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mardi 24 avril 2012

Sarkozy, l’anti de Gaulle

Quoi ? M.Sarkozy veut organiser une manifestation pour le « vrai travail » le 1er mai. Qu’est-ce que c’est que cette pitrerie ? Il veut déclencher un affrontement sur les Champs Élysées ? Les Versaillais contre la Commune, le retour ?

Ce qu’il y a d’étonnant, en fait, est qu’alors qu’il a multiplié les provocations chez nous, à l’extérieur il a été le président de l’OTAN et du Mercozysme, le plus docile et le plus conciliant de nos présidents.

Mais c'est l’exact opposé de De Gaulle !? De Gaulle s’est dressé, seul, contre le monde. Mais, en France, il a tout pardonné. Après guerre, il a rassemblé la France, en nous disant que nous étions tous des héros, à commencer par ses pires ennemis à lui, qui lui en ont voulu à mort pour cela. Lors de la guerre d’Algérie, alors que nous étions au bord de la guerre civile et que l’armée était sur le point d’organiser un coup d’État (!), il a de nouveau fait un étonnant tour de passe-passe. Seul contre tous. Pour lui, il n’y avait pas de partis, que des Français, terriblement similaires pour tout ce qui comptait vraiment. (Voir sa biographie par Jean Lacouture, et l'analyse de René Rémond.)

Soyons honnête avec M.Sarkozy. Il a au moins une vertu, celle de m'avoir réconcilié avec de Gaulle.

mercredi 26 octobre 2011

Les droites aujourd’hui

Rémond, René, Les droites aujourd’hui, Points Histoire, 2005.

Sinistrisme : les idées politiques naissent à gauche et terminent, quand elles réussissent, à droite. Toutes les droites sauf une forme de droite fondamentaliste, « réactionnaire », pleurant sur le passé (originellement contre-révolutionnaire), sont nées à gauche.

La droite libérale, initialement orléaniste, la droite « bonapartiste », dirigiste et populiste, ont été rejointes par des courants radicaux et démocrates chrétiens.

En fait, ces lignes de pensée ne semblent pas définir des mouvements mais plutôt être plus ou moins présentes dans chacun d’entre eux. Ce qui compte peut-être plus est ce qui différencie la gauche de la droite.

Il s’agit d’une attitude à l’homme et à la société. Pour la gauche, qui se définit avant tout par la défense de l’individu, l’homme serait naturellement bon, et doit être laissé à ses aspirations ; ses malheurs sont dus à la société. Pour la droite, l’homme est naturellement mauvais et doit être maintenu dans le droit chemin par la société et ses traditions. En découlent des affrontements quant à la famille, aux mœurs, et à l’autorité.

Tout n’est pas de gauche ou de droite, mais il est bien difficile de ne pas prendre position. Exemple : gaullisme des origines, qui a été aspiré à droite.

samedi 22 octobre 2011

Gaullisme de De Gaulle

Le Gaullisme « est une affirmation de la liberté contre tout déterminisme », en premier lieu celui de l’économie. « L’agent de cette liberté, qui la mettra en œuvre, c’est l’État ». Il est le représentant de l’intérêt général, et le seul capable de le réaliser. Comme jadis le roi, il fait respecter les droits du peuple par les barons modernes, puissances d’argent, syndicats, partis politiques... poussés par un appétit aveugle.

Cet État aime le progrès technologique, le changement et la réforme. N’étant rien sans l’unité de la nation, menacée par l’effet délétère de l’inégalité économique, il doit être un État social.

Le Gaullisme, comme la France qu’il est supposé incarner, n’est ni de gauche ni de droite. Peut-être parce que « le Gaullisme a besoin d’une personnalité qui l’entraîne » et que les successeurs de De Gaulle en manquaient, ils n’avaient pas les moyens de prolonger un tel projet, et ils sont partis à droite.

Voilà ce que je comprends du passage que René Rémond (Les droites aujourd’hui, Points, 2007) consacre au Gaullisme.

samedi 3 septembre 2011

Cheney et Biden

Pourquoi Georges Bush nous a-t-il amené au bord du chaos ? Parce que Dick Cheney, son vice président, était un homme d’entreprise et d’efficacité, qui a su immédiatement mettre en œuvre ses décisions.

Pourquoi Barack Obama n’arrive-t-il pas à sortir son pays de la crise ? Parce que Joe Biden, son vice-président, est un politique qui se sent bien dans le chaos. (Dick Cheney’s memoirs)

En fait, il est possible que ces attitudes soient propres au libéralisme.
  • La première pense que le bien doit être imposé d’en haut à une masse porteuse du mal. La seconde estime que c’est une forme de paralysie, résultat d’un équilibre des forces entre individus égaux, qui produit le bien. 
  • L’affrontement entre elles est vieux de plus de vingt cinq siècles.  
Compléments :
  • On remarquera que chacune se justifie par l’autre : les dirigistes le sont pour éviter le chaos, et les chaotiques pour éviter le totalitarisme.
  • Sahlins Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradigm press, 2008.
  • En France, cette opposition se lit probablement dans les programmes du PC et du parti gaulliste d’une part, et du PS et de la droite libérale (ex UDF), d’autre part. Sur la droite, en parfaite illustration : Rémond René, Les droites aujourd’hui, Points, 2007.