mercredi 25 février 2015
Artisanal Rafale
mercredi 5 juin 2013
Pourquoi achetons-nous des drones ?
- Les drones sont des sortes de maquettes évoluées : un des architectes du programme américain a conçu dans son garage des équipements à la fois efficaces et peu coûteux . Pourquoi personne n’a-t-il développé un programme sur fonds propres ?
- Pour cette même raison, quelle était la logique de chercher à fusionner les projets de Dassault et d'EADS ? Pourquoi n’avoir pas fait jouer la concurrence ?
mardi 6 mars 2012
Charles Edelstenne, dirigeant de Dassault
la forme la plus élevée de l'action se fonde (…) sur une observation à ce point fine et efficace qu'elle ne demande pratiquement aucun effort, son idéal étant de parvenir au plus près du non agir (wuwei). (Kamenarovic, Ivan, La Chine classique, Les Belles Lettres.)
lundi 6 février 2012
Rafale : aventures en Inde
vendredi 27 mars 2009
Science et crise
La crise expliquée par les maths nous montre de joyeux scientifiques :
La crise prouve l'insuffisance de leurs modèles ; les problèmes qui se sont révélés leur ouvrent d’immenses champs d’investigation et de nouvelle modélisation.
Souvenir d’une anecdote que me racontaient les ingénieurs de Dassault Aviation : ils testent un nouvel avion, il entre en résonnance, son pilote arrive à le poser, les ingénieurs soupçonnent une approximation un peu exagérée dans leurs calculs, ils les modifient, en répercutent les conséquences sur l’avion, y remettent le pilote, cette fois-ci ça vole. Dans notre monde, mathématiciens et banquiers jouent le rôle des ingénieurs, et nous celui du pilote d’essais.
C’est ça la science. Elle part d’une hypothèse, elle se rend compte qu’elle est fausse, mais l’erreur commise lui a révélé le comportement des éléments, qu’elle va essayer de modéliser… Et ainsi de suite jusqu’à ce que succès (apparent) ou mort s’ensuive. Combien de temps accepterons-nous de jouer les cobayes ?
Complément :
- L'article présente une nouvelle science : l'écono-physique. Elle observe ce que font les marchés et cherche à reproduire leurs comportements par des modélisations (sans faire d’hypothèses sur leurs causes), à la mode des physiciens.
dimanche 7 septembre 2008
Énergie nucléaire
La radio m’apprend que le mari de Benazir Bhutto devient président du Pakistan. De la prison à la présidence... L’homme qu’il fallait à un pays au bord de la banqueroute, en pleine guerre fratricide et possédant l’arme nucléaire ? Mêmes informations : l’Inde va construire des centrales nucléaires. Jusqu’ici on ne voulait pas lui en apporter la technologie parce qu'elle n’avait pas signé le traité de non prolifération nucléaire. C'est oublié. Je note au passage que l’Iran a, elle, signé ce fameux traité.
- Imaginons que l’on invente aujourd’hui l’énergie nucléaire ; que l’on nous parle d’Hiroshima et de Nagasaki ; que l’on nous dise que l’URSS ferait exploser une bombe au dessus d’une armée pour voir comment elle réagirait ; que les Américains envisageraient de l’utiliser durant la guerre de Corée. Qu’on ajoute que la mise au point des centrales nucléaires passerait à deux doigts du désastre (Windscale en Angleterre). Qu’il est préférable de ne pas les mettre entre les mains de gens distraits (Tchernobyl, Three Mile Island). Bref que l'énergie nucléaire s’accommode mal de l’erreur, qui est humaine, comme chacun sait. A quelle probabilité fixerions-nous les chances de l'humanité de vivre, sans catastrophe majeure, 50 ans, 100 ans ? 0 ? Je crois que même ceux qui sont aujourd’hui favorables à l’énergie nucléaire pencheraient pour la prudence.
- Le monde est à un tournant de son histoire. Durant ces derniers siècles, la science l’a dirigé. Et la science, c’est l’approximation. Un exemple. Une histoire d’un ingénieur de Dassault Aviation, il y a longtemps. Test du prototype du Rafale. L’avion entre en résonnance. Le pilote, comment s’y prend-il ?, se tire d’affaire. Réaction de l’ingénieur : son approximation « du premier degré » est insuffisante. Il pousse ses calculs, modifie l’appareil, y remet le pilote. C’est bon. L’incident est oublié. La science c'est celà : un modèle de la question à traiter. Un modèle que l'on sait résoudre. Puis une solution que l'on teste dans la nature. Si ça marche, c’est fini. Sinon on complexifie le modèle. Problème ? Que donne l’approximation à long terme ? C’est ce que l’économiste appelle pudiquement une « externalité », une retombée imprévue. L’effet de serre est une externalité.
Pouvons-nous continuer à jouer les apprentis-sorciers ? Certes. Mais, comment ne pas condamner la science ? Je soupçonne que sans elle nous n'avançerons plus ; qu’une société doit se mettre en permanence en question ; et qu’une partie de la solution (avoir le gros des bénéfices de la science pour un risque « acceptable ») est dans une approche démocratique de la science. La société doit participer à la décision du scientifique, de l’ingénieur.
Compléments :
- La centrale de Windscale est passée à deux doigts d’un drame majeur, en 1957 : voir Wikipedia sur le sujet.
- Sur les armées russes et l’Amérique en Corée : voir Grand expectations. On y apprend aussi que dans les années 50, les magasins de chaussures mesuraient la taille des pieds de leurs clients aux rayons X…
- Sur les OGM, autre exemple du processus scientifique : SERALINI, Gilles, Ces OGM qui changent le monde, Champs Flammarion, 2004.
- Remarque : les techniques que j'étudie (et qui ne me doivent rien) ont la caractéristique, non recherchée, d'avoir un caractère démocratique.