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mercredi 29 avril 2009

Crise et changement de culture

La presse anglo-saxonne découvre le rôle de la culture dans le changement.

  1. Il penserait que son salaire lui est dû quel que soit l’état des affaires de son entreprise. Justification ? Son diplôme, il possède une licence d’une université prestigieuse. J’observe un glissement de l’idéal américain, de l’entrepreneur au bureaucrate (dont le succès dépend plus de sa fortune que de son talent ?).
  2. La dernière flambée des résultats des banques (comptabilité créative, selon moi) aurait été motivée par le nécessaire maintien des bonus = motivations. Ce qui confirmerait mon intuition qu’il s’agit d’une amélioration sans lendemain.

he has internalized a worldview in which Wall Street is the central pillar of the American economy, the health of the economy depends on the health of a few major Wall Street banks, the importance of those banks justifies virtually any measures to protect them in their current form, large taxpayer subsidies to banks (and to bankers) are a necessary cost of those measures - and anyone who doesn’t understand these principles is a simple populist who just doesn’t understand the way the world really works.

Notre culture est ultralibérale

Il est de bon ton de dénoncer les méfaits de « l’ultralibéralisme ». Mais il y a peu de chances que rien de neuf n’émerge avant longtemps, tout simplement parce que l’ultralibéralisme a semblé avoir fait la démonstration de son efficacité pendant trois décennies, et que les dirigeants mondiaux sont donc issus d’une école ultralibérale. Ainsi Avoir soutenu la guerre en Irak, une voie d’avenir en Europe explique que les postes principaux de l’Europe de demain seront occupés par des pro-Bush (Blair, pour la présidence, Barroso, présidence de la commission, Rasmussen, OTAN) ; L'Etat français, dernier refuge de la "culture du résultat", par Michel Feher, rappelle que si le discours de Nicolas Sarkozy parle du « retour à l’Etat », ses actes sont classiques des convictions ultralibérales. C’est comme cela qu'il faut interpréter l’étonnant silence idéologique des partis d’opposition : ils ne sont pas « d’opposition » ?

Difficulté du changement : renoncer à ce à quoi l’on croit

Et maintenant cours de changement.

  • Problème qui se pose à toute conduite du changement : si le changement est aussi difficile, partout, c’est que ce qui doit changer est au plus profond de ce à quoi croient gouvernants et dirigeants. Plus la culture a vécu un long succès, plus elle demande de temps pour se transformer. Il a fallu plusieurs siècles à la Chine pour secouer ses certitudes, et elle n’est pas au bout du chemin (Chine et Occident : dialogue de sourds).
  • Les paroles, qui sont dirigées par une sorte d’adhésion à « l’opinion publique », contredisent les actes, qui sont dirigés par l’inconscient (un aperçu de la théorie d’Edgar Schein : Changement en Amérique (suite) et Nous sommes tous des hypocrites !).
  • Paradoxe : le dirigeant, dont l’incapacité à changer cause les difficultés de son organisation, les explique par la « résistance au changement » de celle-ci.

Voici une raison pour laquelle la crise pourrait durer longtemps : nos dirigeants (et la société dans son ensemble, probablement aussi) s’accrochent à un mode de pensée obsolète. C’est ainsi que le gouvernement américain déploie des trésors d’ingéniosité pour ne rien changer à son système financier (Chronique d’une crise annoncée).

Le renouvellement de ce socle de pensées prendra sûrement des années. Une génération ?

dimanche 29 mars 2009

Elections européennes : du nouveau ?

Dans Pauvre Europe, je ne voyais pas ce que l’on pouvait attendre des élections européennes, chaque parti l’utilisant pour placer les « petits copains ». Il semblerait que les choses s’animent un peu.

Du néant émergerait un début d’idée : il faut se débarrasser de José Manuel Barroso.

C’est ce que dit Jacques Delors (Delors tacle Barroso et vote Fillon) et Poul Nyrup Rasmussen, le président du Parti socialiste européen (M. Rasmussen : "Si une autre majorité se dégage, M. Barroso ne pourra pas être reconduit"). Ils reprochent à M.Barroso son inexistence.

Observations :

  1. Il y a peut-être là un moyen de rendre les élections européennes intéressantes : un affrontement entre deux leaders porteurs de vues opposées. Espérons que cela va donner des idées à nos partis politiques qui sont désespérément en panne d’inspiration, au moment où la situation demanderait détermination et courage.
  2. Bizarreries politiques. M.Rassmussen voudrait une politique de relance européenne agressive : que chaque pays y consacre 2% de son PIB comme demandé par le FMI (G20). Étrangement, il a contre lui les socialistes anglais, qui pourtant font, avec les USA, de gros déficits. Mais ils veulent sauver M.Barroso (Changements en Europe, Trafalgar), champion du libéralisme. Parmi ces mêmes étrangetés, The Economist (Those exceptional British) explique que les conservateurs anglais veulent sortir du groupement de partis européens auquel ils appartiennent pour rejoindre un ensemble qui corresponde mieux à leurs idées. Ils sont tentés par l’extrême droite. Le spectre politique anglais semble décalé vers la droite par rapport au nôtre.

Complément :