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dimanche 23 janvier 2022

Les OGM sont parmi nous

La Grande Bretagne reprend la culture des OGM disait la BBC. Elle profite de ce qu'elle n'est plus soumise à la législation européenne. 

Le Brexit a été annoncé comme la libération du génie entrepreneurial anglais. Il se révèle être un naufrage. Le seul accord commercial conclu par l'Angleterre, par exemple, est avec l'Australie. Un pays de vingt millions d'habitants. Et si je comprends bien ce que j'entends, elle a beaucoup abandonné pour l'avoir. 

Après avoir voulu conquérir la France, l'Angleterre a joué le diviser pour régner, de façon à maintenir l'Europe dans un équilibre de forces qui ne la menace pas. Aujourd'hui, il est très vraisemblable qu'elle cherche à utiliser cette technique pour exploiter l'union. 

Ce n'est pas parce qu'on est incapable de rebâtir un empire que l'on n'a pas le droit de vivre ?

samedi 18 juin 2016

Bayer et Monsanto

Bayer veut acheter Monsanto, disait-on le mois dernier. Si une entreprise allemande devient le leader du marché des OGM, il y a peu doutes que l'Europe se mette rapidement à consommer des OGM, ai-je pensé. 

Mais, peut-être ne suis-je pas le seul à soupçonner qu'il est dangereux que la société soit menée par des intérêts économiques à courte vue ? A moins que les dits intérêts soient victimes de leur propres vices ? (Bayer est en mauvaise santé, apparemment.) Qui a vécu par le glaive...

dimanche 3 mai 2015

Albion au bord du précipice ?

L’Angleterre vote le 7 mai. Elle fait pitié. Ses états financiers sont bien plus mauvais que ceux de la France, sa productivité recule. Son grand succès a été de remplacer ses chômeurs par des travailleurs (très) pauvres. Aujourd’hui, c’est le chaos : 5 partis politiques pour un système fondé sur le bipartisme. Et surtout l’émergence d’un nationalisme « régional » (Ecosse, Irlande, Pays de Galle, Angleterre), sans précédent. Mais il faut voter Cameron, même s’il veut sortir de l’Europe, dit The Economist. Sans quoi vous aurez la France !
Justement, partout le peuple s’appauvrit. Cause ou conséquence : flexibilité du travail et entreprises de travail temporaire ? C’est ennuyeux, mais attention à ne pas y toucher, sinon vous aurez la France (et son chômage de masse) ! (Décidément notre pays est à l’honneur.) On notera un curieux graphe que je commenterai dans un prochain billet.

La corruption empêche l'Espagne de se redresser. Une étude a trouvé que « les entreprises les moins productives croissaient plus vite que les autres ». Ce qui compte n’est pas la compétence, mais les copains. Nouvel article sur Margrethe Vestager. La rigueur nordique est lâchée sus aux monopoles. Aux USA, la baisse du prix du pétrole n’a pas stimulé l’économie. Etrange. (Et si la peur de l'avenir poussait à l'épargne ?) M.Netanyahou s’en prend à sa Cour suprême. Conflit entre deux Israël : d’un côté les valeurs universalistes occidentales, de l’autre le nationalisme et la religion. Pour le reste, Israël est en paix. Les Arabes se battent entre eux. Et Israël est copain avec l’Arabie saoudite et l’Egypte. C’est le bon moment pour attaquer le Hezbollah. Afin de profiter de ce qu’il est pris par plusieurs fronts. Et pour l’affaiblir, avant que ses troupes de choc ne reviennent, pleines d’usage et raison, s’occuper de leur voisin. Le président indonésien veut montrer qu’il est un fort. Alors il fait exécuter les trafiquants, et couler les bateaux de nationalités qui ne peuvent le menacer. (En particulier, il se garde bien d’ennuyer la Chine.) Quant à la Chine elle mène à la fois une politique d’agression et de conciliation. C’est ainsi qu’elle colonise la mer de Chine. Son objectif est d’asseoir sa domination régionale.

On parle de désarmement nucléaire. Ça ne semble mener nulle part. Mais, au moins, le contact n’est pas rompu. Programme pour un bombardier américain. Il doit pouvoir détruire n’importe quel pays. Boeing et Lokheed Martin affrontent Northrop. L’activité militaire du camp qui perdra disparaîtra. Pour une fois, la France crée la mode : le droit de vote renforcé pour actionnaire durable semble gagner le monde. Médicaments génériques : les entreprises tentent de se concentrer pour pouvoir augmenter leurs marges. VW remplace son président, par un légèrement plus jeune, de façon à ce qu’il puisse continuer à faire les mêmes erreurs. Détourner la loi constitue une part importante du modèle économique de l’entreprise innovante. Comment acheter des terres à des petits résistants ? La leur payer un prix correct et déplacer vers d’autres terres équivalentes ceux qui ne veulent pas céder. (Le type d’idée qui vous vaut un prix Nobel.)

Innovation. Le drone est utilisé par le malfaiteur. Ce qui crée un marché pour l’anti-drone. Et, pour une fois, la France serait en pointe. Les Chinois, pour leur part, sont en pointe pour créer un homme génétiquement modifié. Vus les premiers résultats obtenus, on est dans l’univers des apprentis sorciers. 

jeudi 19 décembre 2013

OGM et résistance au progrès

The Economist raconte toujours la même histoire. Qu’il s’agisse des USA, de l’Europe ou de la Chine, les peuples ne veulent pas des OGM. Face à eux, il y a les gouvernements et les entreprises, et ils ont généralement le dernier mot.

Cet affrontement m’a rappelé l’étude de Jean-Baptiste Fressoz. La marche du progrès s’est faite comme ceci. Une élite le poussait, le peuple s’y opposait. Et avec de bonnes raisons. En effet, initialement, la plupart de ce qui va de soi aujourd’hui (la médecine, la chimie, les chaudières…) ne fonctionnait pas, et détruisait hommes et nature. Mais l’élite avait beaucoup à gagner, et risquait peu. C’était le peuple qui essuyait les plâtres. Il a servi de cobaye (et parfois, explicitement). La résistance au changement expliquée ?

dimanche 15 décembre 2013

2014 : rien ne va plus ?

En lisant The Economist, je me demandais si 2014 ne pouvait pas voir quelques bouleversements sérieux. Et si l’Inde élisait un homme dangereux ? « Un populiste avec un passé inquiétant et un bon bilan économique. » Le rodéo politique italien se poursuit. Je me demande s’il ne reproduit pas notre troisième République. En tout cas, on semble vouloir s’acheminer, comme chez nous, vers le bipartisme. (Ce qui me semble une idée antidémocratique.) Aux USA, Républicains et Démocrates se sont enfin entendus sur un budget fédéral. Apparemment en jouant sur les mots pour masquer leurs concessions réciproques. Le libéralisme allemand serait en berne, il ne correspond pas à une tradition du pays. Le président turc s’en prend aux forces religieuses modérées. L’Ukraine est toujours aussi incertaine, le peuple (une minorité occidentalisée ?) est dans la rue, mais, pour le reste, cela semble une bataille entre oligarques. Étrange Thaïlande : d’un côté, un parti, représentant le petit peuple, a le pouvoir de gagner les élections, d’un autre, l’opposition a la force de renverser le gouvernement. En Syrie, le démantèlement du stock d’armes chimiques serait un succès, mais la sortie des dites armes dépend de la capacité de M.Assad à dégager des routes, et à gagner des guerres… Finalement, Israël est « désorienté ». « les jeunes Israëliens ont oublié le projet commun des pionniers (…) idem pour les entrepreneurs qui ont fait des fortunes dans les glaces et l’électronique. » Le nouveau dictateur nord coréen fait regretter son père. 

Le peuple chinois ne veut pas des OGM, mais son gouvernement a décidé qu’ils étaient bons pour lui. Résultat de la crise ? Brutalement des négociations de libre échange se dégèlent. Le « Doha round » de l’OMC d’un côté (démarré en 2001), Europe Mercosur de l’autre. Curieusement, les entreprises utiliseraient un prix (coût) du carbone dans leurs calculs d’investissements. Et il serait beaucoup plus élevé que celui des marchés - qui, par ailleurs n'arrivent pas à se mettre en route. (L’entreprise meilleure pour notre santé que la démocratie ? Ou que le marché ?) Tom Enders veut faire d’EADS une entreprise normale, qui ne suit que son intérêt et pas celui des gouvernements qui l’ont financée. Et les dits gouvernements vont le laisser faire. Gaz de schiste et USA, phénomène curieux. Le pays n’est pas capable d’écouler le type de pétrole produit (le marché n’est pas équipé pour l’exploiter), du coup son prix baisse, ce qui menace sa production… Pourquoi les fusions et acquisitions échouent-elles ? Parce qu’elles échappent à la rationalité. Il faut gagner à tout prix.

Science. La nouvelle science de l’épigénétique montre que l’alimentation du père peut avoir une conséquence sur la constitution de l’enfant. Les journaux scientifiques appliquent d’autres critères de sélection que ceux de la qualité de la recherche. Mais, d’une manière générale, l’homme, qu’il soit ordinaire, scientifique ou autre, n’est pas rationnel, il tend à « interpréter les artefacts d’une certaine façon ». Et les requins pourraient savoir ce qu'ils font quand ils attaquent l'homme. 

dimanche 3 novembre 2013

Longue marche vers le capitalisme ?

Longue marche vers le capitalisme. La Chine va-t-elle privatiser la terre ? Ce qui retirerait beaucoup de son pouvoir au parti. Pourtant le capitalisme ne paraît guère séduisant ces temps-ci... Salarié = perdant ? Alors que la part des salaires dans la richesse mondiale semblait une constante, elle a beaucoup chuté. Et, en plus, les hauts revenus comptent pour de plus en plus dans le total. Raison ? Le commerce (avec les émergents), la technologie (dont les prix baisse et qui remplace l’homme), la libéralisation (qui a liquidé les protections du travailleur). Les bénéfices des entreprises américaines sont toujours plus hauts. Part des salaires, dollar et surtout investissement en baisse. Ça pourrait ne pas durer. En tout cas, le climat des affaires n’est pas sain. Les entreprises ont maintenant recours à de douteuses obligations « hybrides ». Avatar des subprimes ? La justice américaine rançonne les banques. Pas besoin de procès pour cela. Elle les menace de leur retirer leur licence. USA, pays de l’arbitraire ?

Barak Obama ne maîtrise ni ses services secrets, ni les développements informatiques nécessaires à son système de santé. Mauvais manager, dit The Economist. Je pense plutôt qu’il s’en fiche. Etre premier ministre en Italie ressemble à un rodéo. L’éducation suédoise va mal. Visiblement le système éducatif est mal aimé. Enseignants mal payés et bizarre mélange public privé qui ne semble ni très sain, ni très contrôlé. La Grèce fait preuve d’esprit entrepreneurial. Energie du désespoir ? Le coût de l’administration européenne n’arrête pas de croître. The Economist aimerait que l’Allemagne sorte de sa culture de surplus. Et qu’elle relance la croissance européenne en libéralisant le marché des services.
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Il faut éduquer les filles disent les économistes. C’est bon pour le développement. Mais la fille est trop importante pour la famille pour qu’elle aille à l’école. C’est une assurance contre les aléas de la vie. Alors, assurons les familles et les filles étudieront !

PSA sort le nez de l’eau. Il a fait le travail qu’il aurait du faire il y a une décennie. Ce qui le remet en course, sans lui donner l’avantage. Fiat fait fabriquer en voiture en Serbie. La main d’œuvre n’est pas chère. Et le gouvernement n’est pas avar de subventions. Et l’entrée en bourse de Twitter ? Excellente occasion de spéculer à court terme. Mais mauvais investissement à long terme. En Angleterre, le crowdfounding s’étend aux start up.  Vu le taux de déchets, l’investisseur doit avoir le cœur bien accroché. Aux USA, les OGM auraient perdu la bataille de l’étiquetage.

Science. On n’arrive pas à détecter la présence de matière noire. On en a besoin pour expliquer le mouvement des galaxies. Pourquoi les espèces se divisent-elles en sous-espèces ? Apparemment cela tiendrait à la capacité de leurs membres à faire évoluer leurs caractéristiques pour se ressembler. 

mercredi 31 juillet 2013

Thérapie génique

Je découvre la thérapie génique avec beaucoup de retard. La thérapie génique consiste à modifier le patrimoine génétique d'une personne, pour la soigner. Pour cela on utilise des "vecteurs" qui vont transporter les gènes que l'on veut ajouter. Ce sont souvent des virus redoutables (dont celui du sida - vecteur lentiviral), que l'on modifie. Plusieurs choses me frappent :

Ce faisant on transforme le patient en OGM. Or, alors que l'OGM nous terrorise quand il s'agit de légumes, il nous réjouit quand il faut nous soigner...

Ce qui est dit des OGM semble aussi possible en ce qui concerne la thérapie génique : ses conséquences ne paraissent pas parfaitement maîtrisées :
L'intégration des vecteurs rétroviraux dans le génome de la cellule cible, si elle est un atout majeur pour la pérennisation et la transmission de l'information génétique, représente néanmoins une difficulté en termes de sécurité. Deux essais cliniques utilisant les vecteurs rétroviraux murins pour modifier les cellules hématopoïétiques (traitement de l'immunodéficience liée à une mutation portée par la chaîne gamma-c du récepteur à l'interleukine-2 (...), et traitement de la maladie de Gaucher) ont conduit à l'apparition de formes de leucémies chez les patients.

jeudi 9 mai 2013

OGM : dangereux ou non ?

Les OGM sont-ils dangereux ? Le journal Nature essaie de débrouiller la question. Et sa conclusion est, si je comprends bien, que les pour et contre OGM sont des fous-furieux indignes de confiance. Et que, probablement, les OGM ne sont ni extraordinairement bénéfiques, ni terriblement dangereux. Mais ce n’est pas tant cette conclusion que je trouve intéressante que ce que cette enquête révèle de l’agriculture.

Car, si l’on ne sait rien sur les OGM, c’est parce qu’il n’y a pas d’argent pour faire des études sur leur compte. L’économie de marché éliminerait-elle les ressources de la recherche et nous forcerait-elle à être des cobayes ?

Surtout, si les OGM peuvent sembler bénéfiques, c’est en comparaison avec ce qui se fait ! Et ce qui se fait est effrayant. D'ailleurs nos critères d’évaluation de la dangerosité d’une technique méritent une discussion. En effet, on apprend que les techniques traditionnelles de culture sont redoutables. Cultiver, c’est avant tout combattre les mauvaises herbes. Jadis, on l’a fait par le labourage. Mais il détruit l’humus et contribue à l’effet de serre. On a aussi employé des masses de produits chimiques. Le principe des OGM était d’éviter le labourage et de diminuer la chimie. Mais la nature et les OGM semblent se livrer au jeu du gendarme et du voleur. En particulier les mauvaises herbes absorbent les gènes anti-produits chimiques transmis aux cultures. Il faut sans arrêt changer de tactique.

Tout ceci me fait me demander s’il ne serait pas temps de reposer le problème de l’agriculture. N’y a-t-il pas d’autres façons d’obtenir les résultats que nous cherchons (nourrir le monde) ? Ce problème ne doit-il pas être pris en main par autre chose que des activistes shootés à l’idéologie ? 

lundi 6 mai 2013

Rêve en Chine et déprime ailleurs

Le nouveau gouvernement chinois parle de « rêve chinois ». Pas moyen de savoir ce qu’il sous entend par là. (Mais peut-être est-ce un reflet du « rêve américain » ? Celui de la Chine étant de redonner la place qu’elle mérite à sa culture, plutôt qu’une bagnole à chaque citoyen, comme aux USA.) Mme Merkel et M.Hollande ne s’aiment pas trop. Mais ça ne change rien, ils sont condamnés à s’entendre. L’Islande change de gouvernement. Ce n’est apparemment pas une question de programme. Juste un usage de crise. L’humeur de l’UE n’est plus à la rigueur. The Economist l’encourage à continuer son effort de libéralisation, cependant. Et la zone euro est de nouveau menacée. Ce coup-ci ce sont les banques espagnoles et italiennes qui ne prêtent pas à leurs PME. Scénario habituel : elles pourraient entraîner leurs pays et la zone euro dans leur chute. La Grèce, après avoir réduit de 20% son PIB, pourrait repartir. Mais son moral est si bas que l’on peut en douter (60% des jeunes sont au chômage). En France, M.Hollande se montre amical vis-à-vis de l’entrepreneur : baisse des taxes sur les plus-values de cession. L’Angleterre est soulagée : le gouvernement français demande des économies à son armée, mais ne renonce pas à son rôle mondial. D’autant qu’il faudra faire sans les USA. Et, effectivement, M.Obama n’intervient pas en Syrie, alors qu’il le devrait. (Curieusement, l’article n’envisage pas les conséquences d’une telle intervention.) D'ailleurs, la Syrie, facilement accessible, est devenue la destination préférée du tourisme terroriste, actuellement en plein boom. L'Angleterre est inquiète : que feront ceux de ses nationaux qui font la guerre en Syrie, lorsqu'ils reviendront à la maison ?

Djibouti semble béni des dieux. Le trafic de son port ne fait qu’augmenter. C’est le point de passage obligé de l’approvisionnement de l’Ethiopie, arrêt pratique pour les cargos naviguant entre l’Europe et l’Asie et toutes les grandes armées mondiales y sont installées. Mais sa population n’a pas accès à ces revenus. Elle est la « plus pauvre d’Afrique ». À Ho Chi Minh Ville, menacée par la montée des eaux, les autorités locales préfèrent un projet hasardeux de digues à 2,6md$ plutôt qu’un, plus efficace, à 1,4m$ ! Question d'intérêt. Au Bangladesh, un immeuble s’est effondré sur des ouvriers du textile. Ce qui obéit à une logique certaine. Main d’œuvre excessivement bon marché, pas de droit de l’environnement, et boom de la demande suscitée par une ouverture des marchés de l’UE. Dans ces conditions, il faut produire à tous prix.

Défaillance du marché. Les compagnies pétrolières sont évaluées en fonction de leurs réserves. Or, si l’on veut limiter le réchauffement climatique, une partie de ces réserves ne pourra pas être exploitée. Le gouvernement américain demande au commerce en ligne de collecter la TVA. Ce qui pourrait être bénéfique pour Amazon qui, jusque-là, plaçait ses entrepôts dans les zones hors taxes. La société va optimiser sa logistique, multiplier ses dépôts et acquérir une flotte de camions. Avantage concurrentiel important : apparemment pouvoir disposer immédiatement de ses acquisitions compte beaucoup pour le consommateur américain. (Ce qui explique pourquoi Amazon France insiste autant sur la livraison dans la journée ?) Pourquoi les banquiers anglo-saxons ne sont pas en prison ? Parce que l’incompétence n’est pas un crime. En Allemagne, en revanche, on ne transige pas avec la confiance.

On est parvenu à faire voler des robots-insectes. Mais il leur manque encore une alimentation autonome. La pollinisation pourrait être un de leurs emplois ! L’Amérique veut replanter ses forêts de châtaigniers génétiquement modifiés. Les anciennes populations de ces arbres ont été victimes de maladies. 

lundi 9 janvier 2012

Le changement vu par Bill GATES ou comment Microsoft micro sauve la planète!

Après avoir proposé la révolution informatique, grâce à son système d’exploitation, et fait fortune, il semble que Bill GATES cherche à sauver le monde grâce à sa fondation, créée en 2000 (l’année du supposé grand bug !) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_Bill-et-Melinda-Gates). Le projet est terriblement séduisant :
Apporter à la population mondiale des innovations en matière de santé et d’acquisition des connaissances
Bill GATES aurait doté sa fondation de 95 % de sa fortune personnelle (environ 35 milliards de dollars). Ses dons annuels seraient supérieurs aux dépenses de l’OMS ! Bigre !

Consacrer sa fortune pour éduquer et soigner est sans aucun doute, la plus noble et la plus louable des missions. Cependant, en janvier 2007, le Los Angeles Times, dans un article sévère, écorne sérieusement cette belle image.

Le quotidien s’interroge alors sur les investissements du fond de la fondation, confiés à des financiers sans instruction autre que la diversification et la rémunération. L’efficacité semble irréprochable car la fondation aurait distribué plus de 10 milliards de dollars.

L’enquête du Los Angeles Times relayée dernièrement par un documentaire sur France 2, pose la question de la nature de ces investissements qui paraissent bien incompatibles, voir en contradiction avec le but des actions menées. Ainsi les effets d’une campagne de vaccination dans le delta du NIGER ne sont-ils pas balayés par les agissements des compagnies pétrolières présentes, dont la fondation est actionnaire, qui dégraderaient quotidiennement l’écosystème des populations autochtones ?

L’amalgame entre un soutien des OGM par la fondation et ses partenariats et investissements dans une entreprise sulfureuse comme MONSANTO, n’est-il pas insoutenable ?

Pourquoi la fondation n’utilise-t-elle pas sa puissance financière pour faire évoluer le comportement des sociétés dans lesquelles elle investit ?

A quoi bon vacciner des bambins contre la polyo s’ils doivent être ensuite victimes de la détérioration de leur écosystème ?

Le projet de ladite fondation, qui paraissait si louable à première vue, finit par provoquer un certain malaise. L’objectif de la fondation ne serait-il pas finalement diabolique ? Rendre la population dépendante des monstres de l’agroalimentaire tout en les « microsoftant » ?

Le projet paraîtrait ainsi bien huilé car aucune autorité ne serait en mesure, en capacité ou en droit de réguler les choix et les actions de la fondation.

Que confirme-t il ?

Les Etats ont bien renoncé à leur rôle de protecteur et de garant de la justice sociale, englués dans le remboursement de leur célèbre dette, ils laissent libres les plus riches de la planète, tout puissants, de s’approprier la solidarité et décider, seuls et pour tout le monde, comment l’organiser, bien à l’abri dans leur belle fondation.

mardi 27 septembre 2011

Michel Puech

Michel Puech, un philosophe du développement durable (ou « soutenable ») mène une lutte pour la « micro action ». Il faut faire, avec nos moyens limités, ce que nous pensons bien. (Souvenir de Kant ?)

Ce qui doit s’entendre, surtout, comme une critique de notre « micro inaction » : nous faisons ce que notre morale réprouve, parce que nous disons que notre action solitaire ne peut changer le monde. La micro action c’est adopter un comportement éthique, face à l’hypocrisie de la micro inaction.

Certes, mais la micro action peut être tout aussi dangereuse que la micro inaction. Le pacifiste, qui bloque l’usine d’armement durant une guerre, ou le faucheur d’OGM peuvent faire courir de grands dangers aux valeurs qui leur sont chères. Anarchie. Et la micro action est d'ailleurs vite rattrapée par l’hypocrisie.

Je me demande si la micro action ne doit pas être « responsable » au sens RSE du terme, c'est-à-dire ne prendre comme guide que les lois acceptées par la société, en évitant absolument ce que l’on est le seul à trouver bien. Les lois de la société ne se changent pas par l’action, mais par le dialogue, la « dialectique » ?

Compléments :
  • Cette pensée marque-t-elle l’anti pensée 68 : après le droit à l’irresponsabilité, devoir de responsabilité ?

jeudi 13 janvier 2011

Épigénétique

Comment se fait-il que l’on parle tant d’épigénétique, la capacité de transmettre des caractéristiques acquises (billet précédent) ? Logique du libéralisme en donnerait-il une explication ?

La science libérale nous explique que le monde est réglé par des lois de la nature avec lesquelles il ne faut pas interférer. En particulier sa théorie de la sélection naturelle affirme qu’elle ne choisit que les meilleurs. Pourquoi remettre en cause leur règne, et celui de leurs enfants ?

La nouvelle (en fait plus ancienne) théorie répond que notre génome possède un moyen d'apprendre des événements. Pire, il pourrait y avoir une dose de hasard dans la production de notre descendance.

Cette théorie aurait-elle été censurée jusqu’ici ?

Compléments :

mardi 31 août 2010

Avenir de l’agriculture

The Economist estime que le monde doit s’inspirer du miracle agricole brésilien : « recherche, grandes fermes à forte intensité capitalistique, ouverture aux échanges et aux nouvelles techniques d’exploitation ». Autrement dit OGM et industrialisation à outrance. Ou encore la logique économique de la Révolution industrielle glorifiée.

Cependant, ce type d’agriculture est-il durable ? Peut-on en juger les conséquences sur quelques décennies ? Toutes les « révolutions vertes » ne battent-elles pas de l’aile (cf. l’Inde) ? Et avant de le généraliser ne serait-il pas mieux de réinventer un modèle basé sur le gaspillage ? 

dimanche 13 décembre 2009

Mur vert

Un entrepreneur parle à RFI. Son entreprise met de la verdure là où il y avait du béton, de l’acier et des barbelés.

Les murs de végétation sont plus efficaces que les barbelés pour défendre les militaires (il faut une demi-heure pour les percer, contre quelques minutes pour les défenses traditionnelles), ils isolent efficacement du bruit, le long des autoroutes ils absorbent les accidentés au lieu de les renvoyer sur la route… Et en plus ils combattent l’effet de serre.

Notre crise environnementale est elle en train de nous transformer ? L’Occident a voulu façonner la nature, construire un monde idéal atome par atome (nanotechnologies, OGM...), découvrirait-il que la nature est bien plus extraordinaire que ce qu’il pourra créer et que s’il arrive à en comprendre les mécanismes, il pourra parvenir à ses fins bien plus efficacement, avec beaucoup moins d’efforts, et beaucoup moins de risques pour sa survie, qu’en voulant la recréer ?

Compléments :

  • Cette idée est la conclusion de mon premier livre. Le changement c’est avant tout utiliser l’infini potentiel d’une organisation.
  • Biohacking.
  • L’armée durable : Greenery on the march

mardi 24 novembre 2009

Pauvre monde

Notre capitalisme mondialisé fonctionne-t-il correctement ?

  • 1md de personnes affamées.
  • L’agriculture des pays en développement a connu « un quart de siècle de négligence ».
  • « Défaillance du marché » : semences et fertilisants ne parviennent pas aux pauvres.
  • Les OGM ? Ils ont peut-être un intérêt, mais il serait rassurant qu’ils soient produits par l’état plutôt que par le privé.
  • L’explosion des prix des denrées alimentaires de 2007-2008 (qui repartirait) pousse les gouvernements à se méfier des marchés et à chercher l’autosuffisance, par exemple en confisquant les terres de contrées moins fortunées. Ce qui pourrait être pire que le mal.

Je dois ce triste bilan à The Economist.

samedi 7 novembre 2009

Nanotechnologies

Émission de France Culture, partiellement entendue :

  • D’un côté des sortes de microstructures ou machines, faites atome par atome. De l’autre des modifications du vivant aussi atome par atome.
  • Tout cela serait déjà entré dans notre vie. Notamment des composés d’argent qui permettent de combattre les odeurs (réfrigérateurs…).
  • Le tout ne serait pas sans risques, ces microstructures présenteraient les mêmes caractéristiques que l’amiante, et seraient en passe de polluer beaucoup de choses (eau, air).
  • Par ailleurs 50% des budgets seraient militaires, avec, j’ai cru comprendre, un intérêt pour les applications de ces travaux au cerveau.
  • Globalement aucun contrôle, les nanotechnologies sont le terrain de jeu de sympathiques bricoleurs.

Réflexions :

  • Les nanotechnologies paraissent une sorte d'étape ultime de l’idéologie occidentale : c’est l’illusion de pouvoir reconstruire le monde brique à brique, élément élémentaire par élément élémentaire. Par contraste, la pensée orientale perçoit le monde comme continu, et croit que l’homme doit l’utiliser, s’y inscrire, mais non le modifier.
  • Notre pensée est fondamentalement incorrecte : elle ignore la « complexité » du monde, le fait que la somme des composants n’a rien à voir avec ces composants, et d’ailleurs qu’il n’y a pas de composants insécables. Mais elle a eu des résultats, imprévus (notre science et notre technologie moderne), qui nous ont donné l’avantage sur l’Orient. L’Occident est innovant. D’ailleurs, impossible d’échapper à notre innovation : elle peut donner un avantage décisif. Nous sommes tous obligés de nous y livrer.
  • Pour parvenir à éviter des conséquences désastreuses pour la planète, il faut donc une coordination globale. Or, notre idéologie individualiste n’y est pas propice : elle crée des spécialistes, qui, n’ayant qu’une vision extrêmement réduite du monde (expert jamais sorti de son laboratoire), sont incompréhensibles, et incontrôlables à la fois par la société et par leur propre conscience.
  • Les nanotechnologies pourraient produire, comme les dernières innovations financières, le phénomène culturellement usuel d’une crise de folie américaine ; cette technologie étant aux mains d’apprentis sorciers, il y a de bonnes chances qu’elle suscite rapidement un malheur. Si nous y survivons, nous trouverons l’envie de contrôler notre élan innovateur.

Compléments :

dimanche 20 septembre 2009

Science sans conscience

5 minutes d’écoute d’une émission de France culture, samedi matin. La section que j’ai entendue disait que plus rien n’était ce que signifiait son nom : les tomates poussaient hors sol, les vaches n’étaient plus que des machines à transformer les céréales en une quantité invraisemblable de lait, les chiens plus que de jolies choses… 1984 d'Orwell.

L’analyse de la valeur au centre de la pensée américaine

Cela reflète une tendance lourde de la civilisation américaine. Un exemple avant de décortiquer le phénomène : les OGM. Aujourd’hui, ce qui limite la quantité d’insecticide que l’on peut déverser sur une plante, c’est la plante : elle crève s’il y en a trop. Les chercheurs de Monsanto ont donc décidé de créer des organismes qui produisent du pesticide, et d’autres qui en absorbent d’énormes quantités sans crever.

La technique consiste à :

  1. repérer la fonction essentielle d’un être ou d’une chose,
  2. optimiser la marche de cette fonction, par tous les moyens.

Application. La fonction de la vache est le lait. On l’a donc trafiquée pour qu’elle en produise de plus en plus. Mais, au fond, pourquoi utiliser une vache ? Bientôt nous saurons concevoir des micro-organismes qui produiront du lait sans vache.

L’Américain pense que le rôle de l’homme est de modeler le monde. Il imagine l’idéal, un idéal infiniment simple (vache = lait), et il le crée dans un mouvement infernal d'essais et erreurs, convaincu qu'au bout du tunnel il y a beaucoup d'argent et la reconnaissance universelle. L’évolution de la génétique ouvre à cet activisme frénétique des horizons inimaginables.

Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu, petit à petit les tomates n’ont plus rien à voir avec les tomates, le lait n’est plus du lait, et nourrir des herbivores avec les cadavres de leurs congénères en fait des vaches folles…

Réinvention nécessaire

De plus en plus la science ne sert plus les intérêts de la société. Ses innovations prétendent améliorer notre sort, mais souvent elles le dégradent sans que l’on s’en rende compte immédiatement, les effets néfastes étant remis à plus tard.

Cette science a atteint un degré d’avancement qui lui permet d’opérer des transformations colossales, sans en connaître les conséquences à court ou à long terme. Et elle est entre les mains d’individus hyperspécialisés et emmurés dans leurs certitudes, et d’entreprises poussées par la logique du profit immédiat, et qui sont redoutablement efficaces pour parvenir à leurs fins.

Depuis des siècles la science a été sans conscience. Tout ce qui était scientifique était bien, et il fallait pousser la recherche à ses limites. C’est ce modèle que l'humanité doit revoir.

Un Yalta de l’activité humaine ?

Je me demande s'il ne faut pas chercher le renouveau du côté d'une division entre ce qui appartient à la logique du marché, et ce qui doit en être exclu.

  1. Adam Smith a défini cette logique. Le marché produit des produits, c'est-à-dire des biens matériels, éventuellement des services (ce qu'il n'avait pas prévu), dont les caractéristiques et les coûts sont connus - peu d'externalités. Son moteur est l’appétit égoïste, l’irresponsabilité.
  2. Le reste, les activités dont on ne peut pas mesurer les coûts, à risque, comme le génie génétique ou l'énergie nucléaire, est hors marché. Il doit subir, probablement, le contrôle intelligent d’une société démocratique (pas d’un état technocratique et dirigiste).

Compléments :

  • Google Books et la culture française montre à la fois l’efficacité et les dangers de l’économie de marché. Google réussit à monter un projet planétaire, qui est dans l’intérêt collectif, mais qui aurait demandé des décennies de discussions boiteuses aux gouvernements concernés pour aboutir. (Aurait-il abouti ?) Google prend les états, et la société, de vitesse. Le danger de cette efficacité est là : elle désarçonne les mécanismes sociaux de protection de l’individu et de l’humanité. Ce qui peut être bon pour l’entreprise peut être mortel pour la société.
  • Sur les OGM : SERALINI Gilles-Eric, Ces OGM qui changent le monde, Flammarion, 2004.
  • L’édifiante histoire de Monsanto : Le triomphe des OGM, et les dangers d’une science financée par l’entreprise : OGM, science et démocratie.
  • Sur ce que la logique de marché ne s’applique qu’à fort peu de choses : Conseil gratuit. (suite).
  • Repérer la fonction essentielle de quelque chose s'appelle l'analyse de la valeur. Le best seller de Kim et Mauborgne, Blue Ocean, a remis le sujet au goût du jour

mardi 8 septembre 2009

Biohacking

Hacking goes squishy m’apprend que le bricoleur individuel peut désormais modifier le patrimoine génétique d’organismes et en créer de nouveaux. Les outils pour cela sont dans le domaine public et ne coûtent pas cher. Des compétitions de bricolage génétique sont d’ailleurs organisées. Pour se faire la main, l’apprenti lira les revues scientifiques : il y trouvera le génome des agents des principales maladies.

The Economist se réjouit du potentiel d’innovation que nous réserve la démocratisation des outils de manipulation génétique, et espère que le régulateur n'aura pas la main trop lourde.

On ne peut qu’attendre avec impatience les résultats de cette nouvelle vague d'innovation, quand on songe à ce qu'elle a donné ailleurs : virus et spam Internet, bulle et crise financière, la bombe atomique (un peu erroné : la science atomique n’est pas encore à la portée du bricoleur), etc.

mardi 4 août 2009

OGM, science et démocratie

Il n’est plus possible de faire d’études scientifiques sur les OGM sans l’accord des fabricants de semences (Monsanto, etc.). Et ils ont un droit de publication sur ce qu’ils tolèrent. Les scientifiques du secteur ne pouvant pas dénoncer ces pratiques sans risquer leur carrière, c’est Scientific American qui le fait : l’article.

Curieuse dérive du monde des entreprises : elles se rendent incontrôlables. Triomphe de l’intérêt individuel sur l’intérêt collectif. Et démonstration des dangers d’une recherche financée par l’entreprise.

Peut-être aussi illustration d’une de mes intuitions. De plus en plus ce que l’entreprise appelle « innovation » est un exercice de parasitisme social. Le mécanisme est celui que j’ai décrit : le dilemme du prisonnier. Autrement dit, Monsanto et ses pairs ont réussi (pas forcément consciemment) à faire que l’intérêt des gardiens de la société (les scientifiques) soit de trahir leur mission.

Compléments :

lundi 13 juillet 2009

Les origines du déficit de la sécu ?

Le dépistage du cancer de la prostate fait-il plus de mal que de bien ? me semble avoir mis le doigt sur quelque chose qui pourrait expliquer pourquoi notre santé nous coûte de plus en plus cher :

  • Le dépistage du cancer de la prostate se fait de plus en plus tôt. On dépiste beaucoup, mais on n’est pas sûr que ce soit finalement un bien : le dit cancer tue lentement, et le traiter démolit la vie de la victime.
  • Ce type de problème semble être derrière l’état calamiteux du système de santé américain : une amélioration du diagnostic qui fait voir ce qu’on ne voyait pas auparavant, et une volonté de zéro risque, qui conduit à un acharnement thérapeutique et à des vies gâchées.
  • On a là un curieux cercle vicieux : d’un côté cette pratique enrichit le médecin, de l’autre ne pas y souscrire risque de lui valoir des poursuites. C’est un exemple de dilemme du prisonnier : si le médecin optimise son intérêt propre, il minimise celui de ses patients et de la collectivité. La profession médicale (à commencer par les laboratoires) a trouvé un formidable moyen de ruiner la société.
Compléments :
  • Sur la médecine américaine : Le marché contre l’homme.
  • La France n’aurait-elle pas intérêt à se pencher sur ce type de comportements avant de s’en prendre à la couverture sociale ? (Système de santé français.)
  • Aurait-on là un moteur du capitalisme moderne ? Si une entreprise parvient à contraindre une profession à un tel dilemme du prisonnier (aléa moral), elle est riche. Serait-ce ce qui a été tenté avec les OGM, et ce qui a été réussi avec les différentes bulles financières ?