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vendredi 18 mai 2012

JP Morgan au casino

On a appris que JP Morgan allait encourir des pertes de 2 (ou 3) md$ de fait de paris. On découvre maintenant que ces paris ressortissaient à une stratégie systématique. En effet, la banque aurait, en plus, accumulé pour 100md$ de quelque chose qui ressemble fort à des subprimes, si je comprends bien le Financial Times.

La logique de l’affaire me paraît être que JP Morgan pensait que le reste du monde financier se trompait.

JP Morgan est la première banque américaine, et ne peut pas faire faillite. Dans ces conditions peut-on lui laisser la possibilité de tels paris ?

Ce qu'il y a surtout de curieux dans cette affaire, c'est qu'un département d'une banque (même pas situé dans son siège) peut manipuler des montants de l'ordre de ceux de la dette grecque. D'un côté un petit nombre de froids calculateurs (une personne ?), qui gagnent des millions (15m$ pour le chef de l'unité) et risquent au mieux un licenciement, de l'autre toute une population, qui joue son existence. 

dimanche 13 mai 2012

Le banquier est-il irresponsable par nature ?

Donc, JP Morgan pourrait perdre de l’ordre de 2md$. Après Kerviel et Tourre, voici Bruno Michel Iksil, le courtier au coeur de l'affaire. L’avenir de la France est peut-être derrière elle, mais elle possède encore des personnalités capables d'épater le monde.

À nouveau une histoire de « hedge fund ». Il y a beaucoup de choses curieuses à dire de ce concept.
  • Le but de ce type de mécanisme est d’être une assurance. Il protège un intermédiaire en annulant ses risques : quand on vend quelque chose, on achète l’équivalent, et inversement. Mais il y a eu dérive : les financiers ont pensé pouvoir s’enrichir ainsi. Or, en même temps, ils affirmaient que toute régulation du marché est inutile, puisqu’il est parfait et que ses mouvements ne peuvent être prévus. Ce sophisme leur a explosé à la figure. Pour une fois la justice a été immanente.
  • L’idée d’assurance a été dévoyée : il est devenu possible de s’assurer contre un risque que l’on ne court pas. Comme si je pouvais assurer la maison de mon voisin. Du coup, on se crée un risque, dans mon exemple celui que l’appartement du voisin ne brûle pas. La finance est un casino, comme disait Keynes ?
  • On retrouve ici beaucoup de caractéristiques de crises passées. Par exemple comme lors de la crise asiatique de 97, le « hedge fund » se retrouve plus gros que son marché. Comme à la Société générale et à la Barings, les conséquences des risques pris par le courtier n’étaient pas correctement évaluées. Plus exactement, il est possible qu’on s’accommodait fort bien des profits que l’activité semblait faire. Et il est tout aussi probable que le dirigeant de l’entreprise va maintenant dire qu’il a été abusé…  Les financiers peuvent-ils apprendre ? Ou l’appât du gain leur fait-il perdre tout sens commun ?
JP Morgan a été un des meneurs du lobbying récent contre la réglementation de la finance. Or, cette affaire montre que le financier est incapable d’autocontrôle. Faut-il le traiter comme un irresponsable ?  Les grands organismes financiers devraient-ils être publics ?...

Compléments :

dimanche 23 août 2009

Supprimons les agences de notation

Une étude parvient à une très étonnante conclusion :

  • Elle analyse sur près de deux siècles les taux de défaillance d’un produit financier risqué en fonction des caractéristiques de la banque qui l’a vendu. Pendant longtemps ils ont été fonction de la taille de la banque : les grands noms (Rothschild, JP Morgan) étaient particulièrement fiables. Aujourd’hui il n’y a plus de différence.
  • Explication possible : ce qu’on achetait avant c’était une marque, une réputation. Et c’était pour en conserver la valeur que la banque faisait bien son métier. Aujourd’hui, sa réputation n’est plus en jeux, mais celle d’une agence de notation. Or, évidemment, l’agence de notation est nettement moins bien placée que la banque pour connaître le risque des produits de cette dernière.

On en vient à une de mes idées récurrentes : tout système de contrôle rend l’homme irresponsable et dangereux. Pour le rendre fiable, il faut qu’il sache sa responsabilité (réputation) clairement engagée.

Compléments :

  • Développement de la même idée: Assurer les banques.
  • GHOSHAL, Sumantra, Bad Management Theories Are Destroying Good Management Practices, Academy of Management Learning and Education, 2005, Volume 4, n°1. S.Ghoshal disait que l’Amérique croyait que l’homme ne pensait qu’à mal, de ce fait, il fallait le contrôler (idée fixe de la théorie économique), étant contrôlé, il devenait irresponsable et effectivement ne pensait qu’à mal.