merkel détricote le mécanisme que la zone avait mis en place pour éviter la dislocation. Là , M.Rajoy fait preuve à la fois d’incompétence
et d’un sens de
l’honneur pitoyable. Et que dire de l’Inde ? Un magma de partis corrompus.
On a retrouvé M.Kohl. Dans une chaise roulante, incapable de parler. Il a été
victime d’un accident de cuisine. Visiblement c’était un tyran domestique, haï
des siens. Curieusement, l’article se fait l’écho d’une de mes théories :
sa gestion de la réunification allemande pourrait être à l’origine de la crise
de l’euro. Il y a aussi des élections en Géorgie. Un suppôt de Bush y affronte
un milliardaire inquiétant. Aux USA, les élections ne sont plus une question d’idées
mais de logistique : chaque camp recrute des électeurs avec des moyens et
une efficacité américains. La
perfide Albion partage ses ambassades avec sa colonie
canadienne. Décidément, elle n’est pas européenne. Le LDP japonais choisit comme
candidat premier ministre un ancien premier ministre qui s’est ridiculisé, ce
que compense sa haine des Chinois. En Argentine, où l’inflation atteint 25%, la
présidente, qui vit d’expédients, est chahutée. Mais la situation économique du pays devrait s'améliore, et la sauver. En politique, le crime ne tue pas. C’est peut-être
Hugo Chavez qui paraît le plus honnête de la bande. Certes , il ne
laisse pas de place à l’expression de son opposition, mais au moins les
élections sont libres.
Il y a pire que la politique : l’industrie
pharmaceutique (chronique du livre Bad
Pharma de Ben Goldacre). Le processus d’approbation et de diffusion des
médicaments serait parfaitement manipulé. Si bien que le médecin a peu de moyens
de connaître le degré de nocivité ou d’efficacité de ce qu’il prescrit : « des gens (…) meurent pour rien ». On
a d’ailleurs expliqué pourquoi la pharmacie mais aussi l’éducation consomment
de plus en plus de nos revenus. Elles ne connaissent pas de gains de productivité.
Mais leurs salaires suivent ceux des industries qui en connaissent. Intelligent,
mais ça ne me semble pas toute la réalité. « Les industries à productivité »
l’ont trouvée dans l’exploitation des pays émergents. Les couches supérieures
de l’entreprise se sont enrichies au détriment des couches inférieures. Les
universitaires, les cadres du pharmaceutique… voyant que des gens de même diplôme
gagnaient beaucoup ont voulu faire de même.
Le secret de Warren Buffett est connu ! Les fonds de
retraite n’ayant pas le droit de s’endetter, pour ne pas prendre de risques, ils sont contraints d’acheter des
actifs risqués pour avoir un fort retour sur investissement. Ce qui laisse à Warren
Buffet les titres sans risque, et sous évalués ! En outre, il possède une
activité d’assurance, qui lui permet d’emprunter à un taux record. D’où gros « effet
de levier ». Malin.
Tout aussi lucratif. Les Baby boomers arrivent à la
retraite, après un hold up. Ils ont beaucoup gagné, parce qu’ils ont eu peu d’enfants,
et ont été jeunes à une époque où il y avait peu de retraités. Maintenant, ils
utilisent leur poids politique pour faire payer les jeunes. Le déséquilibre ne
sera bientôt plus tenable. Nous aurions le choix entre l’inflation et la crise. En revanche, Steve Jobs est bien mort. Pour la première
fois, Apple sort un produit, un logiciel cartographique, qui n’est pas au point
(ce que je confirme). Apple devient une entreprise ordinaire ?
Article sur l’Inde. Elle aurait tout accepté de l’Occident,
sauf la logique économique, qui lui est imperméable. Ce que regrette The
Economist, qui lui prédit l’avenir des USA, si elle se transforme. N’a-t-elle
pas tout pour lui ressembler ? Sauf un rêve : s'enrichir. En Chine, il ne fait pas bon être dans le
hit parade des milliardaires : cela attire sur vous l’attention de l’Etat…
Une histoire de robots, pour finir. On aurait trouvé le
moyen de réduire massivement leur prix (22.000$). Bonne nouvelle pour l’automobile,
qui en consomme beaucoup. Apparemment, le nouveau robot serait capable de détecter les
obstacles et aurait des articulations non rigides, faciles à guider
manuellement. Donc, plus besoin de système de programmation compliqué et de
protection.
Mots-clés :
Buffett,
Bush,
Chavez,
euro,
Géorgie,
Goldacre,
Inde,
industrie pharmaceutique,
Japon,
Jobs,
Kohl,
Merkel,
Rajoy,
The Economist,
UE
lundi 10 septembre 2012
Mythes et idéologies du cinéma américain
Voici un livre (de Laurent Aknin, Vendémiaire, 2012), qui psychanalyse
l’Amérique au travers de ses films de « fantasy » - science fiction,
horreur, péplum et superhéro.
On y voit, effectivement, qu'ils évoluent au gré des
humeurs, des états d’esprit, et des événements. Peut-être, même, servent-ils à
la nation, collectivement, à accepter et à dépasser les drames qui secouent ses certitudes, et la vision qu'elle a d'elle-même. En particulier, le 11
septembre a été un choc terrible qui a marqué de son empreinte quasiment l’ensemble
de la création de cette décennie.
On y voit aussi s’exprimer les fantasmes nationaux, comme la
passion sado/masochiste de la
torture. Et que les superhéros, les zombies et les
extraterrestres sont un moyen pour des réalisateurs, de gauche, de régler leurs
comptes avec le pouvoir, quand il est tenu par George Bush.
Cinéma d’une culture au croisement entre Bible et bande
dessinée, il reflète la vision naïve qu’à l’Américain d’un monde qui se réduit
à son pays, d’une apocalypse qui attend au coin de la rue, et d’une lutte du
bien et du mal, dont il est le champion. Mais voilà que les superhéros ont
perdu leur perfection. Ils ont été contaminés par les faiblesses humaines. « Le sentiment dominant de ce cinéma est l’inquiétude
(…) il s’agit surtout de l’angoisse intérieure d’un pays qui se sent sur le
déclin. »
Est-ce vraiment le déclin qui fait peur à l’Amérique ?
Ou son bel optimisme vacille-t-il au spectacle de ses actes et des revers qu’elle a subis ? En est-elle arrivée à douter de son élection divine ? me suis-je demandé.
lundi 19 mars 2012
Campagne du troisième type
N.Sarkozy nous promet de rejouer la bataille de Poitiers et
de dissoudre l’Europe, F.Hollande fait de vagues déclarations généreuses, sans cohérence
apparente. Ce que cette campagne présidentielle a d’étrange est qu’elle ne semble
s’intéresser à rien de sérieux.
Éduquer la raison humaine était le projet de J.Jaurès, et
des instituteurs de la 3ème République… M.Hollande aurait-il perdu
son âme ? Ou, M.Sarkozy l’a-t-il pris au piège de sa propre tactique,
celle de l'irrationalité ?
Il se peut d’ailleurs que, pour une partie de la population,
un homme qui s’agite et vocifère, ce soit bien. « C’est un des nôtres » ?
Le contenu ne compte pas ? Que N.Sarkozy puisse faire « peuple »
est extraordinaire quand on pense à ses origines. Quel talent ? (Mais pas
unique : c’était aussi le cas de George Bush.)
Par contraste, François Hollande semble transparent. Cela ne
veut pas dire forcément qu’il n’a pas de conviction. Mais, contrairement à N.Sarkozy
qui crée l’événement, il paraît évoluer au gré des vents, c’est l’autre qui lui
fournit l’énergie dont il a besoin. Yin et Yang ?
vendredi 24 février 2012
Tactique de Nicolas Sarkozy : le modèle américain ?
Hier soir, la radio du taxi qui me ramenait chez moi parlait des dernières déclarations de M.Sarkozy. J'ai eu l’impression de me retrouver à l’époque du PC.
Et si cette tactique était un avatar de la stratégie utilisée par les Républicains contre M.Obama ?
Lorsque M.Obama a été élu, on aurait pu croire que les Républicains, associés à George Bush, allaient traverser une période de prostration. Pas du tout, ils ont été d’une agressivité redoutable. Agressivité dont la caractéristique remarquable était une totale absence d’honnêteté intellectuelle. Et cela a remarquablement bien marché. D’autant mieux que M.Obama a jugé ce comportement indigne de la vision qu’il avait de l’Amérique et de son rôle. Il n’y a donc pas répondu.
La France est-elle l’Amérique ?
Compléments :
mercredi 23 novembre 2011
Criminalité et systémique
Massacres entre gangs de Boston. Racaille irrécupérable, pensait la famille Bush et quelques autres.
Un universitaire a découvert qu’il n’y avait là que des gens ordinaires, pris dans une logique de violence dont aucun ne pouvait se tirer seul.
La police est intervenue brutalement. Message : nous troublerons vos affaires tant que vous vous entretuerez. Les violences se sont apaisées. (The power of jaw-jaw)
Dilemme du prisonnier et conduite du changement…
samedi 3 septembre 2011
Cheney et Biden
Pourquoi Georges Bush nous a-t-il amené au bord du chaos ? Parce que Dick Cheney, son vice président, était un homme d’entreprise et d’efficacité, qui a su immédiatement mettre en œuvre ses décisions.
Pourquoi Barack Obama n’arrive-t-il pas à sortir son pays de la crise ? Parce que Joe Biden, son vice-président, est un politique qui se sent bien dans le chaos. (Dick Cheney’s memoirs)
En fait, il est possible que ces attitudes soient propres au libéralisme.
- La première pense que le bien doit être imposé d’en haut à une masse porteuse du mal. La seconde estime que c’est une forme de paralysie, résultat d’un équilibre des forces entre individus égaux, qui produit le bien.
- L’affrontement entre elles est vieux de plus de vingt cinq siècles.
Compléments :
- On remarquera que chacune se justifie par l’autre : les dirigistes le sont pour éviter le chaos, et les chaotiques pour éviter le totalitarisme.
- Sahlins Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradigm press, 2008.
- En France, cette opposition se lit probablement dans les programmes du PC et du parti gaulliste d’une part, et du PS et de la droite libérale (ex UDF), d’autre part. Sur la droite, en parfaite illustration : Rémond René, Les droites aujourd’hui, Points, 2007.
dimanche 22 mai 2011
Obama, dominos et Moyen Orient
J’entendais il y a quelques jours la radio dire que B.Obama aimerait utiliser l’argent du FMI pour aider les démocraties du Moyen Orient, plutôt que les vieux pays européens. (Lui-même étant trop endetté pour faire quoi que ce soit de charitable.)
Pour certains, la manœuvre est imprudente : une Europe qui s’effondre entraîne la planète avec elle. Mais l’idée n’est pas idiote : si le Moyen-Orient devenait démocratique, les dictatures et les terroristes régionaux perdraient leur raison d’être, et Israéliens et Palestiniens seraient forcés de s’entendre.
En fait, c’est un retour à la théorie des dominos de G.Bush.
Mais ce dernier n’avait pas compris que l’on n’impose pas le changement par la force. Par contre, s’il se produit, on peut l’encourager. Dommage que les USA se soient ruinés.
lundi 2 mai 2011
Histoire du déficit américain
L’unité de déficit américain est maintenant le millier de milliard.
Un grand coupable de cette situation semble être George Bush. Quant il est arrivé au pouvoir l’État connaissait un surplus. Il a décidé de le rendre au peuple par des réductions d’impôts. Mais il s’est aussi engagé dans de grandes dépenses (à commencer par deux guerres). Lorsque la crise est survenue, le trou était sans fond. D’autant qu’il n’avait pas non plus pensé que les baby boomers partiraient à la retraite.
Question : et si le système électoral américain avait fonctionné correctement, et si M.Bush n’avait pas été élu ?
mercredi 16 mars 2011
Quel est notre avenir ?
On demande aux enseignants anglais de détecter les ferments subversifs dans les dissertations de leurs élèves, disait la BBC. Inattendu de la part d’un pays qui vend les tickets des Jeux Olympiques aux plus offrants (la loi de l’offre et de la demande, vous savez).
Depuis ses origines ce blog pense que notre monde oscille entre deux extrêmes. L’un dit que l’individu est tout, l’autre qu’il n’est rien sans la société. L’après guerre a été la victoire du second, l’après 68 celle du premier. L'après 2008 me semble être un nouveau retour de balancier. Je pense même qu’il est bien engagé.
Ce qui m’étonne depuis longtemps est que 68 fut un mouvement de beatniks dénudés, et qu’il a fait triompher le marché, l’argent, et une classe ultra-riche et ultra-matérialiste. Est-ce fatalement cela l’individualisme ?
J’ai fini par ne pas le penser. Il me semble, comme je l’observe dans l’entreprise, que le changement « sourit à l’esprit éclairé ». La dislocation sociale de 68 a profité aux puissances économiques, parce qu’elles étaient fortes, déterminées et concentrées sur un objectif simpliste. De même l’après 45 a été technocratique, parce que la science avait gagné la guerre. Elle a donc imposé sa marque à la réaction « collectiviste » du monde aux affres de l’individualisme post 18.
À quoi ressembleront les 30 prochaines années ? Quelle est la force qui leur imposera sa forme ? Pas évident.
- Les pays émergents ? Ils ne semblent pas avoir de philosophies propres (sinon se replier sur eux, pour l’Asie ?).
- Les fondamentalistes ? Les exemples de MM.Ben Laden, Bush, Cameron ou Sarkozy semblent nous dire que le fondamentalisme ne donne au mieux que le Jihad ou le chaos.
- Il est possible que notre collectivisme, répondant à des excès moindres que ceux d’avant guerre, soit modéré. Il sera probablement inspiré, comme les précédents, par des idées (et des individus) simplistes. Ce sont celles qui passent le mieux.
dimanche 13 mars 2011
Changement en Arabie Saoudite
L’Arabie Saoudite serait le principal barrage à la démocratisation du Moyen Orient. S’il craque, les régimes environnants seront emportés par les forces démocratiques, en premier lieu l’Iran et la Palestine. Et l’Amérique n’aura plus de raison d’avoir une politique pour la région.
Qu’est-ce qui empêche une transformation du pays en une monarchie constitutionnelle ? L’anxiété d’apprentissage des 7000 princes qui vivent à ses dépens. (Article.)
Deux réflexions :
- L’Arabie Saoudite paraît avoir la mission d’étendre ses valeurs au monde (billet précédent). Sa résistance au changement pourrait être très supérieure à ce qu’envisage l’auteur de l’article.
- Dominos de George Bush ? La démocratie gagne le monde. S’il avait, peut-être, vu juste, il a mal joué. Ses initiatives ont freiné le mouvement, et les USA sont à tel point enlisés qu’ils ne peuvent plus mettre leur armée au service de quelque cause que ce soit.
mardi 8 mars 2011
Université et guerre des talents
Les universités et les grandes écoles françaises se mettent en ordre de marche pour remporter "la guerre des talents" : faire venir les meilleurs étudiants et enseignants de la planète. dit Le Monde.
L’Amérique de George Bush a usé et abusé de la guerre des talents. Celle d’Obama semble en revenir, très vite.
La France, décidément, aurait-elle toujours une guerre de retard ?
jeudi 27 janvier 2011
Répartition de revenus
Étude de la répartition des revenus aux USA.
Entre 1993 et 2008, le % le plus riche a récupéré 52% de la croissance globale des revenus des habitants du pays, et 65% sur la période 2002 – 2007 (George Bush). En moyenne ses revenus ont augmenté de 3,94% par an, contre 0,75% pour les 99 autres %.
En période de crise les revenus du dit % se contractent plus fortement que ceux des % restants. Mais les crises durent peu.
dimanche 21 novembre 2010
Attaque de la banque centrale
Amusante vidéo. La politique de la banque centrale américaine nuit à tous. Elle est dirigée par Goldman Sachs. Obama diffère de Bush en ce qu’il veut couler le monde, pas seulement les USA.
Y aurait-il un mouvement de rejet de la banque centrale indépendante, une des grandes inventions de la mode monétariste ? (Fin de siecle.)
Compléments :
- La BCE n’est qu’en partie un enfant de cette mode, elle est surtout la réincarnation de la Bundesbank.
dimanche 19 septembre 2010
Qu’est-ce qui fait perdre les socialistes ?
Surprise : le modèle social-démocrate suédois va mal (The strange death of social-democratic Sweden).
Ce qui différencie les pensées intellectuelle et populaire est une question de valeurs.
Le socialisme, parti des intellectuels
Parmi les raisons évoquées, l’une me frappe : partout le socialisme est mal aimé. La crise, qui aurait dû le requinquer, a profité à la droite. Qu’est-il arrivé aux socialistes, me suis-je demandé ? Voici où m’a mené un enchaînement de pensées :
- Michel Winock (Le socialisme en France et en Europe), distingue deux courants socialistes : populaire et intellectuel. En Europe du nord, ils se sont fondus dans la sociale-démocratie, en Europe du sud, ils se sont divisés entre communisme et socialisme.
- J’ai l’impression que, progressivement, le courant intellectuel a pris la main sur l’ensemble du mouvement, et que la droite a récupéré une partie au moins du courant populaire. Aux USA, Reagan, Bush ou Palin représentent le peuple, pas Obama. Il en est certainement de même en France. Aussi curieux que c’ait pu me paraître le Mouvement Populaire porte probablement bien son nom.
Opposition entre intellectuels et peuple
- L’intellectuel est individualiste et universaliste. Sa bible, c'est les droits de l’homme. Pour lui il existe une seule « culture » (cf. France Culture ou Ministère de LA Culture). Elle est mondiale.
- Le populaire croit qu’être Français ou Américain est une réalité (dont on peut être fier). Sur ce point il se rapproche de l’ethnologue : il pense qu’il y a des cultures, une par groupe humain. (Ce qui signifie que chacun d’entre nous appartient à plusieurs cultures, notamment à celle de l’entreprise qui l’emploie.)
Ce sont probablement les Allemands de l’avant seconde guerre mondiale qui ont le mieux marqué cette distinction. Ils appelaient la « culture » des intellectuels « civilisation ». C’était un monde déshumanisé d’électrons libres régulés par contrat. En face se trouvait la « culture » à proprement parler, le groupe humain uni, solidaire et amical.
On en arrive donc à un socialisme qui considère une partie de son électorat traditionnel comme le « mal ». Michel Winock va même jusqu’à dire que le socialisme est à tendance totalitaire (il nous dénie le droit de ne pas penser comme lui). Pas étonnant dans ces conditions qu’il tende à perdre les élections.
Tactiques pour une conquête du pouvoir
Techniquement, les socialistes ont probablement deux possibilités de reprendre l’avantage :
- Laisser renaître un mouvement puissant à leur gauche. (Et le flouer lors des élections façon « union de la gauche »).
- Utiliser la méthode Blair et devenir le parti de l’individualisme et du libéralisme éthique. (Option DSK ?) Ce qui leur permet à la fois de ratisser le bobo à gauche et le libéral à visage humain de droite, plus les marges qui pensent en être. De manière équivalente, ce serait le parti du diplôme - le point commun de ces deux électorats. La droite devenant le parti de ceux qui ne se définissent pas, avant tout, par leurs études : l’ouvrier et le self made man, notamment.
Compléments :
- Sur culture et civilisation (par exemple) : Mosse, George L., Les racines intellectuelles du Troisième Reich, Points 2008.
Mots-clés :
Blair,
Bush,
culture,
France,
Palin,
PS,
Reagan,
socialisme,
Strauss-Kahn,
Suède,
UMP,
Winock
vendredi 10 septembre 2010
Stratégie d’Obama (suite)
La tactique des Républicains étant la contestation systématique, j’ai l’impression que celle de B.Obama consiste à promettre des solutions séduisantes aux problèmes qui préoccupent le pays (le chômage), en sachant qu’elles ne passeront pas. Ainsi, les Républicains se feront des ennemis.
Une question intéressante est celle de la réduction d’impôts accordée par M.Bush. À l’époque on disait que moins il y aurait d’impôts, plus le pays s’enrichirait. L’État retrouverait donc sa mise au centuple. Le miracle n'a visiblement pas eu lieu et la mesure aurait coûté 1700md$ à l’État. Le plus curieux est qu’il n’est pas exclu de la prolonger (coût : 3300md$). (A slight reprieve?)
Ce qui semble peu intelligent est le mépris que B.Obama paraît avoir pour les Européens. Pourtant, ils ont fait beaucoup pour lui être agréable, et c’est probablement chez eux qu’il pourrait le plus facilement trouver de l’aide…
Inscription à :
Articles (Atom)

