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vendredi 18 mai 2012

JP Morgan au casino

On a appris que JP Morgan allait encourir des pertes de 2 (ou 3) md$ de fait de paris. On découvre maintenant que ces paris ressortissaient à une stratégie systématique. En effet, la banque aurait, en plus, accumulé pour 100md$ de quelque chose qui ressemble fort à des subprimes, si je comprends bien le Financial Times.

La logique de l’affaire me paraît être que JP Morgan pensait que le reste du monde financier se trompait.

JP Morgan est la première banque américaine, et ne peut pas faire faillite. Dans ces conditions peut-on lui laisser la possibilité de tels paris ?

Ce qu'il y a surtout de curieux dans cette affaire, c'est qu'un département d'une banque (même pas situé dans son siège) peut manipuler des montants de l'ordre de ceux de la dette grecque. D'un côté un petit nombre de froids calculateurs (une personne ?), qui gagnent des millions (15m$ pour le chef de l'unité) et risquent au mieux un licenciement, de l'autre toute une population, qui joue son existence. 

vendredi 17 avril 2009

La créature du dr Geithner

La finance américaine à son sommet.

Le patron de la banque centrale américaine imprime massivement de l’argent, et le fait savoir, pour déclencher une grosse inflation qui va liquider les multiples dettes de la nation. Bien sûr, il pourrait y avoir quelques effets imprévus, comme ceux observés en Allemagne dans les années 30. Mais sans risques, où est le plaisir ? C’est un coup de poker, comme on les aime dans le nouveau monde.

Quand aux grandes banques, elles ont annoncé des résultats particulièrement bons. Mauvaise nouvelle ?

  1. Ils viennent des salles de marché, du « fixed income market », le marché obligataire, de la dette. Pourquoi ? Parce que la crise a liquidé leurs concurrents, les prix remontent ! C'est la rançon du monopole. Ces bénéfices vont leur permettre un tour de passe-passe d’anthologie :
  2. En annonçant leur bonne santé retrouvée, elles dénoncent celle de leurs consœurs, et précipitent leur faillite. Alors que le gouvernement essayait de les sauver. 2 autres effets vont dans le même sens :
  3. Elles vont rembourser les crédits apportés par le gouvernement. Les bonus sont de retour. L'agréable ce joint à l'utile : elles vont pouvoir recruter les équipes de leurs concurrentes.
  4. Le fait que leurs autres activités soient déficitaires signale non seulement que l’économie américaine va mal, mais aussi que les affaires de leurs concurrents (qui n’ont pas de salles de marché) aussi.

Curieux : le gouvernement américain a renfloué l’assureur AIG, pour qu’il puisse honorer ses promesses et payer, par exemple, 12md$ de primes d’assurance à Goldman Sachs. Ce faisant, il a sauvé ses principales banques des conséquences de leurs malversations. Et, aujourd’hui, elles profitent à plein de la crise qu’elles ont suscitée. (Bizarrement Henry Paulson, ancien ministre des finances américain avait été auparavant PDG de Goldman Sachs. Et le chef de cabinet de l’actuel ministre des finances était un lobbyiste de Goldman, qui a tué une tentative de réforme des bonus du sénateur Obama…)

Les apprentis sorciers du gouvernement américain auraient-ils créé une créature monstrueuse dont ils sont devenus les pantins ?

Sources :