lundi 24 juin 2013
Le Bac comme rite républicain?
Il y a quelques temps, je lisais un article dans Les Echos, qui appelait à la fin du Bac. Quand tout le monde a le Bac, à quoi ce diplôme sert-il ? Simple bon sens, comme on le disait à l'ère du Président Sarkozy. D'autant qu'un des signataires du papier était un ingénieur des mines (élite de polytechnique, donc de l'intelligence). Mais la complexité de la société déroute le bon sens, comme le dit la systémique. A moins que ce bon sens n'ait lui-même une intention cachée ?
mercredi 23 décembre 2009
Nicolas Sarkozy
Fin d’année, heure du bilan. M.Sarkozy après M.Obama. M.Sarkozy est-il un réformateur malhabile, ou au contraire extrêmement brillant ?
Un tacticien brillant
Je tends vers la seconde hypothèse. Il me semble que sa tactique est la suivante :
- Utiliser chaque incident pour distribuer l’argent de l’état à l’entreprise. Ce faisant, il endette massivement l’état, outil de répartition des richesses, le condamnant à un amaigrissement radical.
- Désamorcer la contestation en se faisant le champion de chaque mouvement de l’opinion, surtout de ceux portés par l’opposition (croisade contre le capitalisme anglo-saxon ou pour la réduction des émissions de CO2).
Tout ceci s’expliquerait très simplement si M.Sarkozy croyait, comme Ayn Rand et les néoconservateurs américains, que le riche crée la richesse, et le pauvre le handicape, et qu’il faut détruire l’état, outil d’injustice sociale.
Par ailleurs, M.Sarkozy paraît vouloir installer une culture de l’argent, qui me semble avoir, à elle seule, le pouvoir de réaliser la transformation de la société désirée. (Des fonctionnaires qui non seulement ont un emploi garanti, mais en plus sont riches, deviennent insupportables.)
Faut-il condamner M.Sarkozy ?
Stéphane Rozès, dès 2005, disait que nous appelions M.Sarkozy de nos vœux. D’ailleurs il a sûrement raison de penser que ce qu’il fait rapidement et efficacement prolonge l’œuvre, souterraine, de ses prédécesseurs.
Nous avons voté pour N.Sarkozy pour qu’il fasse le ménage et corrige les « autres », qui sont tous des parasites. M.Sarkozy est le président que mérite notre France individualiste.
N.Sarkozy a un immense mérite : il construit une société à l’image de ce que nous sommes, de notre « identité ». Soit nous trouvons cette image suffisamment haïssable pour que nous ayons le courage de nous transformer, soit nous sombrons dans l’abjection.
lundi 27 octobre 2008
Sarkozy est tel que nous l'avons voulu
Notes prises lors d'une conférence de Stéphane Rozès (IFOP), fin 2005 :
Le Français est inquietDans le prolongement de : Sarkozy en leader du changement.
- parce qu’il pense qu’il est le fruit d’un processus de formation sophistiqué et que ses compétences ne seront pas exploitées, que son intelligence, ne sera pas « mise en valeur ».
- « parce que le travail est l’élément premier de son identité »
- Surtout, parce qu’il a besoin de « cohérence », de voir la fin pour pouvoir concevoir les moyens ; aujourd’hui, elle est absente ; par contraste, l’anglo-saxon s’accommode très bien des seuls moyens, ce qui compte pour lui, « c’est de se mettre en mouvement ».
C’est cette question qui segmente la France entre « ceux d’en haut », « ceux qui maîtrisent leur devenir social », et « ceux d’en bas », les autres, une catégorie qui compte de plus en plus de monde, et notamment les cadres dont l’avenir est de plus en plus incertain.
De même, les jeunes français se sont identifiés avec les jeunes des banlieues, parce qu’ils se pensent une génération sacrifiée qui n’a pas d’avenir.
À cela vient s’ajouter des désillusions conjoncturelles comme celle du referendum européen : la France croyait que l’Europe était le prolongement de son modèle, elle découvre que ce n’est pas le cas.
Le besoin des français est donc : « donnez-nous un moyen de nous repérer ».
Répondre à cette question, fixer un idéal, le « souhaitable », est le rôle traditionnel du politique. Or le politique a « externalisé le souhaitable », à l’Europe d’une part, aux lois du marché de l’autre, qui servent d’excuses quant à son impuissance ;
l’Etat aux agents duquel le Français demande « soyez des puissants, mais pas des privilégiés » se dérobe, « s’esquive ». C’est une organisation de techniciens, qui ne sait donner que des réponses de technicien : mesures, moyens, « ils font entrer le pays dans leur réseau de contraintes » ; alors que la France demande du sens, de dire « pourquoi ? », et est prête pour cela à mettre « les choses sur la table », à débattre,… ils refusent l’obstacle et répondent « comment ».
C’est la source du malaise actuel : faute de sens partagé chacun essaie de reconstruire le sien en se raccrochant à ce qu’il peut, fondamentalisme divers ou autres certitudes.
La popularité des hommes politiques reflète ce malaise :
- Nicolas Sarkozy, par exemple, est utilisé comme un modèle par l’opinion, qui essaie par son exemple de montrer au politique ce qu’il désire, c’est à dire quelqu’un qui croit que « quand on veut on peut », et ne connaît pas l’excuse.
- Jack Lang est populaire chez les ouvriers parce qu’il ne partage pas le discours misérabiliste de la gauche et a su retrouver la voie de la « fierté ouvrière ».