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vendredi 4 février 2022

Pourquoi la raison déraille-t-elle ?

Enantiodromie. Propriété de certaines de nos actions de donner le contraire de leurs intentions. J'ai découvert ce terme il y a quelques années. Mon enthousiasme a été contagieux : un temps, et peut-être encore, j'étais cité par wikipedia. 

Les exemples d'énantiodromie sont partout. La France lui est propice. Pourquoi ? 

Un exemple le fera comprendre. Celui de la fusée et de la sonde interplanétaire. La trajectoire de cette sonde est calculée par la physique classique. Seulement, la sonde tend à ne pas y demeurer. Les petits écarts s'amplifient jusqu'à l'égarer. Si ce n'est pas le cas, cela tient à ses moteurs, qui la remettent sur les rails. 

Il en est de même de la raison. Or, la France est LE pays de la raison. La raison peut nous donner un objectif, mais, si elle prétend s'affranchir de la réalité, si elle n'est pas associée à un "asservissement", qui nous maintient sur la trajectoire désirée, elle pave l'enfer de bonnes intentions. Et l'ange fait la bête. 

Voilà pourquoi les institutions dont nous étions fiers vont à l'envers de leur mission.

mardi 18 janvier 2022

Qu'est-ce que penser ?

Injonction sociale : nous devons tous penser. Nous sommes des intellectuels. Cela vient, peut-être, de la prééminence de l'éducation, dans notre société moderne. 

Elle nous donne en modèle des intellectuels, et nous voulons leur ressembler, quel que soit, d'ailleurs, notre niveau d'études. 

Mais comment bien penser ? J'en suis arrivé à croire qu'il fallait procéder comme le thésard, ou le juge d'instruction. Se bâtir une conviction demande un travail fastidieux, long et méticuleux, intellectuellement rigoureux. Avec toutes les imprécisions assumées de cette définition, qui rendent l'exercice périlleux et inconfortable. 

Seulement, paradoxalement, il y a peu de juges et de thésards parmi nous. Et, il n'est pas sûr que les juges et les thésards jouissent d'une déformation professionnelle qui les prédispose, pour d'autres sujets, à la pensée. En tout cas, l'Education nationale ne nous apprend pas à faire cette recherche. Elle nous dit qu'il y a le bien (ce qu'elle enseigne), et le mal (ce qu'elle condamne). 

Du coup, penser est devenu capter les idées qui flottent. L'art du lobby est de parvenir à mieux faire flotter ses idées que celles des autres. En fait, il est possible qu'il y ait deux types d'idées flottantes, au moins. D'abord, celles qui guident, inconsciemment, nos décisions. Par exemple, je dois avoir une opinion sur tout. Ensuite, les idées du moment, qui doivent entrer en résonance avec les premières. 

Enantiodromie : la société de la pensée est devenue la société de l'influence. 

dimanche 14 novembre 2021

Le phénomène Zemmour expliqué ?

Eric Zemmour, c'est évident ? Toute sa force vient de sa présence dans les médias. Et pour avoir de l'audience, il doit choquer les bien pensants, et choquer toujours plus.  

Et voilà le paradoxe. Toute critique des opinions dominantes est interdite, aujourd'hui. Mais, c'est le modéré que tue la censure ! Elle laisse passer les extrêmes. Mieux, elle les pousse à l'absurde. 

mercredi 10 novembre 2021

Nouveaux privilégiés

Une observation frappante d'une émission sur l'isolement des personnes âgées (France Culture) : 

  • Nous ne sommes plus dans une société traditionnelle, dans laquelle on naît avec un rôle défini, au centre de relations sociales prédéterminées (le village, son milieu social...), désormais l'individu choisit ses relations. L'individu s'est libéré. N'était-ce pas ce qu'il voulait ?
  • Résultat inattendu : le patrimoine de l'individu est désormais le réseau auquel il a accès. Et cela donne des privilèges exorbitants à certaines couches de la société. 

En éliminant le lien social, on l'a rendu infiniment important ! 

jeudi 28 octobre 2021

Transition nucléaire

"Au sein de la majorité, même certains pro-nucléaires s’étonnent de la facilité avec laquelle le chef de l’Etat pousse sa ligne très pro-nucléaire. Un stratège de la majorité présidentielle constatait, hier soir au téléphone avec Playbook : “Il a annoncé il y a 15 jours qu’il va mettre des petites centrales un peu partout sur le territoire, il y a personne qui proteste ! Il y a 30 ans, ça foutait des beatnik dans la rue, en Allemagne t’aurais le feu…” Même son de cloche mi-halluciné mi-satisfait chez une ministre avec qui l’auteure de votre infolettre a échangé, hier : “L’opinion publique française est très différente de la jeunesse européenne. C’est pas comme si on avait été applaudis quand on a arrêté Fessenheim, d’ailleurs…” La même reconnaissait que sur “le traitement des déchets, on est loin de la balle, on n’y est pas”. (Politico.fr mardi)

Quelle est la taille du groupe de personnes dont les opinions font l'opinion ? 

A vouloir imposer ses idées en force ne court-on pas le risque de faire triompher leur opposé ?

mercredi 9 juin 2021

Loi NOTRe ou l'énantiodromie ?

"Le vrai but de l'Etat en 2014 était de faire croire à l'Union européenne qu'il était en train de faire des réformes utiles, et que ces fusions de régions allaient permettre des économies, soit pas moins de 10 milliards d’euros." Un post mortem de la Loi NOTRe, de création de grandes régions

Ce blog s'intéresse aux effets pervers des changements mal conçus. Avec la loi NOTRe, on semble avoir atteint des sommets. Il n'est pas possible de faire la liste des dits effets pervers présentés dans l'article, tant ils sont nombreux. 

C'est une illustration du phénomène dit d'énantiodromie. Terme que l'on pourrait définir ainsi : quant un apprenti sorcier s'occupe de changement, il obtient l'envers de ses intentions. Nous sommes plus centralisés que jamais, nous n'avons jamais eu autant de fonctionnaires perdus dans les nimbes (les autres ayant subi un génocide), le coût de cet édifice n'a jamais été aussi lourd, et il n'a jamais été aussi inefficace. 

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Par Ferdinand Barth — Goethe's Werke, Domaine public, Lien

dimanche 16 mai 2021

Le paradoxe du libéralisme (fin)

Conclusion de mon bilan du libéralisme (deux précédents billets). Donc 1) il a créé une bureaucratie dysfonctionnelle, 2) tout en ponctionnant l'économie, maintenant exsangue. Il a donc fait exactement le contraire de ce qu'il disait être sa mission : tout économie, zéro bureaucratie. 

Ceci n'a rien de surprenant. Depuis longtemps, on sait que l'idéologie produit le contraire de ses intentions. C'est le phénomène que la systémique appelle "énantiodromie". Les Essais de Montaigne sont pleins d'illustrations de ce phénomène. L'homme révolté, de Camus, en est un autre exemple. Le terme lui même remonte à Héraclite. Les Grecs déjà avaient remarqué les dangers de l'hybris, et l'importance de chercher le "juste milieu". 

Seulement, pourquoi persévérons-nous dans l'erreur ? Comment se fait-il que l'humanité soit saisie d'accès de bêtise collective ? 

vendredi 14 mai 2021

Le paradoxe du libéralisme

Pendant des années, on nous a parlé de libéralisme. Et même de néolibéralisme. On s'attendait à un grand massacre de la "bureaucratie", donc de l'Etat. Beaucoup le craignaient. Or, nous n'avons jamais eu autant de bureaucratie et d'Etat ! Que s'est-il passé ?

L'impeccable exercice de la logique du libéralisme. Le libéralisme, c'est la concurrence. On a donc organisé la concurrence. Dans le secteur de la recherche, par exemple, on se finance désormais par appel à projet. Donc le chercheur ne cherche plus, il rédige des dossiers. La plupart du temps pour rien : il gagnerait dans 12% des cas, d'après ce que j'ai entendu. Mais il faut aussi toute une administration pour choisir les projets, brasser du dossier et l'évaluer. (Et quid de l'évaluation par une administration d'une idée de génie, qui renverse les idées reçues ?) Mieux : le critère de mesure du scientifique est sa publication, une publication qui doit être citée le plus souvent possible. Donc, comme le professeur Raoult, il a monté tout un dispositif pour écrire des articles. Et, comme les chercheurs italiens, il est devenu un champion de la citation des copains. Idem dans l'hôpital, où le personnel utile est moins nombreux que le personnel administratif, et dans l'enseignement, etc. 

Le libéralisme a créé la bureaucratie ! 

mercredi 17 mars 2021

La relance va-t-elle accroître les inégalités ?

Dans les cercles gouvernementaux et les élus on ne parle que de "relance territorialisée", de sous-préfets facilitateurs, de PME… On veut combler les inégalités entre territoires. On veut "réindustrialiser", reconstituer l'avantage concurrentiel du pays, et ce d’en bas, de la petite entreprise. Car nos multinationales qui n'ont de français que le nom, et pas les capitaux, sont des chevaux de Troie de l’étranger… En bref, on veut prendre le contre-pied de tout ce qui se fait depuis la mort de De Gaulle. 

Mais voilà. Les "petits" (petites entreprises, petites collectivités...) sont tellement détruits que, d'une part, ils ne craignent plus rien, et que, d'autre part, ils n’ont pas les moyens de se tirer de la complexité invraisemblable des mesures gouvernementales (qui sont désormais, européennes, nationales et régionales !). Ce sont les "gros" qui en profitent ! Grosses métropoles, grosses multinationales !

Apparemment, le gouvernement en est conscient. Mais comment agir ? Déverser les milliards, oui, l'action pratique, non. Alors, énantiodromie, une fois de plus ? 

vendredi 26 février 2021

Indestructible raison ?

J'ai toujours tort, dit ce blog. Ce qui est parfois faux. En particulier, lorsqu'il lit les analyses qui sont faites des changements en cours. Ce qui était prévu s'est passé. Effectivement, les réformes ont donné le contraire de ce qui était attendu par nos gouvernements successifs, qui ont, essentiellement, fait une politique identique. 

Quel enseignement peut-on en tirer ? 

Que nous ne pensons pas. Les politiques suivent des modes identiques aux modes vestimentaires. On les absorbe sans réfléchir. En ce sens on peut même considérer que nos hommes politiques ne sont pas responsables des politiques qu'ils ont appliquées : ils n'ont fait que suivre ce qui se disait dans leur petit milieu international. 

Pour autant, il existe une raison qui résiste. Paradoxalement, les textes que je cite viennent souvent de Sciences Po, la fabrique de l'élite, qui apparemment ne les lit pas !

Conclusion : les Lumières ont échoué. Elles voulaient, justement, que nous ne soyons plus victimes de ces phénomènes de foule. La liberté, c'est cela. C'est penser par soi-même. 

Le problème que cela pose n'est peut être pas tant comment faire que nous pensions que : comment éviter que les derniers remparts de la pensée ne soient emportés ? 

vendredi 12 février 2021

Le succès du changement est dans sa préparation

Notre système sanitaire coûte cher et est inefficace. La faute aux réformes. Pourquoi ce que font nos gouvernements donne-t-il l'envers de leurs intentions ? 

Qui dit changement dit objectif et dispositif qui permette de s'assurer qu'on y parvient. Que l'on demeure sur la bonne trajectoire, comme le font les satellites, grâce à leurs moteurs. Donc :

  • D'abord, il faut trouver un objectif. En fait une "envie". En termes quotidiens, cela signifie simplement qu'il faut parvenir à comprendre ce que l'on veut faire. 
  • Ensuite, il faut chercher les moyens qui permettront de s'assurer que l'on va réussir. 

Cela ne veut pas dire que le changement ne sera pas fait d'aléas. Mais que l'on sera équipé pour le mener à bien.

Conséquence : le succès est dans la préparation. C'est ce qui fait défaut à notre gouvernement. Mais il y a cas exceptionnel : passage à l'euro. Un espoir ? 

vendredi 29 janvier 2021

Les changements ratés du président Hollande

J'ai trouvé une source d'exemples pour mes travaux sur le changement. Depuis une quinzaine d'années, j'étudie ce que l'on écrit sur les changements que mènent nos gouvernements (ils parlent de "réformes"). Ils illustrent la bonne manière de rater un changement. D'obtenir le contraire de ce que l'on désirait (énantiodromie). 

Je me suis arrêté à François Hollande. Le "changement c'est maintenant" n'a fait apparemment aucune réforme. Il s'est contenté d'attendre un changement du cycle économique. Il ne pouvait rien rater. 

Certes, il y a eu l'aventure du Mali. M.Hollande pensait peut être que, parce qu'il était de gauche, on ne pouvait pas lui reprocher son impérialisme. Une erreur. Mais ce n'est pas une réforme. 

J'ai toujours tort. Il y a eu aussi la "régionalisation". Il s'agissait, probablement, d'améliorer l'efficacité de l'Etat : moins de régions, suppression des départements (?). Il en a résulté le chaos. 

« les structures de l’Etat sont préoccupantes par leur difficulté à se réformer sans laisser perdurer des structures anciennes et devenues inadaptées au côté des dispositifs nouveaux. (…) La réforme des Régions n’a le plus souvent supprimé aucune structure, mais, au contraire, en a créé d’autres. Et les exécutifs dans les métropoles régionales peuvent être perçus comme auto-alimentés et aussi loin des villes secondaires que Paris ! » (Article.)

Après Les rois maudits, faudra-t-il écrire Les présidents maudits

dimanche 3 janvier 2021

GAFAM : M, comme Mafia ?

"La Mafia  se réinvente influenceur de médias sociaux. Les chefs de l'organisation criminelle d'Italie du sud adoptent les plates-formes numériques pour diffuser leur message." Lit-on dans le FT.

Il y a quelques décennies, on écrivait partout qu'Internet, fondé par des libertaires, allait déchaîner sur la terre les forces irrésistibles de la démocratie. 

Cela s'appelle l'énantiodromie : nos rêves donnent leur contraire. 

jeudi 31 décembre 2020

Le grand dérangement, c'est pour maintenant ?

Blog du changement. Blog d'observation. Depuis quelques années, le changement a commencé. Il accélère. Mais il a pris un aspect inconcevable. Armageddon, dirait Hollywood ?

Voici, comme chaque année, des idées en vrac sur son compte. 

  • Yang et Yin. Je le répète depuis quelques années, on passe du Yang au Yin. Après le règne de l'égoïsme, l'humanité redécouvre le "contrat social". Le virus lui a donné un bon coup d'accélérateur. Suffisant ?
  • Le virus ? Lui et ses frères sont probablement là pour rester. Ce sont des contreparties de la "globalisation". Le vaccin sera social, ou ne sera pas : inventons des modes d'échange et de vie qui fassent avec les épidémies ? 
  • La crise de 21 ? Crise de 29, bis repentira ? Crise "existentielle", au sens de la philosophie ? (Confrontation à l'absurde, dont on ne se sort que si l'on découvre les valeurs, qui valent réellement le coup de vivre pour elles.)
  • L'écologie ? Nous sommes tous écologistes. Mais c'est un détournement. Une excuse pour une relance industrielle. Le triomphe de l'ingénieur. Eviterons-nous l'énantiodromie ?
  • Les USA ? Retour à la normale, et à la raison. Tout en continuant le repli sur leur île et sur leurs intérêts démarré par M.Obama, et avant lui. Souverainisme, règle du jeu mondial ?
  • La Chine ? Baroud d'honneur avant déclin inéluctable ? Taiwan, nouvelle guerre de Corée ? L'OTAN reconstitué, pour faire face à la menace ? UE, arbitre ? Mais l'agressivité est-elle dans la nature chinoise ?
  • L'UE ? Résistera-t-elle à son démon, l'égoïsme, et ses manifestations ? Ses pays deviendront-ils "responsables" ?
  • L'Afrique ? Le berceau de l'humanité lui fait honte ! Quand il aura retrouvé sa joie de vivre, la planète sera sauvée ? Fin de l'Histoire ? 

vendredi 25 décembre 2020

Décarbonation : désastre écologique ?

Que signifient les alternatives à l'énergie carbonée ? Résoudre des problèmes extrêmement complexes. 

À basse pression, l'hydrogène "fragilise" les métaux comme l'acier d'une manière que nous découvrons encore après un siècle et demi de recherche. À des températures et des pressions plus élevées, l'hydrogène "attaque" l'acier. Les minuscules atomes ou ions d'hydrogène trouvent leur chemin à travers les joints et les soudures. Pour maintenir les canalisations d'hydrogène sous pression, il faut plusieurs étages de compresseurs de plus que pour le gaz naturel. Et le déplacement du sol ou les tremblements de terre pourraient avoir des effets graves sur ce pipeline en acier fragilisé. 
En outre, à moins que les catalyseurs de piles à combustible de laboratoires puissent être rapidement adaptés à une industrie de masse, l'économie de l'hydrogène sera plus dépendante du platine d'Afrique australe que l'industrie pétrolière ne l'a jamais été des gisements du Golfe. Même sans dépendance au platine, nous devrons comprimer en quelques années l'équivalent de plusieurs générations d'ajouts à notre infrastructure de production de métaux.

Et une dépendance vis-à-vis de certains métaux, à un moment où l'extraction perd en productivité. Ce qui pose beaucoup de difficultés, techniques, économiques, politiques et environnementales. Ces goulots d'étranglement du changement peuvent décaler tous les plans d'une décennie. (Un article du FT.)

Irons-nous éternellement de Charybde en Scylla ? 


mardi 22 décembre 2020

Education nationale

A-t-on réfléchi à ce que veut dire "Education nationale" ? Education signifie que l'Etat s'arroge la mission de nous façonner ! Il se substitue au rôle qui a toujours été celui de la famille. 

Voilà qui explique certainement pourquoi, aux USA, tant de gens élèvent eux-mêmes leurs enfants. 

Bien sûr, comme l'explique ce blog, quand on cherche l'absolu, on obtient son opposé (énantiodromie). Les prétentions de l'Etat produisent le contraire de ce qu'il désire : des citoyens qui se méfient de la parole d'autorité. Et même tournent l'autorité en ridicule. 

Et si l'on s'interrogeait sur ce que signifierait remplacer "éducation" par "instruction" ? 

vendredi 10 juillet 2020

Raison, énantiodromie et fin du monde

On a voulu réformer la société pour la rendre économiquement efficace, conséquence : une crise économique sans précédent ! Vouloir réussir produit l'échec, vouloir faire de ses enfants des génies, produit des cancres. Suivre sa raison donne le contraire de ce que l'on voudrait. C'est "l'énantiodromie".

Et si c'était, plus que le réchauffement climatique, ce qui menace l'espèce humaine ?

Peut-on l'expliquer ? Je me demande si cela ne vient pas de l'association entre raison et "lois". La raison croit qu'il y a des lois naturelles. Il suffit de les suivre, sans réfléchir. Or, même les lois de la physique ne marchent pas. Par exemple, un satellite ou une sonde demandent des ajustements de trajectoire permanents. Sinon ? "Enantiodromie". Et les sociétés ? Les lois s'appliquent à tous, sauf à quelques exceptions. Et ces exceptions retournent l'opinion !

Antidote ? Aime et fais ce que tu veux. Une attention permanente.

mardi 23 juin 2020

Développement durable : savez-vous planter des arbres ?

Ce que l'on fait pour rendre le développement durable pourrait faire "plus de mal que de bien", dit la BBC.

On a crû que planter des arbres était une panacée. L'arbre piège le carbone.

Or, ce n'est pas vrai de n'importe quel arbre, surtout lorsqu'il tombe entre des mains peu durables, et de n'importe quel terrain. L'arbre que l'on plante, pour gagner de l'argent, est d'un type qui réduit la biodiversité. Sans compter qu'on le plante pour remplacer un arbre qui, lui, était efficace.
Et l'arbre pompe le carbone des sols qui en sont riches.

L'énantiodromie. Systémique, page 1, chapitre 1.

samedi 16 mai 2020

Action Research

Action Research, une technique à redécouvrir ?

Action Research a été la grande mode des sciences humaines d'après guerre. Elle a notamment été appliquée dans le règlement des conflits sociaux (par exemple conflits entre communautés immigrées aux USA). Pendant la guerre on l'a utilisée, par exemple, pour savoir comment communiquer au peuple américain (elle a conclu, en substance, que, conformément à la culture américaine, il fallait lui dire la vérité). Elle a eu une longue influence, mais le terme a été oublié.

Action Research, c'est le contraire de la façon dont le monde a été dirigé ces dernières décennies. Ce monde a appliqué "d'en haut" des théories, sans se préoccuper de savoir si elles donnaient bien ce que l'on en attendait. Théories multiples d'ailleurs. Un exemple en est le marché, supposé mener à l'optimum humain. Dans les années 90, l'Amérique a cru que la chute de l'URSS enlevait le dernier obstacle au capitalisme, et que nous allions vivre heureux, sans plus de crise, et que la croissance mondiale serait, éternellement, d'au moins 4% ("nouvelle économie"). A l'inverse se trouve la théorie du "care", la compassion donnant le droit d'intervenir dans la vie de l'autre. Mais c'est probablement Internet qui a produit le plus d'idées farfelues. Par exemple, on a cru que ce serait un paradis libertaire, puis qu'il répandrait la démocratie, mais aussi que tout serait logiciel et qu'il n'y aurait plus d'intervention humaine dans sa vente ("no touch"), etc.

Tout cela a donné le contraire de ce qui était annoncé. Phénomène qui s'appelle l'énantiodromie.

Action Research part de la réalité des hommes, comme être sociaux (elle travaille avec des groupes, pas des individus), et essaie de comprendre ce qui se passe. Si elle détecte une insatisfaction, elle propose ses services. Acceptés ou non. S'ils le sont, elle tente de créer des conditions qui facilitent la recherche par le groupe humain de ce qui cause ses difficultés, et de solutions qui lui conviennent. Pour cela, elle va, notamment, lui proposer le secours de la "science", c'est-à-dire de méthodes qui semblent avoir marché par le passé. De cette expérience va résulter une évolution de la dite "science".

mardi 25 février 2020

La formation déforme

Le "diplômé" est à la mode. Il a tout le pouvoir, et on n'est pas content de ce qu'il en a fait. La cause du "populisme", c'est lui. Du coup on l'analyse sous toutes ses coutures.

Exemple inattendu d'énantiodromie, sa caractéristique la plus frappante est qu'il ne comprend rien. Il est totalement fermé au reste du monde. En fait, il semble ne pas pouvoir concevoir que l'on pense différemment de lui. Se croirait-il possesseur du savoir absolu ?

Y aurait-il là un effet pervers de notre enseignement ? Au lieu d'armer des hommes pour tirer parti de la complexité du monde, elle en fait des autistes ?

Il y a quelques années, j'ai lu une étude faite aux USA et concernant des diplômés d'économie. Ceux qui s'étaient arrêtés au "Master" n'étaient que certitudes, ceux qui avaient poursuivi en thèse (généralement les plus brillants) n'étaient que doutes.