"Ces gaulois mythiques sont des hommes libres qui résistent à l'invasion romaine, mais qui acceptent l'acculturation dans un empire devenu universaliste après l'édit de Caracalla. Dans la francisation, les enfants reçoivent de bons ancêtres, qui leur parlent en même temps de liberté et d'intégration, c'est à dire de leur devenir de citoyens français." dit Edgar Morin dans Enseigner à vivre, au sujet des Gaulois dont parlait l'école de la 3ème République.
En disant "nos ancêtres les Gaulois" nos ancêtres étaient-ils moins ridicules qu'on a voulu nous le faire croire ? Le Gaulois, "libre et universaliste", toute l'identité de la France ?
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mardi 4 juin 2019
samedi 2 novembre 2013
Nos ancêtres les Gaulois…
GOUDINEAU, François, Regard
sur la Gaule. Actes Sud, 2007. Un recueil d’articles sur la Gaule et sur
quelques-uns de ceux qui ont écrit sur elle. Comment dire quelque-chose d’à peu près juste d’une société
sur laquelle nous avons si peu d’informations ? La question principale que
pose ce livre est peut-être celle de la rigueur scientifique. Difficile d’en
faire preuve quand le sujet nous touche d’aussi près. François Goudineau semble
vouloir donner une leçon sur l'art de l'enquête. Parmi les nombreuses questions abordées (la forme des cartes romaines, l'origine de Lyon, l'art gaulois...), voici ce qui m'a le plus intéressé. En bref.
La Gaule a très tôt subi l’influence extérieure. En particulier celle de Rome et de la Grèce (Marseille était une des plus prestigieuses colonies grecques). Et cela du fait d’échanges économiques. Mais aussi parce que les Gaulois, souvent mercenaires, parcouraient le monde. Et parce que l’on appelle Rome quand on craint quelque envahisseur. D’ailleurs les chefs gaulois, qui se révoltent avec Vercingétorix, ont tous plus ou moins fréquenté le monde romain. Et la guerre contre César divise les Gaulois.
A ce sujet, Vercingétorix a été plus qu’un faire valoir pour
César. Bien conscient des points faibles de l'armée gauloise, il a cherché à tendre
des pièges à César. Il s’en est fallu de peu qu’il réussisse. Curieusement, il
se pourrait que Vercingétorix ait fait la gloire de César. En effet, il
lui a apporté une grande victoire. Alors que jusque-là la guerre des Gaules s’enlisait.
Mais que serait-il arrivé si César avait perdu ? N’était-il pas dans le sens de l’histoire que la Gaule rejoigne Rome ? Les Romains pensaient d'ailleurs que la culture gauloise se prêtait à la civilisation. Ce qui n’était pas le cas de celle des Germains.
Les Gaulois ont abandonné leur langue et leurs traditions. Mais
ils ne semblent pas s’être totalement romanisés ou intégrés. Peut-être se
sont-ils contentés de prendre ce qui leur plaisait chez les Romains ? En
tout cas, ils ont conservé une forme d’urbanisme et d’habitat qui leur est propre.
Et leur élite ne semble pas avoir été séduite par les lumières de Rome. Elle
préférait rester chez elle.
Quant à une nation gauloise, elle n’existe pas. Le Gaulois
était attaché à sa « cité ». Rien de plus. Cependant, la façon dont
César décrit les motivations des chefs gaulois, qui se soulèvent contre lui, c'est-à-dire
la liberté ou la mort, il est difficile de ne pas les trouver très français… Et
ce dans leurs divisions mêmes.
dimanche 3 juin 2012
Les racines catholiques de l’Europe
Vendredi, j’entendais Elie Barnavi dire à France
Culture qu’il regrettait que l’Europe n’ait pas reconnu ses racines
catholiques. En effet, la religion catholique serait à l’origine de beaucoup de
choses qui nous sont chères, comme les droits de l’homme. En conséquence de
quoi, il n’y a pas de place pour la Turquie chez nous.
Ce type d’argument me surprend. Pourquoi ne pas parler aussi
de la Rome des origines, qui nous a fort influencés, sans être chrétienne (cf. César,
conquérant de la Gaule). Quid des autres peuples qui ont
occupé l’Europe, et leurs cultures ?...
D’ailleurs, à l'opposé, et si l’Europe s’était faite contre la religion
catholique ? Le protestantisme d’abord, les Lumières ensuite ? Et si
c’était, justement, les valeurs des Lumières qui étaient le fondement de l’Europe ?
C’est, du moins, ce que pense Tzvetan Todorov : Les
Lumières et l’identité de l’Europe.
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