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dimanche 30 septembre 2012

Chine : 15 jours pour 30 étages

Imminent écrasement de l’économie mondiale par la Chine ? Ce faisant va-t-elle la rendre durable ? Voilà ce que je me suis dit en lisant l’histoire (Meet the Man Who Built a 30-Story Building in 15 Days | Wired Design | Wired.com) d’une entreprise chinoise qui construit des immeubles de 30 étages en 15 jours, résistants aux séismes, et qui le fait de manière bien plus écologique que par les techniques traditionnelles.

Comment cela ? En préfabriqué, méthode Eiffel. C’est un mécano fabriqué en usine. Presque que des avantages : une structure légère, ce qui économise du matériau, une qualité qui peut être contrôlée (problème chinois), une quasi absence de risques pour les ouvriers (autre problème chinois)… Un seul inconvénient : pas très beau, et pas très bien fichu à l’intérieur. C’est une amélioration nette par rapport à la construction ordinaire émergente, mais ce ne serait pas acceptable pour un développé.

Tout de même, n’est-ce pas comme cela que la Chine va conquérir le monde ? Partout, elle s’empare du savoir-faire occidental, quitte à acheter ses entreprises (Volvo, Visteon…), et lui applique ses moyens financiers sans fond et l’effet d’échelle de son énorme marché intérieur. Plus personne ne peut alors se mesurer aux entreprises chinoises, ce qui est déjà le cas dans le domaine du solaire ou des télécoms (Huawei).
Et cette croissance semble devoir être verte, une préoccupation forte du pays.

Venu du wikipedia chinois
A quoi ressemblerait un monde chinois ?

Voici mon interprétation de GERNET, Jacques, Le monde chinois, Armand Colin, 4ème édition, 1999 :
Durant son histoire, la Chine paraît avoir suivi un mouvement double : expansion, puis repli sur soi (et dislocation, avant de redémarrer un cycle). Elle a aussi anesthésié les pays environnants, en les rendant dépendants d’elle, et de ses cadeaux, et en exerçant une fascination culturelle sur eux (elle élevait à sa cour les enfants de leurs chefs).
Par contraste, si l’on prend la Grèce comme ancêtre de l’Occident démocratique, son développement paraît caractérisé par une expansion continue, jusqu’à épuisement des ressources naturelles (les terres, pour les Grecs – si j’en crois Moses Finley).
Bref, un monde chinois serait peut-être une forme de décroissance durable.  

dimanche 4 avril 2010

Geely achète Volvo

Illustration de la stratégie chinoise d’acquisition de compétence occidentale ? Geely, fabricant de voitures qui ne passent pas les normes de sécurité occidentales, achète Volvo, spécialiste de la sécurité, à coups de subventions gouvernementales.

Faut-il avoir peur du Chinois ? Ma théorie du moment est qu’il nous a rendu service.
  • La globalisation de ces dernières décennies ressemblait férocement à une tentative de prise de contrôle de la planète par des oligopoles. Par exemple, les constructeurs automobiles suivaient une même stratégie. C’était la mort de l’innovation. En empêchant cette entente, la Chine pourrait forcer l’industrie occidentale à redevenir intelligente.
  • La Chine semble incapable d’inventer, de nous proposer des produits que nous n’avons pas. D’ailleurs peut-être que le faire demande beaucoup de temps. En conséquence, elle a sans doute raison de partir de notre savoir-faire pour construire le sien. Ce n’est pas nécessairement dangereux pour nous. L’Allemagne et la France construisent toutes deux des voitures, et chacune a trouvé sa place sur le marché automobile. Il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même avec la Chine.
L’Occident doit sortir de sa léthargie, et ses patrons doivent montrer qu’ils méritent leur salaire.

Compléments :