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samedi 4 juin 2022

Trainées et avions

La maison de mes grands parents était légèrement surélevée par rapport aux environs, et du pas de la porte du jardin, on pouvait voir le ciel. Quand j'étais enfant, il y a plus d'un demi siècle, le passage d'un avion était un spectacle. 

Depuis que je suis revenu en banlieue, je vois à nouveau le ciel. Et je constate, les jours de beau temps, qu'il est zébré de trainées laissées par les avions, qui volent à haute altitude. J'ai compris ce que disait un article lu il y a quelques années : si l'on parvenait à supprimer ces trainées, on réduirait l'effet de serre de plusieurs pour cent. 

Je lisais aussi, récemment, que la conscience écologique des jeunes générations ne les empêche pas (au contraire ?) d'utiliser bien plus l'avion que leurs parents. 

A quoi tous ces zigzag riment-ils ? me disé-je, en regardant le ciel.

jeudi 2 décembre 2021

La bulle spéculative pour les nuls

La plupart des entreprises travaillent très dur et tirent le diable par la queue. D'autres ne produisent rien et valent cent milliards ou plus. La différence, c'est la spéculation. 

Pourquoi, chaque entreprise ne chercherait-elle pas à en tirer partie ? Pourquoi pas une chaire de spéculation à HEC, par exemple ? 

Les mécanismes spéculatifs ont fait l'objet de travaux d'économistes très sérieux, et sont forts complexes. Quoi qu'ils soient tout à fait rationnels. 

La technique de la bulle spéculative consiste à faire penser que, même si un bien ne vaut rien, il y a un consensus social selon lequel il y a de l'argent à gagner en pariant sur lui, lorsqu'il est à la hausse, et en se dégageant, avec célérité, lorsqu'il est à la baisse. Et il y a des leaders d'opinion, tels que Goldman Sachs en 29, pour montrer la voie. 

Il y a le degré zéro de la spéculation, la bulle spéculative évidente, telle que la voiture électrique, ou le moteur à hydrogène, il y a aussi l'art, le grand art. Et il consiste à prendre une activité totalement ringarde, les taxis ou les entrepôts, par exemple, pour en faire un nouvel eldorado, Uber ou Amazon. La sidération produit la spéculation. Les investisseurs de la Silicon Valley, qui avaient compris la valeur de start up de B.Obama, disaient que la bonne start up est un discours nouveau sur un sujet ancien. Mais ce n'est pas un art de brute. Il est tout en subtilités. The Economist, par exemple, a cru à la disruption de la prostitution. Flop. 

Ce n'est qu'un début. Tout le succès est dans la communication. Un travail de pro, d'Américain. Comme l'écrivait le professeur Trivers, un psychologue, ce qui fait le succès de l'escroc, c'est qu'il croit à ce qu'il dit.

samedi 31 mars 2018

Enfance de la morale

Je m'intéresse à la morale comme outil de manipulation. Mais d'où vient la morale ? De notre enfance. La morale, ce sont nos parents qui nous disent de faire ceci ou cela, sans nous expliquer pourquoi, sans s'adresser à notre libre arbitre.

Cause de 68 ? La génération des parents de 68 était, pour le peu que j'en ai vu, une génération de moralisateurs (insupportables). Cela a pu avoir deux conséquences, dont une paradoxale : la révolte contre un climat étouffant ; mais aussi le désir de faire comme ses parents : dominer le monde par la morale. Quand on est formé par la morale, on ne connaît que la morale. Et voilà pourquoi notre élite nous gouverne par la morale ?

(Et voici aussi pourquoi on conteste sa légitimité : elle est recrutée par des examens qui portent sur la raison, et elle ne l'emploie pas ?)

dimanche 18 février 2018

ONG

Scandale "exploitation sexuelle" chez OXFAM. La récente "libération de la parole" féminine a attaqué beaucoup de champions de causes "socialement avancées". Même phénomène ? Hypocrisie à la Tartuffe ? Les bons sentiments cachent quelque turpitude coupable ?

Je me souviens d'un ami, qui avait parcouru le monde en routard pendant près de deux ans. Il en était revenu révolté contre les ONG. (En particulier contre leurs 4x4 de luxe.) Pour lui, elles se comportaient en colonisateurs, plein de mépris pour les populations locales.

Peut-être qu'elles font plus de bien que de mal ? En tout cas, être porteur du bien ne doit pas encourager au respect de l'autre.

mardi 6 février 2018

Insoumis

Récemment, quelqu'un me disait avoir été étonné de voir M.Mélechon en business class, son adjoint étant, lui, au fond de l'avion.

Mais, la caractéristique d'un "insoumis" n'est-ce pas, justement, de refuser les normes de la société ? Pourquoi le défenseur du pauvre devrait-il vivre en pauvre ?

(On me répondra, certes, que, dans ce domaine, M.Mélenchon est plutôt un conformiste. Et que, si les publicitaires devaient consommer les produits dont ils font la promotion, on n'en trouverait pas.)

mardi 23 janvier 2018

Droits de l'homme

Lorsque M.Macron a rendu visite à la Chine, on lui a reproché de ne pas avoir parlé de "droits de l'homme". Soudainement, quelque chose m'a frappé que je n'avais pas compris jusque-là. La définition de "droits de l'homme". Il s'agissait de défendre trois opposants au régime, qui sont en prison. Des intellectuels.

Mais, sur une population qui compte plus d'un milliard de personnes, n'y a-t-il que trois personnes qui souffrent ? Des mineurs de fond ? Des paysans déplacés par millions ?... Cela m'a rappelé l'époque soviétique : on ne parlait au mieux que de Sakharov et de quelques autres ; on se fichait des conditions atroces dans lesquelles on vivait au Goulag. Quant à Mao, non seulement personne ne s'est préoccupé des résultats de ses révolutions culturelles, mais ceux qui auraient pu le faire étaient de son côté !

J'ai compris alors le bonheur d'être un intellectuel. Vous gagnez le paradis en échange de quelques manifestations bruyantes.

(Une illustration de mon billet traitant de "moral licensing".)

lundi 17 décembre 2012

La prochaine crise européenne est annoncée

Intéressant article de The Economist. En Europe les entreprises sont financées par les banques. Or, de nouvelles réglementations vont rendre ce financement difficile, parfois impossible.
Le changement annoncé est monstrueux. La réglementation européenne ressemblerait à celle des USA des années 30. Les banques financent la dette d’entreprise à 30% là-bas, contre 90% en zone euro !

Que va-t-il arriver ? Les banques pourraient organiser des emprunts pour les (grandes) entreprises. Elles empocheraient ainsi des bénéfices sans risque, celui-ci étant pris par le prêteur. Essentiellement des compagnies d’assurance et des fonds de pension (cf. les assurances vie, en France). Les dettes des petites sociétés pourraient être titrisées, façon subprime. Des plates-formes d’échange électroniques pourraient aussi mettre en relation ceux qui ont de l’argent avec ceux qui en cherchent. En résumé, les marchés vont remplacer les banques.

Nouveau Far West
Tout est prêt pour un nouveau Warburg, et pour un renouveau de la City, dont le métier est l’organisation de syndicats pour la levée emprunts internationaux. Bonne nouvelle aussi pour les intermédiaires de type Rothschild et pour les organismes financiers américains, qui ont de l’expérience dans le domaine ?
Thomas Watson, d'IBM
Et peut-être pour d’autres. Cette situation a fait la fortune de Watson, le fondateur d’IBM. On était alors dans les années 30, ses clients n’ayant pas les moyens d’emprunter, il est parvenu à leur louer son matériel. C’était un exploit puisqu’il avait les mêmes problèmes qu’eux. Mais, du coup, aucun concurrent ne pouvait se mesurer à lui. Même après la crise. Un demi-siècle de monopole s’ensuivit.

Quant aux dangers pour la société, ils semblent colossaux. Aujourd’hui les banques exercent un contrôle sur l’entreprise. Ce contrôle est direct, social, il agit sur le comportement même de l’entrepreneur. Il ne peut pas être remplacé par une réglementation, facilement contournable, ou par des agences de notation (cf. le précédent des subprimes). Or, cette transformation arrive au moment où l’aléa moral pourrait atteindre un sommet. Car  les assurances cherchent désespérément à relever la rentabilité de leurs placements et l’on ne sait pas comment payer les vagues de retraités qui s’annoncent. Aléa d’autant plus imparable que la zone euro n’est pas homogène, mais dépend pour son financement d’autres nations qu’elle ne peut pas contrôler ? Et si les marchés de capitaux sur lesquels elle emprunte, et où sont placés ses économies étaient hors d’Europe, par exemple à Londres ?

Comment contrôler le changement ?
L’aléa moral étant plus fort que tout. Eviter un cataclysme est illusoire. Quelques idées à titre d’exercice intellectuel :
Le nœud de la question est le contrôle de terrain. Qui peut contrôler la gestion de l’entreprise ? La grande entreprise pourrait s’occuper des finances de ses sous-traitants. C’est en fait déjà le cas. En effet, la survie du fournisseur dépend massivement des délais de paiement du donneur d’ordre, et les conditions de paiement que peut faire le fournisseur au donneur d’ordre dépendent de sa capacité à emprunter (nulle aujourd’hui). Mais qui peut contrôler la grande entreprise, et éviter qu’elle ne se transforme en ENRON ?
Il y aurait aussi sûrement de la place pour des mécanismes d’autocontrôle d’un groupe d’entrepreneurs (type coopérative).
Finalement, le risque sera d’autant plus faible que l'autofinancement se développera. 

dimanche 13 mai 2012

Le banquier est-il irresponsable par nature ?

Donc, JP Morgan pourrait perdre de l’ordre de 2md$. Après Kerviel et Tourre, voici Bruno Michel Iksil, le courtier au coeur de l'affaire. L’avenir de la France est peut-être derrière elle, mais elle possède encore des personnalités capables d'épater le monde.

À nouveau une histoire de « hedge fund ». Il y a beaucoup de choses curieuses à dire de ce concept.
  • Le but de ce type de mécanisme est d’être une assurance. Il protège un intermédiaire en annulant ses risques : quand on vend quelque chose, on achète l’équivalent, et inversement. Mais il y a eu dérive : les financiers ont pensé pouvoir s’enrichir ainsi. Or, en même temps, ils affirmaient que toute régulation du marché est inutile, puisqu’il est parfait et que ses mouvements ne peuvent être prévus. Ce sophisme leur a explosé à la figure. Pour une fois la justice a été immanente.
  • L’idée d’assurance a été dévoyée : il est devenu possible de s’assurer contre un risque que l’on ne court pas. Comme si je pouvais assurer la maison de mon voisin. Du coup, on se crée un risque, dans mon exemple celui que l’appartement du voisin ne brûle pas. La finance est un casino, comme disait Keynes ?
  • On retrouve ici beaucoup de caractéristiques de crises passées. Par exemple comme lors de la crise asiatique de 97, le « hedge fund » se retrouve plus gros que son marché. Comme à la Société générale et à la Barings, les conséquences des risques pris par le courtier n’étaient pas correctement évaluées. Plus exactement, il est possible qu’on s’accommodait fort bien des profits que l’activité semblait faire. Et il est tout aussi probable que le dirigeant de l’entreprise va maintenant dire qu’il a été abusé…  Les financiers peuvent-ils apprendre ? Ou l’appât du gain leur fait-il perdre tout sens commun ?
JP Morgan a été un des meneurs du lobbying récent contre la réglementation de la finance. Or, cette affaire montre que le financier est incapable d’autocontrôle. Faut-il le traiter comme un irresponsable ?  Les grands organismes financiers devraient-ils être publics ?...

Compléments :

mercredi 9 mai 2012

Banques : retour à la normale ?

Depuis ses origines, ce blog pense que la crise sera finie lorsque les banques seront rentrées dans le rang.

Il semblerait que ce soit en passe de se faire. On les a forcées à augmenter leurs réserves pour diminuer les risques qu’elles présentaient pour le contribuable. Étant moins risquées, les États peuvent s’en écarter. N’étant plus protégées par eux, le risque qu'elles représentent pour l’investisseur augmente.

Du coup, elles découvrent que leur rentabilité en est affectée. Si bien qu’elles commencent à se demander si elles ne feraient pas bien de se débarrasser de certaines activités, et si leurs personnels ne sont pas un peu trop payés… (Balancing the books)

Élégante leçon de systémique ?

vendredi 24 février 2012

Internet et la culture de la défiance

Attention, vos emails sont auscultés. Les entreprises les font traiter par des logiciels dressés pour y découvrir des preuves de culpabilité. (Mind your language)

Et si les entreprises tentaient de bâtir une culture de confiance, cela ne pourrait-il pas leur faire gagner beaucoup d’argent ? 

samedi 14 janvier 2012

Hongrie et Europe disloquée

Ce qui arrive à l’Europe ressemble étrangement à ce que disent mes cours sur ce qui est fatal au changement.

La zone euro est attaquée de toutes parts ; les Anglo-saxons la regardent avec une inquiétude navrée pour sa stupidité, comme s’ils n’étaient pas un tout petit peu pour quelque chose dans ses malheurs ; la situation étant favorable à l’Allemagne (ECB policy: Not favouritism, just error | The Economist), elle n’est pas prêteuse ; en France, il en faudrait bien peu pour que l’opposition, suivant l’exemple grec, ne jette à la face du monde l’incompétence du gouvernement, et que celui-ci ne cède à quelque tentation du coup médiatique suicidaire. Et voilà que l’on découvre (Somewhere In Europe - NYTimes.com) que la Hongrie veut en revenir au régime qui a fait son succès de 1920 à 1944 (Miklós Horthy - Wikipédia)… Il est vrai que sa situation ne doit être guère enviable.

Le mal du changement, c’est qu’il déclenche le chacun pour soi. Or, l’homme n’est rien sans la société. Notre sort individuel dépend massivement de notre volonté de rendre des sortes de petits services collectifs, désintéressés. Sans cette volonté l’édifice social s’effondre.

Antipoison ? L’entraide. Il faut reconstruire le « lien social ». Cela se fait en deux temps, et cela nous concerne tous :
  • Il faut repérer ceux qui coulent et leur donner un coup de pouce pour réussir. C’est un travail compliqué et ingrat, irrationnel, où la crise succède à la crise.
  • Une fois que l’on a obtenu quelques succès, un phénomène mystérieux se produit, une dynamique collective s’enclenche qui fait que le groupe se réorganise et prend son sort en main. Peut-être a-t-il su tirer un enseignement de la résolution des problèmes des naufragés précédents ?  
Compléments :

    samedi 31 décembre 2011

    Fin d’année ou fin du monde ?

    Sans qu’il l’ait voulu, ce blog est né avec la crise. Il passe son temps à la commenter. D’ailleurs la crise est le propre du changement (d’une certaine façon elle tombe bien pour un blog qui parle de changement ?).

    Voici quelques réflexions sur la situation du changement en cours. Un billet déconseillé aux dépressifs.


    vendredi 9 décembre 2011

    Taxer les riches à 80%

    Aux USA, en 40 ans, le 1% le plus riche a doublé sa part des revenus de la nation. Cela a un inconvénient imprévu : en cette période de crise et de dette, son magot aiguise les appétits.

    Quel serait le taux d’imposition marginal qui maximiserait les intérêts des USA ? se demandent des économistes fameux. Plus de 80%.

    Raisonnement : les vigoureuses baisses d’impôts qu’ont connues de nombreux pays n’ont eu aucun impact notable sur leur croissance. Une baisse d’impôts encouragerait le top management à un comportement parasitaire, plutôt qu’à la « création de richesse ». Taxing the 1%: Why the top tax rate could be over 80% | vox

    Alors, contrairement à ce que prétend Adam Smith, et bien d'autres avec lui, l'appétit du gain ne ferait pas le bonheur collectif ?


    jeudi 3 novembre 2011

    Corruption

    Dernier scandale de corruption aux USA. Les personnes concernées sont fort riches et respectées. Qu’avaient-elles à y gagner ?

    « l’amitié et l’égo pourraient compter plus que l’argent ». (Another trial)

    samedi 8 octobre 2011

    Gueule de l’emploi

    Un documentaire semble avoir réveillé la France aux pratiques de l’entreprise. ("La gueule de l'emploi" : un document choc sur le recrutement)
    Il met en effet en évidence un processus de déshumanisation... des ressources humaines, consistant à valoriser et à susciter les comportements agressifs, individualistes, la guerre de tous contre tous, aux dépens de toute solidarité ou de toute empathie.
    Surtout, il montre que ce processus obtient la complicité de tous, candidats et recruteurs, à sa réalisation. Le tout au nom du fait, pour les candidats, qu'il faut trouver un emploi à tout prix et, pour les recruteurs, que "ce sera encore plus dur dans le monde du travail".
    Lorsque la Russie a été attaquée par une vague de libéralisation, ses citoyens ont fait bloc, les entreprises ont continué à proposer des crèches, le troc s’est substitué à l’économie officielle. En France, grands et petits ont collaboré avec enthousiasme à la dislocation de la solidarité ?

    En tout cas, il est peut être temps de réinventer l’entraide…

    Compléments :

    jeudi 29 septembre 2011

    Recapitaliser les banques ?

    Faut-il recapitaliser nos banques ?

    Certainement. Le système financier semble avoir saisi une place hors de proportion avec son utilité. Il l’a fait, en prenant des risques exagérés. Le remettre dans son état antérieur est donc probablement essentiel.

    Cependant, le faire pendant une crise est particulièrement périlleux. Bref, dans le changement, tout est une question de mise en œuvre…

    Compléments :
    • Un tel mouvement peut-il encourager les entreprises à se diriger vers plus d'autofinancement ? (D'ailleurs, on dit qu'elles n'ont jamais eu autant d'argent.)

    samedi 9 juillet 2011

    Méfiez vous des dirigeants au visage large

    Il y a deux types de dirigeants :
    1. Ceux qui ont un visage large et font prospérer les entreprises.
    2. Ceux qui sont honnêtes et éthiques.
    Si j'en crois un chercheur. (Does your boss have an honest face?)

    jeudi 9 juin 2011

    Le hedge fund s’assure

    Les hedge funds découvrent un risque professionnel, le délit d’initié. Il coûte très cher en frais d’avocat. Donc, ils doivent s’assurer. Ce n’est pas bon marché (« un million de couverture coûte entre 13 et 25.000$ »), et ça devrait plomber leurs comptes.

    Le financier a-t-il réussi à s'assurer contre l'aléa moral, le risque qu'il pose à la société ?

    mercredi 13 janvier 2010

    Qu’est-ce qu’une crise

    Quand j’ai commencé ce blog, je disais que la crise venait d’un excès d’individualisme de la société, incapable d’amortir des chocs inévitables. Dernières idées sur le sujet :

    • Au fond, Malthus ne peut qu’avoir raison : quand une société ne parle que de croissance, il ne peut qu’y avoir des crises. Croissance signifie augmentation exponentielle, or tout a des limites. On ne peut donc que les atteindre. Ce qui contraint à des ajustements périodiques.
    • D’ailleurs ces limites ne sont pas que celles de la nature : la crise actuelle est en grande partie due à une croissance incontrôlée du secteur financier. De même, l’expansion du secteur médical semble en passe de déséquilibrer l’économie américaine.
    • L’apparition de ces facteurs de crise fait penser à la théorie du chaos : une cause microscopique a une conséquence macroscopique. Elle fait aussi penser à ce qui se passe lors d’une révolution : la disparition d’un pouvoir laisse la place à l’émergence de tels phénomènes. La créativité occidentale, nécessaire à l'économie, viendrait-elle d’un défaut d’encadrement social ?
    • Mes derniers billets montrent que les gouvernements sont incapables de réformer la société, il leur manque un savoir faire de conduite du changement (élémentaire ?), du coup ils empruntent la pente de moindre résistance qui rend inévitable un ajustement dans la douleur.
    Une question se pose à moi : qu’arriverait-il si nous avions les moyens d’absorber les crises ? Cela signifierait-il une réapparition d’un lien social fort (cf. la Flexisécurité) ? Et la disparition corrélative de notre créativité ? Pour que la planète ne s’endorme pas faut-il laisser une zone d’individualisme créatif (USA), entourée de zones de solidarité, qui absorbent périodiquement les chocs créés par la première, le tout fonctionnant comme une sorte de cœur ?

    Compléments :

    lundi 13 juillet 2009

    Les origines du déficit de la sécu ?

    Le dépistage du cancer de la prostate fait-il plus de mal que de bien ? me semble avoir mis le doigt sur quelque chose qui pourrait expliquer pourquoi notre santé nous coûte de plus en plus cher :

    • Le dépistage du cancer de la prostate se fait de plus en plus tôt. On dépiste beaucoup, mais on n’est pas sûr que ce soit finalement un bien : le dit cancer tue lentement, et le traiter démolit la vie de la victime.
    • Ce type de problème semble être derrière l’état calamiteux du système de santé américain : une amélioration du diagnostic qui fait voir ce qu’on ne voyait pas auparavant, et une volonté de zéro risque, qui conduit à un acharnement thérapeutique et à des vies gâchées.
    • On a là un curieux cercle vicieux : d’un côté cette pratique enrichit le médecin, de l’autre ne pas y souscrire risque de lui valoir des poursuites. C’est un exemple de dilemme du prisonnier : si le médecin optimise son intérêt propre, il minimise celui de ses patients et de la collectivité. La profession médicale (à commencer par les laboratoires) a trouvé un formidable moyen de ruiner la société.
    Compléments :
    • Sur la médecine américaine : Le marché contre l’homme.
    • La France n’aurait-elle pas intérêt à se pencher sur ce type de comportements avant de s’en prendre à la couverture sociale ? (Système de santé français.)
    • Aurait-on là un moteur du capitalisme moderne ? Si une entreprise parvient à contraindre une profession à un tel dilemme du prisonnier (aléa moral), elle est riche. Serait-ce ce qui a été tenté avec les OGM, et ce qui a été réussi avec les différentes bulles financières ?