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mercredi 2 juin 2021

Wall Street et la Chine

"Wall Street’s new love affair with China. At a time of growing geopolitical competition, US and European investment firms are plunging into the Chinese market." disait le Financial Times. 

Les délocalisation, aussi, s'accélèrent, semble-t-il. 

Que se passerait-il si la Chine déclarait la guerre à Taiwan ? Nos Etats viendraient au secours de nos multinationales en faillite ? 

Défaillance du marché ? Plus le risque grandit, plus les profits possibles le font aussi, et moins il y a de place pour la prudence ? 

samedi 22 juin 2019

Boeing, ou les dangers du pilotage financier ?

Boeing doit-il essayer de mettre au point son 737 Max déficient, sachant que les pilotes et les passagers risquent d'avoir peur d'y monter (j'ai appris que la France était un des rares pays qu'il avait le droit de survoler) ? Doit-il avancer un programme de remplacement, sachant que, ce faisant, son retard sur Airbus s'accentuera ?...

En lisant et en écoutant, j'observe que cette affaire soulève bien des questions. Apparemment, les avions sont devenus trop complexes pour pouvoir être contrôlés par des organismes indépendants, aux USA comme en Europe. Les avionneurs s'auto contrôlent ! Peu rassurant. D'autant qu'ils sont dirigés par des considérations financières, disait un interviewé. C'est, à y bien réfléchir, l'explication la plus plausible à la série de décisions hasardeuses qui ont conduit aux accidents.

Seulement, dans le monde de l'aviation, la sanction est violente. L'erreur tue. Il serait peut être dans l'intérêt des avionneurs de mettre un terme au diktat financier, et de remettre en place des systèmes de contrôle indépendants et efficaces.

A ce titre, les organismes de contrôle français, tels que les APAVE, étaient des associations constituées par des industriels...

(Le pilotage financiers de Boeing pourrait avoir produit la chaîne d'événements suivante :
D'abord, il y a retard de Boeing sur Airbus. Moins on investit, plus on est rentable ? Puis décision d'équipement d'un vieux modèle de moteurs de nouvelle génération plutôt qu'investissement pour créer un nouveau modèle. Puis ça ne marche pas, on corrige avec un logiciel. Puis, l'instrumentation qui alimente le logiciel, économie ?, n'a pas les redondances usuelles, ce qui provoque, dans certains cas, des comportements de l'avion erronés. Puis, on n'informe pas les équipages de ces évolutions, puisqu'elles devraient être invisibles. Ce qui évite de parler de formation - Boeing ayant annoncé : nouveaux moteurs, pilotage inchangé. Puis, lorsque l'incident survient, les procédures usuelles, qu'appliquent les équipages, sont exactement ce qu'il ne faut pas faire...)

lundi 30 juillet 2018

De la joie d'être un casseur

En longeant les Champs Elysées, j'ai pensé au Mondial de foot, et à la casse qui en avait été la conséquence.

Dans un billet, j'expliquais le plaisir d'écrire un blog. C'est celui de jouer avec des règles, des contraintes. Il doit en être de même pour le casseur. Ce doit être follement excitant de faire ce qui est interdit, et de suffisamment bien connaître le système pour ne pas se faire prendre. Et, en plus, contrairement aux financiers, puisqu'il possède peu, il risque tout.

jeudi 1 octobre 2015

Le marché, c'est la guerre ?

Mon précédent billet parlait de l'euro. Beaucoup de gens disent que nous serions mieux sans. Ce qu'il y a de curieux, c'est que nous semblons incapables de raisonner à long terme. Nous sommes enfermés dans l'anxiété du 0,5 % de croissance. Nous avons été kidnappés par la vision myope des économistes. Et si cet aveuglement nous amenait au chaos ? 

Après guerre, on pensait loin. Et, à tort ou à raison, beaucoup croyaient que la finance folle avait créé les conditions de la barbarie. C'est la thèse de Karl Polanyi. Elle semble avoir été partagée par les gouvernements de l'époque, qui ont tenté de contrôler la finance pour qu'elle n'entre plus en conflit avec la société. Leur système n'a pas fonctionné. Mais il serait tout de même bien que l'on se remette à envisager le long terme, et à se demander quelles peuvent être les conséquences de nos désirs. 

Quant à l'euro, je pense de plus en plus que c'est une bonne chose. Voilà pourquoi. Selon moi, la cause de la crise est l'Allemagne. En se comportant de manière irresponsable (absorption maladroite de l'Est par l'Ouest, puis dévaluation compétitive), elle a mis le reste de l'Europe en difficulté. Enseignement : les ajustements sont douloureux, en conséquence, il faut les anticiper, les préparer et les accompagner. Si nous comprenons ceci, il est possible que les crises soient beaucoup moins violentes que dans un marché financier laissé à lui-même. 

vendredi 18 mai 2012

JP Morgan au casino

On a appris que JP Morgan allait encourir des pertes de 2 (ou 3) md$ de fait de paris. On découvre maintenant que ces paris ressortissaient à une stratégie systématique. En effet, la banque aurait, en plus, accumulé pour 100md$ de quelque chose qui ressemble fort à des subprimes, si je comprends bien le Financial Times.

La logique de l’affaire me paraît être que JP Morgan pensait que le reste du monde financier se trompait.

JP Morgan est la première banque américaine, et ne peut pas faire faillite. Dans ces conditions peut-on lui laisser la possibilité de tels paris ?

Ce qu'il y a surtout de curieux dans cette affaire, c'est qu'un département d'une banque (même pas situé dans son siège) peut manipuler des montants de l'ordre de ceux de la dette grecque. D'un côté un petit nombre de froids calculateurs (une personne ?), qui gagnent des millions (15m$ pour le chef de l'unité) et risquent au mieux un licenciement, de l'autre toute une population, qui joue son existence. 

mardi 14 février 2012

L'ordinateur a ses crises boursières

On soupçonne de plus en plus les ordinateurs d’être capables de créer des crises boursières.

On aurait trouvé un moyen de les prévenir. Il y aurait des signes avant-coureurs : certains cours d'actions connaîtraient des pics brutaux, ou « fractures ». Leur multiplication amènerait le système que forme l’ensemble des ordinateurs financiers, en quelque sorte, à entrer en résonnance.

Curieux comme les machines ont une forme de vie propre qui échappe à notre raison. Au départ de l’informatisation des échanges financiers il y avait l’idée qu’on ne pourrait que s’en trouver mieux. Aujourd’hui, on constate que la créature a échappé à son maître ?

Compléments :

jeudi 12 janvier 2012

Sin City

Mes billets précédents sur la City me posent quelques questions :
  • La City est-elle aussi inoffensive qu’elle le paraît ? Pourquoi les Anglais s’en méfient-ils ? Comment parvient-elle à gagner autant d’argent ? Et si, isolée sur son rocher battu par les vents et la mer, la City pratiquait le métier de pirate sous un autre nom ?
  • Alors que la France possède des vaccins pour combattre les maladies, elle semble particulièrement inculte en termes d’outils financiers, de leur emploi, de leurs risques et des conséquences qu’ils peuvent avoir. Est-ce sain ?

La City contre l’Europe ?

Il semblerait que les hedge funds de Londres aient acheté de la dette grecque en pariant que le contribuable européen viendrait au secours du pays, et leur ferait réaliser de gros bénéfices. (Awaiting a Greek Payout - NYTimes.com)

Si je comprends bien, ils pourraient bloquer le processus de restructuration des comptes grecs, ce qui déclencherait la crise que nos gouvernants cherchent à éviter. 

Habile publicité pour les bienfaits de la City et d'une industrie financière qui échappe à tout contrôle ?

jeudi 5 janvier 2012

Les marchés financiers menacés par les systèmes d’information

Les systèmes d’information qu’utilisent les marchés financiers seraient un point faible qu’exploiteraient des esprits malveillants « ayant des motifs non-économiques ».
Il est particulièrement facile de tirer les marchés vers le bas lorsqu’ils chancellent déjà, en utilisant des moyens tels que la vente à découvert, les options et les swaps. The war on terabytes
C’est curieux. Jusqu’ici je croyais que l’orthodoxie financière voulait que vente à découvert, options et swaps ne puissent jamais faire de mal, qu’il n’y avait que des idiots protectionnistes retardés (autrement dit des Européens) qui pensent le contraire… Quant aux malveillants, je les pensais le moteur même du système : n’est-ce pas ce que dit Adam Smith ? à moins qu’il ne puisse y avoir capitalisme sans égoïstes asociaux et que tout ce qui ne répond pas à cette définition le mette en danger ? 

lundi 10 octobre 2011

Transaction à haute fréquence

Les transactions informatiques à haute fréquence attirent l’intérêt du régulateur.

On leur reproche d’être parfois utilisés pour manipuler les cours (par exemple en passant en masse des ordres, et en les annulant immédiatement), et peut-être d’augmenter leur volatilité, voire de créer des crashs artificiels. (High-Frequency Stock Trading Catches Regulators’ Eyes - NYTimes.com)

Signe des temps ?, l’argument selon lequel ce qui fluidifie les échanges fait le bien collectif ne semble plus suffisant pour tout excuser. 

jeudi 29 septembre 2011

Recapitaliser les banques ?

Faut-il recapitaliser nos banques ?

Certainement. Le système financier semble avoir saisi une place hors de proportion avec son utilité. Il l’a fait, en prenant des risques exagérés. Le remettre dans son état antérieur est donc probablement essentiel.

Cependant, le faire pendant une crise est particulièrement périlleux. Bref, dans le changement, tout est une question de mise en œuvre…

Compléments :
  • Un tel mouvement peut-il encourager les entreprises à se diriger vers plus d'autofinancement ? (D'ailleurs, on dit qu'elles n'ont jamais eu autant d'argent.)

dimanche 25 septembre 2011

Trader : homme ou animal ?

Les scientifiques étudient le trader. Il serait shooté à la testostérone, qui met en veilleuse la raison. Du coup, il se croit invincible, quand il a de la chance. Mais l’incertitude (ce qui se passe actuellement) finirait par lui griller le cerveau et le plonger dans une forme de prostration. (Rogue hormones)

Dans ces conditions on comprend pourquoi les Anglo-saxons parlent de « greed and fear ». 

Rassurant de savoir que le sort de la planète est entre de telles mains ? Conséquence d’un individualisme forcené ? La raison ne sert qu’à l’homme social ?

En tout cas, rendre la raison au trader, et au marché ?, est possible : il suffit de le remplacer par une femme. Elle est nettement moins susceptible à des poussées de testostérone que lui…

Compléments :
  • Wikipedia traduit trader en « opérateur de marché »…

mardi 6 septembre 2011

Rationalité des marchés

Pourquoi les marchés doutent-ils de l’Italie et pas de l’Angleterre, se demandait un interviewé de la BBC, ce matin. En effet la situation de la première est relativement meilleure que celle de la seconde.

Oui, mais l’Angleterre a pris des mesures de réduction de son déficit qui ont convaincu les marchés.

Ce qui est bien. Seulement, on aimerait qu’un peu plus d’attention soit apportée à la création d’emplois dans le secteur privé en remplacement de ce qui a été supprimé dans le public, sans quoi…

Règle du moment : c'est la détermination d'un gouvernement qui fait la crédibilité de son économie ? Même si cette détermination peut creuser la tombe de son pays (ce qui explique les hésitations de certains) ? Et demain ?

Comme le montre les Crash : le capitalisme n’est qu’une question de confiance, et d’idées reçues qui vont et qui viennent, aléatoirement : plus de confiance, plus de « valeur » ? Paradoxe de l’hyper matérialisme ?

Compléments :

lundi 16 mai 2011

Mauvaise passe pour les hedge funds

Raj Rajaratnam, milliardaire et dirigeant d’un des plus gros « hedge funds » est condamné pour délit d’initié (il risque 205 ans de prison !).

Il obtenait une partie de ses informations, illégalement, de dirigeants des sociétés américaines les plus respectées (notamment « McKinsey, Intel, Goldman Sachs, Moody’s et IBM »). Mais la pratique ne semble pas avoir été propre à son seul hedge fund…

Durkheim aurait probablement dit que l’élite américaine souffre d’une pathologie qu’il serait bon de soigner…

jeudi 21 avril 2011

Criquets et investisseurs

Il semblerait que l’on soit capable de prévoir le mouvement de nuées d’animaux ou d'insectes par des règles très simples. Par exemple, pour les criquets, avec l’hypothèse que l’individu tend à imiter ses voisins. (Self propelled particles)

Curieusement ces modèles seraient aussi efficaces pour expliquer les marchés financiers.

La finance donnerait-elle à l’homme le QI du criquet ?

dimanche 20 février 2011

Banquier menacé

Jusqu’ici le banquier d’affaires a défendu son salaire avec un remarquable succès. Mais voilà la conjoncture est difficile et le poids de son salaire sur le résultat des banques se voit comme le nez au milieu de la figure.

En fait, ce qui plombe leurs comptes est l’augmentation de leurs garanties, imposée par les régulations internationales anti risque systémique. (The big squeeze.)

Alors était-ce ce risque excessif qui, en créant une prospérité artificielle, permettait de masquer la démesure du salaire des banquiers ? Doit-on en déduire que la défense de leurs avantages acquis va conduire les banquiers à un baroud d’honneur de coups tordus ?

lundi 11 octobre 2010

Société Générale pas guérie ?

Au hasard d’un article sur le jugement de M.Kerviel, je lis :
Bien que SocGen ait depuis dépensé 130m€ pour renforcer ses contrôles, l’Autorité des Services Financiers anglaise a imposé une amende à la banque en août, pour des faiblesses dans sa comptabilité et ses rapports.
Au fond, qui est le plus important, M.Kerviel, modeste employé tout au bas de la pyramide, mais qui a accès à 50md€, ou les personnes de grands « talents » qui la dominent et dont les salaires ont connu une inflation colossale ces dernières années ? Ou encore l’employé de la centrale nucléaire qui peut la faire péter par inadvertance, ou le PDG d’EDF ?...

Ne coûterait-il pas moins cher de recruter des sans grades fiables, de leur proposer des carrières solides, de former un management humain compétent plutôt que de dépenser autant d’argent dans des « systèmes de contrôle » ?

samedi 7 août 2010

Capital investissement

Curieusement, le succès du capital investissement est peut-être basé sur une entourloupe faite aux fonds qui lui ont fourni leur argent :

Le capital investissement a réalisé des gains exceptionnels ces dernières années en jouant sur « l’effet de levier » de la dette (donc sur une prise de risque interdite aux fonds), et la montée des cours. Pour profiter de ces effets mécaniques ses dirigeants ont été énormément rémunérés. (Paying the price.)

Compléments :

mardi 25 mai 2010

Dark pools et flash trading

Les organismes financiers continueraient à avoir des pratiques asociales :
  • Les « dark pools ». Les organismes financiers possèdent entre eux des systèmes d’échanges qui échappent à tout contrôle. Source de risques individuels et systémiques non connus.
  • « Flash trading ». Il s’agit d’anticiper les mouvements du marché, grâce à des systèmes informatiques surpuissants. De ce fait, les organismes financiers prélèvent un impôt sur les échanges. 

mercredi 21 avril 2010

Finance islamique

Il y a quelques temps on nous ventait les vertus de la finance islamique. Une mode de plus :
  • Faillites d’émetteurs.
  • Rééquilibrage des produits financiers de façon à ce que le retour sur investissement corresponde au risque prix.

Plus grand chose d’islamique là dedans.