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mercredi 14 septembre 2022

Confusion des genres

Pourquoi écouter la musique écrite pour un enterrement ? Parce qu'elle est baroque ! 

Il y a quelque-chose de bizarre dans la programmations de France Musique : la musique y est diffusée parce que c'est de la musique approuvée par France Musique, non en fonction des envies de l'auditeur, ou même en conformité avec son intention. 

C'est ainsi que la musique "contemporaine" est partout. Il faut former l'oreille du public à ce qu'il n'a pas envie d'entendre, et fournir un revenu à des musiciens qui refusent de se plier au goût des masses incultes ? 

Est-ce ce que le sociologue Robert Merton nommait "displacement of goals" : quand une communauté d'individus s'isole du reste de l'humanité, à l'image de ce qui se passe dans une bureaucratie, elle invente des règles qui n'ont plus rien à voir avec l'intérêt général ? 

dimanche 12 juin 2022

Vive la grève !

Il n'y a que pendant les grèves que l'on entend de bonnes musiques, disait une auditrice de France Musique. 

Sujet pour anthropologue ? Etudier la façon dont les programmes de France Musique sont constitués. (Il s'agit, pour une part, de musique contemporaine, sinistre, présentée par des animateurs sinistres, et de morceaux classiques bien connus, pour le reste.)

Une cinquième colonne se serait-elle emparée de la programmation de la musique de grève ? Pourra-t-elle échapper longtemps à la main invisible des opinions dominantes ? 

vendredi 5 novembre 2021

Au nom du peuple

La croisade de France Musique pour la musique contemporaine amène à se demander : qui est intéressé par la musique contemporaine, en dehors d'un petit groupe d'esthètes ? 

Et qui va, d'ailleurs, au spectacle, sinon ce petit groupe ? Mais alors pourquoi les opéras et autres sont-ils si lourdement subventionnés ? Pour que le peuple puisse avoir accès à la "culture". La culture étant définie comme étant ce qu'apprécie ces esthètes. 

Seraient-ils parvenus à faire payer leurs loisirs par la nation ?

Un article sur les raisons de l'état regrettable de l'Education nationale débouchait sur le même type de raisonnement. 

Timeo danaos et dona ferentes, comme on disait jadis ?

mardi 14 septembre 2021

Musique contemporaine, quel marché ?

Ecouter France Musique, c'est s'interroger sur la musique contemporaine. Sa particularité, c'est d'être atroce, et d'être présentée par des animateurs sinistres. Pour eux, la musique contemporaine, c'est un sacerdoce, probablement.

On découvre aussi qu'elle a certainement des difficultés à trouver son "modèle économique". France Musique, croyant probablement à la vertu de la publicité comme opium du peuple, a recours au matraquage. Est-ce efficace ? 

J'ai eu la surprise d'entendre qu'un élève de Schönberg avait fait fortune à Hollywood. Et, effectivement, la musique de Schönberg peut très bien convenir à un film. Particulièrement à un moment inquiétant. 

De tous temps, la musique a fait le bruit de l'argent. Car, il faut de l'argent pour payer le créateur. Et il doit faire ce qui plait à son commanditaire. Qu'il soit royal, noble ou papal comme ce fut les le cas pour Bach, Mozart, Beethoven, Pergolese et bien d'autres, ou qu'il soit pauvre, pour le jazz, le rock et autre folk. Et si la musique contemporaine employait cette voie ? Elle pourrait faire du Gerschwin ou du West side story à la Bernstein. Ou peut-être se repositionner "haut de gamme", événement sinistre et cher pour salon d'oligarque parvenu, nouveau phare de la culture globale ? 

Baudelaire et Flaubert vécurent de leurs rentes. C'est une autre solution. Notamment pour enfant d'oligarque. A condition de savoir aspirer à une gloire posthume. Et d'être discret.

samedi 10 juillet 2021

Musique féminine

France musique promeut la femme musicien. Des compositrices du temps passé n'ont pas la gloire qu'elles méritent. Sexisme. 

Pourtant, l'histoire de leur vie ne semble pas conforme à cette théorie. Pour être musicienne, en ces temps reculés, il fallait être ultra privilégiée : professeurs particuliers, mais aussi concerts privés !, les femmes des beaux milieux ne fréquentaient pas la racaille. Et elles ont connu ce qu'il y avait de mieux en termes de génies musicaux, et en ont été hautement appréciées, si j'en crois France Musique. 

Il y avait un biais culturel, bien sûr, qui leur était consubstantiel. Mais aucune raison de penser que, si leur musique avait plu, elle ne leur aurait pas survécu. Et, d'ailleurs, ce propos n'est pas désobligeant à leur endroit : l'explication du succès posthume de l'homme pourrait être que, vivant de son travail, il avait plus de raisons qu'elles de chercher à séduire le "marché". 

Il demeure de tout cela que le musicien classique y gagne une extension de son répertoire. Et que cela entre en concurrence avec le contemporain, autre combat de France Musique. Une autre raison d'être féministe ? 

lundi 14 juin 2021

Heur et malheur de l'art moderne

La "création contemporaine" a envahi France Musique. 

Une théorie. Au 19ème siècle, l'art a fait l'objet d'une mode dans la haute société. Comme on le lit chez Proust, sa principale occupation était de faire preuve de "bon goût", en découvrant de nouveaux talents. Par conséquent, le véritable artiste devait être un innovateur, cf. les impressionnistes, Cézanne, Whistler, Picasso... Il "épatait le bourgeois", en le choquant. Et il devenait très riche. Mais le bourgeois, épaté, a vu le parti qu'il pouvait tirer de l'affaire. Il a acheté l'art. Il se fiche qu'il soit laid, ou qu'il soit beau. Le tout est qu'il fasse l'objet d'une sain mouvement spéculatif, comme une action. Seulement il a acheté l'art matériel, ce qui peut être acheté, donc les tableaux et pas la musique. 

Aujourd'hui les milieux intellectuels pensent toujours que le véritable artiste doit choquer les conventions, parce qu'il doit être en avance sur son temps. Et qu'ils sont des précurseurs du changement. Seulement, là où il n'y a pas spéculation, il n'y a pas de marché pour l'art révolutionnaire. Il y a Radio Classique. 

mercredi 6 janvier 2021

Plus vite que la musique

J'ai l'impression que les producteurs de France Musique cherchent à nous faire aimer la musique contemporaine. Il semblent penser que le public a besoin de se familiariser avec elle. Du coup, ils la mélangent avec de la musique classique plus ancienne. Ils se disent probablement que le public, venu pour la musique traditionnelle, écoutera la musique nouvelle, et son oreille s'y fera. 

Est-ce une bonne façon de conduire le changement ? La manipulation paie-t-elle ? 

Un changement, qui a réussi, est le baroque. Jadis, il était limité aux quatre saisons de Vivaldi, et à l'inusable Bach, qui a toujours été apprécié par les musiciens. Maintenant, on entend une quantité de compositeurs inconnus il y a encore peu. 

La musique est-elle une question d'oreille, ou de culture, au sens anthropologique ? Et si nous étions plus proches de l'amour de la vie de l'époque baroque, que de l'art pour l'art des musiciens modernes ? Et si c'était au musicien de s'adapter à son temps ? 

samedi 17 octobre 2020

Musique contemporaine : austère et antipathique ?

Austère et antipathique. Voilà les qualificatifs que nous associons à la musique contemporaine ? C'est ce que disait Renaud Capuçon jeudi matin, chez France Musique. 

Cela m'a frappé, parce que c'est exactement comme cela que je perçois les animateurs de cette chaîne qui sont spécialistes de musique contemporaine (et, curieusement, de Bach). Les entendre déclenche chez mois le réflexe pavlovien de changer immédiatement de chaîne. Cela fait même pas mal de temps que j'envisageais d'écrire un billet sur cette question. 

Comment expliquer ce fait curieux ? La musique contemporaine serait-elle la partie émergée d'une culture (au sens anthropologique du terme) très particulière ? Une parente de quelque religion proche du protestantisme, à la fois ascèse, mais aussi sentiment d'élection et de supériorité ?...

jeudi 20 février 2020

Changement chez France Musique : choc de cultures ?

"France Musique, vous allez La Do Ré." "En raison d'un mouvement social..."

Voilà ce que l'on a entendu, pendant quelques mois, chez France Musique. Grève épisodique mais ininterrompue.

France Musique change. On y parle de moins en moins. On annonce des émissions "relax". L'animateur du matin propose un début de journée en douceur... A croire que la chaîne a compris que son auditoire était constitué des ménagères de plus de soixante-quinze ans.

Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg ? Dans les soutes de France Musique, il y a des prolos qui secouent leurs chaînes ? Décidément, il n'est pas facile de changer une culture d'entreprise ?

mercredi 14 août 2019

France Musique l'été

Les vacances apportent d'heureux changements à France Musique. Les programmes s'allongent, on y cause peu (à quelques malheureuses exceptions près), mais bien, et l'on y entend des musiques que l'on ne diffuse pas d'ordinaire.

De l'influence de l'environnement sur l'homme ? Peu d'argent et des titulaires en vacances, cela vous force à être intelligent ?

(Par ailleurs, l'organisation des programmes est simple : il y a des programmes musicaux, des enregistrements de festival, et matin et midi, l'annonce des festivals à venir, ainsi que quelques rediffusions.)

jeudi 24 janvier 2019

Les grands entretiens de France Musique

Les grands entretiens sont une émission de France Musique. Des musiciens classiques qui ont réussi sont interviewés. Voici ce que j'en retiens...
  • Il y a une forme "d'ascenseur social" dans la musique. Il marche infiniment mieux qu'ailleurs. L'enfant de talent est rapidement repéré et propulsé au plus haut niveau. Condition nécessaire : une vocation révélée par un accès, précoce, à un instrument, à un milieu un rien musicien.
  • La condition sociale semble agir principalement en ce qui concerne la fréquentation initiale de la musique. Ce qui n'est pas considérable, puisqu'un parent musicien amateur dans une fanfare peut être suffisant. La raison semble en être que l'apprentissage de la musique est un parcours du combattant, qui commence extrêmement tôt, dure très longtemps, et rapporte peu, même si l'on réussit exceptionnellement bien. Un enfant d'une classe privilégiée a plus à gagner en faisant un autre type d'études. Il en est probablement de même en ce qui concerne la danse classique. 
  • Les grands musiciens ont commencé très tôt, généralement vers cinq ans. 
  • Il y a une intimité étonnante entre l'élève et ses professeurs. L'élève est un disciple. On parle très tôt de leur influence, et ces professeurs sont des célébrités. D'ailleurs les virtuoses semblent fortement impliqués dans la formation des très jeunes. 
  • La France, par le biais des CNSM, aurait construit un dispositif de formation particulièrement efficace (à l'image de ce qui s'est fait dans le handball ?) : des prodiges étrangers choisiraient de venir chez nous, plutôt que d'étudier dans les universités d'élite américaines, parce que, chez-nous, il est possible de se spécialiser dès l'adolescence. 
  • Un point négatif, peut-être: les concours internationaux, qui favorisent une virtuosité qui épate la galerie, plutôt que l'amour de la musique. 

mercredi 14 octobre 2015

Changement chez France Musique

Le changement vu de loin. Nouvel épisode de l'analyse des changements chez France Musique.

A un moment, je pensais que France Musique était devenue la radio des musiciens. Comme il y a depuis quelques temps le "musicien metteur en ondes", il y avait le "musicien animateur". Puis il y a eu un retournement de tendance : ligne Radio Classique. De la musique, des émissions longues, peu de paroles. Cela semble se confirmer et s'amplifier. 

Serait-ce le marché qui l'a emporté sur l'élite de la culture ? Réduction de coûts, par élimination de présentateurs ? Présentateur = catégorie de personnel qui peut le moins facilement se défendre ?...

(Mauvais esprit ?)

mardi 8 septembre 2015

Changement chez France Musique

Mais où est donc passé l'animateur de la matinale de France Culture ?, me demandais-je l'autre jour. Eh bien, il est devenu patron de France Musique

Il y a quelques temps, je me suis penché sur le changement chez France Musique. La conduite du changement semblait une caricature de ce qu'il ne faut pas faire. Cela aurait-il nui à la carrière de sa directrice ? 

mercredi 21 janvier 2015

Changement chez France Musique

Il y a quelques temps je parlais de changement à France Musique. J'y voyais les symptômes du changement au karcher. A l'époque j'ai eu l'impression que l'objectif du changement était de transformer France Musique, qui était devenue la radio des musiciens, en Radio Classique. Radio de salle d'attente. 

Eh, bien je me demande si je n'ai pas vu juste. France Musique me semble être devenue très classique. Et on y parle beaucoup moins. Ce qui, au fond, convient très bien à l'usage que j'en fais. 

lundi 8 septembre 2014

Changements à France Musique

France Musique se transforme en FIP (ou en Radio Classique) ? Musique en continu, plus de concerts ? J'enquête. Et je trouve un article de Télérama, qui semble parler d'un nettoyage au Karcher.

Exemple type du changement sommaire ? On annonce que France Musique est peuplée de nuls. Et cela sur la seule opinion de l'auteur du jugement, qui, apparemment, ne connaît rien à la radio. Eh puis, surtout, taux de pénétration trop faible ! Aucune justification, bien entendu. On va faire bien mieux. Et, pour commencer, on vide tous les "producteurs". C'est-à-dire, tout ce que l'on peut licencier ad nutum ? Et si le véritable objet du changement était la baisse de 5% du budget de la chaîne dont parle l'article ? L'Etat réforme à la tronçonneuse ?

(Suite de l'enquête : ici.)

mardi 29 octobre 2013

Critique de France Musique

Quelle interprétation de Vivaldi choisir ? J'écoutais les critiques de France culture débattre du sujet, dimanche soir. Ils semblaient d'accord entre eux. Et ils ont retenu l'interprétation la plus récente. A chaque fois que je les écoute, c'est le cas.

Du coup, je me suis demandé si cela ne venait pas de ce que leurs goûts évoluent avec ceux de la communauté des musiciens professionnels, dont ils semblent très proches.

dimanche 15 septembre 2013

Changements chez France Musique

France Musique me semble être devenu un club de musiciens. On y est entre soi. Dans l'intimité des conservatoires.

J'ai l'impression qu'il y a eu changement. Jadis France Musique cherchait à faire aimer la musique. Maintenant, il s'agit d'aimer les musiciens. Ce qui n'est pas la même chose.

vendredi 11 janvier 2013

France musique en grève

Depuis quelques temps, France Musique est en grève. Apparemment pour protester contre la mutation de quatre personnes. Du coup, il y a plus de musique, et moins de paroles. Ce qui n'est pas mal, au fond.

Cette grève est un paradoxe auquel je n'ai pas trouvé d'explication. La France compte des millions de gens au chômage, et pas mal de personnes qui doivent accepter des conditions de travail, et de vie, difficiles pour ne pas y être. Comment interpréter l'annonce de France Musique dans ces conditions ? Est-elle l'émanation d'agents provocateurs qui veulent discréditer le service public ? Au contraire, le service public est-il peuplé d'extraterrestres ? Ou, encore, veut-il nous rappeler, comme les nobles de l'Ancien Régime, qu'il n'a qu'un seul maître, son bon plaisir ?... Mystérieux.

lundi 23 janvier 2012

Avenue Q

Hier, j’entendais présenter une comédie musicale par France Musique, Avenue Q. Politiquement incorrecte !

On y chante que nos petits défauts ne sont pas des vices. Nous n’irons pas en enfer pour être un peu racistes,  par exemple. Acceptons la nature humaine et laissons l’hypocrisie au vestiaire ?

Lenny serait-il ressuscité ? Ou vivrions-nous la mort des grandes idéologies moralisatrices et de leurs principes universels ?

vendredi 8 juillet 2011

Indépendance des agences de notation

Hier matin, une journaliste de France Musique disait que nous n’avions pas mieux que les agences de notation pour évaluer la solidité des nations européennes, puisqu’une agence européenne serait juge et parti. Ce qui semble expéditif. 
  • L’opinion des agences a été influencée, semble-t-il, par ce que leur payaient leurs clients. Et cela a contribué à notre crise. Elles ne sont donc pas indépendantes.
  • Ensuite, la BCE est supposée indépendante, or elle est payée par l’Europe. Et la Cour des comptes ? Et les Incorruptibles, payés par les USA et… incorruptibles.
Être influençable ou non n’est pas une question de mécanique mais d’éthique. Ce qui est en cause aujourd’hui est la culture du milieu des affaires, auquel appartiennent les agences de notations.

Compléments :