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mardi 6 septembre 2022

Grève et individualisme

La grève semble être une maladie de la raison. Particulièrement quand elle touche la SNCF. Car le discours, pseudo marxiste, du syndicat tourne à vide : c'est un service public. A croire qu'il veut que les chemins de fer soient privatisés, afin de se retrouver dans une lutte des classes consubstantielle. 

En fait, c'est probablement une maladie de notre structure sociale. Les dirigeants de la SNCF et du reste du pays, sont construits sur le modèle de l'ancien régime. Ils dirigent par la seule vertu de leur naissance, certifiée, désormais, par l'Education nationale. Etant incapables de comprendre quoi que ce soit à ce qu'ils font, la désorganisation et le conflit sont inévitables. Les syndicats sont les maîtres de la SNCF.

L'Allemagne a, depuis longtemps, modélisé la question : nous sommes une "société d'individus" (ce qui est un oxymore). Chez elle, syndicat et patronat sont dans le même bateau. De même, d'ailleurs, que tous les Allemands. 

C'est en écoutant la BBC que je pense à cela. L'Angleterre s'affiche beaucoup plus ouvertement que la France comme une société de classes. Il y a, d'un côté, une élite assez large, qui est très habile à maintenir ses privilèges et ses institutions (en particulier ses grandes écoles), et de l'autre, une masse animale. Cette dernière est maintenue dans l'ignorance, ce qui la rend facile à gouverner. En revanche, lorsque sa situation s'aggrave, ses pulsions sont incontrôlables. 

Curieusement, le meilleur de l'intellect français a travaillé à cette question, au début du siècle dernier, mais sa pensée a été totalement oubliée. 

mardi 7 septembre 2021

De la particularité du syndicalisme allemand

Comment peut-on être allemand ? s'interrogeait, parlant de nos syndicats, un précédent billet. 

Comme souvent en systémique, il semble que tout soit une question de principe, d'état d'esprit. 

En Allemagne, le syndicat semble convaincu que l'avenir de ses adhérent est lié à celui de leur entreprise. Tous sur le même bateau. En France, le salut, c'est l'Etat. La grève est un appel à l'intervention du gouvernement. 

Si ce raisonnement est juste, il suffirait peut-être que le salarié découvre qu'il ne peut pas attendre de salut de Dieu, pour que notre syndicalisme change... 

mercredi 1 septembre 2021

Le syndicalisme, c'est fini ?

Notre syndicalisme, et son modèle de lutte des classes, paraît étrangement archaïque. Est-il compatible avec "liberté, égalité, fraternité" ? 

Le syndicalisme allemand ou nordique peut-il être une solution de remplacement, comme beaucoup l'espèrent ? 

On le décrit comme un syndicalisme intelligent. Seulement a-t-on compris son principe ? 

Le syndicalisme allemand défend l'entreprise parce que le sort des salariés lui est lié. Ils en sont des actionnaires, parce qu'ils y ont investi ce qu'ils ont de plus précieux : leur vie. Implicitement : tous entrepreneurs. C'est, d'ailleurs, une idée proche qu'avait développée H.Dubreuil, en France, dès le début du siècle dernier. Dans ces conditions, le syndicat devient un "bien commun" du groupe "des entrepreneurs" qui n'appartiennent pas au comité exécutif de direction de l'entreprise. Il permet à cet ensemble de personnes dispersées d'avoir une pensée et une action communes.  

Mais le syndicalisme n'est qu'une partie d'un "système". Il est lié à notre conception du management, probablement héritée de l'Ancien régime. Si l'on veut que l'un change, l'autre doit aussi changer. (A suivre.)

samedi 19 juin 2021

La grève ou le retour à la normale ?

L'autre jour la radio était en grève. Retour à la normale ? Le virus avait privé le Français de restaurants, et le syndicaliste de grèves ?

Ce qu'il y a de curieux, c'est que la grève se pratique presque exclusivement dans l'économie sociale, en particulier dans la fonction publique. Entre agents SNCF et usagers, par exemple. Curieuse lutte des classes. 

Ailleurs, on dit que lorsque l'entreprise est "libérée", lorsque ses membres en sont responsables, il n'y a plus de grèves. Et si cela expliquait les syndicats de la fonction publique ? Les hauts fonctionnaires qui la dirigent leur auraient-ils donné à gérer le petit peuple d'exécutants ? La grève serait un moyen de faire acte d'efficacité ? 

(Faut-il rapprocher ce comportement de celui de la Corée du Nord ?)

samedi 11 juillet 2020

Réformer la retraite est-il impossible ?

La réforme du régime des retraites : une obsession du gouvernement ? C'était le cas avant le confinement - à tel point qu'il a jugé cette réforme prioritaire par rapport à la crise sanitaire. Et il revient à la charge.

J'entendais un syndicaliste se demander si ce n'était pas une provocation : on ne va pas "se foutre sur la gueule", disait-il, alors qu'il faut se serrer les coudes face à l'adversité.

Il y a certainement des raisons pour réformer les retraites. Ne serait-ce que parce que les plans de licenciement qui se préparent vont probablement mettre à la retraite beaucoup de gens, histoire de ne pas dire qu'ils sont des plans de licenciement. Les lois sociales de début de mandat semblent avoir beaucoup facilité les choses.

Et c'est justement ce qui ne va pas. Les syndicats semblent ne pas avoir les moyens "intellectuels" de négocier quoi que ce soit. Soit ils résistent grossièrement, soit ils se font rouler dans la farine. Or, ce type de victoire est dangereux pour le gouvernement et pour le pays : à coups de réformes mal conçues, on crée l'injustice et la révolte. Ne faisons pas pour les retraites, ce que nous avons fait pour la santé.

Le premier changement à réussir n'est pas la réforme des retraites, mais celui de la prise de décision politique ?

lundi 27 janvier 2020

Long comme une grève sans fin

J'avais prévu que la "grève de la retraite" ne s'achèverait pas, eh bien, j'avais vu juste. Ce n'était pas difficile à prévoir, puisque c'est toujours pareil.

La question qui se pose est : pourquoi est-ce comme cela ? Certains diront que nos syndicats n'ont d'autre programme que d'abattre le gouvernement. Avec aussi peu de subtilité, on ne peut pas faire grand chose.

Mais on peut aussi se demander pourquoi on a de tels syndicats. Ce blog cite une "sociologie des syndicats" qui explique que, longtemps, ils ont, simplement, défendu les intérêts de leurs adhérents, dans des "conflits" locaux. Puis ils ont été réformés, sur le modèle de l'Etat, et financés par l'entreprise et l'Etat. Ce qui leur a fait perdre leurs adhérents, devenus inutiles à leur économie (et le contact avec la réalité ?).

A qui a profité le crime ?

mercredi 22 janvier 2020

A quoi ressemblera l'après syndicalisme ?

Partis politiques, syndicats, c'est fini ? Une société homogène ne se constitue plus en groupes susceptibles d'avoir une représentation fixe ? Va-t-on vers des mouvements "auto organisés" ? Quelque-chose qui ressemblerait à la "gestion des biens communs" étudiée par l'économiste Elinor Ostrom ?
  • A l'image des méthode de la programmation en "open source" (ou du modèle wikipedia), des "rites" prêts à l'emploi. (On se compte sur les réseaux sociaux, et on se retrouve sur les ronds-points.) 
  • Il faut un objectif pour lequel on est prêt à aller jusqu'au bout. Lorsqu'on l'obtient, on s'arrête (ce qui manque à la grève des retraites, ou aux Gilets jaunes), par exemple "fermeture de..." 
  • Il n'y a pas besoin de "porte parole". 
  • En revanche, il peut y avoir besoin d'une "intelligence" en amont : il faut transformer la grogne en un objectif à atteindre, qui va, effectivement, éliminer le problème qui a suscité le mécontentement. (Voir, à titre de bon exemple, l'analyse de White Working Class : la grogne de la classe moyenne américaine vient d'une dégradation de ses conditions de vie, or, il suffirait de mettre en place des programmes de formation pour résoudre le problème tout en aidant l'économie.) Là aussi, cela peut être un rite. 
  • Ce qui compte est la crédibilité, donc la détermination. 

lundi 16 décembre 2019

Retraites : affrontements tactiques ?

Ce qui est surprenant dans la grève moderne est la faiblesse du nombre de grévistes, et leur pouvoir de nuisance. La grève est devenue tactique.

Le gouvernement n'est-il pas, lui-même, dans cette logique d'affrontement tactique ?

A-t-il été maladroit lorsqu'il a annoncé un "âge pivot" qui lui a "aliéné" le dernier syndicat qui aurait pu être de son côté, ou a-t-il choisi la confrontation ? Le bon négociateur ne cède pas, au contraire, il augmente ses demandes à mesure qu'on les refuse. Cela montre à son adversaire que l'affrontement ne joue pas en sa faveur.

Très peu de grévistes sont concernés par la réforme des retraites, qui touche les jeunes générations. Cela ne va-t-il pas, aussi, finir par fissurer leurs rangs ?

Il se trouve, enfin, que, depuis Nicolas Sarkozy, les gouvernements sont fermes face aux grèves. Ils les usent. Qu'Emmanuel Macron ait cédé aux Gilets jaunes était un changement de tactique. Et il n'a pas été payant.

vendredi 16 novembre 2018

Gilets jaunes

Qui sont les "gilets jaunes" ? se demande-t-on. Simplement, des gens ordinaires. Leurs conditions de vie se dégradent, et personne ne s'en soucie. Car ce n'est, apparemment, pas qu'une question de carburant. (Bien qu'elle soit probablement importante : on doit se déplacer pour travailler.) C'est aussi des tribunaux ou des hôpitaux qui disparaissent. Et peut être tout ce qui faisait la vie qui devient difficile.

Etrangement, ces sujets n'intéressent pas notre personnel politique, pas plus que les syndicats. Doit-on se demander, d'ailleurs, si les uns et les autres n'ont pas fait beaucoup pour créer cette situation ? Quels intérêts servent-ils ?

(Le Figaro, sur la sociologie du mouvement.)

vendredi 10 août 2018

La fin des grèves ?

L'Etat voudrait vendre sa participation dans Air France. La très faible valeur de la société serait un obstacle.

Après l'échec des grèves de la SNCF, l'Etat a-t-il décidé de mettre un terme à l'ère des syndicats ? Dans une économie dont la règle est le marché et la concurrence, le syndicalisme des entreprises publiques et para publiques représente un coût excessif ? Nouveau modèle de société ? Le conflit social allait avec l'emploi à vie. L'individu va-t-il devoir se considérer comme un entrepreneur ? Ira-t-il d'entreprise en entreprise pour acquérir un savoir-faire, puis s'établira comme indépendant ? Modèle de l'artisan ? Les entreprises deviendront-elles des coalitions de libertaires qui se feront et se déferont au gré des projets communs ? Comment se financera la recherche, dans ces conditions ?...

samedi 28 avril 2018

Qu'est-ce que la base ?

La base de FO veut en découdre avec le gouvernement. Le nouveau dirigeant du syndicat la représente. J'ai entendu cela, hier, chez France Culture.

Qu'est-ce qu'une base ? Souvent, c'est une minorité agissante. Est-elle représentative de la majorité ? La question n'a probablement pas beaucoup de sens. Tout ce qui compte, c'est, qu'effectivement, elle obtienne ce qu'elle veut. La majorité se trouvera devant le fait accompli. En fait, notre régime politique est probablement peu démocratique. Mais, dans certains cas, la majorité peut aussi faire entendre sa voix. En "creux". Paradoxalement, par l'inaction. Car la minorité peut avoir besoin de la majorité. Et cela peut être le cas pour les syndicats. En effet, leur problème est qu'ils n'ont aucune représentativité. Leurs adhérents sont peu nombreux et en grande partie des professionnels du syndicalisme. S'ils veulent survivre, ils doivent étendre leur base...

vendredi 1 juillet 2016

Il faut savoir finir une grève ?

La grève Loi du travail semble devoir s'achever comme les dernières (Radio-France et Retraite) : par épuisement dans l'indifférence. 

Nos syndicats vont-ils tirer de leurs déboires la conclusion qu'il existe d'autres moyens d'agir que la grève ? Peut-être que, pour cela, il faut l'émergence d'une nouvelle génération de syndicalistes ?

jeudi 23 juillet 2015

Et si les syndicats changeaient de tactique ?

Hier j'entendais dire que les syndicats de Radio France avaient opposé à leur direction une étude qui montrait que le plan qu'elle prévoyait n'atteindrait pas les objectifs qui lui étaient assignés. Le gouvernement aurait fait un bruit favorable. La direction de Radio France se serait montrée ouverte à la discussion. 

Dans un précédent billet, j'expliquais que la grève n'était plus efficace. En revanche, il me semble que cette technique l'est. Je crois que si les syndicats prenaient une perspective d'actionnaire, ils défendraient bien mieux les intérêts des salariés qu'aujourd'hui. Et cela pour au moins deux raisons :
  • La plupart de nos dirigeants ont une faille : ce sont des "gestionnaires" (énarques pour la plupart). Ce sont des ritualistes qui appliquent des "modes de management". Ils ne réfléchissent pas en termes d'intérêt de l'entreprise. D'ailleurs ils connaissent rarement son métier.
  • Les plans d'économie actuels portent sur le personnel. Or, son salaire occupe une part relativement faible des coûts de l'entreprise. Et c'est l'homme qui demeure encore le meilleur "créateur de valeur" de l'entreprise, pas la machine ou le "numérique". 

mercredi 18 février 2015

L'entreprise : démocratie libérale qui échappe à la République ?

(...) la hiérarchie traditionnelle des normes conventionnelles est modifiée en faisant prévaloir :
– les accords d’entreprise sur les accords de branche y compris antérieurs à la loi, comme le confirme explicitement la décision du Conseil constitutionnel rendue sur ce texte le 7 août 2008 qui valide cette nouvelle hiérarchie ;
– la négociation sur les dispositions réglementaires qui n’interviendront qu’à titre substitutif. 
Voilà ce que dit la Circulaire DGT no 20 du 13 novembre 2008 relative à la loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail. L'accord collectif dorénavant tient lieu de loi à l'entreprise ! Celle des représentants du peuple (les députés) n'est appelée que si l'on n'est pas parvenu à s'entendre. L'entreprise transformée en une "démocratie" libérale, gérée par le contrat ?

Mais alors, pourquoi parle-t-on autant des méfaits du droit social, si une convention collective peut s'y substituer ? Dans ces conditions, le sort de la "démocratie" qu'est l'entreprise dépend d'une négociation syndicats / patronat. Performance de l'entreprise et justice sociale sont en jeu. Sont-ils armés pour assurer une responsabilité aussi lourde ?...
Si rien n'a changé, c'est peut-être parce que la montagne a accouché d'une souris. La phrase que je cite ne s'applique qu'au temps de travail. En acceptant tout ce qui a été voté sur le sujet jusque-là. La seule chose qui se négocie au niveau local, c'est un ajustement ! Voilà pourquoi je n'avais jamais entendu parler de ce texte ? (Pour être honnête, la loi parle aussi de l'exonération des charges sur les heures supplémentaires, ce en quoi M.Sarkozy croyait probablement beaucoup.)

Grand élan libéral qui a échoué du fait d'une grande lâcheté ? Avec, pour résultat, une fois de plus, une complexification du maquis du droit social ? 

jeudi 19 juin 2014

Fusion RFF SNCF : enquête

Que penser de la fusion RFF, SNCF ? Pas facilement compréhensible cette affaire. On sépare RFF et SNCF, puis on les fusionne. Dans l'entreprise, on appelle ça une "mode de management". C'est la gestion par l'idéologie. Tentative (pas très satisfaisante) d'enquête :

97, il y avait l'idéologie du marché. Il fallait séparer les rails des trains, de façon à ce que le monopole de la SNCF soit attaqué par d'autres entreprises. Cela produirait le meilleur des mondes. Baisse des prix et innovation. Résultats :
  • Les cheminots résistent (probablement pour ne pas perdre leur statut, RFF étant apparemment de droit privé). Le gouvernement, libéral, lâche. Si bien qu'ils n'ont pas été transférés chez RFF. Et que RFF est une toute petite société, qui doit sous-traiter la quasi totalité de son activité à la SNCF... Cela semble surtout avoir produit ce que produit dans le privé une telle stratégie : le dilemme du prisonnier. Une forme d'irresponsabilité. L'envers de ce qui était recherché. Au lieu d'une quête de rentabilité par l'innovation, on s'enrichit en escroquant l'autre. D'où à la fois négociations interminables et augmentation injustifiée des coûts pour la collectivité, qui, en dernière instance, doit régler les factures. (Je tire ces informations d'ici.)
  • Et la concurrence ? Le rail est naturellement monopolistique. Dans ces conditions, comment garantir qu'en remplaçant l'esprit du service public par celui de l'enrichissement de l'actionnaire, on n'en arrive pas à la situation du marché de l'énergie en Angleterre ? Plus du tout d'investissement, et des prix usuraires ? 
Bref, la réforme mettra probablement un terme à l'irresponsabilité. C'est un mieux. Mais pas une solution. Le problème de la SNCF, c'est la dette. Or, la réforme de 97 était un tour de passe-passe, qui transférait la dette de la SNCF à RFF. En revenir à la situation précédente améliorera-t-il les choses ? Ne faut-il pas attaquer le cœur du problème ? D'autant que cette réforme accouche d'une "usine à gaz"...

Quant aux syndicats, ils ne s'opposeraient pas à la fusion, mais, plutôt, voudraient un retour à la SNCF d'avant. Ils semblent craindre que, cette fois, il y ait réellement privatisation. L'argumentation est difficile à saisir. Surtout, c'est maladroit. J'ai l'impression que cette grève fait beaucoup de mécontentement alors qu'elle est peu suivie. Elle fait perdre de la crédibilité aux syndicats. N'est-il pas extrêmement dangereux de crier "au loup", prématurément ? 

samedi 14 juin 2014

Chant du cygne du syndicalisme français ?

Hier, voyage à Villepinte. Arrivée à la station RER de St Michel. Je découvre que la grève de la SNCF n'est pas terminée. Un train sur trois. J'attends. Mais les panneaux n'annoncent jamais plus loin que gare du nord. Au bout d'un moment, je me dis que c'est là que tout doit se jouer. Effectivement. Mais où aller, ensuite ? Voies 31, 32, au dessus, dit un grand noir de la SNCF. Rassurant et efficace. Il lui faut peu de mots pour diriger le troupeau désorienté qui débarque du train. (Nous aurions besoin d'un grand noir rassurant à la tête du gouvernement, me suis-je dit. Mais, j'imagine que le PS jugerait ma proposition une haïssable discrimination...).

J'entre dans un train. Il se remplit mais ne part pas. Puis, j'entends que ce n'est pas le bon. Les agents de la SNCF le confirment. Il faut aller de l'autre côté du quai. Je regarde les panneaux : ce n'est pas la bonne direction ! Les touristes sont furieux. Ils vont d'un train à l'autre, chargés de bagages. Finalement, on est parti. A petite vitesse d'abord. Puis, dès que le wagon se vide un peu, un chanteur se produit. Façon Ghetto-blaster. Je sens les vibrations de la sono dans les pages de mon livre (de circonstance : la faculté de juger de Kant). Mais je suis arrivé à l'heure. Comme quoi ma manie de l'avance a du bon !

Enseignements ? La France se donne en spectacle ? Ou illustration du ritualisme ? Le seul mode d'expression des syndicats de la SNCF, c'est la grève ? Comportement suicidaire ? En tout cas, entre les jours fériés, durant lesquels les entreprises s'arrêtent, et les grèves, il ne fait pas bon être entrepreneur ou travailleur précaire en France. Mais c'était une bonne illustration de ce dont j'allais discuter à Villepinte. Nous devons nous habituer à un monde déréglé. Finie la France d'après guerre qui nous avait mis dans un cocon. Comme le judoka, il faut s'inscrire dans le mouvement des choses. Donc apprendre à apprécier la SNCF, tant qu'elle a encore des syndicats, et les Ghetto-blasters, nous pourrions en avoir besoin pour gagner notre pain, demain. 

dimanche 23 février 2014

Entreprises et Etats : la paix des braves ?

Entreprises et Etats doivent s’entendre. Ils sont complémentaires, pas ennemis. En prétendant à l’autorégulation, le monde des affaires a entraîné une surréaction de l’Etat. L’un et l’autre sont engagés dans un cercle vicieux du gendarme et du voleur. Le rôle de l’Etat, c’est la formation, les infrastructures, la recherche et l’aide au lancement de l’entreprise. Le rôle de l’entreprise, c’est l’industrialisation et le marketing de l’innovation. Pour cela elle a besoin avant tout de règles du jeu claires et stables.
En attendant les multinationales jouent sur les règles locales pour partager leurs implantations. La Hollande permet d’arranger les statuts de l’entreprise à son gré. Pas mieux que l’Angleterre en matière d’accommodements financiers. La Suisse serait out.

Thaïlande. La bataille entre le peuple et les privilégiés pourrait tourner au profit des premiers. Le futur roi leur serait favorable. Ukraine. Le pays est pris entre des forces centripètes. Un Ouest polonais avant l’annexion soviétique, un Est proche de la Russie, la Crimée, base russe, communauté russe. Avec Kiev comme trait d’union. France. On parle de « théorie du genre ». La différence homme / femme serait une invention sociale. Cela a révélé qu’il existait un courant pro famille fort. Mais aussi que « une nouvelle génération de députés socialistes a été amenée à la politique non par le mouvement ouvrier ou par la politique locale mais par le mouvement associatif, où ils ont combattu pour les droits de la femme et contre la discrimination. Dans une société post industrielle où les travailleurs ont abandonné la gauche pour le Front National, les députés voient ces sujets comme un terrain de batail clé. » M.Sarkozy penserait à revenir au pouvoir. Malheureusement les Français l’aiment quand il se tait. Espagne. Elle redonne droit de cité aux descendants des Juifs expulsés en 1492. Toute la communauté juive serait concernée (au moins). Initiative business. Italie. M. Renzi a renversé le gouvernement. Apparemment, il n’a d’autre programme que de prendre tout le monde de vitesse. Ecosse. Va-t-elle faire sécession ? Ce serait une question de gros sous. Comment récupérer les bénéfices de la liberté sans assumer les charges de l’Etat anglais ? Et revenir dans l’UE prendrait du temps. En tout cas son succès pourrait encourager d’autres régions à prendre leur envol. Ces projets d’autonomie, d’ailleurs, n’auraient pas été possibles sans la protection européenne. Elle fait perdre son intérêt à celle des Etats. Iran. Suite de la tentative de se rabibocher avec l’Ouest en échange de revenus pétroliers. Un succès de M.Rohani pourrait nuire à M.Khamenei. Syrie. L’échec des négociations de Genève pourrait montrer à M.Obama qu’il a eu tort de laisser croire à M.Assad qu’il avait le haut du pavé. Lybie. C’est le chaos. Bientôt, un coup à l’égyptienne ? USA. Le congrès devrait couler les négociations de libre échange. Les précédents (NAFTA) seraient vues comme n’ayant pas tourné à l’avantage du pays. Réchauffement climatique. Croyants et non croyants pourraient trouver un terrain d’entente, à condition que les seconds ne s’en prennent pas aux valeurs des premiers.

Facebook achète WhatsApp. 19md$ pour 32 ingénieurs. Facebook veut injecter du sang neuf dans sa fortune déclinante. Tout étant informatique, la piraterie devient une grosse affaire. Elle coûterait plus de 100md$ par ans. Certains pirates passent au contreterrorisme. Les syndicats américains changent de marché. Le travailleur qualifié de l’usine automatisée n’en veut plus. Le syndicat doit se tourner vers les « exclus », personnels de service, universitaires sans poste fixe et autres intouchables. Révolution à San Francisco ? Mouvement de rejet de l’hypocrisie atroce des « barons du high tech », et d'un monde fondé sur la discrimination ? Les gestionnaires de fonds s’enrichissent au détriment de leurs investisseurs. Leur talent, s'il existe, ne compense pas leur coût. L’OPEP en difficulté. Le pétrole afflue de partout (USA, Iran, Iraq…). L’OPEP ne pourra pas maintenir ses prix. Pourquoi ne pas les baisser brutalement ? Cela tuerait ses concurrents. Le Bitcoin est victime d’une faille informatique. Sa valeur a été divisée par deux. Les économistes cherchent à mettre une valeur sur ce à quoi le marché n’en donne pas, parce que ça pourrait en avoir une un jour.

Le développement intellectuel de l’enfant est fonction du nombre de mots qui lui sont adressés, et de la complexité du dialogue que l’on entretient avec lui. Le réchauffement accéléré de l’Arctique ferait baisser le différentiel de température qui crée le jet stream. Du coup, il pourrait se mettre à zigzaguer paresseusement, et aléatoirement. D’où un climat incertain et stagnant. Un nouveau type de panneaux solaires pourrait produire de l'énergie à un prix concurrentiel avec le charbon. Les hyènes communiquent par leur odeur. Elles sous-traitent cette communication à des bactéries. En éclairant les tableaux pixel par pixel, on leur redonne leurs teintes d’origine. 

samedi 28 décembre 2013

Vive les syndicats ?

Je ne peux pas faire une conférence sur le changement sans que l'on me parle des syndicats. Si la France ne change pas, c'est à cause des syndicats.

Mais les syndicats français n'ont jamais été aussi faibles ! (Une référence sur le sujet.) Et, d'ailleurs, ils ont été forts à l'époque où la France l'était aussi. Galbraith ne dit-il pas que le syndicalisme a été un facteur du dispositif qui a assuré la prospérité d'après guerre ? Car le salarié est aussi un consommateur. Plus son salaire est élevé, plus il consomme. En fait, je me demande si ce n'est pas ce que dit The Economist. Il faut que l'Allemagne se mette à consommer. Cela tirera les économies de l'UE. Syndicats allemands, passez à l'action ? Il dit aussi que le monde a besoin d'inflation. A nouveau, appel implicite à un syndicalisme fort ? Vive Ed Milliband et une gauche qui revienne à ses sources populaires ?

dimanche 17 novembre 2013

Le syndicat au secours de l'entreprise ?

Quel est le mal de l'entreprise française ? ai-je demandé à un ex (très) grand patron. La formation de son dirigeant ! La recherche fait des pas de géant, l'entreprise est devenue extraordinairement complexe, et ses salariés sont très diplômés. ("Il y a douze fois plus de gens qui ont le bac chaque année qu'à l'époque où je l'ai passé" me dit-il.) Le dirigeant ne peut plus croire qu'il en sait plus long que ses collaborateurs. Or, il prétend, toujours, imposer ses vues sans consulter personne. Mais le savoir est en bas !

Solution ? Le modèle de codétermination à l'Allemande. Il force le dirigeant à consulter les employés, sans qu'il ait à perdre la face ! La nouvelle loi sur la sécurisation de l'emploi serait un pas dans cette direction. Mais va-t-elle être appliquée ? Curieusement, mon interlocuteur doute de la capacité de ses camarades dirigeants à s'en saisir. Pour ma part, je vois plutôt la résistance du côté des syndicats. Car leur stratégie est l'irresponsabilité. Ils disent non. Ils s'opposent. C'est tout. Et ce n'est pas fatigant. Ce n'est pas facile d'être allemand...

En tout cas, je trouve le raisonnement extraordinairement élégant. Et surtout, je découvre que les dirigeants ne sont pas comme nous les croyons. (D'ailleurs, je soupçonne que, vu de loin, je dois ressembler à un suppôt du capitalisme le plus sanguinaire !) Il en est probablement de même des syndicats. Espoir, enfin ? Edgar Schein a-t-il raison : l'idée reçue menace la survie de l'espèce ? Apprenons à poser des questions ?

dimanche 16 juin 2013

Quand les syndicats défendent un patron

Je lisais dans les Echos du 13 juin une déclaration de SUD favorable au patron d’Orange, actuellement inquiété par la justice. Un syndicat qui défend un patron, cela peut paraître étrange.

Pas en France. Notre culture nationale est celle de la fronde contre l’autorité, pas contre celui qui la porte.