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vendredi 5 novembre 2021

Au nom du peuple

La croisade de France Musique pour la musique contemporaine amène à se demander : qui est intéressé par la musique contemporaine, en dehors d'un petit groupe d'esthètes ? 

Et qui va, d'ailleurs, au spectacle, sinon ce petit groupe ? Mais alors pourquoi les opéras et autres sont-ils si lourdement subventionnés ? Pour que le peuple puisse avoir accès à la "culture". La culture étant définie comme étant ce qu'apprécie ces esthètes. 

Seraient-ils parvenus à faire payer leurs loisirs par la nation ?

Un article sur les raisons de l'état regrettable de l'Education nationale débouchait sur le même type de raisonnement. 

Timeo danaos et dona ferentes, comme on disait jadis ?

mardi 15 juin 2021

Reynaldo Hahn

Reynaldo Hahn reviendrait-il à la mode ? Jusque-là je le connaissais comme ami de Proust. L'autre jour j'ai entendu quelques-unes de ses mélodies à la Tribune des critiques de disques (France Musique), et grande surprise : j'ai aimé. Avec les poèmes qui allaient avec (Victor Hugo et Verlaine). En fait, il en est de plus en plus question. 

Comment expliquer ce retour en grâce ? Serait-ce une forme de réaction à la musique abstraite et intellectualiste, contemporaine ? Comme pour le baroque, qui s'échappe de Bach et de Vivaldi et retrouve des compositeurs oubliés depuis des siècles, une tentative de renouveler la musique classique, en revenant à ses sources ? 

jeudi 11 février 2021

La transformation de l'artiste

Pourquoi la musique contemporaine est-elle aussi mal sonnante ? me dis-je, en écoutant France Musique.

Jadis, l'artiste était payé par son public. Que ce soit le roi et la haute société, ou le peuple. Il faisait de la musique qui leur convenait, "classique" ou populaire. Puis, on a dit que la bonne musique était celle d'en haut. Et qu'il fallait l'enseigner en bas. Projet des "maisons de la culture". Financé sur fonds publics, le musicien est devenu instituteur. Il a fait la musique qui lui plaisait, et il l'a imposée au peuple.  

Pertinente hypothèse ? 

mercredi 6 janvier 2021

Plus vite que la musique

J'ai l'impression que les producteurs de France Musique cherchent à nous faire aimer la musique contemporaine. Il semblent penser que le public a besoin de se familiariser avec elle. Du coup, ils la mélangent avec de la musique classique plus ancienne. Ils se disent probablement que le public, venu pour la musique traditionnelle, écoutera la musique nouvelle, et son oreille s'y fera. 

Est-ce une bonne façon de conduire le changement ? La manipulation paie-t-elle ? 

Un changement, qui a réussi, est le baroque. Jadis, il était limité aux quatre saisons de Vivaldi, et à l'inusable Bach, qui a toujours été apprécié par les musiciens. Maintenant, on entend une quantité de compositeurs inconnus il y a encore peu. 

La musique est-elle une question d'oreille, ou de culture, au sens anthropologique ? Et si nous étions plus proches de l'amour de la vie de l'époque baroque, que de l'art pour l'art des musiciens modernes ? Et si c'était au musicien de s'adapter à son temps ? 

samedi 17 octobre 2020

Musique contemporaine : austère et antipathique ?

Austère et antipathique. Voilà les qualificatifs que nous associons à la musique contemporaine ? C'est ce que disait Renaud Capuçon jeudi matin, chez France Musique. 

Cela m'a frappé, parce que c'est exactement comme cela que je perçois les animateurs de cette chaîne qui sont spécialistes de musique contemporaine (et, curieusement, de Bach). Les entendre déclenche chez mois le réflexe pavlovien de changer immédiatement de chaîne. Cela fait même pas mal de temps que j'envisageais d'écrire un billet sur cette question. 

Comment expliquer ce fait curieux ? La musique contemporaine serait-elle la partie émergée d'une culture (au sens anthropologique du terme) très particulière ? Une parente de quelque religion proche du protestantisme, à la fois ascèse, mais aussi sentiment d'élection et de supériorité ?...

jeudi 13 août 2020

Que cache la mode du baroque ?

Toute culture a sa musique ? Depuis quelques-années, en ce qui concerne la musique classique, c'est le baroque qui semble avoir le vent en poupe. Le romantisme n'est plus apprécié. Et le contemporain a peu de fidèles.

Mais est-ce tout le baroque ? Il ne semble pas celui de Bach, qui n'est jamais passé de mode, mais plutôt être une redécouverte de courants oubliés, essentiellement du sud de l'Europe.

Qu'ont en commun les musiques italiennes et espagnoles, et la musique de cour française, et que n'a pas Bach et la musique contemporaine ? La vie, par opposition au puritanisme, à l'austérité contente de soi ?

dimanche 20 octobre 2019

Les charmes du vinyle

J'ai retrouvé le "vinyle", il y a trois ans, lorsque je me suis réinstallé dans la maison de ma famille. Je me suis mis à écouter les disques que j'avais achetés il y a quarante ans. J'ai été surpris par la qualité de leur son, auquel je ne faisais pas attention à l'époque. (Inconvénient : changement de la tête de lecture, et durée d'une face.)

Du changement ? Le changement incrémental est imperceptible.

samedi 19 octobre 2019

Le retour du Vinyle

Section musique de la FNAC. Je suis accueilli par un immense rayon disques (vinyles). Le graphique ci-dessous confirme cette tendance. Surtout, il semble signifier que le numérique a été plus destructeur que créateur...

Le retour du "vinyle" serait-il l'annonciateur du changement ? Un retour vers une économie un peu plus traditionnelle ? Un peu moins : c'est gratuit, et demain ce sera rentable ? Qui vend des biens et des services que le consommateur a envie d'acheter tout de suite ?

samedi 2 mars 2019

André Previn

André Previn est décédé. C'est le dernier représentant d'une espèce qui a émergé après guerre : la star de la musique classique. Il était construit sur le même modèle que Leonard Bernstein, et Glenn Gould, dans une moindre mesure. Un musicien prodige, éduqué, touche à tout, que la soif de culture pour tous d'après guerre et la télévision rendent immensément célèbre. Il écrit des musiques de film, et épouse Mia Farrow (entre autres).

Tout cela est fini aujourd'hui. La musique classique n'est plus un produit de grande consommation. Les gens éduqués ne sont plus rares. Et les musiciens talentueux sont nombreux. Conséquence de la culture pour tous.

jeudi 24 janvier 2019

Les grands entretiens de France Musique

Les grands entretiens sont une émission de France Musique. Des musiciens classiques qui ont réussi sont interviewés. Voici ce que j'en retiens...
  • Il y a une forme "d'ascenseur social" dans la musique. Il marche infiniment mieux qu'ailleurs. L'enfant de talent est rapidement repéré et propulsé au plus haut niveau. Condition nécessaire : une vocation révélée par un accès, précoce, à un instrument, à un milieu un rien musicien.
  • La condition sociale semble agir principalement en ce qui concerne la fréquentation initiale de la musique. Ce qui n'est pas considérable, puisqu'un parent musicien amateur dans une fanfare peut être suffisant. La raison semble en être que l'apprentissage de la musique est un parcours du combattant, qui commence extrêmement tôt, dure très longtemps, et rapporte peu, même si l'on réussit exceptionnellement bien. Un enfant d'une classe privilégiée a plus à gagner en faisant un autre type d'études. Il en est probablement de même en ce qui concerne la danse classique. 
  • Les grands musiciens ont commencé très tôt, généralement vers cinq ans. 
  • Il y a une intimité étonnante entre l'élève et ses professeurs. L'élève est un disciple. On parle très tôt de leur influence, et ces professeurs sont des célébrités. D'ailleurs les virtuoses semblent fortement impliqués dans la formation des très jeunes. 
  • La France, par le biais des CNSM, aurait construit un dispositif de formation particulièrement efficace (à l'image de ce qui s'est fait dans le handball ?) : des prodiges étrangers choisiraient de venir chez nous, plutôt que d'étudier dans les universités d'élite américaines, parce que, chez-nous, il est possible de se spécialiser dès l'adolescence. 
  • Un point négatif, peut-être: les concours internationaux, qui favorisent une virtuosité qui épate la galerie, plutôt que l'amour de la musique. 

jeudi 29 novembre 2018

Baroque baroque

Pourquoi parle-t-on autant de baroque ? Il n'avait pas disparu. On jouait Bach ou Couperin.

En regardant des vidéos de l'Arpeggiata, j'émets l'hypothèse suivante : il y a eu une réinterprétation du baroque. Par exemple, la version que l'Arpeggiata donne du fandango du padre Soler n'a rien de commun avec celle des clavecinistes. Comme Glenn Gould avec JS. Bach, les musiciens modernes utilisent le baroque comme source d'inspiration ? Ils ne font que suivre l'usage du Jazz ?

vendredi 26 octobre 2018

La mode du baroque

La musique baroque a connu une mode ces derniers temps. Mon esprit méchant m'a fait croire que cela venait d'un excès de l'offre sur la demande. Nous formons trop de musiciens. Pour éviter le chômage, ils doivent se trouver de nouveaux répertoires.

En écoutant Couperin, je me suis demandé si je n'avais pas tort. On trouve, selon moi, dans Couperin, la vie qui est absente de Bach. Et si le renouveau du baroque était une réaction contre le protestantisme austère de l'école musicale allemande qui était, jusqu'ici, le bon goût officiel ?

Et si l'on faisait de même avec le romantisme ?

vendredi 4 mai 2018

Scott Ross

On dit qu'Einstein s'est brouillé avec un ami violoniste virtuose, lorsqu'il a voulu lui jouer du violon. Une des grandes jouissances de la vie et de pouvoir se vanter de ses exploits devant un virtuose. C'est ainsi que j'ai eu le plaisir de raconter ma carrière sportive à l'entraîneur qui a fait de l'équipe de France de handball la meilleure du monde. Et j'ai fait de même, dans leur domaine, avec quelques-uns des scientifiques les plus brillants, lorsque j'étais à Cambridge. C'est de là que j'ai tiré la conclusion que les personnes intelligentes trouvent toujours quelque-chose d'intéressant chez leur prochain.

Eh bien, aujourd'hui, je vais parler de musique, une question que je ne connais pas. Car j'ai eu la surprise de découvrir que Scott Ross pensait la même chose que moi de Glenn Gould jouant Bach et d'Orowitz jouant Scarlatti ("hérésies"). A mon avis, ce qu'apporte notre sensibilité spontanée à une oeuvre n'est rien en comparaison de ce que l'on peut gagner à tenter de pénétrer la culture de la période qui l'a produite. Croire jouer Bach comme Bach est idiot. Mais chercher à comprendre comment fonctionnaient les esprits en son temps peut être un enrichissement immense.

En revanche, il me semble que la compréhension a quelque-chose de mystérieux. J'ai l'impression que dans tous les domaines (des mathématiques à la menuiserie, en passant par la musique), il y a des choses évidentes pour certaines personnes, et pas pour d'autres. En regardant Scott Ross donner ses cours, je me suis demandé s'il n'avait pas compris tout de même quelques vérités éternelles...

mardi 12 septembre 2017

Adagio d'Albinoni

L'adagio d'Albinoni ne serait pas d'Albinoni ! Il serait d'un certain Gaziotto, dit wikipedia. Il aurait été composé en 1945, à partir de quelques éléments harmoniques venus d'Albinoni (que l'on n'a pas retrouvés).

Ce qui explique peut-être son succès. Gaziotto l'a écrit dans le goût de son temps. Et le nom d'Albinoni lui a donné le mystère d'un génie qui traverse les âges, qui fait les marketing victorieux.

Mais n'en est-il pas de même de toute la musique italienne baroque qui nous a submergés dans les années 60 ? Relecture moderne d'oeuvres qui parlaient à une autre culture, d'un autre temps ? Idem pour toute musique ? Elle pourrait nous apporter quelque-chose si nous avions l'humilité de chercher à nous transporter à son époque, alors que nous la trahissons pour la rendre accessible à notre paresse intellectuelle ? L'interprétation moderne de la musique est à l'ancienne, ce que le fast food est à la nourriture ?

samedi 11 mars 2017

L'instrument fait l'homme

Les artistes lyriques classiques chantent parfois de la pop. Cela me semble un peu ridicule. De même, l'oeuvre de Bach est faite pour les instruments qui lui étaient contemporains. Pas pour les nôtres. Idem pour Mozart. Cela signifiait une certaine façon de jouer. Bien sûr, la combinaison de notre technologie et de leurs oeuvres peut donner du nouveau et de l'intéressant. Mais faiblement. Ce sera une curiosité. 

Il ne faut pas les mêmes capacités pour être Calas ou Beatles. Lorsque l'on est un on ne peut pas devenir l'autre. La technologie musicale sélectionne probablement le musicien ou le compositeur. Le génie est fruit du temps et du hasard ?

jeudi 30 juillet 2015

Dis-moi ce que tu écoutes...

Etes vous une personne d'empathie, ou de "système" (celui qui cherche les règles qui sous-tendent un phénomène) ? Des chercheurs de Cambridge ont trouvé que cela est corrélé à la musique que vous écoutez...
Fortement empathique : 
  • Hallelujah – Jeff Buckley 
  • Come away with me – Norah Jones 
  • All of me – Billie Holliday 
  • Crazy little thing called love – Queen  
Fortement systémique : 
  • Concerto in C – Antonio Vivaldi 
  • Etude Opus 65 No 3 — Alexander Scriabin 
  • God save the Queen – The Sex Pistols 
  • Enter Sandman – Metallica
Choix difficile pour un homme de changement, car le changement est une question d'empathie et de systèmes, alors qu'ici ils semblent en opposition... En tout cas, si je suis capable de tout absorber, je suis plus empathique que systémique... 

dimanche 8 mars 2015

Klezmer

Il y a quelques temps, France Musique avait organisé une journée Klezmer. J'ai découvert le mot Klezmer il y a seulement quelques années. Musique populaire ashkénaze, apparemment. Pourquoi n'en a-t-on pas parlé plus tôt ? 

Une vieille idée m'est revenue : pourquoi une musique de pauvres est-elle, maintenant, jouée par des riches ? Il me semble que les musiques de riches (la musique classique) sont sinistres, alors que celles des pauvres sont pleines de vie. Gens de tête et gens de cœur ?  Mais la tête a besoin d'un peu de chaleur, alors elle l'a prend au pauvre ? Ce faisant, elle refroidit sa musique, comme elle l'a fait avec le jazz ? 

dimanche 23 mars 2014

Ukraine et liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes

Ukraine. L’Ukraine va-t-elle devenir un chaos sous contrôle russe ? Beaucoup de forces centrifuges. Mais volonté populaire d’indépendance. Sanctions contre la Russie ? Ciblées sur quelques oligarques ? Trop d’intérêts en jeu. Ne serait-ce que parce que les ploutocrates de tous les pays font vivre l’Angleterre. D’autant que l’Allemagne, qui dirige l’Europe, a choisi une politique de sanctions incrémentales, qui surtout ne coupe pas les ponts avec la Russie (leçon de 14). En tout cas, il faudrait veiller à rendre l’Europe plus indépendante de l’arme russe : le gaz. En fait, c’est la Syrie qui pourrait faire les frais de l’affaire. Pour ennuyer les Russes, M.Obama aurait été convaincu de se montrer ferme avec M.Assad.

Italie. Course en avant de M.Renzi. Vers où ? En France, Mme Le Pen utilise les élections municipales pour former ses futurs candidats aux législatives. Aux USA, les policiers ont emprunté l’armement et les méthodes des commandos. Effet de la « guerre contre la terreur », et de la mode, encouragé par des conséquences imprévues de la législation, qui permet à la police de se payer sur ses victimes. Les politiciens américains font du « storytelling ». Ils ont découvert qu’une histoire fausse valait mieux que des faits justes. L’Indonésie est en feu. Histoire de faire de la place à la production d’huile de palme.

L’industrie de la musique voit son salut dans le streaming. De même que l’industrie du logiciel voit le sien dans le cloud. Cela transforme la vente en location éternelle. Les équivalents chinois de Google, Facebook, Twitter et autres, viennent lever des fonds aux USA. Peuvent-ils le faire sans perdre l’avantage que leur donne la protection qui est à leur origine ?

Les sièges d’entreprise sont devenus obèses. Résultat de la globalisation, d’Internet et de Sarbanes Oxley. Grandes manœuvres de réduction de frais généraux, et des couches de management. (Va-t-on redécouvrir les vertus du travailleur ?)

Financement de la construction d’infrastructures. Les Etats et les banques ne peuvent plus prêter. Les fonds de pension et les assurances doivent prendre leur place. Ce qui est encore loin d’être le cas. Le prix des actions est artificiel. En cause, la politique de taux bas des banques centrales et ses conséquences. La politique de la FED devient confuse, ce qui n’est pas judicieux. Les « emprunts verts » sont à la mode. La situation économique du Portugal s’améliore. Mais il est exsangue. Manque de compétences, endettement généralisé, banques fragiles…

Mettez un coucou dans votre nid (un parasite, en général ?). Un couple d’oiseaux qui abrite un coucou conserve en moyenne plus de rejetons que celui qui n’en a pas.  

mardi 29 octobre 2013

Critique de France Musique

Quelle interprétation de Vivaldi choisir ? J'écoutais les critiques de France culture débattre du sujet, dimanche soir. Ils semblaient d'accord entre eux. Et ils ont retenu l'interprétation la plus récente. A chaque fois que je les écoute, c'est le cas.

Du coup, je me suis demandé si cela ne venait pas de ce que leurs goûts évoluent avec ceux de la communauté des musiciens professionnels, dont ils semblent très proches.

dimanche 27 octobre 2013

Education par l'échec?

L'autre jour, j'entendais une interview du pianiste russe Daniil Trifonov, par France Musique. Il expliquait qu'à 5 ans, il était venu au piano par la composition. Il parlait de l'enfant qu'il était comme d'un adulte.

Je me suis demandé s'il n'y avait pas là une question culturelle. Sa famille l'a immédiatement considéré comme un génie. C'aurait été inconcevable en France. Nous pensons que l'enfant est un demeuré mental, auquel il faudra des décennies pour devenir responsable. Et encore.

Pas étonnant que nous consommons autant d'antidépresseurs? Nous subissons une éducation par l'échec? Je me suis interrogé.