Il est difficile de juger les gens. Clémenceau, par exemple, aurait été une trublion. C'est un médecin qui semble avoir peu pratiqué. C'est un orateur exceptionnel. Son verbe fait tomber les gouvernements. Il arrive tardivement au pouvoir, au ministère de l'intérieur. Une grève. C'est un homme de gauche. Il est du côté des ouvriers. Mais, il trouve qu'ils vont trop loin. Il fait intervenir la troupe. Il se révèle un homme d'ordre. C'est l'histoire de la "fameuse brigade du Tigre", feuilleton de ma jeunesse, dont je n'avais pas compris le titre. Il semble qu'alors régnait l'incurie en France. Clémenceau, homme de progrès, y met un terme en inventant la police moderne, scientifique et équipée du dernier cri de la technologie. Voilà un changement réussi, dont on ne parle pas souvent.
Jaurès est quasiment l'opposé de Clémenceau. Et pourtant leurs idées semblent très proches, notamment en termes d'éducation (qui doit libérer l'homme). Jaurès, c'est le pacifiste, qui meurt en martyr. Il est non marxiste. Et pourtant, il encourage les actions violentes des ouvriers. C'était aussi un grand bourgeois, le rejeton d'une famille d'amiraux...
Affichage des articles dont le libellé est Clémenceau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Clémenceau. Afficher tous les articles
dimanche 4 février 2018
samedi 11 novembre 2017
Clémenceau
On fête Clémenceau...
Ce qui a caractérisé Clémenceau, c'est quelque-chose de quasi unique pour un politique. Un courage extraordinaire. Pendant la Commune, il est entre les Communards et les Versaillais, au milieu des combats. Et il sauve bien des gens de la mort. Dont Bienvenüe, l'homme du métro. Le guerre de 70 amène les Radicaux au pouvoir. Il ne lâche sur rien. C'est un duelliste redouté. Il fait tomber les gouvernements. Puis, lorsqu'il arrive au ministère de l'intérieur, il devient "le tigre". Il se révèle homme d'ordre. Il met un frein à la criminalité galopante. Mais, surtout, il arrête les grèves. Ce qui lui vaut la haine des socialistes. Paradoxalement, alors que Jaurès est pacifiste, il encourage la révolte, lorsqu'il s'agit d'usines. En 17, Clémenceau est appelé pour reprendre en main les affaires de la nation. Il met de l'ordre dans un haut commandement pitoyable. On le voit beaucoup dans les tranchées. Pourtant il est déjà bien vieux. Et plutôt que de chercher une victoire par KO, il signe tôt un armistice. Il veut mettre un terme à la boucherie. Finalement, il est victime d'un coup bas politique, qui l'amène, dégoûté, à prendre sa retraite. Alors, il écrit un ouvrage sur les merveilles du progrès, et de la vie.
La fin d'une époque ?
S'il était libertaire, il mettait l'intérêt collectif avant tout. Et, avec lui, ce n'était pas la marge (riche ou pauvre), la minorité, qui comptait. Son idéal c'est le peuple. Homme des Lumières, il veut sa liberté. Et celle-ci est une liberté de pensée. Les chaînes dont il faut la libérer, à l'époque féodale comme aujourd'hui, ce sont celles d'une morale qui condamne l'individu avant même qu'il soit né, pour le mettre au service des pouvoirs héréditaires. Cela s'appelle pêché originel, hier, ou repentance pour cause de colonialisme, aujourd'hui. (Sachant que, à nouveau exceptionnel, il fut anticolonialiste.) Parler de Clémenceau, c'est enterrer 68.
(Biographie.)
Ce qui a caractérisé Clémenceau, c'est quelque-chose de quasi unique pour un politique. Un courage extraordinaire. Pendant la Commune, il est entre les Communards et les Versaillais, au milieu des combats. Et il sauve bien des gens de la mort. Dont Bienvenüe, l'homme du métro. Le guerre de 70 amène les Radicaux au pouvoir. Il ne lâche sur rien. C'est un duelliste redouté. Il fait tomber les gouvernements. Puis, lorsqu'il arrive au ministère de l'intérieur, il devient "le tigre". Il se révèle homme d'ordre. Il met un frein à la criminalité galopante. Mais, surtout, il arrête les grèves. Ce qui lui vaut la haine des socialistes. Paradoxalement, alors que Jaurès est pacifiste, il encourage la révolte, lorsqu'il s'agit d'usines. En 17, Clémenceau est appelé pour reprendre en main les affaires de la nation. Il met de l'ordre dans un haut commandement pitoyable. On le voit beaucoup dans les tranchées. Pourtant il est déjà bien vieux. Et plutôt que de chercher une victoire par KO, il signe tôt un armistice. Il veut mettre un terme à la boucherie. Finalement, il est victime d'un coup bas politique, qui l'amène, dégoûté, à prendre sa retraite. Alors, il écrit un ouvrage sur les merveilles du progrès, et de la vie.
La fin d'une époque ?
S'il était libertaire, il mettait l'intérêt collectif avant tout. Et, avec lui, ce n'était pas la marge (riche ou pauvre), la minorité, qui comptait. Son idéal c'est le peuple. Homme des Lumières, il veut sa liberté. Et celle-ci est une liberté de pensée. Les chaînes dont il faut la libérer, à l'époque féodale comme aujourd'hui, ce sont celles d'une morale qui condamne l'individu avant même qu'il soit né, pour le mettre au service des pouvoirs héréditaires. Cela s'appelle pêché originel, hier, ou repentance pour cause de colonialisme, aujourd'hui. (Sachant que, à nouveau exceptionnel, il fut anticolonialiste.) Parler de Clémenceau, c'est enterrer 68.
(Biographie.)
vendredi 19 mai 2017
Brigades du Tigre
Les Brigades du Tigre étaient un feuilleton de ma jeunesse. J'aimais les voitures, et les costumes d'époque. Mais j'imaginais que les histoires avaient été inventées, pour montrer notre pays mieux qu'il n'avait été.
Eh bien non. Les Brigades du Tigre sont peut-être bien une illustration dont devraient s'inspirer les pssionarias du numérique. Début XXème, la France est victime d'une vague de criminalité. En 1907, Clémenceau (le Tigre), y réagit non seulement en dotant la police de moyens, mais surtout en lui donnant ce que la science a de meilleur. Cependant, au lieu de le faire à la manière numérique, par nettoyage ethnique de l'espèce humaine, il le met à la disposition des individus. Et il a raison car la technologie moderne ne fonctionne pas encore très bien. Par exemple, les voitures tombent en panne. Si bien qu'on les équipe de porte-vélos, de façon à pouvoir continuer une poursuite, en cas de panne. Puis on invente le mécanicien. Et ce n'est pas que de la technique, on forme aussi le policier à la savate. Aujourd'hui, on parlerait de "performance" : le changement fut massivement efficace. Des dizaines de milliers de criminels sont capturés en peu de temps. La France a peut-être bien été le pionnier mondial de la police moderne.
Voilà ce qui fait la force de notre modèle jacobin ? Une idée fixe partagée, un leader visionnaire et pragmatique, honnête et compétent, qui sait "organiser l'autonomie", et alors la motivation du Français et son système D font des miracles. Qu'y a-t-il de jacobin, là dedans ? "Organiser l'autonomie" : un mode efficace de coordination, dirigé d'en haut, mais qui laisse la liberté, et la motivation, au bas. Car, lui aussi, est honnête et compétent.
dimanche 15 décembre 2013
Qui suis-je ?
Une des observations de ce blog est qu’aucune idée n’est
innocente. Elle est le reflet d’une vision du monde. Et, si elle est acceptée,
elle a la capacité de transformer le monde selon cette vision. Cette idée vient
de la systémique. Nous sommes des morceaux de systèmes, et partout où nous nous
arrêtons, nous tentons d’installer notre système avec nous.
Quel est mon système ? Une piste m’a été donnée par Hannah
Arendt. Pourquoi diable quelqu’un qui me ressemble aussi peu semble-t-il
réagir comme moi ? Et si j’avais quelque chose en commun avec elle, et
avec les gens qu’elle estimait, notamment Clémenceau,
Camus
et Kant ?
Je soupçonne que le point commun de tout ce monde est qu'il est sorti du peuple, grâce à l’éducation, mais sans couper ses racines (contrairement
à Sartre, qu’Hannah Arendt méprisait). Peut-être que cela le place à
égale distance du « collectivisme » de l'intellectuel, qui asservit le peuple
par l’idée, et de l’individualiste, parasite social. C’est du moins ainsi que
Clémenceau semblait se définir.
Si le système est celui de Kant, c’est peut-être un système « scientifique ».
Il considère que le monde est incertain. Qu’il faut être sur le qui-vive
(doute). Et que l’union fait la force. C’est un système qui reconnaît qu’il a
besoin des autres systèmes. Et, même, que leur « conflit » est une dynamique nécessaire. (Cf. la
vision qu’a Kant du fédéralisme.)
A suivre. En tout cas étrange exercice. Lire les autres, pour décoder sa propre pensée.
vendredi 18 octobre 2013
Manuel Valls démission?
Les lycéens sont dans la rue. Ils veulent la tête de Manuel Valls. C'est ce que disait la radio ce matin.
Il n'y a pas de manifestation sans organisation. Je soupçonne que Manuel Valls représente un courant haï par une partie de la gauche. C'est celui de Clémenceau. En conséquence, ce qui se joue est une tentative d'éviction d'une partie de la gauche, par l'autre.
Je me demande s'il ne serait pas dans l'intérêt de M.Valls de partir. Il a l'opinion pour lui. Et l'exercice du pouvoir est rarement bon pour une popularité.
Qu'en résulterait-il ? Un gouvernement qui redeviendrait le PS des origines - révolutionnaire et collectiviste ? Reconstitution de l'ex mouvement radical : Valls, Bayrou, Borloo ? Retour à la troisième République ? Mais comment éviter, cette fois, que le centre ne se fracture ?
Mais M.Hollande est trop habile pour laisser se faire cette dislocation. Depuis Jaurès, la force des dirigeants socialistes a été de dominer un mouvement schizophrène.
Il n'y a pas de manifestation sans organisation. Je soupçonne que Manuel Valls représente un courant haï par une partie de la gauche. C'est celui de Clémenceau. En conséquence, ce qui se joue est une tentative d'éviction d'une partie de la gauche, par l'autre.
Je me demande s'il ne serait pas dans l'intérêt de M.Valls de partir. Il a l'opinion pour lui. Et l'exercice du pouvoir est rarement bon pour une popularité.
Qu'en résulterait-il ? Un gouvernement qui redeviendrait le PS des origines - révolutionnaire et collectiviste ? Reconstitution de l'ex mouvement radical : Valls, Bayrou, Borloo ? Retour à la troisième République ? Mais comment éviter, cette fois, que le centre ne se fracture ?
Mais M.Hollande est trop habile pour laisser se faire cette dislocation. Depuis Jaurès, la force des dirigeants socialistes a été de dominer un mouvement schizophrène.
mercredi 28 août 2013
Pourquoi les Radicaux ne gouvernent-ils pas la France ?
Les valeurs des radicaux sont les valeurs de la France. (En fait, le rédicalisme est la mise en oeuvre des idées de la Révolution.) Pourquoi
la France n’est-elle pas gouvernée par les Radicaux comme elle l’a été jusqu’à
de Gaulle ? Voilà la question que je me suis posée en découvrant l’histoire
du parti radical.
La vie de Clémenceau vient de me faire comprendre la
faiblesse du parti radical. C’était un parti d’individus. Une fois que le
projet du parti a été mis en oeuvre, ils n’avaient plus rien pour les tenir
ensemble.
De Gaulle a occupé leur place par une solution monarchiste.
Puis le pouvoir a été saisi par deux machines de masse, gauche et droite. Ce n'est pas très représentatif, mais c'est solide. Et cela a laissé de l'espace libre au FN.
lundi 12 août 2013
Le paradoxe de l'Education nationale
L'Education nationale fait le contraire de ce pour lequel elle a été créée. La IIIème République de Clemenceau voulait qu'elle forme des hommes libres. C'est à dire capables de penser par eux-mêmes. Or, que produit-elle ? Elle nous distribue des places dans la société ! En termes de liberté de mouvement, c'est réussi. Et elle doit employer des règles plus ou moins aléatoires pour nous sélectionner. Afin d'éviter que les classes sociales ne se reproduisent. Si bien que ce que nous faisons a probablement peu de rapport avec nos talents.
Le contraste avec les USA est saisissant. Là-bas le talent est premier. Et les études sont relativement peu poussées et se font beaucoup en autodidacte. Y compris et surtout au sein des plus prestigieuses institutions. C'est la vie qui enseigne. L'école ne fait qu'y préparer.
Le contraste avec les USA est saisissant. Là-bas le talent est premier. Et les études sont relativement peu poussées et se font beaucoup en autodidacte. Y compris et surtout au sein des plus prestigieuses institutions. C'est la vie qui enseigne. L'école ne fait qu'y préparer.
samedi 10 août 2013
Qu'est-ce qu'un individu ?
La vie de Clémenceau m'a fait penser qu'il y a un divorce irréparable entre sa pensée et celle d'Hannah Arendt d'un côté, et le collectivisme de l'autre. C'est l'homme comme individu contre l'homme comme "masse". Le radicalisme voulait sortir l'homme de la masse. Le collectivisme voulait faire d'un mal un bien : la condition de certains hommes était de vivre en masse, autant trouver du bon à cela. Au fond, la pensée de la gauche actuelle demeure sur ce modèle de l'union entre la masse laborieuse et l'intello, son Zorro. (Cf. la "massification" de l'enseignement.)
La masse est-elle la condition naturelle de l'homme ? Rien ne paraît le prouver. La masse semble être, plutôt, ce qui arrive lorsque le groupe humain n'est pas structuré par des règles. Elle est une conséquence paradoxale d'un excès d'individualisme, produit par la destruction du lien social.
Qu'est-ce qu'être un individu, alors ? La particularité du modèle des masses / de la lutte des classes est l'absence de pensée. La masse est un être animal. L'intellectuel, lui aussi, ne fait qu'appliquer des modèles. Il a sous-traité son cerveau. Les Lumières semblent avoir vu juste : l'individu est quelqu'un qui est capable de juger par lui-même. Mais, curieusement, cette capacité lui est apportée par la société. Comme dans le modèle de Maslow, l'homme ne peut se "réaliser" que si la société lui a donné ce dont il avait besoin pour cela... D'ailleurs, l'individu n'est pas un loup solitaire. Les individus sont reliés par une sorte de socle commun de croyances, valeurs, objectifs ou autres comme les joueurs d'une équipe sportive.
La masse est-elle la condition naturelle de l'homme ? Rien ne paraît le prouver. La masse semble être, plutôt, ce qui arrive lorsque le groupe humain n'est pas structuré par des règles. Elle est une conséquence paradoxale d'un excès d'individualisme, produit par la destruction du lien social.
Qu'est-ce qu'être un individu, alors ? La particularité du modèle des masses / de la lutte des classes est l'absence de pensée. La masse est un être animal. L'intellectuel, lui aussi, ne fait qu'appliquer des modèles. Il a sous-traité son cerveau. Les Lumières semblent avoir vu juste : l'individu est quelqu'un qui est capable de juger par lui-même. Mais, curieusement, cette capacité lui est apportée par la société. Comme dans le modèle de Maslow, l'homme ne peut se "réaliser" que si la société lui a donné ce dont il avait besoin pour cela... D'ailleurs, l'individu n'est pas un loup solitaire. Les individus sont reliés par une sorte de socle commun de croyances, valeurs, objectifs ou autres comme les joueurs d'une équipe sportive.
vendredi 9 août 2013
Double France ?
En lisant la biographie de Clémenceau (billet précédent), je me demande si la France n'est pas double.
- D'un côté, il y a une sorte de France individualiste et batailleuse. Ses ancêtres (culturels à défaut d'être génétiques) sont gaulois. C'est la France de Clémenceau. Peut-être aussi de De Gaulle.
- A côté d'elle se trouve la France de la lutte des classes. Faite de possédants et de leur main d'oeuvre. Héritage de la révolution industrielle ? Du féodalisme ? Le socialisme ayant pris la place de l'église pour conserver la masse dans sa condition ? (Le Marxisme ne reprend-il pas le message catholique : le bonheur est dans un autre monde ? En faisant croire à l'Éden communiste, n'enlève-t-il pas à l'homme le désir d’améliorer son sort ici-bas ? Et l’action violente, à laquelle il pousse parfois, n'est-elle pas contre-productive ?)
Clémenceau
« Homme d’affrontement,
qui n’est lui-même que dans le conflit », Clémenceau ressemble à ces
anarchistes ou ces révolutionnaires qui passèrent leur vie à défier la société. Il
connaît la prison très jeune, il est toujours endetté, il va de combat en
combat, c’est d’ailleurs un duelliste redouté, et un tribun sans égal. Et il ne
cherche pas le pouvoir. Pendant longtemps il est celui qui fait tomber les ministères.
Il n’arrive au gouvernement qu’âgé. Il s’est fait énormément d’ennemis. Mais
lui n’a de rancœur vis-à-vis de personne. Il n’en veut qu’aux idées, pas aux
hommes. Et il fait passer l’intérêt général avant tout.
C’est l’homme de l’affaire Dreyfus. Il est ministre de l’intérieur,
« premier flic de France »,
à un moment où le « pays (est) en
proie à l’agitation sociale et à la menace de désagrégation ». Car c’est
alors que « l’unification (de la
gauche socialiste) se produit sur la base radicale de la lutte des classes », qui légitime la violence comme moyen d'action. Puis il est « le père la victoire »,
en 17 au moment où la France et l’Etat major sont saisis par le défaitisme. Sa
vie est aussi faite de revers. Pendant la Commune, il tente une conciliation. Il
ne parvient ni à empêcher la peine de mort, ni à faire renoncer la France au
colonialisme. Et les accords qu’il fait signer après guerre ne seront pas
respectés.
Surtout, il semble avoir été pris dans une guerre
fratricide. Lui-même va être le fléau de Gambetta et de Ferry, « conservateur déguisé en républicain ».
Avant d’être pris à parti par Jaurès. « Le plus grand faux pas de la carrière de Clémenceau » aura été
de ne pas parvenir à s’entendre avec le parti socialiste.
Ce qui conduit « les socialistes (à
prendre) le monopole de la revendication sociale, alors même que leur ligne
révolutionnaire les éloignait du pouvoir ». « La gauche radicale n’a guère le sens social. »
« Déjà s’amorce l’évolution qui fera
du radicalisme le représentant attitré des classes moyennes, des petites villes
et des villages mêmes. »
A quoi croyait-il ? à la liberté individuelle. Elle a
pour condition la République, et le progrès (« confiance irrésistible dans l’idéal de la raison et des Lumières »).
Son idéal ? Individualiste farouche « contempteur de l’autorité », « il veut la République, toute la République,
la République de Clémenceau c’est d’abord la liberté. » Liberté ?
« (Ce qu’il veut faire dans ses
écrits) : c’est chanter la vie, c’est magnifier l’action, c’est exalter la
joie d’être, contre les philosophies et les religions de la misère et de la
chute. » « La parole ne
peut être que vain bruit, sans action. »
Sa stratégie ? « lutter contre les monopoles, les privilèges patronaux (…) préparer l’abolition
graduelle du prolétariat (…) vieil idéal de la Révolution, celui du petit
propriétaire libre. »
Le moyen ? « Le salut passait à ses yeux par la ville, l’instruction, les études » : « Ouvrir l’enfant aux sensations de vérité, de bonté, à la pitié des êtres, aux sentiments de compassion humaine, d’où jaillit le noble élan de secours. » « Délivrer l’homme de l’ignorance, l’affranchir du despotisme religieux, politique, économique et l’ayant affranchi, régler par la seule justice la liberté de son initiative, seconder par tous les moyens possibles le magnifique essor de ses facultés, accroître l’homme en un mot, en l’élevant toujours plus haut. » Le service militaire est « le prolongement de l’école ».
Ses combats en découlent : « défenseur de l’individu, de l’entreprise
individuelle, il ne peut accepter le triomphe de l’individualisme. Car l’individu
fait partie d’un corps social (...) en même temps, il ne peut accepter le
communisme (…) l’individualisme absolu, expression de la barbarie, le
socialisme collectiviste est un déni de l’individu, mais les responsabilités de
l’Etat social doivent être reconnues. » « Il n’a d’ennemis que ceux qui violent la loi. »
Il croit au « droit
des peuples ». Il aime la France parce qu’elle porte son idéal, c’est
un « grand peuple, celui qui avait allumé pour le monde entier la torche de
la liberté. » « La France,
autrefois soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de la liberté, toujours soldat de l’idéal. »
Le livre : WINOCK, Michel, Clémenceau, Librairie Académique Perrin, 2011.
Inscription à :
Articles (Atom)