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mardi 10 décembre 2013

Pity the billionaire

USA. 1929. Spéculation, crise. Le système financier est démantelé, l’Etat vole au secours de l’indigent. 2007. Spéculation, crise. L’Etat vole au secours du système financier. L’indigent est condamné. Pourquoi ? Enquête sur un paradoxe. Un livre de Frank Thomas, Vintage Books, 2012. 

La droite a pris l'initiative, avec un culot extraordinaire. Elle a détourné la crise. Elle en a fait la justification de son idéologie. Et elle a fait siennes les doctrines et tactiques du Marxisme. Mot à mot. Elle a remplacé « prolétaire » par « riche ». Depuis toujours, le riche est la victime de l’injustice. (Détail curieux. Glenn Beck, pasionaria du mouvement, s'est inspiré de la Guerre des Mondes d’Orson Welles. Il a remplacé les Martiens par les socialistes. Emmenés par Obama, ils s’emparent de l’Amérique. Ils vont la réduire en esclavage…) Le marché est l’expression ultime de la démocratie et de la liberté. L’homme y vote avec son argent. Par la grève générale, et sa dictature, le riche installera le bonheur sur terre.  La croyance est si forte qu’elle est imperméable au spectacle de la réalité. Par exemple, si vous observez que le système financier a connu une crise, on vous traitera de gauchiste. D'ailleurs, l'histoire est réécrite. L’aveuglement n’est pas réservé au peuple. Les économistes, par exemple, ont, eux aussi, réécrit leur discipline afin qu’elle justifie le rêve collectif.

Quant à la gauche, elle n'a pas réagi. Car elle est dirigée par de riches intellectuels. Des êtres curieusement froids. Tout le portrait de Barack Obama. Pour eux, c’est pour ne pas avoir fait d’étude que le pauvre est pauvre. Stupidité ou paresse ? Ils sont coupés des racines populaires du mouvement. En particulier des syndicats. Et ils pensent que l’inéluctabilité du marché et du système financier est une question de simple raison.

Étonnantes similarités avec les militants communistes d'avant guerre, remarque le livre. Ce que l'Amérique a connu, c'est un moment mystique. Elle s'est couverte de dévots. Et, pour maintenir vivant leur rêve, ils combattent avec l'acharnement du désespoir . 

jeudi 29 avril 2010

Deutschland über alles ?

Un billet précédent m’a remis en mémoire un article d’Ulrich Beck (Non à l’Allemagne du repli), que je n’avais pas compris.

Il opposait l’attitude de Mme Merkel, utilisant la crise grecque pour imposer le modèle allemand à l’Europe, au « multilatéralisme » de ses prédécesseurs « prêchant l’interdépendance tous azimuts, partout en quête d’amis ».

En crise, l’Allemagne devient nationaliste ? Son ouverture à l’autre d’après guerre était-elle l’antidote de ce nationalisme ? Peut-être que l’Allemagne n’a plus besoin d’amis ? Peut-être qu’elle ne sait plus profiter de l’amitié ? La réunification a asséché son cœur est ses coffres ?...

Retour des divisions d'avant-guerre ?

Compléments :
  • Daniel Cohn-Bendit, semble penser, effectivement, qu'il y a un oubli des leçons de la guerre ; que l'Allemagne se replie sur elle-même ; et que la baisse de l'euro, dont profitent ses exportations, était la véritable raison de ses hésitations.