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lundi 3 mars 2014

Einstein et l'université

Jeudi matin, Etienne Klein parlait d'Einstein (France culture). Einstein semble le contre exemple de ce que l'on nous dit être le bon chercheur. Quelqu'un qui s'épuise à publier, et qui travaille dans une université. Einstein s'occupait de brevets, à Berne. L'étude des brevets stimulait sa créativité. D'autant qu'ils semblent avoir beaucoup parlé de la synchronisation électrique d'horloges. Ce qui lui aurait donné l'idée que quelque-chose ne tournait pas rond dans la théorie électromagnétique.

Et si nous asséchions nos chercheurs ?

vendredi 28 septembre 2012

La vérité est-elle relative ?

De grands penseurs disent que nos intérêts dictent notre vérité. Hier, Etienne Klein, dans sa chronique de France Culture, expliquait qu’il existe des vérités absolues. Notamment la relativité. Démonstration : grâce à elle on a eu l’idée du laser, origine du CD ; à chaque fois que nous en écoutons un, nous la vérifions…

Pour ma part, le relativisme me semble une réalité. Nous jugeons le monde à partir d’une modélisation, généralisation de notre expérience et de ce que nous a inculqué notre milieu (la « culture » des ethnologues). De là vient l’outil de mon métier : le paradoxe.

Le « paradoxe » est une incohérence dans le comportement d’un groupe humain. Une différence entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. (Par exemple, notre gouvernement affirme le primat de l’économie, autrement dit l’aliénation de l’homme par l’économie, ce qui est anti marxiste.) On peut ainsi modéliser les « hypothèses fondamentales » qui guident inconsciemment son comportement, puis formuler ce qu’on lui demande dans le langage de sa modélisation du monde.

C’est la science qui fait de l’idéologie une vérité relative. Et c’est pourquoi l’homme cherche à la manipuler pour qu’elle affirme sa réalité. Par exemple, le « libéralisme » veut montrer que l’ordre social est idéal. Récemment il a subventionné la « science » économique à cette fin.

Ce blog pense que, comme le Yang succède au Yin dans la pensée chinoise, 68 a marqué la victoire du narcissisme de gauche et de droite sur une vision « solidariste » de la société. Tous deux ont produit leur relativisme. Affirmé à gauche, masqué à droite : le néoconservateur étant un relativiste qui croit universelles les valeurs de son milieu. D’où manipulation de la science par les scientifiques de chaque bord, philosophe d’une part, et économiste de l’autre.

Qu’Etienne Klein et que quelques autres scientifiques commencent à relever la tête signifie probablement que le balancier social revient vers le Ying. 

vendredi 7 septembre 2012

La conquête de l’inutile a ses raisons

Vainqueur de l'Ultra trail du Mont Blanc, venu de wikipedia
Hier, chronique d’Etienne Klein, France Culture. J’étais distrait, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris ce qui était dit. Mais, après coup, mon inconscient s’est réveillé. Il m’a rappelé un des thèmes évoqués : pourquoi nous engageons nous dans des exploits gratuits ? Par exemple dans une course de 100km sur le Mont blanc ?

C’est une question que je me suis posée lorsque j’ai rencontré quelqu’un qui était resté plusieurs mois dans une sorte de réfrigérateur au grand nord. Quasiment sans rien faire.
La surprise passée, je me suis dit qu’il n’avait rien d’exceptionnel, que nous étions tous des conquérants de l’inutile. Ne passons-nous pas notre vie à nous entraîner pour réaliser un exploit sans lendemain, par exemple un examen ?

Et si c’était raisonnable ? Pour commencer, l’exploit à venir fournit un sens à notre vie. Ensuite, si j’en crois un entraîneur, la logique de l’exploit est celle du dépassement, permis par la maîtrise de réflexes apportée par l’entrainement. Ce dépassement, dans une forme de douleur, donne la jouissance de la domination de la raison sur l’être, et sur ses concurrents (ma propre expérience de la course de fond, qui se gagne par des sprints intermédiaires faits au bluff). Enfin, l’exploit réalisé, on passe sa vie à le rejouer, comme un ancien combattant ses batailles. Si je rapproche cela de ce que dit la neurobiologie de la méditation, c’est probablement un moyen d’enregistrer dans son corps ces moments de bonheur (cf. commentaire de ce billet). Ce qui rend l’individu « résilient » à l’aléa, et à la dépression, et globalement plus heureux qu’un homme qui vivrait une existence sans exploits.

L’inutile a des raisons que la raison ne comprend pas ?