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jeudi 1 septembre 2022

Yes Minister

Yes Minister, vieille émission de la BBC (radio). Au début, j'ai cru qu'il s'agissait de l'histoire d'un homme politique incompétent, qui devient ministre, à la suite d'un changement de majorité. Petit à petit, je me demande, s'il n'est pas question, plutôt, de sa lutte contre sa propre administration. La véritable opposition, c'est elle, dit-il, d'ailleurs. L'autre ne compte pas.

Comme les Japonais, elle dit toujours "oui", "Yes Minister", mais elle veut le contraindre à l'impuissance.

Elle lui joue tous les coups pendables, possibles et imaginables : lui faire commettre faute, qui le forcerait à la démission, ou le paralyser par une forme de chantage. Et ce, afin qu'il la laisse ne rien faire, tout en faisant croître sans cesse ses effectifs. 

Surprenant ? Mauvais esprit ? Je me suis souvenu, cependant, de ce que me disait, tristement, un haut fonctionnaire : l'administration française était devenue une sorte de pyramide inversée, une armée mexicaine de chefs, sans quasiment plus aucun opérationnel... 

lundi 31 janvier 2022

Exercice d'éthique en Angleterre

Une jeune cousine me parlait des exercices d'éthique qu'on lui faisait faire. Il s'agissait de choix entre des décisions qui ont pour conséquences de tuer plus ou moins de personnes. 

A en croire la BBC, le gouvernement anglais est en face d'un tel choix. Une partie importante du personnel médical refuse de se faire vacciner (77.000 personnes, je crois). Le gouvernement a décidé de le licencier. Seulement, le NHS est fragile, et perdre autant de monde pourrait causer plus de dégâts que ceux évités par la vaccination. Que faire ? 

Peut-être ce que l'on n'enseigne pas à ma petite cousine. Le gouvernement anglais dit maintenant que la variante Omicron, bien que le vaccin soit efficace contre elle, cause moins de dommages que prévu...

(Au passage, on notera que, contrairement à ce que l'on dit, l'Anglais est bien plus coriace que le Français. Le Français : une grande gueule, mais pas méchant ?)

lundi 10 janvier 2022

Novax

La BBC parlait ce matin de femmes enceintes qui craignent les effets du vaccin sur leur enfant, et de réactions courroucées de personnels soignants et de Novax Djokovic. 

Comme souvent, dans cette histoire, chacun voit midi à sa porte. D'un côté, le gouvernement, les hôpitaux... ont des problèmes à résoudre à court terme : économie arrêtée, système de santé engorgé. De l'autre, il y a des gens qui s'inquiètent pour l'avenir : beaucoup d'innovations ont des effets secondaires, et celles-ci ? Principe de précaution. 

L'argumentaire des premiers est inefficace, parce qu'il est faux. En gros, il nie le risque, et accuse celui qui lui résiste d'arriération. Celui-ci, d'ailleurs, n'a quasiment pas le droit à la parole. Et ce que l'on entend de lui est déformé. Ce qui le renforce dans son opposition. Surtout, le pouvoir affirme qu'il n'y a qu'une seule solution, sans aucun débat. Peut être pire : nous avons des gouvernements ultralibéraux qui ne parlent plus que "d'intérêt général". C'est suicidaire.

S'il y a un effet secondaire que l'on peut craindre pour cette crise, c'est celui qu'elle aura pour notre démocratie. Rien ne peut se faire dans une démocratie sans un consensus massif. Et rien ne peut être imposé. Elle doit tolérer les minorités. Exactement comme elle ne peut pas réglementer les virus : parce que la vie n'obéit pas à la contrainte.

dimanche 9 janvier 2022

Cadavres, placards et changement

En termes de changement, je constate une erreur systématique. On ne comprend pas ce que change le changement.

En fait, ce type de projet fait « sortir les cadavres du placard ». C’est à dire que ce qui bloque le changement n’a rien à voir avec lui, mais a trait au passif accumulé par l’organisation (mauvaises relations entre dirigeants, promotion refusée, flop de précédents projets…). 

La difficulté et la force de la conduite du changement, ce sont ces problèmes. 

Difficulté, parce qu’ils sont invisibles, mais terriblement nuisibles. On pensait installer un logiciel, par exemple, et on est harcelé de questions stupides, enfantines, irrationnelles, qui n'ont rien à voir avec le logiciel ou l'intérêt général. Je parle souvent de « déchets toxiques ». 

Résultat ? On avait confié à un technicien le projet, il semblait ressortir à sa compétence, mais il est dépassé. Il devient fou. Ce faisant, réagit à contre courant, et amplifie la résistance au changement. 

Force, parce que le changement bien mené permet de les résoudre, ce qui a une valeur extraordinaire pour la personne qui en souffrait. Et c'est pour cela que le moteur du changement, c'est ce type d'imprévu. C'est lui qui fait des alliés extrêmement puissants au changement. 

Et c’est pourquoi, il faut passer « un peu trop de temps », avec les gens (pour frapper les esprits, je dis : « perdre du temps »), pour que ces questions sortent. Et il ne faut pas être focalisé exclusivement sur le projet lui-même.  

lundi 3 janvier 2022

Bilan Brexit

Las de la radio française, je me suis mis à écouter BBC4. J'y ai beaucoup entendu parler de Brexit. Voilà ce qu'il me semble avoir compris :

Première découverte : l'Angleterre était devenue totalement dépendante de l'immigration. C'est exactement la logique de la délocalisation. Ce type d'immigration permet de disposer de personnels dont l'avantage concurrentiel est qu'ils ne ressortissent pas aux droits de l'homme. J'ai entendu même dire qu'il y avait des milliers de personnes qui sont en situation d'esclavage, pour les mêmes raisons que l'on parle d'esclavage au moyen-orient. Grâce à cette immigration massive, prête à tout accepter, l'entrepreneur n'a plus besoin d'innover, et l'Etat d'investir. Le pays paraît dans un état désastreux.

Si le Brexit s'est fait au nom de l'UE, c'est parce que l'UE a été instrumentalisée par la classe dirigeante anglaise pour diffuser tous azimuts ses idées. (C'est ainsi que l'UE s'est élargie à des pays qui ne partageaient pas ses valeurs.) Sortir de l'UE était donc la condition nécessaire pour rappeler à l'ordre cette élite dirigeante. C'est ce qu'a compris Boris Johnson, qui, avec son programme "levelling up", enterre la politique menée depuis Mme Thatcher. Désormais, il promet à l'Angleterre de la productivité, donc des emplois bien payés et qualifiés.

J'explique souvent, ce qui surprend, que la résistance au changement est un suicide. En effet, être prêt à se suicider est la mesure la plus dissuasive que l'on puisse inventer. Il se trouve que, effectivement, le Brexit ressemble à un suicide. Samedi dernier, j'entendais parler de l'agriculture anglaise. Les éleveurs de porcs ont dû tuer leurs animaux, car les abattoirs ne peuvent plus le faire, faute de personnels immigrés ; il n'y a plus de subventions, de normes et de protections européennes ; le pays a signé un accord de libre échange avec l'Australie, qui, apparemment, a des exigences de qualité moindres que l'Angleterre... Et la puissance de la grande distribution anglaise n'a rien à envier à celle de son équivalent français. Au moment où l'on parle de circuits courts, on entend dire que l'agriculture britannique doit entrer dans la supply chain mondiale ! Et que, d'une manière générale, il faut attendre le fameux "levelling up" de l'investissement étranger ! Pays à vendre ? 

Ce qui ne tue pas renforce. Certes, mais la situation anglaise est extrêmement préoccupante. 

(PS. On traduit "levelling up" par "nivellement par le haut"...)

mardi 21 décembre 2021

Vive la résistance au changement !

Ce blog explique que nos hauts fonctionnaires court-circuitent, en maîtres, les mécanismes qui s'opposent à leurs plans. Ne font-ils pas le bien commun ? Ce qui lui résiste n'est-il pas pure arriération ? 

Et c'est comme cela que l'on découvre, avec surprise, que tel ou tel "champion national" a accumulé 70md€ de dettes (presqu'un plan de relance), que la nation va devoir rembourser. Et c'est aussi comme cela qu'elle se trouve devant des faits accomplis qui ne sont ni bons pour elle, ni tout à fait conformes à ce qu'en attendait leur auteur. Ce qui provoque le mécontentement dont se nourrit le "populisme". Il n'y a pas de complot sans feu. 

Et voilà pourquoi il ne faut pas cracher sur la résistance au changement. Elle force le dirigeant, qui la respecte, non seulement à faire bien, mais aussi et surtout à donner le meilleur de lui-même, ce pourquoi il occupe son poste. C'est la résistance au changement qui révèle l'élite, pas l'Education nationale. 

mardi 31 août 2021

Résistance au changement : le mal de l'humanité ?

La tendance de l'homme et de l'entreprise, c'est le statu quo. Thème qui fait consensus chez les universitaires du management. Ils pestent contre nos vices.

La société n'est que normes. Elle élimine les renégats. Ne nommons-nous pas "élite" des êtres qui ont subi deux ou trois décennies de sélections quasi quotidiennes par la conformité ?

Curieusement, les universitaires du management ne se demandent pas pourquoi, à l'envers, l'entreprise ou la société change aussi facilement. Le dirigeant de France Télécom a accumulé 70md de dettes, sans aucune opposition. Idem pour celui d'Alcatel, qui a fait à peu près tout le contraire de ce qu'il fallait faire, jusqu'à ce que disparition s'ensuive. Et que dire des réformes du gouvernement, dont, article après article, on apprend qu'elles sont allées dans le mauvais sens ? Envahir l'Afghanistan et s'en retirer n'a demandé qu'un claquement de doigts au président américain. 

Conclusion ? La façon dont se fait le changement obéit à des normes culturelles. Dans notre société soit il coince, soit il est incontrôlé. Il est probable que nous devons changer les mécanismes qui régissent notre société de façon à trouver un juste milieu. Ce qui est peut-être ce dont la démocratie est le nom. 

jeudi 5 août 2021

Mémoire et changement

Si vous cherchez la définition de "palinodie" dans le Robert, vous lirez : "Les palinodies d'un homme politique." Puis, Proust : "Leurs palinodies tiennent moins à un excès d'ambition qu'à un manque de mémoire". 

Et si l'on se trompait sur la résistance au changement ? Implicitement, on croit que l'individu est agrippé à ses idées, et qu'il va préférer crever que d'en changer. Et s'il n'avait, simplement, pas de mémoire ? Et si c'était, en particulier, le cas de nos hommes politiques ? 

mardi 18 mai 2021

La diversion, l'art du changement ?

"J'ay autrefoy esté emploié à consoler une dame vraiement affligée (...) on y procède mal quand on s'oppose à cette passion, car l'opposition les pique et les engage plus avant à la tristesse (...) au contraire, doncq, il faut ayder d'arrivée et favoriser leur plaincte, et en tesmoigner quelque approbation et excuse. par cette intelligence vous gaignez credit à passer outre, et, d'une facile et insensible inclination, vous vous coulez aus discours plus fermes et propres à leur guérison."

Montaigne recommande de "faire diversion". Il n'a guère été entendu par les champions modernes des idées "socialement avancées", qui ont choisi de combattre le mal par le mal, et de nous "faire honte" pour nos valeurs rétrogrades, et de nous condamner au silence. 

Au lieu d'affronter le courant, il faut plutôt chercher à l'utiliser ? Tout l'art du changement ?

mercredi 5 mai 2021

Le Français résiste au vaccin

 


Anne-Marie Moulin et Gaëtan Thomas, pour La vie des idées, analysent notre résistance à la vaccination. Conclusion de leur article :

"À travers le refus ou la temporisation à propos de tel ou tel vaccin, les citoyens manifestent leur besoin irrépressible d’explications. Prendre l’hésitation vaccinale comme la simple résultante d’un illettrisme médical et de l’empire des réseaux sociaux sur des populations passives pose problème. Car cette hésitation vaccinale peut être, dans beaucoup de cas, la preuve d’une attitude critique vis-à-vis des pouvoirs publics, et correspond à une attente, une demande légitime, à laquelle il faut effectivement prêter une attention respectueuse."

mercredi 21 avril 2021

L'attitude paradoxale du Français au changement

J'interroge actuellement des personnes sur leur histoire. Je découvre, bien souvent, des succès surprenants. Mais lorsque je leur dis qu'il y a là la solution aux maux du pays (de leur entreprise ou autre), je suscite une totale incompréhension. Comme si ces maux résultaient d'une volonté malveillante que l'on ne peut que dénoncer. 

On m'explique que je n'ai fait que redécouvrir la fameuse "résistance au changement" propre au Français. Avec lui, tout est impossible.

Mais voilà ce que l'on me dit aussi : "Pour un Allemand, le Français est un artiste, ce qui est un compliment. Un artiste au sens art de vivre, culture et gastronomie. Mais nous passons aussi parfois pour des gens qui foncent d’abord et réfléchissent après. "(Article.) Le Français est un amoureux de l'idée abstraite. Elle lui a fait faire la Révolution ?

Le Français est à la fois coincé par le changement, et s'y jette la tête la première ! 

A moins que le changement, en France, ce soit, justement, la rencontre entre ces deux phénomènes : entre un fou de l'abstraction et un résistant au changement ? S'ils arrivent à s'entendre, cela fait un changement bien pensé ?

vendredi 8 janvier 2021

Obama l'innocent ?

B.Obama écrit ses mémoires. Je retiens d'un compte-rendu que son passé "d'humanitaire" lui colle à la peau. Mu par des utopies, il a cru qu'il suffisait d'ordonner pour changer le monde.  

découverte de l’homme Obama, un idéaliste, un social-démocrate, un politique talentueux (...) le livre est parsemé de développements justifiant son action pour l’élimination de l’arme nucléaire, son rejet du capitalisme financiarisé et sa conviction que les Etats-Unis peuvent être la nouvelle terre promise, celle de l’abolition des différences sociales et raciales, (...) un homme obsédé par la nécessaire sanction des « fat cats » de Wall Street et la redistribution au profit des pauvres et des chômeurs, convaincu des bienfaits d’une protection sociale universelle, appliqué à une relance keynésienne par l’investissement et pas seulement à la réparation des dégâts de la crise, obsédé par le New Deal et vouant un véritable culte à Teddy Kennedy le réformateur social. (Article.)

Les gens qu'il n'aimait pas ont résisté à ses réformes. Surprenant ?

Il incrimine la montée du populisme. Ce qui fait penser à ce que l'intellectuel dit du nazisme : un mal absolu. Sans s'interroger sur la crise et la misère qui l'ont précédé, et sur l'indifférence, l'aveuglement, ou le cynisme, des partis politiques fréquentables. 

Et si le populiste était une mauvaise solution à un bon problème ? Serait-ce ce qu'ont pensé les gouvernants d'après guerre, et peut-être M.Biden ? M.Obama de "cool" est devenu "cold", a dit la presse américaine. Méfions nous de la raison pure, M.Obama ? Un enseignement pour votre prochain livre ?

lundi 21 décembre 2020

Solstice

Solstice signifie soleil statique. La durée du jour ne semble pas changer sur quelques jours. 

Quand on étudie les mathématiques, on soupçonne qu'il y a là la manifestation d'un optimum. La vitesse s'annule alors. 

Si nous ne nous en rendons pas compte, contrairement à ceux qui ont donné à solstice son nom, c'est que nous vivons en dehors du temps et de la nature. Ce qui nous fait commettre de temps à autres de grosses bêtises, dont nous découvrons, avec surprise, les conséquences brutales. C'est ce qui nous arrive actuellement, avec le virus. Et notre croyance au vaccin, possibilité de tout recommencer comme avant, n'est que la répétition d'une erreur qui risque bientôt de ne plus être humaine. 

mardi 1 décembre 2020

Faut-il craindre le changement ?

L'historien E.P. Thompson raconte que les classes dirigeantes anglaises ont été surprises que la masse ouvrière se réclame de leurs théories des "droits de l'homme". L'ouvrier n'était pas un homme. 

Lorsque l'on réclame un changement, on le veut pour soi, pas pour les autres. On croit nos avantages "acquis". C'est ce qui a dû arriver aux nobles d'ancien régime. 

« Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. » dit Kant. L'impératif de l'intérêt bien compris ?

lundi 24 août 2020

Rénovation thermique ou l'art de la conduite du changement ?

Une émission de France Culture concernant la rénovation thermique. 44% de la consommation d'énergie totale du pays. Les plans envisagés prévoient l'embauche de 2m de personnes. Mais pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt ?

Et maintenant, la face cachée du changement :
  • Pour isoler, on utilise, massivement, du polystyrène, c'est à dire du pétrole ! 
  • Les recrutements à effectuer représenteraient une multiplication "quasiment par 10" des effectifs occupés actuellement à la rénovation. (Et l'émission ne disait pas, ou plus exactement disait indirectement, que l'autochtone ne veut pas travailler dans le BTP.)
  • Les travaux de rénovation sont complexes ("potentiel de sinistralité énorme"), "sur mesure", et il y a actuellement un problème de qualité des travaux, "de gens qualifiés". "La plupart des chantiers se passent très mal."
  • Beaucoup de Français n'ont pas les moyens de faire rénover leur habitat. Surtout les coûts seraient plus élevés que le prix de certains logements. Ce qui signifierait l'abandon de nombre de maisons !
Que faire ? Il était question de "changement de culture". Le Français ne veut pas être maçon, il faut que ça change. Et ce métier doit se transformer en profondeur. De plus, il semble aussi clair qu'il faut revoir notre façon de construire, car nos moyens de rénovation thermique ne sont pas pertinents.

La prochaine fois que vous direz que la résistance au changement est due à la bêtise, pensez "rénovation" ?

vendredi 28 février 2020

La résistance au changement est-elle le propre de la raison ?

Et si le changement dont parle ce blog, comme le rire, était le propre de l'homme ?

Le propre de l'homme, c'est la raison (au sens fonction du cerveau). Cette raison a besoin de lois, semble-t-il. Ces lois peuvent être explicites, ou implicites : "ici, on fait comme cela". Elles sont inculquées par l'éducation. Elles sont une seconde nature. Ces lois sont artificielles. Le propre de la raison est d'être irrationnelle.

Le changement c'est la gymnastique que nous devons faire pour avancer en dépit de toutes les contraintes artificielles qui nous entravent, et nous masquent l'évidence. La première étape du changement, c'est "l'éveil". C'est comprendre que ce que nous croyons, inconsciemment, est faux. Cela tient du miracle. Il résulte du paradoxe, de l'interrogation que crée l'écart entre ce que nous croyons et ce que nous observons. Cela crée parfois une "angoisse existentielle". Ensuite, la caractéristique de nos lois est de découler d'un principe. Elles forment un "système". C'est en partant de lui que l'on peut faire bouger l'édifice, immédiatement, et sans effort.

Et le rire ? L'homme découvrant que les grands montages théoriques auxquels il croit dur comme fer sont ridicules ?

(Tout cela pourrait bien être une redite des idées de Bergson...)

lundi 25 novembre 2019

Vive la contrainte !

Il est interdit d'interdire, nous a dit la gauche. Déréglementez et vous verrez ce que vous allez voir, nous a dit la droite.
Et voilà que l'on nous parle maintenant des mérites de la contrainte. La vie n'est qu'un éternel recommencement ?

A moins qu'il ne soit utile ? Après tout, avant d'avoir rencontré la SNCF actuelle, la ponctualité des trains me semblait une loi de la nature.

mercredi 17 avril 2019

France dysfonctionnelle

Un ami a des difficultés avec sa ligne téléphonique. Il peste : les techniciens de l’opérateur concerné ne le considèrent pas comme un client. Je lui fais observer que la France est le pays de l’escalator en panne et de l’organisation dysfonctionnelle. Qu’il s’agisse d’un serveur, d’un personnel hospitalier ou d’un technicien, pour être servi, il faut commencer par le servir. Ce qu’a fait mon ami. Il a accompagné le technicien dans son travail. Puis lui a prêté une échelle. Sur laquelle le dit technicien s’est rendu compte que le problème ne venait pas de sa société, mais il l’a réparé.

vendredi 15 mars 2019

Le coupable, piège du changement ?

Pourquoi, depuis toujours, les changements échouent-ils si souvent ? Parce que la cause de ce qui ne va pas est évidente. Elle nous fascine. Le changement, c'est se faire justice. Règlement de compte. Malheureusement, le changement a besoin du coupable pour réussir. En effet, il occupe une fonction irremplaçable. Et un conflit interne fait perdre un temps précieux.

Le changement efficace, sans heurt, voit au delà de la culpabilité, il cherche la capacité à changer.

Exemple ? 
Enseignement qu'il faut tirer de la gestion de France Télécom ? Sa direction était persuadée qu'une administration encombrée de fonctionnaires inamovibles ne pouvait pas lutter contre la concurrence. Pendant qu'elle les affrontait, le GAFA apparaissait. Paradoxalement, alors que France Télécom avait, après guerre, été à la pointe du changement, il est devenu un suiveur, qui extrait une rente d'un monopole.

lundi 25 février 2019

Le mystique, as du changement

Henri Bergson s'est beaucoup intéressé au mystique. La raison de cet intérêt pourrait être le changement.

L'esprit rationnel ne voit que des obstacles. Macron est un imbécile, ma femme est borderline, la bureaucratie étouffe mon entreprise, etc. L'esprit rationnel est attiré par les murs. Contre lesquels il s'écrase. La résistance au changement est un mal de la rationalité.

Le mystique, lui, aime ce qu'il voit, il en perçoit les potentialités, en particulier celles qui permettent son changement, qui est un développement, au sens "développement personnel", épanouissement.

(Comme il va de succès en succès, il est heureux, de surcroît.)