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lundi 8 novembre 2021

Le pendule de Foucault, de Foucault

Le livre d'Umberto Eco m'a amené à me demander ce qui faisait bouger le pendule de Foucault. Une fois de plus j'ai pesté contre l'Education nationale. Car elle en fait un simple exercice de cours, ennuyeux comme tout exercice de cours. Conséquence, je ne me souviens quasiment plus des lois de la physique. En creusant mon inconscient, il me semble que le pendule est associé au mouvement de la terre et à la force d'un certain Coriolis, que l'on accuse d'user les rails de la SNCF et de faire tourner l'eau des lavabos. 

En fait, si l'on place le pendule à un des pôles, sur l'axe de rotation de la terre, ce qui se passe est évident : le sol défile alors que le pendule se balance dans un plan fixe. Là où tout se complique, c'est lorsque le pendule est ailleurs sur le globe, par exemple au Panthéon ou au musée des Arts et métiers. 

En fait, l'origine de l'expérience est plus simple que cette histoire. Si la terre ne tournait pas, le pendule se balancerait dans un plan fixe. Le fait que ce plan change montre que cette hypothèse est fausse. Calculer la vitesse angulaire de la rotation du dit plan n'était probablement pas ce que cherchait Foucault. 

Faire le calcul n'est pas compliqué quand on est aidé par un livre de cours. Seulement, le résultat est quelque peu surprenant : la rotation du plan est fonction de la latitude ; sauf aux pôles, le plan de balancement du pendule ne tourne pas en un jour. Et il ne tourne pas du tout à l'équateur. Plus exactement, il y a deux mouvements : un premier, de durée un balancement, dans lequel le pendule est emmené, par Coriolis, de part et d'autre du plan, et un second, beaucoup plus lent, de rotation du plan de balancement. 

Cette expérience élémentaire aurait mis KO Einstein. En effet, selon lui, si le pendule tourne, c'est qu'il n'est pas dans un "repère galiléen". Mais alors, où est ce "repère galiléen" ? Apparemment ce serait celui des "étoiles lointaines". Or, la théorie d'Einstein, contredisant ce que l'on croyait jusque-là, part de l'idée qu'il n'existe pas de repère absolu...

Morale ? Contrairement à ce que nous disent nos professeurs, on ne sait rien, et c'est cela qui est passionnant ! 

mardi 22 juin 2021

Jacques Bouveresse et Michel Foucault

J'entendais Jacques Bouveresse, philosophe, expliquer à France Culture que ce que Michel Foucault disait de Nietzsche ne correspondait pas, du tout, à ce que celui-ci avait écrit. 

Pourquoi Michel Foucault n'a-t-il pas été définitivement discrédité ? Il n'est pas le seul dans son cas. Je crois que nous avons vécu un temps où la rigueur intellectuelle n'a pas été une valeur fondamentale de notre société. 

Mais ce n'est pas ce que j'ai retenu de cet entretien. J'ai retenu que Michel Foucault était quelqu'un de très sympathique. Apparemment, c'était aussi le cas de Sartre. Ce ne va-t-il pas à l'encontre de l'opinion de Proust ? me suis-je demandé. L'être humain peut être infiniment mieux que son oeuvre. (N'est-ce pas toujours le cas ?)

samedi 6 avril 2019

Michel Foucault ou l'instrumentalisation de l'autorité ?

Le philosophe Pierre Vesperini parlait de Marc Aurèle. Quand on étudie ce qui se disait à l'époque de Marc Aurèle, on en arrive à une interprétation des écrits de cet empereur qui est totalement différente de celle qui domine la pensée française. En particulier, Marc Aurèle n'est pas un stoïcien, le membre d'une secte, mais une personne qui se sert de différentes disciplines de la pensée pour guider sa vie. Les travaux de Michel Foucault, en particulier, reposent sur une interprétation tronquée des textes.

Les philosophes et les scientifiques patentés ont-ils eu le tort d'utiliser leur position d'autorité pour servir leurs combats personnels ? Devrait-on s'interroger sur ce qu'exige, en termes de rigueur intellectuelle, "la science" ?

vendredi 30 janvier 2015

Science sans conscience

Discussion avec un jeune matheux, grand modélisateur.

Le danger de la modélisation me semble être ce que disent Hannah Arendt, l'école de philosophie pragmatiste et les psychologues de la systémique : on confond le modèle avec la réalité. Or, le modèle ne donne que ce que l'on y a mis. Danger = « jeu sans fin ». L’homme a la curieuse faculté d’inventer des dieux. C'est-à-dire de trouver une signification magique, mystérieuse, à quelque chose qui n'est qu'une machine. (Asimov a écrit un chapitre sur le sujet dans un livre sur les robots.)

Mon expérience me fait penser que l’intérêt de la modélisation est de préparer à l'action. Elle permet de simplifier ce qui bloque, de donner des idées. La simple découverte des systèmes a été fondamentale. Elle nous a dit que nous tendions à entrer dans des cercles vicieux et que, pour se tirer de la plupart des problèmes qui nous minent, il faut faire le contraire de ce que nous faisons. Je suis moins certain de l'utilité des modèles compliqués qui en ont résulté. 

De l’intérêt d’étudier la philosophie, l’art de penser, en plus des maths. Il me semble qu'il faut injecter un peu de conscience dans la science, et qu'il est bon de s'y mettre tôt. Pauvres diplômés des grandes écoles françaises, et en particulier les philosophes !, qui reçoivent de mauvaises notes s'ils ne pensent pas comme l'institution !

(Ce qui pourrait expliquer la schizophrénie de Foucault ?)

lundi 26 janvier 2015

Le paradoxe de Foucault, mal de l'élite ?

En tirant le fil de Foucault, j'en arrive à penser que son comportement est dû à son codage. Pour réussir les concours des grandes écoles, il faut déconnecter son libre arbitre. Il faut absorber les codes sociaux sans réfléchir. On débouche donc sur un individu qui, à la fois a souffert de la société, tout en en étant totalement dépendant. 

Pour une réforme de l'Education nationale ?

vendredi 16 janvier 2015

Le Paradoxe de Foucault, ou un changement de notre temps

Ce blog s'interroge sur les causes profondes des changements de l'état de notre société, et surtout des changements à effectuer pour qu'elle souffre un peu moins. Mon dernier billet sur Hayek et Foucault m'a mis sur une piste. 

Le livre de Hayek, The road to serfdom, m'a beaucoup surpris. J'attendais un raisonnement impeccable et des équations. Hayek n'est-il pas prix Nobel ? J'ai trouvé un livre bourré d'erreurs de raisonnement insupportables. J'ai failli quinze fois jeter ce bouquin débile. Je comprends que Keynes, esprit supérieur, n'ait éprouvé que du mépris pour Hayek. Et puis j'y ai repensé. J'avais fait du hors sujet : le livre de Hayek est le cri de désespoir d'un homme qui sent sa liberté en danger. Tout le reste ne compte pas. 

Pour moi, il en est de même de Foucault. 

Le paradoxe de Foucault
Mais ce n'est pas le plus intéressant. Le plus intéressant est que ces deux personnes ont été des hommes d'appareil, des fonctionnaires. Paradoxe pour des libertaires ! Et c'est, peut-être, là le nœud du problème. Ils ont été pris entre leur amour du système, et la souffrance qu'il leur infligeait. Alors, ils ont voulu le faire changer. Sans se rendre compte des dégâts que cela pouvait entraîner dans nos vies. 

Et cela m'amène à l'idée suivante. Foucault et Hayek ont mal réagi à une cause réelle. Le nazisme qu'avait connu Hayek n'a peut-être pas été une exception. Partout, la société a cherché à dicter à l'homme son comportement, à le faire entrer dans des normes. "Mammy knows better" disent les Anglais, qui n'ont pas de De Gaulle. Le monde s'est révolté. Mais, il n'a pas attaqué la cause du mal. Car jamais nous n'avons été plus esclaves de la société. Regardez les USA : toutes les jeunes filles de la meilleure société se font refaire la poitrine ; tous les viocs de la meilleure société se font refaire une jeunesse. En France, nous nous droguons pour paraître normaux. Ce que Foucault et Hayek n'ont pas compris, c'est qu'il ne faut pas changer les règles sociales, il faut changer notre attitude aux règles. La liberté de l'homme, c'est penser par soi même. Et refuser que la société lui dicte ce qu'il doit être, quand cela n'a pas de conséquence sociale. (Se refaire la poitrine, ou faire Normale sup, par exemple.)

jeudi 15 janvier 2015

Foucault aime Hayek

Il y a quelques temps, la gauche de gouvernement a été secouée par la révélation d'un secret, encore mieux caché que la liaison de notre président. Foucault, le prophète du postmodernisme, la pensée officielle de la gauche de pouvoir, a fini sa vie dans une admiration béate de Hayek, le pape du néolibéralisme, le Dieu de Thatcher et Reagan. Hollande, Thatcher et Reagan, même combat ? Enterrons la nouvelle.

Et pourtant, elle n'a rien de surprenant. Car, comme l'explique le biographe des travaux de Foucault (“Foucault a été fasciné par le néolibéralisme, qui a fait écho à ses propres questionnements”), sa pensée s'organise autour des thèmes suivants :
  • "Une tradition libertaire de la gauche". 
  • "Résistance à l'Etat". "Exigence de ne pas être gouverné". "Luttes contre les pouvoirs".
  • Refus du "paternalisme", "ordre", "Nation", autant de "notions autoritaires". 
  • "Accepter que les gens n'adhèrent pas aux mêmes valeurs". "Une société de dissensus, de conflit". "Pas de société. Pas de normes imposées et partagées". 
  • "Il faut se situer du point de vue des minorités". 
Le plus intéressant dans cette histoire est le paradoxe. Car Foucault a été un fonctionnaire, un apparatchik docile. Il a été normalien, agrégé, il a fait sa carrière dans la fonction publique jusqu'à en briguer les plus hautes responsabilités (Collège de France). La situation de notre gouvernement est encore plus inconfortable. Car il dirige un Etat qui a été construit selon l'exact inverse de ses valeurs. En particulier, il est supposé gouverner en fonction de l'intérêt général. Pas de celui d'hypothétiques minorités. A moins de vouloir le détruire. Mais il ne semble pas en prendre le chemin. 

lundi 10 novembre 2014

68 fut-il une révolution ?

J'entendais la semaine dernière Daniel Defert parler de Michel Foucault (France Culture). Michel Foucault a la pensée révolutionnaire n'en a pas moins été un homme du système. En particulier du Collège de France. Et encore, lui n'est pas entré à l'Académie française... 

Au fond, 68 n'a rien à voir avec 89 (ou avec le Berlin de 1989). Les révolutionnaires de 89 voulaient changer de société. Ceux de 68 étaient des arrivistes. D'ailleurs, c'est ce que dit Nicolas Sarkozy, homme de cette génération, dans le film qui lui est consacré. Il veut la place de son chef (Chirac). Il est convaincu que nous partageons tous son désir. 68 comme coup d'Etat ?

mardi 11 décembre 2012

Confucius et le libéralisme

Confucius aurait aimé travailler à la définition des mots, paraît-il. Il semblait penser qu’elle déterminait la bonne santé du monde. Je me demande s’il ne voulait pas dire que les mots ne sont pas neutres, ils sous entendent comment réaliser ce qu’ils désignent. Un exemple :

Que veut dire libéralisme ? Il semblerait qu’il y ait une définition française et une définition anglo-saxonne. Sur le fond, il y a accord. Il s’agit de la liberté de l’homme. Mais libéralisme n’est pas que cela.

Pour des gens comme Montesquieu, Rousseau et Pierre Manent, être libre c’est ne pas se faire asservir. La liberté résulte d’un « équilibre des forces », dit Rousseau. Mais n’est-ce pas l’image même de la France ? France dont les dysfonctionnements garantissent notre liberté ?

Madame Thatcher, elle, répond que la société n’existe pas. L’Anglo-saxon est libre, parce qu’il n’y a rien au dessus de lui. Et, effectivement, la haute société anglo-saxonne est libre, depuis l’âge des ténèbres.

Chaque définition est donc lourde de conséquences. L’Anglo-saxon ne veut pas de société, il la détruit en divisant pour régner. Le Français sait la fatalité de la société. Alors il la veut dysfonctionnelle. Il la paralyse.

Cependant, ce n’est pas pour autant qu’il ne peut pas y avoir de passerelles entre nous. Selon France Culture, la pensée libérale anglo-saxonne, follement anarchiste, aurait séduit Michel Foucault. 

mercredi 2 mars 2011

Poststructuralisme, une très courte introduction


BELSEY, Catherine, Poststructuralism, A very short introduction, Oxford University Press, 2002. Introduction, pour les nuls, aux travaux de Derrida, Foucault, Lacan, Althusser, Barthes, Kristeva, Lyotard, Zizek.

Point commun, parmi ces travaux peu cohérents, le linguiste Saussure. Pour lui, nous interprétons un mot par rapport à son contexte, par différence.

Ainsi, pour le poststructuraliste, chaque société est semblable à un langage : elle a sa propre cohérence, qui n’est donc pas universelle. Si l’individu est sous la coupe, la marionnette, de cette culture aléatoire et de ses contradictions, il n’a aucune raison objective de lui obéir. Il n’y a aucune autorité absolue, aucun principe organisateur qui ait un droit sur l’individu. Il n’y a plus d’auteur (d’autorité), plus que des lecteurs (des interprètes).

Partant de cette idée les poststructuralistes ont réécrit l'oeuvre des auteurs qui leur semblaient importants, Marx, Freud…