samedi 29 février 2020

Citoyen sans foi ni loi ?

Quelqu'un me disait, au sujet de l'affaire Griveaux, que le "citoyen était sans foi ni loi". Dorénavant, il fallait se méfier "de l'ennemi de l'intérieur". Dans ces conditions, il n'était plus possible d'être "solitaire". Il fallait être "solidaire".

Il pensait au dirigeant d'entreprise. Mais c'est probablement vrai pour tout le monde.

Je n'ai pas accordé beaucoup d'attention à cette affaire. Peut-être à tort.

Serait-elle l'indice d'un changement de société ? Est-ce "l'américanisation" dont on parle tant ? Il semble que l'on vive à l'heure du règlement de comptes personnel. Règlement de comptes médiocre, petit, d'ailleurs. Et qu'il n'y ait plus de place pour la justice.

Le lien social : rien de plus important par les temps qui courent ?

Qu'est-ce qu'un "anar" ?

France Musique qualifiait Léo Ferré "d'anar". Anar, Léo Ferré ? Aussi anar que Bob Dylan ou Joan Baez.

Les vrais anars ne sont-ils pas les Louise Michel ou les Proudhon, ou tous ces anonymes, qui se sont fait fusiller durant la Commune ? L'anarchie n'est-elle pas un amour de la liberté que rien ne peut récupérer, surtout pas le succès ?

vendredi 28 février 2020

La résistance au changement est-elle le propre de la raison ?

Et si le changement dont parle ce blog, comme le rire, était le propre de l'homme ?

Le propre de l'homme, c'est la raison (au sens fonction du cerveau). Cette raison a besoin de lois, semble-t-il. Ces lois peuvent être explicites, ou implicites : "ici, on fait comme cela". Elles sont inculquées par l'éducation. Elles sont une seconde nature. Ces lois sont artificielles. Le propre de la raison est d'être irrationnelle.

Le changement c'est la gymnastique que nous devons faire pour avancer en dépit de toutes les contraintes artificielles qui nous entravent, et nous masquent l'évidence. La première étape du changement, c'est "l'éveil". C'est comprendre que ce que nous croyons, inconsciemment, est faux. Cela tient du miracle. Il résulte du paradoxe, de l'interrogation que crée l'écart entre ce que nous croyons et ce que nous observons. Cela crée parfois une "angoisse existentielle". Ensuite, la caractéristique de nos lois est de découler d'un principe. Elles forment un "système". C'est en partant de lui que l'on peut faire bouger l'édifice, immédiatement, et sans effort.

Et le rire ? L'homme découvrant que les grands montages théoriques auxquels il croit dur comme fer sont ridicules ?

(Tout cela pourrait bien être une redite des idées de Bergson...)

Racines grecques de la civilisation française

Quand on connaît le grec, le français s'éclaircit. Par exemple on découvre qu'éphémère signifie (plus ou moins ?) qui dure un jour, ou moins d'un jour. Azote, c'est "privé" de "vie", apparemment par opposition à oxygène, nécessaire à la vie des animaux (quoi que l'azote soit essentiel aux plantes). Quant à oxygène il voudrait dire "engendrer" et "acide", parce qu'on pensait, à tort, qu'il engendrait des acides.

Maintenant que plus personne ne comprend le grec, on se retrouve avec des mots incompréhensibles et compliqués.

N'est-ce pas un mal français ? Notre culture a été créée par des personnes qui croyaient que ce qui était évident pour elles était universel ? Avec elles la signification de ce qu'elles voulaient dire a disparu ?

jeudi 27 février 2020

Le prospectiviste : homme du passé ?

"Avant la fin du siècle New York sera à vingt minutes de Paris". Voilà ce qu'écrivait Jean Duché, en 1969, dans Les grandes routes du commerce (Flammarion International Library). On pensait à l'époque que les avions voleraient à Mach 12.

Non seulement ce n'est pas le cas, mais il n'y a plus d'avion commercial supersonique. Même l'aviation militaire, en termes de vitesse, a connu un recul. C'était la guerre froide qui donnait des ailes aux avions.

Le prospectiviste est une pendule arrêtée : il prolonge les tendances du passé. Mais ce n'est pas comme cela qu'avance la société. Elle évolue par changements "systémiques". Elle passe d'un monde à un autre.

L'espèce humaine peut-elle disparaître ?

Bernard Stiegler, avec beaucoup d'intellectuels, estime que l'espèce humaine peut disparaître d'ici un ou deux siècles.

Ce qui me semble extraordinairement crétin. Et ce au moins pour deux raisons.

D'abord, l'espèce humaine est faite de milliards de personnes. N'est-il pas hautement vraisemblable que même la pire des catastrophes en laisse quelques-unes en vie ? Et que celles-ci, équipées de tout le matériel de l'humanité, s'adaptent ? Dans l'histoire de l'humanité, entre les guerres et les épidémies, la catastrophe n'est pas l'exception, mais la règle.

Ensuite, la notion "d'espèce" n'a aucun sens. Il n'y a pas de lien de continuité fort entre les hommes, ils changent et se transforment. Pour nos descendants, nous serons des extraterrestres.

Question : qu'est-ce qui pousse ces "autorités de la pensée" à dire des choses aussi ridicules ? (Et même contre-productives, si l'on estime qu'ils ont à coeur le bonheur de l'humanité. )

mercredi 26 février 2020

La société, école des autodidactes

Mes (riches) amis étrangers n'aiment pas l'école française. Leurs enfants n'y réussissent pas.

En fait, les choses sont probablement en train de changer. L'école française était féroce pour permettre aux plus pauvres de prendre l'ascenseur social. Bien sûr, il demeurait des classes privilégiées, qui se débrouillaient mieux que les autres (à commencer par les enseignants), mais tout le monde avait une chance non nulle de parvenir à une situation prestigieuse, d'être un Albert Camus.

En adoucissant l'école, on l'a rendue aisément manipulable par ceux qui ont le pouvoir. Je ne serais pas surpris que les réformes actuelles rendent cette tendance irréversible.

Que faire ? L'école de la IIIème République est définitivement enterrée. Et si l'on créait un enseignement pour autodidactes ? Un enseignement qui ne serait pas fourni par l'école, mais par la société, tout au long de la vie, et dispensé au gré des curiosités de l'individu ? Et qui serait résilient, non manipulable par les intérêts individuels.

Comment sélectionner un fournisseur ?

Le client a tous les droits. Alors, il fait des caprices. Ce qui coûte cher au fournisseur. Et, comme ce dernier doit vivre, il fait payer ses caprices au client. Jamais cela n'a été aussi vrai que depuis que nous vivons à l'ère des acheteurs.

Comment choisir un fournisseur, alors ? Le bon fournisseur refuse vos caprices. Cela vous dit qu'il ne vous fera pas payer ceux des autres.

Le charme de Bernie

Bernie Sanders semble parti pour être le candidat des démocrates aux prochaines élections américaines.

Qu'est-ce qui fait son succès ? se demande l'élite du parti.

Peut-être, tout simplement, il a des convictions et il les a toujours défendues. C'est un pur. Cela le rend sympathique. Voilà ce qui manque aux candidats respectables ?

mardi 25 février 2020

La formation déforme

Le "diplômé" est à la mode. Il a tout le pouvoir, et on n'est pas content de ce qu'il en a fait. La cause du "populisme", c'est lui. Du coup on l'analyse sous toutes ses coutures.

Exemple inattendu d'énantiodromie, sa caractéristique la plus frappante est qu'il ne comprend rien. Il est totalement fermé au reste du monde. En fait, il semble ne pas pouvoir concevoir que l'on pense différemment de lui. Se croirait-il possesseur du savoir absolu ?

Y aurait-il là un effet pervers de notre enseignement ? Au lieu d'armer des hommes pour tirer parti de la complexité du monde, elle en fait des autistes ?

Il y a quelques années, j'ai lu une étude faite aux USA et concernant des diplômés d'économie. Ceux qui s'étaient arrêtés au "Master" n'étaient que certitudes, ceux qui avaient poursuivi en thèse (généralement les plus brillants) n'étaient que doutes.