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dimanche 16 mai 2021

Déconfinement durable

Paradoxe. Le gouvernement fait comme si l'épidémie était finie. Alors que les riches Indiens fuient leur épidémie nationale pour s'installer en Angleterre, et que l'on parle d'une épidémie en Tunisie. Comment la France peut-elle se protéger de pays avec qui elle a des contacts aussi étroits ? 

Il faut savoir parfois soulever les soupapes quitte à prendre des risques ? Si l'épidémie repart, au moins, l'opinion ne critiquera pas le gouvernement de l'avoir tenu inutilement confinée ? De l'art du bon usage du principe de précaution ?

vendredi 11 septembre 2020

Précaution relative

On nous répète que, sans vaccin, point de salut. Or, il y a aussi des doutes sur la possibilité de sa mise au point, et des traitement alternatifs semblent exister. Pourquoi ne parle-t-on que de vaccin ?

Mais surtout, étrangement, il n'est plus question de principe de précaution. Même, on semble tenter tout et n'importe quoi. On envisage de réduire les phases de test, par exemple. Autre exemple, la fiche wikipedia d'un des candidats, Moderna, dit que certains scientifiques s'interrogent sur les effets de la technique employée : ne pourrait-elle pas modifier notre génome, donc affecter nos enfants ? Bien sûr, on n'en sait rien. Mais on ne peut pas garantir, non plus, avant d'avoir essayé, qu'à long terme ce ne soit pas le cas.

Comment se fait-il que l'on semble faire preuve de plus de prudence lorsqu'il s'agit de culture OGM, que lorsque nous sommes concernés ?

mardi 8 septembre 2020

C'est nouveau, ça vient de sortir ? Principe de réalité

On va réduire la quatorzaine à sept jours, disait le ministre de la santé. Certes on est toujours contagieux après sept jours, mais presque plus, et c'est insupportable aux Français de rester confinés.

Pour cela, il annonçait suivre un "principe" dont je n'avais pas encore entendu parler, celui de "réalité". Un moyen de mettre de l'eau dans le vin du principe de "précaution" ?

(Une prise en compte de la voix du peuple, qui est voix de Dieu, pour les gens qui étudient la communication de crise ? Exercice contre nature pour un Etat jacobin ? Amorce d'un changement ?)

samedi 11 juillet 2020

Le principe de précaution doit s'employer avec prudence

LUBRIZOL puis l'épidémie du coronavirus prouvent que le principe de précaution présente un risque de seconde espèce.

Il n'est pas là pour nous protéger, comme on le croit, mais pour protéger nos gouvernants. Or, il peut créer inutilement une crise économique, avec des conséquences sociales dramatiques. Risque de seconde espèce.

Ce qui est en cause, c'est l'état d'esprit de notre gouvernement. Omniscient, il se croit chargé du salut d'une masse d'innocents. Du coup, il est écrasé par les responsabilités. Il triche : précaution !

Solution ? Partage de responsabilités entre le politique et la société civile. Préliminaire : que le gouvernement découvre que nous ne sommes pas débiles, mais, au contraire, que notre expérience et notre compétence le ridiculisent. Qu'il n'est rien. C'est là que commence le respect. Et c'est ce type respect qui inspire ce qui pour le Grec était la vertu ultime du politique : la prudence.

lundi 25 mai 2020

Principe de précaution : victoire par KO ?

En chiffres, l'épidémie de coronavirus semble mineure, et, pourtant, l'économie mondiale s'est arrêtée. Et, des ultra libéraux, comme les USA, aux ultra dirigistes, comme la Chine, il n'y a pas eu d'exception. Même du côté des religions, dont, pourtant, on aurait pu attendre des miracles. La Mecque est vide.

Le principe de précaution répondrait-il à une aspiration fondamentale de l'humanité ?

Problème : peut-on prendre le risque de millions de chômeurs ? En 1929, la crise a eu de fâcheuses conséquences...

Cela conduit à une nouvelle définition du principe de précaution. Il s'agit de construire une société suffisamment solide pour qu'elle n'ait pas besoin de s'arrêter totalement en cas d'accident.

mercredi 29 avril 2020

L'attitude paradoxale de l'entreprise à la crise

Je mène une étude sur la réponse de l'entreprise à la crise. Ce qu'il y a d'amusant est que les deux formulations opposées de l'attitude à adopter par rapport à la crise obtiennent une réponse identiquement affirmative de mes interviewés.
  • Ils sont d'accord pour dire que leur activité va être réduite de 30 à 50%, et qu'ils doivent adopter les mesures qui s'imposent. (Le patron de PME serait-il un adepte du "principe de précaution" ?)
  • Mais, lorsqu'on leur dit que l'histoire montre que c'est dans les crises qu'émergent les leaders de demain, ils trouvent que c'est une évidence. 

mardi 6 mars 2018

Précaution

Fin de l'hiver. Nous avons survécu grâce au conseil du gouvernement. Il nous a rappelé, plusieurs fois par jour que "la grippe est là". Puis : attention à la "vague de froid" !

"Principe de précaution" ? Ce terme semble avoir deux sens. Le vôtre et le mien, c'est à dire pas grand chose. Et celui du gouvernement, la peur d'être attaqué, accusé, renversé. Ce qui explique, à l'envers, la furie des promoteurs du "principe d'innovation", dont Louis Gallois fut le champion. Ces gens sont frustrés par un gouvernement qui a peur de tout.

On s'attendrait à une lutte fratricide au sein de notre élite dirigeante. Or, c'est contre nous que se tourne l'ire de ces gens. Les choses n'ont pas changé depuis la nuit des temps : le peuple est toujours victime de guerres qu'il ne comprend pas ?

(Un livre sur le sujet.)

vendredi 7 août 2015

Dangereuses lentilles de contact

J'ai eu des problèmes de vue. Aux urgences, on m'a immédiatement demandé si je portais des lentilles. Apparemment, le verre de contact provoque des irritations. Cela pourrait venir de ce que lui ou sa manipulation troublent le "microbiome" de l'oeil, les bactéries qui s'y trouvent, disent des chercheurs.
Researchers at NYU Langone Medical Center say they have identified a diverse set of microorganisms in the eyes of daily contact lens wearers that more closely resembles the group of microorganisms of their eyelid skin than the bacterial grouping typically found in the eyes of non-wearers.
Il y a quelque-chose de désagréable dans le progrès tel qu'il se pratique actuellement. Une innovation est généralement suivie par des conséquences néfastes. Ne faudrait-il pas la tester longtemps avant de la mettre en circulation ? Mais alors, plus aucune entreprise ne voudrait innover ? Mais est-ce le rôle de l'entreprise ? Il a fallu des générations pour mettre au point la plupart des grandes découvertes. Ce à quoi sert l'entreprise, n'est-ce pas diffuser, voire mettre au point, mais pas faire des recherches fondamentales ?

lundi 22 juin 2015

Extinction de masse

La sixième extinction de masse bat son plein, dit Le Monde. Elle est causée par l'homme. Elle semble surtout aller particulièrement vite. On parle d'années, alors que ces prédécesseurs avaient demandé des millions d'années. Apparemment, l'homme serait le prochain sur la liste.

Ce qui m'a rappelé ce que dit Nassim Taleb : l'espérance de vie d'une espèce est fonction de son ancienneté. Plus elle est récente, plus elle est fragile. 

Comment réagissons-nous ? On essaie de sauver ce qui peut l'être. Mais, curieusement, on ne se demande pas ce qui, dans notre action, produit cette hécatombe. Cela semble être la modification des conditions de vie... Peut-être que si nous parvenions à comprendre comment les faire évoluer sans les détruire, nous résoudrions la question de la survie de notre propre espèce ? 

mercredi 29 avril 2015

Le changement selon notre gouvernement ?

L'entrepreneur...
Et si le débat sur le principe de précaution (voir ce qu'en dit la Fabrique de l'industrie) révélait la définition que nos gouvernants donnent au mot changement ? 

L'objectif du changement ? Faire comme les autres ? OGM, gaz de schiste et démantèlement du système de solidarité sociale qui nuit à notre compétitivité... Le "progrès" ? Mais le pays résiste au progrès. Face à cette résistance, il y a deux attitudes :

Le principe d'innovation. C'est le parti des "entrepreneurs". Pour eux "entreprendre" signifie prendre des décisions dont on ne mesure pas les conséquences. Donc risquer l'argent et la vie des autres. C'était la ligne du précédent gouvernement ? Du moins en phase initiale ?

Le principe de précaution. Le Français est dangereux. Il ne faut rien faire qui puisse le mécontenter. Mais cela n'interdit pas nécessairement la réforme. Elle peut passer en douce. Ou en crise, puisqu'il n'y a rien d'autre à faire. C'est la ligne de ce gouvernement ? 
... prend des précautions

Changeons de définition ?
Y aurait-il une troisième voie ? Celle que Camus aurait appelé "de la révolte" ? Transformer la société pour le bien collectif ? Autrement dit, ne pas faire comme les autres, mais croire qu'il est possible de concevoir et de réussir notre propre changement, un changement qui débouche sur une société compatible avec nos aspirations.

Cette révolte ne se fait pas contre, mais pour. Exemple ? Parce que leur comportement suscite la révolte, nos gouvernants sont utiles. Plus ils cherchent à nous endormir, plus nous devons faire preuve de volonté et de génie.

jeudi 6 novembre 2014

Barrage de Sivens et fonctionnement de la France

J'ai fini par entendre parler du barrage de Sivens. En dehors d'un combat entre écolos et paysans, on découvre que la politique française, locale au moins, semble gouvernée par les arrangements entre amis. Le pouvoir politique est apparemment aux mains d'intérêts privés. Et il y a apparemment collusion avec l'administration. Et tout cela pourrait bien consommer l'argent de la collectivité, voire de l'Europe... 

Intéressant raisonnement, d'ailleurs. Il faut respecter la loi de la démocratie nous disent ces gens. Mais, si une instance démocratique plus élevée interfère avec nos intérêts, nos tracteurs bloqueront vos routes. Voilà qui est démocratique. 

Où l'on retrouve aussi Xavier Beulin, patron d'une entreprise milliardaire et de la FNSEA et opposant farouche du principe de précaution (tenté par les OGM ?). 

dimanche 26 octobre 2014

Tout savoir sur le principe de précaution

Louis Gallois a publié récemment, avec le président de la FNSEA, un article réclamant un principe d’innovation qui contrebalance le principe de précaution. Louis Gallois préside aussi la Fabrique de l’Industrie. Il lui a demandé de monter une commission d’enquête sur le sujet. Résultat ? Elle lui a donné un bonnet d’âne...
Confrontés au foisonnement des normes et règlementations, les industriels sont parfois tentés de dénoncer un usage excessif du principe de précaution. La présente note montre que ce n’est pas tant le principe lui-même que l’invocation abusive qui en est souvent faite qui est en cause. Il semble plus constructif de prendre acte des aspirations de la société à une sécurité renforcée et d’y répondre en mettant en place des espaces de dialogue qui permettent d’écouter les parties prenantes, de leur montrer que leurs préoccupations sont prises en compte, de prouver aux pouvoirs publics qu’ils n’ont pas besoin de renforcer leurs exigences ou de multiplier les réglementations.
Car la constitution de 1789 est construite sur le principe de libre entreprise (article 4)
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
Quant au principe de précaution, c’est un tigre de papier. Tout d’abord, il n’a rien de français, il répond à une préoccupation mondiale, particulièrement européenne (et la loi française suit l’européenne), et encore plus européenne du nord. Si la France a une particularité, c’est de l’avoir inscrit dans sa constitution. Mais il n’est opposable à rien.
En France, le principe de précaution est inscrit dans la Constitution par le biais de la Charte de l’environnement. Le texte énonce : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »
Ce qui ne semble que simple bon sens !

Si nous avons une image de froussards, c’est la faute de notre gouvernement. Car il est incapable de garantir la sécurité du citoyen, ou même une expertise indépendante. (Cf. Le Mediator, la mort par canicule et autres scandales.) Dès qu’il sent que la population s’indigne, il s’abrite derrière le principe de précaution, pour donner l’illusion de l’action. D’où « une action publique désordonnée ». Ce qui rend le monde de l’entrepreneur imprévisible et stressant. Exemple type : la fracturation hydraulique. Des préfets l’autorisent sans consultation. Mécontentement. Le gouvernement l’interdit. Voilà qui est en contradiction avec le principe de précaution qui demande « des actions mesurées » !

Pourquoi cela n’est-il pas le cas ailleurs ? Parce qu’aux USA, il y a des mesures de rétorsions efficaces. Elles forcent les industriels à la prudence. Les class actions ont rapporté 164md$ aux victimes de l’amiante. Parce qu’en Europe du nord, les politiques se construisent par consensus. Mais aussi parce que ces pays n’ont pas nos activistes fous furieux inaccessibles à la raison.

Bref, si l’entreprise veut éviter les désagréments de la méfiance, et l’action des dits fous furieux, elle doit s’expliquer clairement et chercher à comprendre ceux que concernent ses décisions.
Ce dialogue n’élimine pas tous les conflits mais il permet d’éviter que des opposants irréductibles ne rallient à leur cause les publics simplement désireux d’être rassurés sur le fait que leurs préoccupations sont entendues et de mieux comprendre les enjeux.

mercredi 8 octobre 2014

Pour ou contre le principe de précaution ?

Entretiens de la Fabrique de l'industrie. Principe de précaution et compétitivité. Un amphi de la Sorbonne.

Il me semble que dans la salle, il y avait deux camps. D'abord celui des industriels (dont le directeur général de l'entreprise que préside le président de la FNSEA), qui regrettaient amèrement l'aversion au risque français. Louis Gallois, que je ne savais pas si combatif, parle de "risque de déclin". 

De l'autre, il y a les juristes de la Sorbonne, un journaliste du Monde et des représentants de divers mouvements citoyens, si j'ai bien compris.  Ils expliquent que le principe de précaution est bien peu de choses. Donc pas la contrainte que l'on dit. Et il y a d'autres principes dans le droit français, la liberté d'entreprendre notamment, qui permettent d'en prendre le contre-pied. (A ceux qui veulent un "principe d'innovation", il répond : "il y a trop de droit en France".)

Tout le problème vient d'une question de perte de confiance. Tous les circuits d'expertise sont aux mains des entreprises, d'une part. Ensuite, il semblerait que le code minier soit obsolète et rendait impossible toute discussion raisonnable concernant le gaz de schiste. Dans un système aussi déséquilibré, on ne peut pas faire dans le détail. Malheureusement. Mais lorsqu'il y a explication, il y a adhésion. 

Finalement, le Français n'est pas adversaire du risque. Seulement, aujourd'hui, il a le sentiment de prendre le risque, et que d'autres tirent les marrons du feu. Jadis le progrès était synonyme de bénéfices, aujourd'hui il l'est de chômage. 

Un jeune participant fait observer que les contraintes devraient stimuler la créativité des entrepreneurs...