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lundi 6 décembre 2021

Fin d'épidémie ?

Lorsque l'on a commencé à parler de la version "petit o" du coronavirus, on a entendu dire qu'elle semblait avoir des caractéristiques qui rendraient inefficaces les vaccins actuels, et qu'elle paraissait relativement bénigne. Elle ne tuerait pas. (Mais, elle a commencé en Afrique, qui a une population beaucoup plus jeune que la nôtre, et donc moins à risque, si le nouveau virus se comporte comme l'ancien.)

Intelligent virus ? Il nous propose une sorte de paix des braves ? On le laisse passer, et il ne nous tue plus ? 

Est-ce pour cette raison que les virus ont une telle part dans notre ADN ? Le virus, agent du changement génétique ? 

Pas très scientifique tout cela, mais c'est une belle histoire. En tout cas, cela a une conséquence pratique. Si c'est le cas, il n'est peut-être pas intelligent de concevoir un vaccin qui l'arrête. Car, qui sait ?, notre petit o pourrait laisser la place à une version pi bien plus méchante. Et si la nature obéissait à la loi du Talion ? 

mercredi 28 octobre 2020

La vie de l'Université de tous les savoirs


Voilà un livre passionnant ! La question du vaccin m'a amené à des relectures concernant la biologie moléculaire. Après un premier ouvrage de 1975, voici ce que l'on disait en l'an 2000, lorsque l'Université de tous les savoirs a organisé 366 conférences traitant des savoirs du XXème siècle. 

Ce qu'il a de fascinant, c'est la complexité de la nature. Lorsque l'on a découvert la structure de l'ADN on a cru avoir trouvé le Graal. Il suffisait de connaître les gènes et leur fonction, pour pouvoir programmer l'homme, et le garantir, quasiment, de toutes les maladies. Ce que l'on nomme "eugénisme". Mais cela ne s'est pas passé comme prévu. 

Voici ce que j'ai noté : 

  • Le contexte joue un rôle considérable sur les gènes et les cellules ! La vie humaine part d'une seule cellule, qui se divise. Pourquoi et comment les cellules se spécialisent-elles ? Apparemment tout dépend de leur position, et de leur environnement. Et, à l'envers, si l'on prend un noyau d'une cellule spécialisée, et qu'on le place dans une cellule qui ne l'est pas, il perd sa spécialisation. C'est comme cela que l'on fait des clones. Tout semble une question de "conditionnement". Les gènes sont "conditionnés" par l'ADN non codant, les cellules sont "conditionnées" par leur environnement, les mécanismes physiologiques ont des fonctions qui dépendent des circonstances, les populations qui se ressemblent physiquement, proches géographiquement, peuvent être très éloignées génétiquement... Un exemple, que j'ai déjà cité, montre ce phénomène dans notre vie : un livre a pour fonction la "lecture", mais, s'il y a du vent et que l'on veut qu'il n'emporte pas des feuilles de papier, le livre devient un presse-papier. 
  • Peut-être pour les mêmes raisons : les clones, des êtres ayant le même équipement génétique, ne se ressemblent pas parfaitement. (De même que l'on peut distinguer des jumeaux l'un de l'autre ?)
  • Il semble aussi que la science ne soit pas sans préjugés. "L'homme préhistorique a une double histoire : la sienne propre et celle de nos représentations." Ainsi, par exemple, l'évolution de l'homme ne serait pas celle que l'on dit. Il aurait pu y avoir diverses hésitations et recombinaisons entre "singes" et "hommes". Qui sait si certains "hominidés" ne sont pas, en fait, les ancêtres de singes ? En tout cas, les nouvelles "espèces" partent de mutations affectant un tout petit nombre d'individus. 
  • "Nous sommes aujourd'hui devant une nouvelle ère qui aura des répercussions sur la vie de chacun aussi importantes qu'il y a 10000 ans, lorsque l'agriculture s'est progressivement répandue sur l'ensemble de la planète." Les espoirs des scientifiques étaient encore immenses en l'an 2000. Le livre est plein de "transgénèse", de "modification à la demande de n'importe quel gène",  "d'ingénierie des animaux domestiques", de "clonage thérapeutique", d'utilisation de virus comme vecteur de changement de gènes humains, et de mécanismes robotisés à haut rendement pour identification des fonctions des molécules organiques... Ajoutez à cela ce qui est dit de l'expérimentation sur l'animal, et la complexité de la nature, qui met rapidement la science devant ses illusions, peut paraître notre meilleure amie. 

vendredi 23 octobre 2020

La recherche en biologie moléculaire

Les questions que m'ont posées les vaccins m'ont amené à sortir de mes armoires un vieux livre de vulgarisation traitant de biologie moléculaire. Il s'agit de dix articles du journal La Recherche, publiés entre 1966 et 1974. Le livre, lui, est sorti en 1975.

Le plus remarquable est l'introduction. Parce qu'elle est critique, et que je ne crois pas que quelqu'un ait aujourd'hui à la fois le talent et le courage d'en écrire une semblable. La biologie moléculaire est une révolution scientifique. Elle commence en 1952 avec la double hélice d'ADN. Les découvertes se succèdent extrêmement rapidement. Comme on l'a cru pour la physique, on pense avoir trouvé le secret de la vie, mais aussi la fondation d'une médecine qui va éliminer quasiment l'intégralité des maux de l'humanité. Un auteur "nous promet pour les années de 1975 à 1985 de gigantesques progrès dans un grand nombre de domaines essentiels depuis la cancérologie jusqu'à la psychanalyse, sans parler des interventions eugéniques".

Toujours plus fort ? MM. Changeux et Blangy concluent sobrement leur article par cette phrase : "il doit un jour être possible de découvrir les bases moléculaires de l'intelligence".

Mais, comme en physique, il a fallu déchanter. Ce que montre aussi ces articles, c'est que la science est, pour beaucoup, une question d'idéologies, d'idées reçues bien peu scientifiques ("les bases moléculaires de l'intelligence"), qui s'entrechoquent et se contredisent, et produisent la confusion : "si ces questions semblent souvent si difficiles et si embrouillées au profane, cela tient en grande partie aux contradictions qui subsistent, voire se développent, au sein même de la communauté des biologistes".

Voilà qui explique peut-être, en ces temps de coronavirus, pourquoi les "autorités scientifiques" que l'on nous présente font si peu autorité.

(Il n'en demeure pas moins que cette recherche, quand elle évite d'être sentencieuse, et se contente de s'émerveiller, est passionnante. Ce que dit aussi l'introduction !)

jeudi 5 avril 2018

Transhumanisme

C'est le GAFA qui serait derrière le transhumanisme. Dommage que l'émission qui débattait d'ouvrages parlant de tranhumanisme ne se soit pas interrogée plus sur les raisons de ce fait.

Car les dirigeants des grandes entreprises américaines se pensent différents de nous. Ils ont des pouvoirs surhumains. C'est faire advenir, éventuellement au péril de nos vies, ce que conçoit leur esprit. C'est cela "le progrès", selon eux. Ayn Rand a écrit, sorte de Marxisme inversé, qu'il y avait des gens qui créent, et des parasites (le reste de l'humanité). L'idée n'est pas neuve. Il y a beaucoup d'histoires qui montrent l'entrepreneur seul face à la masse. Par exemple, affrontant ses ouvriers, les armes à la main, dans les premiers temps de la révolution industrielle. On retrouve aussi cela lors de la guerre du Péloponnèse. Les oligarques, en dépit de leur petit nombre (mais appuyés sur les esclaves et les métèques" - immigrés), prennent souvent le dessus sur la plèbe.

Le noble, lui aussi, se sent autre que le commun. Mais il ne semble pas vouloir l'éliminer. Il vit dans un écosystème et chacun y a sa niche écologique. D'ailleurs l'éducation est une barrière à la concurrence.

Et si le transhumanisme était une conséquence inattendue de l'égalité ?

lundi 29 août 2016

Génération Monsanto

Nous sommes riches parce que nous avons les meilleurs gènes. Ils sont le résultat de la sélection naturelle. Voilà ce que l'on entend chez les riches Anglo-saxons. 

Une émission de France Culture disait le contraire. La société est première. Le gène est son otage. Illustration : la langue que nous parlons. Elle sélectionne ceux avec qui nous nous marions. 

Il semblerait, par ailleurs, que la sélection sociale ne se fasse plus seulement par la reproduction. Il paraîtrait, ainsi, que nos pratiques agricoles (pesticides et autres) seraient fatales au sperme de vingt pour cent des hommes. Leurs gènes n'auront pas de descendance.

mercredi 15 juillet 2015

Changement et peste

"Sans deux mutations mineures la peste n'aurait pas été plus qu'un désagrément gastro-intestinal", dit le Washington Post. Le changement aurait eu lieu il y a 1500 ans. 

Voilà les dangers du changement. Cela est imprévisible, et ça peut être dévastateur. C'est d'ailleurs probablement son principe : une innovation qui trouve une faille dans le vivant. La question qui se pose est : y a-t-il des circonstances qui favorisent ce type de changement ? En particulier d'autres changements ? 

Par ailleurs, j'apprends que la peste serait endémique aux USA. Et que l'on en meurt encore de temps en temps

vendredi 3 avril 2015

Le changement, ou la lutte de l'homme et du coléoptère

Le génome de l'homme évolue vite. Et ce, en partie du fait de la pression sociale ! Par exemple, nous nous sommes adaptés récemment à la consommation du lait. (Et encore, c'est essentiellement le cas de l'Europe du nord.) Mais, surtout, nous sommes programmables par la société. C'est elle qui décide de ce qui est "bien" ou "mal". Que les femmes doivent se faire refaire la poitrine, ou avoir de faux cils. Ou qu'il faut consommer des drogues pour paraître normal. Si bien qu'un de nos grands jeux est de manœuvrer l'inconscient de la société pour qu'elle fasse notre bien. 

Et si le changement était le propre de l'homme ? Mais est-ce une stratégie de développement durable ? Surtout à l'ère de la démocratisation du nucléaireLe colèoptère, lui, ne change pas. Et il résiste à tout. Depuis des dizaines de millions d'années...

Paul McCartney, George Harrison, and John Lennon playing guitars and wearing matching grey suits.
Coléoptères inusables ?

dimanche 29 mars 2015

Enseignement supérieur : la fabrique du crétin ?

Le modèle américain d’enseignement supérieur, et de massification de celui-ci, a gagné le monde, dit The Economist. Mais, aux USA, il  ne fabrique plus de connaissance, mais de la discrimination. C’est le diplôme qui compte. Parce qu’il est l’unique critère d’embauche utilisé par les entreprises. Ce qui provoque un effondrement de la qualité de l’enseignement et une explosion de son coût. Donc une sélection par l’argent d’une élite très peu éclairée. Quant aux autres, l’éducation qu’ils reçoivent n’est plus digne de ce nom. (La fabrique, massifiée, du crétin ?)

Ailleurs dans le monde, l’Arabie Saoudite et l’Iran se livrent une guerre par pauvres interposés. Au fond, ce qui compte, c’est que l’autre ne prenne pas l’avantage. Résultat : au Moyen-orient et en Afrique, c’est le chaos. (Ce qui arrange tout le monde ?) En France, les partis de gouvernement se réjouissent, mais Mme Le Pen a gagné. L’Ukraine est gouvernée par des oligarques. C’est eux son problème. Pour le moment, ils semblent se disputer. (La Russie a été dans la même situation, mais M.Poutine les a remis à leur place.) Mme Merkel dirige l’Europe. Son plan : une apparence de France forte, pour qu’on n’ait pas l’impression que l’Allemagne est sans contre-poids ; et « une Europe unie, gouvernée par des règles fiscales strictes, en paix avec ses voisins. » (Une Europe triste, mais digne ?)  En Angleterre, rien ne va plus ? M.Cameron pourrait être éliminé par son parti, s’il est réélu. Mais, le plus probable est que l’élection de mai produise un gouvernement minoritaire de gauche, incapable de gouverner. Ce n’est pas ce qu’il faut à la fragile économie anglaise. M.Netanyahou doit se battre contre les Palestiniens et M.Obama. Deux ans à attendre. Traités commerciaux des USA avec l’Asie et l’Europe. L’Amérique veut imposer ses normes au monde, surtout à la Chine. Pour le moment l’affaire tournerait à l’avantage de cette dernière. « Présenter (le traité avec l’Asie) comme une façon de contrer la Chine risque d’ajouter une (humiliation) inutile : cela pourrait faire ressembler (la défaite de la diplomatie américaine à) une victoire chinoise. »

L’industrie d’extraction de charbon connaît un mauvais moment. Il pollue (et pas que par le CO2 : mercure, sulfure, oxydes nitriques), et la Chine réduit sa consommation. Seul espoir : l’Inde. Mais elle veut exploiter ses propres ressources. Le vrai danger : que les milieux financiers n’y croient plus, et privent de financements les entreprises du secteur. Wall Street a produit des entreprises zombies qu’une nouvelle génération de fonds cherche à restructurer. Exemple : Kraft « a fait l’objet de 7 fusions ou cessions depuis 1980 ». Du coup l’entreprise a perdu le nord. C’est « le résultat de l’hyper activité des hommes d’affaire de Wall street ».

Monde numérique. La guerre du moment, c’est l’application de messagerie. Il s’agit, par le biais de "plates-formes", de mettre la main sur les flux de données des particuliers et des entreprises. Et d’asservir ses concurrents. Finalement, le capitalisme asiatique s’ouvre aux pratiques occidentales. Ils n'ont pas pu faire autrement. C'est la loi de la globalisation. Transparence et simplification, entrée d’administrateurs étrangers aux familles dirigeantes, et de quelques activistes.

« La capacité de digérer le lait pourrait expliquer comment l’Europe est devenue riche. » Pour permettre au drone d’éviter l’imprévu, on cherche à lui faire imiter les insectes. (Le plus surprenant est qu’on y parviendrait.)

mardi 17 mars 2015

Enfants de l'écosystème

Nous n'héritons pas notre génome uniquement de nos parents. Il contient aussi un héritage de bactéries, de virus et de champignons... Nous sommes engendrés par notre écosystème. 

Ce qui remet peut-être en cause la notion "d'individu", d'espèce, et peut-être même le concept de sélection naturelle tel qu'on l'entend ordinairement. En tout cas celui de "self made man"...

mardi 3 février 2015

Qu'est-ce que l'épigénétique ?

Intéressante introduction à l'épigénétique par Edith Heard (en Français), pour La Vie des Idées. 

L'épigénétique est à la mode. Je soupçonne que si l'on ne s'y est pas intéressé plus tôt, c'est parce qu'une forme de darwinisme social était revenu en force : si je gagne beaucoup d'argent, c'est parce que j'ai des gènes meilleurs que les vôtres. Vous ne méritez pas de vivre et surtout de critiquer l'ordre social. En tout cas, voici ce que dit Edith Heard :
  • Difficile de changer l'ADN. En revanche facile de modifier son expression. C'est comme cela qu'avec un même ADN on peut faire des tas de cellules différentes. 
  • Mais ces expressions doivent être blocables. Sinon un type de cellule pourrait en devenir un autre. 
  • Certes. Mais on a aussi découvert qu'elles étaient reprogrammables. Ainsi la femme vit dangereusement : avoir deux chromosomes X est facteur de risque. (Ce serait lié à leur grande taille : 1000 gènes.) Si bien que, tour à tour, un chromosome est éteint, et l'autre activé. Est actif, au cours du développement de l’embryon : le chromosome de la mère, puis celui du père, puis l'un ou l'autre suivant une formule aléatoire. 
L'épigénétique étudie les mécanismes de programmation de l'expression du génome. 

Application pratique. 
  • Le cancer ne serait pas lié à une mutation génétique, mais plutôt à une activation anormale des gènes. En renversant le phénomène, un espoir de guérison serait permis. (Pour le moment, on ne sait pas si ce renversement est possible.)

samedi 24 janvier 2015

Le virus est notre ami

endogenous retroviruses may help brain cells more intricately regulate their gene expression, thereby allowing them to become more complex (Scientific American)
Le cerveau serait cerveau grâce à l'emploi de virus domestiqués (et même quelque peu réduits en esclavage). 

Cela me semble illustrer une de mes théories. Il n'y a pas de bien et de mal. La guerre, par exemple, n'est que demande de reconnaissance. Une recherche de coopération selon des termes qui "paraissent" justes aux protagonistes. Une sorte de paix des braves.

Ce qui me ramène à une autre vieille idée : la médecine devrait s'orienter vers une sorte de judo. Elle devrait chercher non à détruire ce qui nous attaque, mais à en retourner l'énergie vitale à notre avantage. Plus facile à dire qu'à faire, sûrement. 

dimanche 2 novembre 2014

L'irrésistible soft power de la globalisation

Iran. Khomeini c'est fini. Plus de fièvre révolutionnaire. Pays occidental comme les autres. « La globalisation a le dessus sur le puritanisme, même là. » Idem en Chine, contaminée par le protestantisme (qui aura bientôt plus d'adhérents que la PC) et qui se convertit au droit. Idem en France. Les questions que pose le changement de patrons à la tête de nos entreprises trahissent la « tension entre la globalisation croissante de l’industrie française et le principe centenaire selon lequel l’entreprise doit servir les intérêts nationaux étroits. Les grandes entreprises françaises sont sorties dans le monde en partie pour échapper aux taxes élevées, à la réglementation du travail contraignante et à la faible croissance domestique. » Quant au Brésil, ce sera pour la prochaine fois. Pour celle-ci, l’ennemie de The Economist a gagné. Mais le pays est plus divisé que jamais. Riches et pauvres, d’un côté, et 28 partis politiques de l’autre… Un peu la même chose en Ukraine. Un pays qui a voté à l’Ouest, mais des gouvernants préoccupants. 

A vrai dire, la France est incorrigible. Elle s’est arrangée avec l’Europe pour lui faire accepter son absence de réflormes. Quelques manœuvres habiles leur ont permis un sauvetage de face. En Allemagne, die Linke prend le pouvoir en Thuringe. Le SPD, qui perd beaucoup dans son alliance avec le CDU, pourrait être tenté par une stratégie post Merkel de gauche. L’Europe essaie de donner des leçons d’écologie. Mais qui l’écoute encore ? En Tunisie, les laïcs gagnent. Comme en Egypte, retour à l’avant printemps arabe ? Elections de mi mandat aux USA. Elles expriment, avant tout, le ras le bol d'Obama.

Test bancaire en Europe. Jusque-là, on pensait que c'était la faiblesse des banques qui empêchait la reprise de l'économie. Maintenant, les Etats n'ont plus d'excuses pour ne pas agir. Les USA mettent un terme à la stimulation monétaire de leur économie. C’est dommage, cela avait plus d’avantages que d’inconvénients.

Imitons Hollywood pour qui chaque nouveau film est une nouvelle entreprise. L’entreprise familiale est plus efficace que l’entreprise commune. (Pour de nombreuses raisons, mais aussi parce que la famille a un vrai rôle d’investisseur : elle joue les assureurs de dernier ressort ?, me suis-je demandé.) Seule difficulté : faire fonctionner la famille de manière rationnelle. 

Une fusée américaine privée explose. Peut-être parce que son constructeur utilise des moteurs russes. On essaie, à nouveau, d’employer l’effet de sol dans le transport maritime.

Les cellules souches permettent de créer des organoïdes. Grâce à eux on peut faire des expériences in vitro, et réparer les organes en bonne et due forme. Gène de la violence ? Plutôt combinaison : notre équipement génétique fait que nous vivons plus ou moins bien certaines conditions (drogue, par exemple). 

dimanche 15 décembre 2013

2014 : rien ne va plus ?

En lisant The Economist, je me demandais si 2014 ne pouvait pas voir quelques bouleversements sérieux. Et si l’Inde élisait un homme dangereux ? « Un populiste avec un passé inquiétant et un bon bilan économique. » Le rodéo politique italien se poursuit. Je me demande s’il ne reproduit pas notre troisième République. En tout cas, on semble vouloir s’acheminer, comme chez nous, vers le bipartisme. (Ce qui me semble une idée antidémocratique.) Aux USA, Républicains et Démocrates se sont enfin entendus sur un budget fédéral. Apparemment en jouant sur les mots pour masquer leurs concessions réciproques. Le libéralisme allemand serait en berne, il ne correspond pas à une tradition du pays. Le président turc s’en prend aux forces religieuses modérées. L’Ukraine est toujours aussi incertaine, le peuple (une minorité occidentalisée ?) est dans la rue, mais, pour le reste, cela semble une bataille entre oligarques. Étrange Thaïlande : d’un côté, un parti, représentant le petit peuple, a le pouvoir de gagner les élections, d’un autre, l’opposition a la force de renverser le gouvernement. En Syrie, le démantèlement du stock d’armes chimiques serait un succès, mais la sortie des dites armes dépend de la capacité de M.Assad à dégager des routes, et à gagner des guerres… Finalement, Israël est « désorienté ». « les jeunes Israëliens ont oublié le projet commun des pionniers (…) idem pour les entrepreneurs qui ont fait des fortunes dans les glaces et l’électronique. » Le nouveau dictateur nord coréen fait regretter son père. 

Le peuple chinois ne veut pas des OGM, mais son gouvernement a décidé qu’ils étaient bons pour lui. Résultat de la crise ? Brutalement des négociations de libre échange se dégèlent. Le « Doha round » de l’OMC d’un côté (démarré en 2001), Europe Mercosur de l’autre. Curieusement, les entreprises utiliseraient un prix (coût) du carbone dans leurs calculs d’investissements. Et il serait beaucoup plus élevé que celui des marchés - qui, par ailleurs n'arrivent pas à se mettre en route. (L’entreprise meilleure pour notre santé que la démocratie ? Ou que le marché ?) Tom Enders veut faire d’EADS une entreprise normale, qui ne suit que son intérêt et pas celui des gouvernements qui l’ont financée. Et les dits gouvernements vont le laisser faire. Gaz de schiste et USA, phénomène curieux. Le pays n’est pas capable d’écouler le type de pétrole produit (le marché n’est pas équipé pour l’exploiter), du coup son prix baisse, ce qui menace sa production… Pourquoi les fusions et acquisitions échouent-elles ? Parce qu’elles échappent à la rationalité. Il faut gagner à tout prix.

Science. La nouvelle science de l’épigénétique montre que l’alimentation du père peut avoir une conséquence sur la constitution de l’enfant. Les journaux scientifiques appliquent d’autres critères de sélection que ceux de la qualité de la recherche. Mais, d’une manière générale, l’homme, qu’il soit ordinaire, scientifique ou autre, n’est pas rationnel, il tend à « interpréter les artefacts d’une certaine façon ». Et les requins pourraient savoir ce qu'ils font quand ils attaquent l'homme. 

mercredi 13 février 2013

Epigénétique et conséquences imprévues de la vie en société

Je me demande si l’épigénétique, qui connaît actuellement un printemps, ne vérifie pas une de mes théories.

La plupart des épidémies viennent du rapprochement homme / animal. Plus généralement, la vie en société produit des résultats « contre nature », qui ont des conséquences imprévues. Un des principaux fonds de commerce de la science est de corriger ces effets.

L’épigénétique revit la même histoire. Par exemple, la cigarette produit des effets « épigénétiques » qui se propagent de génération en génération. La science tente maintenant de les inverser. 

lundi 3 décembre 2012

Sciences po infiltré, Mal américain, et indien, et création des espèces


Richard Descoings était en passe de transformer Sciences Po en plaque tournante de l’enseignement international. The Economist regrette que ses successeurs veuillent que l’école retrouve sa mission initiale. Alors, Richard Descoings, mieux que Philby ? Le centre névralgique du modèle français aux mains d'une taupe anglo-saxonne ? De la redoutable efficacité du soft power américain ? Mais, avant de réformer notre école ne serait-il pas judicieux de s'interroger sur le modèle qu'on lui a choisi ? Car  l’Université américaine va mal. Le coût de son enseignement a explosé, sa qualité a baissé, ses élèves, qui pour une part significative sortent sans diplôme, sont surendettés, parfois en faillite (pour plus de 30% d’entre eux, dans le cas de 200 universités). Il va falloir penser au gain de productivité. Cours en ligne, et achat à la carte, un module par ci, un autre par là.

Bataille entre Google, Amazon, Apple et Facebook. Chacun veut entrer sur le terrain de l’autre, et protéger son territoire. En fait, attention au régulateur. Mais toute l’Amérique n’est pas aussi combative. L’inventeur des drones, israélien, juge l’industrie américaine de la défense comme von Braun, en son temps. A savoir, des entreprises incompétentes, parasitées par l’intérêt personnel qui voit l’innovation comme un danger. A ce sujet, l’impression 3D va-t-elle être tuée par la peur de la copie ? Heureusement, les réformes de la santé d’Obama créeraient un appel d’air pour les start ups. (Une politique du durable ne pourrait-elle pas avoir le même effet ? me suis-je demandé.)

La France menace de nationaliser Florange, qui n’est pas rentable. Retour à l’ère Mitterrand ? Plutôt artifice de négociation. En tout cas, les grandes entreprises indiennes, conglomérats gigantesques et hétéroclites, vont mal. En particulier Mittal. Certes, elles ne sont pas poussées par le profit (« notre objectif est la construction d’une nation, l’emploi et l’acquisition de compétences »), mais leur manque de rentabilité ne peut que paralyser leur développement. Elles n’ont donc plus les moyens d’investir en Inde. Ce qui est mauvais pour le  pays.

Le FMI, à contre-emploi, aide le Grec enseveli sous les dettes. La banque d’Angleterre recrute son nouveau directeur dans ses colonies. En Egypte, la situation se tend. D’un côté des islamistes qui se donnent des pouvoirs dictatoriaux, de l’autre une coalition d’opposants bien plus décidés et puissants qu’on ne l’aurait attendu. En Syrie, l’opposition gagne du terrain. « Militairement, il y a eu de grands progrès (…) mais nous appréhendons tous ce qui viendra après ». Mais, qu’ils n’attendent pas de secours de M.Obama. Seule l’Amérique l’intéresse.

Comment recruter un dirigeant ? « Éviter les gens de l’extérieur, si les choses vont bien ». Sinon, le mieux est de recruter un ancien membre de la société qui a réussi ailleurs, ou, à défaut, d’acclimater un extérieur pendant quelques temps avant de lui donner le pouvoir.

Les virus seraient-ils à l’origine des espèces ? Certains d’entre eux s’insèrent dans des parties de l’ADN, négligées par la science jusqu’ici. Elles agiraient sur les caractéristiques de l’individu. 

mardi 6 novembre 2012

The Economist vote Obama, pour le reste rien ne change

The Economist vote Obama. « M.Romney a un projet économique qui ne marche que si vous ne croyez pas à ce qu’il dit (…) Et, en dépit de tous ses défauts, M.Obama a tiré l’économie américaine du précipice, et a fait du bon travail en politique étrangère. »  L’ouragan Sandy aussi : il rappelle à l’Américain que, dans les moments difficiles, l’Etat est utile. De même que les drones. Ils donnent l’image d’un président martial, dont les robots liquident les terroristes apparents, sans demander d’autorisation à qui que ce soit.
En Europe, l’Etat est à nouveau interventionniste. Et l’Allemagne, pour une fois, suit l’exemple de la France. (Investisseur toujours aussi avisé : 150m de la BPI, supposée financer le Mittlestand français, vont renflouer l’armateur CMA CGM.)
Depuis que la Birmanie a basculé dans la démocratie, elle opprime ses minorités. Lien de cause à effet ? (Situation une nouvelle fois héritée du diviser pour régner de la Grande Bretagne coloniale ?)

Les compagnies pétrolières occidentales quittent l’Iraq, trop instable et mal équipé. Elles s’installent au Kurdistan, qui aimerait installer des pipelines en Turquie, qui serait heureuse d’ennuyer son ennemi iraquien, mais qui s’inquiète de sa minorité kurde. En Iraq, la Chine remplace l’Occident.

Le capital grossit, les salaires régressent. Partout dans le monde. Les entreprises réduisent leurs coûts, et n’investissent pas. Réflexes conditionnés ? Elles tendent aussi à grossir au-delà du raisonnable. Pourquoi ? Parce que ça flatte l’amour propre du dirigeant ; parce qu’il surestime les bénéfices d’une acquisition ; mais aussi parce qu’il est rentable d’être un monopole ; et que l’Etat accorde une garantie implicite aux grandes entreprises (comme l’a fait récemment l’Etat français avec la banque de PSA).

Science. Le lac de Genève est propice aux tsunamis (provoqués par des effondrements de sédiments) ; la nouvelle science de l’épigénétique laisse penser qu’une femme peut hériter des poumons en mauvais état d’une grand-mère fumeuse ; éternelle lutte de l’homme contre la nature, les poissons d’élevage sont victimes de nouvelles épidémies, que l’on cherche à éviter en repérant les génomes qui semblent y résister ; dans le même genre, on serait en passe d’inventer la médecine bactérienne, elle crée des bactéries artificielles qui soignent l’écosystème bactérien qu’est l’homme.  

mercredi 19 septembre 2012

Fascinante histoire du génome

ADN de wikipedia
Certaines séquences de notre génome seraient communes à tout (animé ou non) ce qui a un génome, et seraient apparues il y a 3 milliards d’années ! L’histoire du génome révèle l'histoire fascinante de la vie. Notre forme de vie complexe serait due à :
  • Sa capacité à générer de l’énergie. C’est le travail des mitochondries, résultat de la combinaison fortuite de deux espèces de cellules ennemies.
  • Une forme d’innovation permanente permise par le fait que ces êtres complexes mais peu nombreux abritent leurs constituants (notamment leur génome) d’une sélection naturelle immédiate.
  • Un moteur à innovation : l’attaque de « parasites ». Du fait de l’absence de sélection naturelle au niveau élémentaire de la vie, le génome est contaminé par une quantité de « cochonneries » (virus, etc.). Ne pouvant les éliminer naturellement, il doit trouver des processus originaux pour ne pas en crever (par exemple la reproduction sexuée), ou pour composer avec eux (c’est à eux que l’on devrait notre système immunitaire).

Si l’on généralise ces idées à notre société, on en arrive à des résultats surprenants. 
  • 1) Nous ne sommes pas issus de la sélection naturelle, mais d’une forme d’innovation « sociale », qui laisse une chance aux mal fichus ; 2) le processus qui permet à la vie de se complexifier est une dialectique agression / coopération, prise en charge par le niveau le plus haut de la vie (probablement la société, pour l’homme) ; 3) la capacité à produire de l’énergie de manière autonome serait un élément fondamental du dispositif.
  • Déroute des idées libérales. Alors qu’elles estiment que le marché et sa sélection naturelle stimulent l’innovation, la généralisation de ce qui précède laisse penser, au contraire, que c’est parce que l’entreprise protège ses constituants du marché, avec toute l’irrationalité que cela sous-entend, qu’elle peut être innovante ! Cette théorie semble aller dans le sens de Schumpeter (destruction créatrice) : les mécanismes de sélection, qui façonnent l’entreprise ou l’organisme, ne résultent pas d’une concurrence frontale, mais de phénomènes affectant l’ensemble de la société. 

mardi 11 septembre 2012

The Economist de la semaine

Asia’s next revolution

The Economist de cette semaine annonce que l’Asie réinvente l’Etat providence. Il lui donne des conseils pour éviter les erreurs occidentales.
Notre système est-il intrinsèquement vicié ? Je n’en suis pas sûr. Comme toute organisation humaine, il a été efficace un temps, et a besoin, périodiquement, d’être reconçu.
En ce qui concerne l’intérêt de l’Asie pour l’Etat providence, il me paraît donner raison à une théorie de ce blog, à savoir qu’à une phase libérale va succéder une phase plus solidaire. La concurrence entre mains d’œuvre devrait décroître, ainsi que les inégalités, la pauvreté, la natalité et la course en avant productive. C’est du moins mon intuition.

Ce journal pense aussi (depuis quelques temps) que les dirigeants de la zone euro sous-estiment les risques que court la dite zone. Sa situation économique empire, son système bancaire est fragile, et le moindre pépin pourrait se transformer en cyclone. Solution ? Une fédération.
Facile à dire… Vue la complexité du changement nécessaire, je doute, qu’il puisse se faire sans l’impulsion d’une sérieuse crise. (Note postérieure. Contrairement à ce que je pensais, les gouvernements européens auraient démarré un travail sérieux pour aboutir à une fédération, tout le monde serait prêt à faire des concessions - à commencer par la France.)
D’ailleurs, il semblerait que cette fédération émerge progressivement : un système d’encadrement des banques européennes est annoncé. Il a pour objet d’éviter aux Etats de renflouer celles qui défaillent. En échange de quoi ils perdent le contrôle d’une partie de leur économie nationale…

Parmi les autres sujets que j’ai vu passer : François Hollande est impénétrable, y compris par ses proches ; Israël se serait mis d’accord avec B.Obama, pour ne pas bombarder l’Iran en période d’élection ; l'Inde affronte les laboratoires pharmaceutiques ; les banques centrales se demandent pourquoi la politique monétaire est sans effet sur la crise (faut-il agir directement sur l’économie ? comme un Etat dirigiste ?) ; et les dernières recherches sur l’ADN, qui révèlent une réalité bien plus complexe que celle que l’on soupçonnait, et où l’on parle de la dernière idée à la mode : reprogrammer nos cellules… 

vendredi 27 avril 2012

Le piège de la causalité

Je n’arrête pas de lire des articles qui me disent que l’homme est piloté par ses gènes, ou que le comportement (par exemple rationnel) de l’individu doit être généralisé pour connaître celui des populations.

Ceci me semble idiot. Imaginez que vous êtes un navigateur solitaire et que vous tombiez de votre bateau. La cause de votre chute n’a aucun intérêt pour vous. Maintenant vous devez nager.

Il en est de même de la vie. Les causes ont des conséquences sans rapport avec elles. Par contre, ces conséquences ne sont pas aléatoires et correspondent à un petit nombre de situations types. Comme se retrouver à l’eau lorsque l’on est navigateur.

Ces situations ont leurs gestes de survie. Le rôle de la science est de les trouver. 

mercredi 7 décembre 2011

Épigénétique

Un schéma  (Epigenetics Explained [Animation]: Scientific American) explique comment certaines caractéristiques acquises par une personne peuvent être transmises à ses descendants.

L’ADN est associé à des marques épigénétiques « qui peuvent être ajoutées ou retirées en réponse à l’influence de l’environnement ou de l’expérience ». Ces marques peuvent enlever à un gène la capacité de s’exprimer (ou la lui rendre).