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dimanche 17 janvier 2021

Drame de la richesse

Une fois de plus, le milieu intellectuel et l’héritage de Mai 68 sont mis au banc des accusés par un livre qui se situe à mi-chemin entre le roman autofictionnel et le document. (...) La presse people s’est aussitôt emparée de l’affaire pour taper sur toutes les figures publiques reconnaissables dans le livre et dénoncer "l’omerta" dont bénéficieraient les anciens soixante-huitards pour se livrer à leurs turpitudes. France Culture

Depuis quelques temps, on parle d'une nouvelle affaire de moeurs dans les cercles du pouvoir, de gauche. La France ressemble étrangement aux USA ? Nous avons nos Weinstein ? Quand on regarde la fiche de celui qui est au centre de l'affaire, on découvre que, dans ces hautes sphères, on se marie entre soi, entre anciens révolutionnaires et grandes fortunes. Qu'ils sont abyssaux les écarts entre le discours et les actes ! 

Mais aussi, il semble que, dans ces milieux, il y ait beaucoup de prédateurs. Et qu'il y règne, effectivement, une forme "d'omerta". Pas étonnant que ces gens voient si facilement la théorie du complot partout ?

Ce qui amène a se demander ce que fut réellement 68. Si le révolutionnaire parlait autant de "domination" est-ce parce qu'il était, lui-même, ivre de domination ? Il ne pouvait supporter aucune contrainte ? Il voulait imposer son bon plaisir ?

(Fait social à la Durkheim ? La société hyper protectrice d'après guerre a créé les conditions d'une sorte de perversion narcissique à grande échelle ?) 

jeudi 27 juin 2019

Sciences Po : qui est discriminé ?

J'entendais dire que le concours de Sciences Po n'aurait plus d'écrit. Dossier et oral. Mesure de "discrimination positive".

Qui discrimine la discrimination positive ? Les compétences que demande l'oral n'ont rien à voir avec celles de l'écrit. A l'époque des Grecs et des Romains, les enfants des meilleures familles étaient formés à diriger les foules de leur verbe
Art du très riche, qui peut acheter la meilleure éducation, et la meilleure préparation ? Surtout, ce qui compte n'est pas l'entrée, mais la sortie de Sciences Po. Les discriminés positivement, qui n'avaient pas le niveau pour entrer, l'auront encore moins pour sortir dans les meilleurs. Et, ils n'auront pas les réseaux familiaux qui permettent aux autres de trouver les emplois prestigieux. La discrimination est un moyen, pour le riche, d'éliminer une concurrence dangereuse, en se donnant bonne conscience ?

(Jadis, il y avait "l'ascenseur scolaire" : le talent scolaire était repéré à la maternelle, ou quasiment. Il n'y avait pas besoin de discrimination positive. C'est ainsi que Gaston Julia, l'inventeur des fractals, qui fut major à polytechnique et à normale sup, était fils de forgeron.)

mardi 19 février 2013

La Grande école est-elle intelligente ?

Apparemment les Anglo-saxons découvrent que ce qu’ils croyaient une élite intellectuelle est en fait stupide. En est-il de même de la nôtre ? Voici un texte issu de Centrale Paris :
Depuis quelques années, l'Ecole s’est engagée dans un processus de transformation majeur, afin de figurer, à l'avenir, parmi les établissements au monde les plus reconnus pour la formation de dirigeants de culture scientifique, et la recherche en sciences de l'ingénieur.
Notre Ecole a ouvert des projets stratégiques de toute première importance ; en effet, dans un contexte de globalisation, nous devons assurer la visibilité de l’Ecole au niveau international, afin de garantir sur la durée la valeur du diplôme de nos élèves. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’alliance avec Supélec, qui, dans le respect de l’identité de nos deux écoles, vise à constituer le premier pôle de formation d’ingénieurs en France par la notoriété et la taille. Le renforcement de notre alliance avec Supélec sera l’une de nos priorités en 2013, et devrait franchir plusieurs étapes décisives.
C’est aussi pour assurer la visibilité internationale de l’Ecole que nous avons pris la décision de construire, sur le plateau de Saclay, un nouveau campus. Celui-ci sera très moderne, et adapté aux modes et technologies d’enseignement de demain. Il nous rapprochera de nos allié Supélec, et se situera au cœur de la future Université de Paris Saclay, appelée à devenir le premier pôle scientifique de France.
Je m’interroge :
  • Et si le campus gigantesque appartenait au passé ? Nous semblons copier l’Amérique. Or, aux USA, le système éducatif supérieur traverse une mauvaise passe, et se remet en cause. De nouveaux modes d’enseignement sont essayés. Et, justement, ils sont « à la carte » (voir fin de ce billet.)
  • Mais où est la vision stratégique ? Quand une entreprise n’a pas d’autre vision que de devenir grosse, c’est la recette du désastre. Je le dis à tous mes clients, et jusque-là, j’ai toujours eu raison. Une entreprise doit être construite sur un projet, à elle. Ne devrait-il pas en être de même pour une université ?
  • Réfléchir au projet de l’entreprise demande de se pencher sur ce que l’universitaire du management appelle une « mission ». Quelle est la mission des grandes écoles ? Leur rôle était de produire des cadres. Ces cadres étaient, en France, des managers pluridisciplinaires (ou polytechniciens). Veut-on maintenant des spécialistes ? Veut-on que nos grandes écoles forment des chercheurs ? Est-ce à un directeur d’école de prendre ce type de décision ou doit-elle faire l’objet d’un débat démocratique. Syndrome Sciences po ?
  • Et la mise en œuvre du changement ? Si Centrale veut devenir MIT, il lui faudra d’énormes moyens financiers. MIT a une dotation de dix milliards de dollars ! La France peut-elle les générer ? Ce qui est presque plus une question culturelle que financière.

lundi 3 décembre 2012

Sciences po infiltré, Mal américain, et indien, et création des espèces


Richard Descoings était en passe de transformer Sciences Po en plaque tournante de l’enseignement international. The Economist regrette que ses successeurs veuillent que l’école retrouve sa mission initiale. Alors, Richard Descoings, mieux que Philby ? Le centre névralgique du modèle français aux mains d'une taupe anglo-saxonne ? De la redoutable efficacité du soft power américain ? Mais, avant de réformer notre école ne serait-il pas judicieux de s'interroger sur le modèle qu'on lui a choisi ? Car  l’Université américaine va mal. Le coût de son enseignement a explosé, sa qualité a baissé, ses élèves, qui pour une part significative sortent sans diplôme, sont surendettés, parfois en faillite (pour plus de 30% d’entre eux, dans le cas de 200 universités). Il va falloir penser au gain de productivité. Cours en ligne, et achat à la carte, un module par ci, un autre par là.

Bataille entre Google, Amazon, Apple et Facebook. Chacun veut entrer sur le terrain de l’autre, et protéger son territoire. En fait, attention au régulateur. Mais toute l’Amérique n’est pas aussi combative. L’inventeur des drones, israélien, juge l’industrie américaine de la défense comme von Braun, en son temps. A savoir, des entreprises incompétentes, parasitées par l’intérêt personnel qui voit l’innovation comme un danger. A ce sujet, l’impression 3D va-t-elle être tuée par la peur de la copie ? Heureusement, les réformes de la santé d’Obama créeraient un appel d’air pour les start ups. (Une politique du durable ne pourrait-elle pas avoir le même effet ? me suis-je demandé.)

La France menace de nationaliser Florange, qui n’est pas rentable. Retour à l’ère Mitterrand ? Plutôt artifice de négociation. En tout cas, les grandes entreprises indiennes, conglomérats gigantesques et hétéroclites, vont mal. En particulier Mittal. Certes, elles ne sont pas poussées par le profit (« notre objectif est la construction d’une nation, l’emploi et l’acquisition de compétences »), mais leur manque de rentabilité ne peut que paralyser leur développement. Elles n’ont donc plus les moyens d’investir en Inde. Ce qui est mauvais pour le  pays.

Le FMI, à contre-emploi, aide le Grec enseveli sous les dettes. La banque d’Angleterre recrute son nouveau directeur dans ses colonies. En Egypte, la situation se tend. D’un côté des islamistes qui se donnent des pouvoirs dictatoriaux, de l’autre une coalition d’opposants bien plus décidés et puissants qu’on ne l’aurait attendu. En Syrie, l’opposition gagne du terrain. « Militairement, il y a eu de grands progrès (…) mais nous appréhendons tous ce qui viendra après ». Mais, qu’ils n’attendent pas de secours de M.Obama. Seule l’Amérique l’intéresse.

Comment recruter un dirigeant ? « Éviter les gens de l’extérieur, si les choses vont bien ». Sinon, le mieux est de recruter un ancien membre de la société qui a réussi ailleurs, ou, à défaut, d’acclimater un extérieur pendant quelques temps avant de lui donner le pouvoir.

Les virus seraient-ils à l’origine des espèces ? Certains d’entre eux s’insèrent dans des parties de l’ADN, négligées par la science jusqu’ici. Elles agiraient sur les caractéristiques de l’individu. 

dimanche 2 décembre 2012

Sciences Po et la formation de nos gouvernants

La France est-elle encore capable de penser ? Il est surprenant que les turpitudes de Sciences Po n’aient pas fait de vagues.

Car Sciences Po forme notre élite gouvernante. Or, quel spectacle leur donne-t-elle ? Un empilage de dettes sans souci du lendemain, un directeur inspecteur des finances, qui bloque tout contrôle démocratique, homosexuel de gauche, marié à une UMP, qui fait entrer en grande fanfare quelques pauvres des banlieues, mais, sans le dire, des wagons de CSP+. (Voir : Une France à l’image de Sciences Po ?, Richard Descoings et le changement à Sciences Po.)

Cynisme et intérêt personnel érigés en fins absolues ? Ne serait-il pas temps que la nation ait son mot à dire sur les valeurs que doivent posséder ceux qui la dirigent ?

samedi 3 novembre 2012

Causes structurelles du déficit français

Un précédent billet disait que les fonds destinés aux SDF ne leur parviennent pas. Dysfonctionnements. Et si la cause de nos déficits était là : une formidable désorganisation ?
Je me suis alors souvenu d’une phrase de Marc Bloch sur la France féodale : « les abus de force des maîtres n’avaient plus guère d’autre contrepoids  (…) que la merveilleuse capacité à l’inertie de la masse rurale et le désordre de leur propre administration ». (BLOCH, Marc, La société féodale, Albin Michel, 1989.) Nos dysfonctionnements nous protègent, depuis le Moyen-âge, des coups de folie totalitaires de nos dirigeants.
France éternelle
Nous sommes dans un pays qui croit aux belles et nobles idées extraordinairement simplistes. Il n’a aucun sens des réalités. Par exemple, il y a peu, un ministre voulait supprimer le plus vieux métier du monde par décret. Et quel est le programme du PS, si l’on écoute son premier secrétaire ?
la limitation du cumul des mandats (la salle est en délire), le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales (longue ovation), le mariage et l'adoption à tous les couples (tonnerre d'applaudissements).
C'est certain qu'avec cela c'est la fin de la crise, et un monde durable.
Quand le dysfonctionnement ne joue plus, c’est la catastrophe. C’est France Télécom et ses 70md de dettes. C’est aussi Sciences Po, plus modestement.
Si les pays du nord sont plus efficaces que nous, c’est parce qu’ils sont démocratiques. Leurs dirigeants doivent défendre, et mettre au point, leurs décisions plus sérieusement que chez nous. L’inefficacité de la France est liée à sa croyance au dirigeant de droit divin.  

vendredi 20 avril 2012

Richard Descoings et le changement à Sciences Po

Je reçois un mail lié à un article traitant des réformes de Sciences Po (Le hussard de Sciences po, actualité Politique : Le Point). Richard Descoings les a menées d’une curieuse façon :
  • Il a paralysé les mécanismes supposés le contrôler. Comment ? En étant ami avec tout ce que la France compte de puissants, des syndicats étudiants au gouvernement Sarkozy. Il avait poussé le raffinement jusqu'à être un homosexuel de gauche marié à une adhérente de l’UMP.
  • Ce qui lui a permis de faire ce qu’il voulait, d’un claquement de doigts.
Richard Descoings était énarque et s’est servi de la technique qu’a utilisée un autre énarque, Michel Bon, lorsqu’il dirigeait FT. Tous les énarques grands patrons semblent faire de même : ils bloquent les systèmes de contrôle, et suivent leur inspiration. Se croiraient-ils des élus, au sens religieux du terme ?

Une idée de réforme pour l’ENA ? Apprendre à ses élèves qu’ils doivent servir la République, non leurs illusions ? 

vendredi 16 octobre 2009

Formation continue

Hier soir, j’étais invité à parler de changement aux étudiants d’un master de Sciences Po, des cadres supérieurs. L’ambiance était très sympathique. Ce type de formation crée des groupes d’entre-aide très utiles par les temps qui courent, ai-je pensé :

Notre problème national est l’isolement de l’individu, qui est pris dans un environnement de travail extrêmement hostile, pour lequel il n’est pas préparé. Appartenir à un tel groupe permet de parler de ses tourments professionnels et de leur trouver des solutions.