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jeudi 7 juillet 2011

Le paradoxe du leader

L’Angleterre s’agite. Va-t-elle revivre la guerre des mines de l’ère Thatcher ? On s’interroge.

« Thatcher et Scargill se méritaient, mais ils étaient les seuls » dit Neil Kinnock, un des leaders travaillistes à l’époque. (The awful warning of the 1980s)

Comment se fait-il que des systèmes représentatifs placent à leur tête des gens qui ne le sont pas ?

mardi 12 octobre 2010

Efficacité de la grève

Les grèves actuelles ont la bonne idée de ne pas couper le métro, ce qui me permet de continuer de travailler.

Je me demandais quel pouvait être leur succès. Thomas Schelling (Strategy of conflict) explique qu’en situation de conflit, celui qui gagne est celui, qui a brûlé ses vaisseaux, à qui il ne reste qu'une issue, massivement défavorable à son adversaire. Celui-ci doit abandonner ou déclencher la fin du monde (ou son équivalent).  

Ici le consensus semble être qu’entre la grève et N.Sarkozy, un des deux succombera. On ne se trouve pas dans la situation ordinaire ou seul un ministre est en jeu. On est plutôt dans la disposition Thatcher contre Scargill ?

Compléments :
  • La stratégie de la rigueur étant attaquée par des économistes éminents, les syndicats étrangers semblent regarder du côté de la France, pour savoir si le mouvement social ne pourrait pas, après tout, avoir le vent en poupe.
  • La stratégie dont parle T.Schelling ne fonctionne que si l'adversaire a compris la situation. J'ai entendu un syndicaliste du France dire qu'il s'était engagé dans une grève extrêmement dure parce qu'il ne savait pas que la Compagnie générale transatlantique allait si mal. C'est aussi peut-être pour cela que les syndicalistes des usines d'armement ont fait de longues grèves avant la guerre de 40 (cf. ce que dit Marc Bloch dans L'étrange défaite). 
  • En fait, ce qui se joue actuellement est peut-être le champ du cygne d'une idéologie qui voulait que la grève enrichisse, miraculeusement, le peuple. Nous serions alors dans un cas de surdité totale. 

mercredi 8 juillet 2009

Thatcher contre Scargill

Un article de la revue de l’Université de Cambridge, Children of the strike, rappelle l’affrontement Margaret Thatcher / Mineurs de 84/85.

J’étais en Angleterre à l’époque. Mon souvenir des événements est que Margaret Thatcher avait préparé soigneusement son coup. Les mineurs ont réagi comme prévu : sûrs de leur force ils ont cherché à faire plier le gouvernement. La lutte a épuisé leurs ressources. Ils ont été liquidés.

Ce conflit a vu s’affronter deux illuminés persuadés d’idées simplistes. D’un côté on croyait pouvoir ignorer, par la force, les évolutions du monde ; de l’autre on pensait que décréter, par la force, le laisser-faire, installerait définitivement le pays dans la prospérité. Comme dans toutes les batailles, les simples soldats ont payé la folie de leurs généraux. Les rêves de Madame Thatcher ne se sont guère matérialisés, sinon sous la forme de bulles spéculatives, et la reconversion, laisser-faire ?, de l’économie des zones minières ne semble pas avoir été une réussite.

Grande leçon de changement :

  • Illusion de la raison, qui veut que le monde, aussi compliqué soit-il, puisse se réformer à coups de théories, d’utopies. De manière amusante, les philosophes anglais ont critiqué la France révolutionnaire pour avoir cru pouvoir construire un monde idéal, à partir des enseignements de la raison. Ils auraient trouvé Madame Thatcher très française.
  • Illusion du passage en force. Le passage en force peut réussir. Mais, quand il réussit, il détruit les piliers de la société. Madame Thatcher a peut-être abattu les syndicats, mais elle a démoli une partie du tissu social de la société anglaise. Elle a massacré les siens, ceux qu’elle devait servir. Bien sûr, elle était convaincue que c’était pour leur bien.