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mardi 19 octobre 2021

La soutenabilité : une question de réveil ?

Il y a des gens intelligents, en France, me suis-je dit en écoutant une conférence de France stratégie. (ici

On y parlait de "soutenabilité". Je retiens qu'il s'agit maintenant de sortir de l'idée fixe du zéro risque, pour comprendre que le risque est inhérent à la vie, la crise est un révélateur. Il faut concevoir la vie comme un changement permanent. Remarquable exemple de Romorantin, où l'on a construit en zone inondable, en faisant jouer, comme sait le faire la Hollande, la "régulation naturelle". (Principe qui a permis à cette dernière de ne pas connaître d'inondations meurtrières, cet été, contrairement à l'Allemagne et à la Belgique.) Ce qui a demandé à l'architecte du lieu de faire de la "maïeutique", d'établir un dialogue entre "parties prenantes" aux intérêts initialement contradictoires. 

Et il semble que ce soit la voie de l'avenir : des acteurs locaux qui parlent ensemble et conçoivent, effectivement, des projets "durables" et "résilients", en particulier parce qu'ils sont capables de s'adapter à l'imprévisible. La fameuse intelligence collective. 

Il faut aussi trouver le moyen de conserver l'expérience et le savoir-faire à long terme. Une question qui se pose actuellement. Car il semble que l'on hérite d'une situation préoccupante. Réhabiliter les cités minières du Nord, par exemple, c'est 3md€. Beaucoup d'infrastructures, construites après guerre, sont en fin de vie. Or les crises ont un effet cumulatif, façon goutte d'eau. Il faut identifier les "vulnérabilités", présentes dans tous les territoires (par exemple les zones de chômage élevé), et, à chaque fois, chercher avec les multiples acteurs locaux, régionaux et nationaux la solution au problème qu'elles posent, qui est toujours spécifique. 

Ce qu'il faut réparer avant tout, c'est le politique. Il y a besoin d'une vision et de projets à long terme, en particulier d'un plan national d'aménagement du territoire. Or la politique est un chaos, à la fois dans le temps, l'élu démontant ce qu'a fait son prédécesseur, et dans l'espace, les initiatives du gouvernement entrant en conflit avec celles des collectivités (notamment). 

Tout cela donne un peu l'impression que l'on a vécu des années folles, sur les acquis du pays, et que le navire n'avait plus de pilote. Les marins et les passagers ont l'air de commencer à s'agiter. Parviendront-ils à le sauver ?

mardi 14 juillet 2020

L'ubérisation disruptée par la démocratie ?

France Stratégie a réuni les "plates-formes" citoyennes. Ces plates-formes organisent des débats entre Français, afin de savoir ce qu'ils désirent, puis font connaître leurs sentiments. (France Stratégie procède de même.)

J'en retiens que ces plates-formes répondent à une attente nouvelle. Le citoyen, là où il se sent légitime, veut être entendu. Ces plates-formes expriment fortement le refus de l'infantilisation auquel il a été soumis traditionnellement par le pouvoir politique. Il en ressort que leurs participants veulent des gouvernants qui décident vite et bien, mais après avoir consulté la collectivité, et qui s'expliquent clairement (le citoyen aurait "perdu le fil" de ce que fait l'Europe, par exemple). "L'Etat autoritaire" : non.

Sont-elles représentatives des Français ? Certainement pas. Il suffit de voir leurs animateurs pour constater qu'ils appartiennent à un cercle extrêmement étroit. On a même l'impression qu'ils viennent de la même classe (au sens scolaire du terme). En revanche, ce besoin d'expression pourrait être commun à toute la population. D'ailleurs, il était dit que le Français est un peuple qui s'intéresse, beaucoup plus que d'autres, à la politique, même s'il vote peu. (Au fond il aime son pays, et c'est pour cela qu'il lui en veut de ne pas être à la hauteur de ses attentes ?)

Ce besoin d'expression rencontre le désir du politique, qui encourage ces initiatives.

Serait-on au "début d'une réforme démocratique" ? Demain, le "bon gouvernement" de Pierre Rosanvallon ? Quel sera le rôle qu'y joueront les plates-formes ?

S'il y a un paradoxe dans cette affaire, c'est qu'après avoir été asservissement de l'homme par l'homme, avec Uber, elles deviennent lien social...

dimanche 24 mai 2020

France stratégie ou le nouveau Plan ?

Depuis quelques-temps, je m'intéresse aux travaux de France Stratégie, qui est l'héritière du Commissariat au Plan.

France Stratégie ausculte la société et en tire un diagnostic qui surprend ceux à qui j'en parle : on y retrouve toutes les critiques que l'on fait à l'Etat !

Pendant la guerre, le Conseil national de la résistance, l'union de toutes les forces qui combattaient Vichy, avait fait ce travail. Il avait produit des lignes directrices pour l'après guerre. Ensuite, la France, pourtant si divisée, s'était unie autour de la notion de partage des fruits du progrès. Le Commissariat au Plan avait pour mission de consulter les forces qui constituaient le pays pour établir par consensus la prochaine étape de la transformation du pays. Il en résultait un Plan

Et si France Stratégie préparait une nouvelle forme de Plan ?

jeudi 14 mai 2020

Le retour en force du principe de précaution

Ceux qui voulaient la peau du principe de précaution risquent d'en être pour leurs frais.

Car si l'Etat avait fait preuve de prudence, la crise ne lui coûterait pas des centaines de milliards, et n'aurait pas fait autant de morts, aujourd'hui, dit France Stratégie.

Mais la précaution n'est peut être pas ne rien faire. Il faut bâtir une société résiliente.
Une réévaluation de la notion de précaution entraînerait une refonte significative du référentiel de nos politiques publiques, de leurs grands objectifs et de certains de leurs outils ; elle semble particulièrement adaptée à une époque caractérisée à la fois par l’identification de bouleversements majeurs et inéluctables à court et à moyen terme (liés notamment au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité) mais dont les conséquences concrètes et territorialisées ne sont pour l’instant que mal connues. Et c’est précisément quand l’État ne sait pas tout qu’il doit déployer des politiques de précaution (Livret séminaire soutenabilité covid 19 du 19 mai 2020 de France Stratégie)
(France Stratégie recommande le stress test : dislocation de l'UE, guerre, etc.)

Le monde d'après : des politiques qui font confiance au peuple ?

France Stratégie s'interroge sur la raison de la défiance de l'opinion vis-à-vis du gouvernement, et des rumeurs qui la parcourent.

Et si cela venait de notre manque de confiance, les uns par rapport aux autres ?

Un gouvernement qui prendrait ses électeurs pour des égaux, voilà ce qui serait une révolution.

"Et au-delà des premiers instants de la crise, un partage public des données, des hypothèses et des projections qui alimentent le gouvernement dans ses réflexions apparaît susceptible de renforcer la compréhension et l’adhésion de l’opinion aux mesures qui sont prises – et on a vu qu’une telle adhésion active était essentielle à l’efficacité de ces mesures. Cela suppose donc une certaine confiance, non pas des citoyens envers les sciences ou envers les politiques, mais des politiques envers les citoyens et des citoyens envers eux-mêmes."

mercredi 13 mai 2020

L'Etat, demain : le retour du plan ?

Les mêmes causes, les mêmes effets ? Et si, comme en 45, l'Etat redevenait planificateur, pour ordonner l'effort de reconstruction ? Voici ce que dit France Stratégie :
"l’anticipation ne se réduit pas à la précaution, en particulier lorsque s’impose à la puissance publique un défi de redémarrage économique, après la mise à l’arrêt que constitue le confinement généralisé. Sans singer ce qui a été accompli au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’idée de « planification » peut être remise au goût du jour, compte tenu notamment de plusieurs impératifs : renforcer l’indépendance (nationale ou européenne) dans la production de certains biens et services stratégiques, conduire nos sociétés vers la neutralité carbone, favoriser une gestion sobre des ressources, ce qu’il est impossible d’obtenir en laissant les acteurs privés en disposer comme ils le souhaitent.
Pour atteindre de tels objectifs, le niveau européen semble incontournable, à la fois au niveau de la conduite de politiques publiques orientées vers le long terme et au niveau de l’effort de recherche nécessaire pour inventer et déployer les outils adéquats. Aussi bien en matière de transition écologique qu’en matière de solidarité, l’ampleur des actions nécessaire plaide pour une coordination européenne des politiques publiques.
D’un autre côté, la construction de politiques résilientes, adaptées aux ressources et aux vulnérabilités des différents territoires, ne peut sans doute pas être pilotée au seul niveau national, mais doit reposer également sur l’échelon local, plus apte à identifier les multiples dimensions des difficultés rencontrées par les acteurs (individus, entreprises, associations...) et les réponses disponibles immédiatement pour faire face à telle ou telle catastrophe."

mercredi 5 août 2015

Quel est le rôle de l'Etat ?

La crise agricole en cours me semble indiquer ce que devrait être le rôle de l'Etat. Et cela est aussi vrai de la crise de l'euro. Il y a certains changements qui sont imparables. Ce sont des changements sociaux fondamentaux. L'individu isolé, à deux ou trois oligarques près, ne peut pas s'y adapter sans casse. L'Etat doit organiser ces changements, de façon à ce qu'ils se fassent le mieux possible, dans l'intérêt collectif, et dans le respect de la justice. 

Or, comment l'Etat procède-t-il aujourd'hui ? Maginite. Dormez bien, il n'y aura pas de changement. Puis, lorsqu'il est devenu inévitable : nous sommes dos au mur, nous devons faire ce que font les autres. Quitte à renoncer à nos principes. Le gouvernement conduit le changement sans fatigue...

Encore une fois, pour changer les autres, il faut se changer en premier ?

(Un rôle pour l'ex Commissariat au plan devenu France stratégie ? Anticiper les changements, et les organiser ?)

samedi 2 mai 2015

France Stratégie : qu'est-ce que c'est ?

Je suis surpris par les positions de France Stratégie. France Stratégie, c'est le successeur du Commissariat au Plan. Depuis que ce dernier ne commande plus à la France, c'est un Think Tank, dans lequel on met ce que nous comptons de plus intelligent. Ce sont les penseurs de l'ombre. 

Or, il y a quelques temps, j'ai découvert que France Stratégie s'intéressait à la même réforme du droit social que les zones franches. Il s'agit de permettre à l'entreprise de fonctionner comme une démocratie. Elle échappe à la République et à ses élus, et fixe ses propres lois. Le droit individuel est contraint par le droit collectif. Seulement, l'entreprise n'est pas une démocratie. Serait-on parti pour un grand moment de "dumping social" ? Organisé par des socialistes ?

Je n'ai pas trouvé d'article sur France Stratégie. Sinon une attaque de Marianne, qui lui reprochait d'avoir fait un procès à l'école française, reposant sur une démonstration fausse. Marianne en concluait que France Stratégie, loin d'être son cerveau, est le porte flingue du gouvernement. Son travail sur la discrimination, contraire à la loi et à l'esprit scientifique ?, suivrait-il la même inspiration ? Quid de sa dernière "étude" répétant "compétitivité, compétitivité, compétitivité", alors que la question de la "compétitivité" me semble ressortir à l'idéologie du marché ?

Son dirigeant, Jean Pisani-Ferry, curieusement, n'est pas un haut fonctionnaire. Ce n'est ni un major de polytechnique, inspecteur des finances, ni un normalien agrégé de philosophie, critères minimaux ordinaires de sélection pour ce type de poste. C'est le fils d'Edgard Pisani, homme politique légèrement de gauche, et, par sa mère, l'héritier de ce qui apparaît de plus en plus comme une dynastie : les Ferry. Si bien que, du fait d'une convention qui m'avait échappé, son nom est la combinaison de ceux de ses parents. Le poste récompense-t-il le militant, les ancêtres, ou une compétence discrète ? 

Le bal des vampires ?
Les Clinton, les Blair et les Schröder, les réformistes ultra-libéraux, sont tous de gauche. Ils sont aussi devenus des gens extrêmement riches. Notre PS suivrait-il leur pente ? Si c'est les cas, qu'est-ce qui pourrait expliquer cet étrange basculement ? Phénomène Polanski : une fascination pour le mal, dans lequel on tombe avec délice ? (C'est aussi, un peu différemment, l'histoire de Narcisse.)