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vendredi 24 juin 2022

Utopia

Miracle de la radio. On se cultive sans effort. Grâce à BBC4 j'ai entendu "Utopia", oeuvre de Thomas More. Bien sûr, je ne suis pas certain que ce soit le texte intégral.

Quelle est cette fameuse "utopie", ancêtre d'un genre littéraire ? Un pays d'égaux. Tout le monde y est bien nourri, s'y habille de la même façon et y vit paisiblement. Un monde sans clés. 

Et son ennemi ? L'imprimerie et l'art. Peut-être parce qu'ils amplifient les petits mécontentements en révolution. La recherche du mieux, la révolte contre "l'injustice", qui est le propre de la démocratie, peut-être de l'Occident, est l'ennemi du bien, le paradis sur terre ? 

Et si c'était notre monde qui était une "utopie" ?

vendredi 5 avril 2013

Utopie : mal occidental ?

Et si la caractéristique de nos changements, de notre histoire même était l’utopie, me suis-je demandé récemment. Du coup, j’ai lu Voyages en Utopie, de Georges Jean (Découvertes Gallimard, 1994), livre qu’un collègue m’a offert il y a vingt ans. (Ce qui en dit long sur ce qu’il pensait de moi.)
Qu’est-ce qu’une utopie ? La description d’une organisation sociale idéale.L’histoire de l’utopie commence avec Hippodamos de Millet, à l’époque de Périclès, qui veut construire une cité idéale. Dès le départ, et jusqu’à nos jours, l’urbanisme et l’architecture feront chemin commun avec l’utopie. Puis vient Platon. C’est Thomas More qui donnera à l’utopie son nom (nulle part), et qui va lancer la tradition moderne. L’utopie est, initialement, une critique de la société, qui vise à l’améliorer. Mais, progressivement, elle devient réalité. Un genre littéraire apparaît, la critique de l’utopie (cf. 1984), autre nom du totalitarisme.

Ce livre m’a-t-il amené bien loin ? Tocqueville voyait la Révolution comme la tentative de réaliser une utopie. Il n’en est pas question. De même qu’il n’est pas question de l’Union soviétique, ou de l’Allemagne nazie et de sa pensée völkisch« Tous pensent qu’il convient de substituer des règles simples et élémentaires, puisées dans la raison et dans la loi naturelle, aux coutumes compliquées et traditionnelles qui régissent la société de leur temps » disait Tocqueville des penseurs des Lumières. Utopie, maladie de la raison ?

jeudi 28 février 2013

Qu’est-ce que notre changement a de nouveau ?

Petit à petit, je me suis intéressé à ce que nos ancêtres pensaient du changement. Le concept est présent partout. Et les ethnologues disent que le propre des sociétés humaines est de changer, et même de changer étonnamment vite.

Mais je crois qu’il y a quand même quelque chose de nouveau dans ce domaine. Le changement étudié jadis était celui de la nature, des saisons, des cycles économiques. Il était subi par l’homme. Depuis la Renaissance, il me semble que l’homme cherche, explicitement, à changer le monde. Dans un premier temps, il a conçu des utopies (cf. Thomas More), puis il a essayé de les réaliser par une sorte de tour de passe-passe (despotisme éclairé et bureaucratie, Révolution de 89, Nazisme, Communisme soviétique, Thatchérisme). Maintenant, on commence à se dire qu’il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Il existe des techniques pour faire bouger les sociétés…