Recevoir un ami qui vient de loin, n'est-ce pas la plus grande joie ?
samedi 1 novembre 2014
L'amitié est-elle essentielle ?
jeudi 7 novembre 2013
Faut-il être moyen pour réussir ?
De plus de 35000 sessions de thérapie (David Burns) a appris que la recherche de la perfection est sans doute la meilleure façon de compromettre bonheur et productivité. (Article)Bref, pour être heureux et efficace, soyons moyens. Mais n'est-ce pas un article pour Américains ? me suis-je demandé. A la réflexion, j'ai l'impression que, nous aussi, les Français, nous sommes malades de la perfection. Nous recherchons tellement l'idée parfaite que nous en oublions l'exécution. Or agir n'est qu'essais et erreurs. Ou approximations successives. La perfection est illusoire. Ou, du moins, elle résulte d'une longue pratique.
A 15 ans, je me suis consacré à l'étude; à 30 ans, j'en avais acquis les fondements; à 40 ans, je n'avais plus de doutes; à 50 ans, je comprenais les dispositions du Ciel; à 60 ans, je pénétrais le sens profond de ce que j'entendais; à 70 ans, je suivais ce que mon coeur désirait sans excéder la juste mesure. (Confucius)
mercredi 8 mai 2013
Michael Porter et Confucius conseillent l'entreprise française
Celui dont la pensée ne va pas loin verra ses ennuis de près (Confucius)
L’essence de la stratégie est le choix d’accomplir ses activités d’une manière différente de celle de ses concurrents (Michael Porter)
jeudi 7 février 2013
Mariage pour tous et limites de la démocratie française
Zilu : « à supposer que le prince de Wei compte sur vous pour l’aider à gouverner, que feriez-vous ? Le maître : « une rectification des noms, sans doute (…) si les noms sont incorrects, on ne peut pas tenir de discours cohérent. Si le langage est incohérent (…) le peuple ne sait plus sur quel pied danser (…) l’homme de bien n’use des noms que s’ils impliquent un discours cohérent, et ne tient de discours que s’il débouche sur la pratique. » (Cheng, Anne, Histoire de la pensée chinoise, Seuil, 2002.)
mardi 11 décembre 2012
Confucius et le libéralisme
vendredi 2 septembre 2011
Agressif Chinois
C’est étrange. La culture chinoise a la réputation d’être parvenue aux extrêmes de la subtilité et du raffinement, et pourtant le Chinois moderne se comporte comme le pire des rustres. Et de surcroît en opposition avec ce que prêchent Confucianisme et Taoïsme.
samedi 24 octobre 2009
1308
Les découvertes de la dernière centaine :
- Avec le traité de Lisbonne, l’Europe est peut-être à un point de bascule, et la recherche de son président semble l’amener à une réflexion sur ce qu’elle est, qui montre l’isolement anglais. Comment va-t-elle finir ?
- Jusqu’ici je ne m’étais guère demandé ce que signifiaient les droits de l’homme. Je n’avais pas perçu qu’une approche fondamentaliste du sujet était incompatible avec ce qu’est une « société ».
- Je ne connaissais pas grand-chose à l’histoire Turco-arménienne ; maintenant, je pense qu’elle a été victime de nos idéologies occidentales.
- Quant à nos idéologies actuelles, elles étaient à deux doigts de tourner en totalitarisme. Il était grand temps que la crise nous ouvre les yeux.
- Une réflexion sur le sort d’EdF m’a rappelé qu’un de nos maux nationaux était d’avoir de grandes ambitions mais de ne pas nous en donner les moyens, d’où les malheurs de notre société. (J'ai immédiatement éliminé une partie de mes trop nombreuses activités bénévoles pour mieux m’occuper de celles qui me restaient.)
- Prise de conscience aussi du dynamisme entrepreneurial des pays émergents (Téléphonie mobile et pays émergents) et, par contraste, qu’une idéologie financière a tué le nôtre.
- Je me suis longtemps demandé si Mao avait eu raison de se fâcher avec le Confucianisme et si la Chine ne nous singeait pas de manière ridicule. Je crois avoir compris qu’il y avait là le seul moyen de se transformer et de faire absorber par la culture locale les apports de la nôtre.
- Curieusement ce qui a fait le plus progresser ma très ancienne réflexion sur la comparaison des cultures chinoise et occidentale est le livre de Bill Belt sur le Lean Manufacturing. Le lean est l’émanation d’une culture flexible et durable, mais qui, probablement, tend à se satisfaire d’elle-même. La culture occidentale est une culture de la machine et de la rupture, qui a aussi sa faiblesse : elle devient vite une culture d’héritiers qui ne savent plus que tricher avec les règles de la société.
dimanche 4 octobre 2009
Représentativité
J’entends dire : 86% des Français en faveur de l’euthanasie, les députés sont majoritairement contre, le sujet est entre les mains d’experts (médecins).
Je ne sais pas ce que valent ces statistiques mais elles semblent d'accord avec John Stuart Mill : nos représentants ne nous représentent pas. Au mieux, ils se représentent, eux, des gens issus d’un milieu très particulier, celui des politiciens professionnels, qui ne connaissent de la vie que les appareils des partis.
La poursuite de ma pensée confucianiste me fait me demander si le malaise actuel ne vient pas de ce que les membres de la société n’occupent pas la place qu’ils méritent. D’ailleurs c’est ce que l’on observe dans l’entreprise : quand ses membres ne font pas ce qu’ils devraient, elle va mal. Les dirigeants pensent que leur rôle est de dire à leurs équipes comment faire leur travail, alors qu’elles sont plus compétentes qu’eux. Du coup, logiquement, elles en déduisent qu’elles sont dirigées par un imposteur. En fait, ce que l’on demande au dirigeant c’est qu’il « organise » le travail de ses équipes, en particulier qu’il ôte ce qui pourrait les gêner. Comme un gendarme qui facilite la circulation (mais qui ne prétend pas nous enseigner la conduite).
Il en est probablement de même de la politique : nous ne voulons pas prendre leur poste aux puissants, nous leur demandons seulement d’organiser la nation de manière à éliminer ses dysfonctionnements, et de ne plus nous donner de leçons.
Compléments :
- Mes réflexions sur le confucianisme : Changement et pensée chinoise, Pensée chinoise / Cheng.
samedi 3 octobre 2009
60 ans de République populaire de Chine
Cet anniversaire me ramène à l’héritage de Mao. Ses intentions me paraissent différentes de celles qu’on lui prête :
Le projet de Mao : réinventer la culture chinoise
D’une certaine façon il aurait voulu transformer la culture chinoise. Culture étant à prendre au sens ethnologique, c'est-à-dire de règles guidant le comportement collectif. Qu’il ait échoué ou réussi est presque secondaire par rapport à ce qu’il a été capable de faire. Tout seul, il a mis en mouvement des centaines de millions de personnes dans un extraordinaire exercice d’apprentissage collectif, la création de nouvelles règles culturelles.
- Le grand bond en avant, c’était montrer qu’il ne tenait qu’à la volonté du peuple uni d’atteindre les performances du meilleur des capitalismes.
- La révolution culturelle porte bien son nom. Mao parvient à faire que le peuple dise ce qu’il a sur la conscience, à partir de là, il procède à une « rectification ». Il fait « rééduquer » ceux qui pensent mal, selon lui.
Mao, souverain confucianiste
L’efficacité du procédé est bluffante. Un exemple. Il décide d’éliminer les hirondelles, le fléau des récoltes paysannes. Il faut empêcher que les hirondelles se reposent. Pendant plusieurs semaines les Chinois se lèvent la nuit pour effrayer les hirondelles. Réussite totale. (Des conséquences imprévues ont montré alors que l’hirondelle était utile, mais c’est une autre histoire.)
C’est une illustration extraordinaire des principes confucianistes, du rôle et du pouvoir du « bon » souverain dans une société bien organisée. Quasiment sans rien faire, de sa chambre, Mao mettait chaque année tout un peuple en furie, puis le renvoyait chez lui.
Pourquoi avoir voulu tuer le Confucianisme, pensée supérieure ?
Et pourtant, Mao a voulu éliminer la pensée confucianisme qu’il pensait coupable de l’arriération chinoise. Je me suis longtemps demandé s’il avait raison, tant la pensée confucianiste semble remarquable. Deux exemples :
- Si on veut la comparer à quelque chose d'occidental, c’est probablement à la « raison pratique » de Kant (les Chinois condamnant bien plus vigoureusement que Kant, la « raison pure » occidentale, et ne voulant, même, pas en entendre parler). Or la philosophie de Kant est le système philosophique dont a besoin la mécanique classique. Alors que nos autres philosophes ont généralement cherché à construire un système qui justifiait la société qui leur plaisait (la bureaucratie prussienne pour Hegel, le monde des boutiquiers pour Smith, la communauté villageoise pour Rousseau).
- Pour la pensée chinoise l’équivalence masse énergie est évidente depuis quelques millénaires. En effet, dans un monde qui passe du vide à la matière et retour, il y a fatalement un principe de continuité, l’énergie.
Tuer le confucianisme pour mieux le réinventer ?
Mais, avec le temps, j’ai fini par penser qu’une pensée trop parfaite devait finir par se suffire à elle-même et empêcher toute remise en cause. Le Confucianisme était bien un handicap.
Mais, pour autant, la remise en cause devait elle prendre la forme que lui a donnée la Chine ?
Je l'ai critiquée parce qu’elle nous caricaturait. De la recherche du principe des choses et du non agir, elle est passée à la croyance aveugle dans la force, dans le massacre de la nature pour la plier aux désirs de l’homme. Mais, me suis-je dit récemment, l'apprentissage n'est-il pas toujours maladroit, au début ? Ne va-t-il pas devenir bien vite plus malin ? Finalement, la Chine ne parviendra-t-elle pas, en un temps record, à s'approprier, au sens confucianiste du terme, notre culture, à en faire une seconde nature ?
Peut-être que Mao a eu raison : ce qui faisait la faiblesse de son pays était un manque d’ego, de volonté d’imposer son empreinte au monde. Elle devait s’extraire du confucianisme. S’extraire pour mieux le réinventer.
Compléments :
- Mes idées sur les projets de Mao pour la Chine viennent de : SHORT, Philip, Mao: A Life, Owl Books, 2003.
- Sur la pensée chinoise en général, et sur la pensée confucianiste en particulier : Pensée chinoise / Cheng
- Un livre cité dans un précédent billet (La pensée (actuelle) en Chine / Cheng) dit que la pensée chinoise est une « pensée pragmatique » plus exactement que pratique.
- Si je me suis intéressé (mollement) à la pensée chinoise, c’est qu’en écrivant la conclusion de mon premier livre je me suis rendu compte que je répétais quelque chose que j’avais vu quelque part. Après recherche, il s’agissait d’un fondement de la pensée chinoise (le LI). Cette réflexion sur la correspondance entre mon expérience et ce que je comprends de la pensée chinoise (Changement et pensée chinoise) m’a conduit à l’idée du dernier paragraphe de ce billet.
- Imposer son empreinte au monde est le principe fondateur de notre pensée occidentale. Par conséquent, il est probable que Mao ait bien trouvé le germe qui manquait à la civilisation chinoise pour répondre au défi que lui lançait la nôtre.
mercredi 30 septembre 2009
Changement et pensée chinoise
Correspondances entre l’ancienne pensée chinoise et mes réflexions du moment :
- J’écrivais dans un livre que ce qui cause les échecs du changement est que l’intuition du dirigeant est trompée par la complexité de l’organisation (implicitement il la croit « hiérarchique », « linéaire »). Pour faire bouger une organisation sans s’épuiser, il faut beaucoup s'entraîner pour que prendre des décisions efficaces devienne une seconde nature. C’est probablement la même chose pour le navigateur qui joue avec les dépressions pour aller le plus vite possible. Beaucoup de choses me paraissent « évidentes » alors qu’elles ne le sont pas à d’autres. Par contre, je me demande s’il ne faut pas désapprendre pour réapprendre. Il y a une foule de techniques qui allaient de soi dans ma jeunesse, que j’ai oubliées. Le fait de les expliquer a gommé mes réflexes. Et il faut que j’apprenne ce que je savais.
- Le Confucianisme insiste pour donner à chacun sa place. Je crois que dans une entreprise un peu grande, ce qui fait le dysfonctionnement est que chacun n’est pas où il devrait être. Une fois que tous sont à « leur » place, l’organisation fonctionne, elle devient « intelligente » : non seulement elle résout ce qui jusque-là la bloquait de manière franchement irritante, mais elle va infiniment au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer, je suis devenu inutile. En quelque sorte, il y a une disposition des membres de l’entreprise et de la définition de leur fonction, qui représentent une forme d’optimalité : les dysfonctionnements disparaissent et l’ensemble se met à savoir résoudre « naturellement » les aléas qu’il rencontre ( à les utiliser pour se « réinventer » ?). D’après Confucius quand l’édifice est bien en place, il est indestructible, et son « souverain » le fait évoluer sans effort (non agir).
- Chaque chose doit avoir son nom, insiste Confucius, qui déclenche l’action adaptée. Ce n’est pas très clair pour moi. Cependant, j’opère une sorte de classification des gens et de ce à quoi ils me semblent exceptionnellement bons. Il me faut peu de temps pour attribuer un talent particulier à quelqu’un, et en parler de manière convaincue. Généralement mes recommandations sont bonnes : les gens ont l’effet que j’avais prévu, ou, plus exactement, sont adaptés à la tâche pour laquelle ils me semblaient faits. Il y a des exceptions, mais, souvent, une modification mineure de posologie permet de corriger de manière satisfaisante la prescription.
- Et l’abandon de l’égo ? Vouloir transformer une organisation c’est « vouloir » quelque chose. Mais, au fond, ce que je veux c’est que l’organisation devienne ce qu’il me semble qu’elle mérite de devenir, qu’elle se « réalise » comme dit Maslow. Peut-être que c’est un genre d’abandon d’égo ? C’est faire passer l’organisation avant soi ? Et si l’égo, la volonté bornée, irrationnelle, de domination, était l’énergie nécessaire au mécanisme d’apprentissage, qui est aveugle ? Il faut se battre contre les événements pour en intérioriser les règles ? Mais une fois que l’on a appris, il n’y a plus besoin d’égo ? Je dois avoir 0 en Taoïsme.
J’ai tout de même un différend avec ce que j’ai compris de Confucius. L’optimum confucianiste repose sur une hypothèse qui n’est peut-être pas juste. Cette hypothèse est que l’homme partage avec la nature un principe qui lui permet de « non agir » sur elle. Il me semble que ceci n’est vrai qu’approximativement :
- l’homme sera toujours dépassé par la complexité du monde, il ne pourra jamais qu’absorber une sous-partie de ses règles ;
- il existe des moments de « chaos », où rien ne va plus et où les règles qui lui étaient une seconde nature ont dépassé leur date de péremption.
lundi 8 juin 2009
Dépouillement
« Confucius part d’un constat fort simple et à la portée de tous : notre « humanité » n’est pas un donné, elle se construit et se tisse dans les échanges entre les êtres et la recherche d’une harmonie commune. » dit Anne Cheng dans Histoire de la pensée chinoise. Hier soir, je suis allé chercher harmonie et humanité dans l’école élémentaire voisine, où l’on dépouillait les résultats de l’élection européenne.
Il y aurait besoin de beaucoup plus de moments comme celui-là. Nous nous recroquevillons sur nos petits problèmes, notre milieu étroit, nos médiocres idées prémâchées… Compter des bulletins, c’est appartenir à une communauté, c’est revenir aux origines de
Quant aux résultats de l’élection, j’étais trop préoccupé d’ouvrir les enveloppes pour y faire attention. Il me semble que, dans les deux-cents votes confiés à mon groupe, Verts et, surtout, UMP étaient bien au dessus des tendances nationales et parisiennes. PS et MoDem m’ont paru bien bas.
Revenu chez moi j’entends un non élu du MoDem dire que le vote écologiste était un « choix de société », que l’électeur avait voté pour des valeurs universelles et non pour des enjeux locaux, bref qu’il avait été européen. Mais, n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ? Ce qui a marqué l’élection européenne, au niveau de l’Europe, n’est-ce pas, avant tout, la victoire de partis conservateurs ? Or n’est-ce pas le modèle conservateur qui est en faillite ? Pourquoi est-il récompensé ? Regardons ailleurs, les partis travailliste et démocrate sont des partisans fanatiques du business ; si bien que le mécontentement vis-à-vis de leur politique ne peut se porter que sur encore plus « pro business » et anti solidarité (les conservateurs en Angleterre). Je me demande s’il n’en est pas de même partout en Europe. Convaincue par la campagne de propagande la plus réussie de tous les temps, la gauche a cru que le marché était l’alpha et l’oméga. C’était grâce à lui qu’elle ferait le bien collectif. La recette était mauvaise. Elle a perdu son âme et son rôle historique, qui était la gestion des crises du capitalisme ?
Compléments :
- Sur le rôle du socialisme : SASSOON, Donald, One Hundred Years of Socialism: The West European Left in the Twentieth Century, New Press, 1998.
mercredi 12 novembre 2008
Kant pour les nuls
Quelques idées issues de : SCRUTON, Roger, Kant A Very Short Introduction. Oxford University Press, 2001.
- J’ai l’impression qu’une des grandes idées des Lumières a été de donner une validation scientifique à la culture de son milieu. Adam Smith a voulu montrer que l’idéal était l’univers du commerçant et que l’on pouvait organiser le monde suivant ce modèle. Pour Hegel, c’était la société prussienne. Quant à Kant, il me semble qu’il nous a dit qu’il fallait chercher l’inspiration dans la mécanique classique.
- Le monde est tel que le voit la physique. La connaissance résulte de l’interaction entre raison et expérience. L’homme ne peut rien déduire du seul travail de la raison, s’il n’est validé par l’expérience. (Critique du philosophe qui échafaude des empilages de raisonnements ?)
- Pour que ce monde soit tel que le voit la physique, il faut que les hypothèses implicites qu’elle fait soient justes. Elles sont vraies, a priori. (Déduction transcendantale.)
- En fait, il existe deux univers : l’un est celui de l’expérience, de ce que nous voyons ; l’autre est transcendantal, il abrite les lois qui font que le monde est tel qu’il est. Il nous est inaccessible.
La médiation de l’esthétique (spectacle de la nature, art) nous amène à sa limite. L’esthétique résonne avec la nature humaine ; l’artiste, en recréant le sentiment que l’on éprouve en face de la nature, passe au plus près de ce monde transcendantal. - Étrangement, la morale de Kant ressemble à celle de Confucius. C’est une morale du devoir, de la décision judicieuse. L’homme libre doit être guidé par sa raison, non par son instinct ou une pression extérieure. Le progrès est là : c’est la raison de l’homme qui s’éveille et qui transforme le monde.
- Cette « raison pratique », elle-même, doit suivre des lois (impératif catégorique) : décisions universelles (et si tout le monde prenait à l’envers un sens interdit ?) ; respecter la liberté des autres, ne pas les considérer comme des moyens, mais comme des fins ; être guidé par la volonté de construire un monde idéal. Par le travail de sa raison, l’homme fait œuvre de législateur. Ses décisions sont des précédents.
Dans ce monde, rien n’est caché, toute décision peut être rendue publique. - Tout détruire, pour le remplacer par un univers rationnel idéal (le rêve de la révolution française), n’est pas possible. Le monde doit se rationaliser progressivement.
- Je me demande si un argument de Kant ne se retrouve pas chez beaucoup de physiciens modernes : le monde est tel qu’il est parce qu’un être comme nous ne pourrait pas être concevable dans un autre univers.
- Comme pour Durkheim, je me demande s’il n’y a pas quelque chose de commun entre la pensée de Kant et la théorie de la complexité : les groupes d’individus génèrent spontanément (émergence) des lois qui les guident. Le monde transcendantal inaccessible à l’esprit humain serait celui de ces règles.
- L’impératif catégorique me semble être exactement le critère de jugement d’une stratégie (« stretch goal »). C’est une question d’efficacité, plus que de bons sentiments. En particulier, si elle a quelque chose à cacher elle n’est pas efficace.
- L’impératif catégorique me semble aller à l’inverse d’un pilotage de l’homme par son seul intérêt (modèle d’Adam Smith et de la théorie économique dominante). Il semble résoudre le dilemme du prisonnier, qui fait que l’homme lorsqu’il joue perso, joue contre le groupe, et, finalement, contre son intérêt. Par contre, si tout le monde suivait Kant, il serait facile pour un parasite (l’égoïste du modèle d’Adam Smith) d’exploiter des lois aussi prévisibles à son profit. La société doit développer des mécanismes de défense.
- Les Lumière n’ont-elles pas surestimé le pouvoir de la raison individuelle ? Seul dans sa chambre, l’homme n’est pas capable de résoudre des problèmes bien compliqués. Il a besoin de l’aide des autres hommes pour cela.
- Hegel pour les nuls
- Théorie de la complexité
- Exemple de dilemme du prisonnier : 12000 Américains passés par les armes.
- GROSSACK, Irvin M., Adam Smith : His Times and Work, Business Horizons, Août 1976.
- Stretch goal : Changement, communication et crise.

