lundi 16 septembre 2013
FED et Summers
Mais la morale est mauvaise conseillère. Peut-être a-t-il appris de ses erreurs ? Eh puis, comme le montre l'exemple du nettoyage opéré par les Vikings en Normandie, il n'y a jamais mieux qu'un criminel pour vous débarrasser des criminels.
dimanche 17 avril 2011
Pragmatisme américain et rigueur intellectuelle française
dimanche 10 avril 2011
Désarmant Larry Summers
vendredi 14 janvier 2011
Irrationalité des marchés
mardi 14 décembre 2010
Larry Summers
lundi 25 janvier 2010
Obama réforme la banque
À la suite de sa perte de « super majorité », B.Obama a annoncé une réforme des banques. Il y aurait deux mesures :
- Faire payer les banques pour les frais de leur sauvetage. Ce qui rapporterait 117md$ sur 12 ans.
- Séparer les activités « sociales » des banques (activité de crédit nécessaires à l’économie) des autres, et interdire certaines de ces dernières (opérations de bourse pour leur propre compte, hedge funds, capital investissement).
Difficile de savoir quelles en seront les conséquences, d’autant plus que la compétence clé des banquiers est de contourner les règles, et que le traitement que le congrès fait subir aux lois semble plus motivé par l’intérêt de ses membres que par celui de la nation.
Cependant ces mesures paraissent aller dans le bon sens : le facteur principal de risque serait la complexité des établissements financiers, qui les rend incompréhensibles donc incontrôlables ; les simplifier diminuerait la menace qu’ils représentent. En fait, ce serait un retour à la législation post 29 dite Glass Steagall.
Jusque-là le gouvernement américain ne voulait pas s’y résoudre. D’ailleurs Larry Summers et Tim Geithner, conseiller du président et ministre des finances, mais aussi promoteur de la révocation de Glass Steagall et ancien lobbyiste de Goldman Sachs, n’approuveraient pas le projet de réforme. Autre signe positif ?
Compléments :
- État des réflexions sur la réglementation des banques : Basel 3
- What did Geithner say?, Geithnerdaemmerung?, Secretary Geithner Needs To Get With The Program.
- Sur la simplification des banques: Crise : les économistes en accusation.
- L’orientation précédente de la politique américaine : Obama cache la forêt ? Chronique d’une crise annoncée, La créature du dr Geithner, et sur le passé de M. Summers : De la difficulté de prévoir l’avenir.
mercredi 11 novembre 2009
L’Est après le mur
L'Europe de l'Est, vingt ans après, par Jacques Rupnik :
- L’Europe centrale a « trouvé son ancrage dans l’Union Européenne », mais sa vie politique s’est vite essoufflée. Les dissidents, champions de la démocratie, ont été éliminés par les ex communistes qui disposaient d’appareils politiques mieux organisés (et du soutien d’une population pas si inadaptée qu’on le pensait au communisme ?). « Les réseaux hérités du passé sont corrompus et basés sur le contournement de la loi et des institutions. Ils sapent la confiance dans l’État de droit et sont un ingrédient majeur du désenchantement démocratique à l’arrière plan des commémorations de 1989. »
- Les Balkans, « sous protectorat », ne peuvent construire de démocratie faute de limites nationales claires. « Des nationalistes devenus « eurocompatibles » » seraient le seul espoir de stabilité.
- La périphérie de l’URSS, en révolte contre un « mélange de régime autoritaire et de capitalisme mafieux », est malmenée par une Russie « en transition vers l’autocratie ».
Les pays de l’est sont « désenchantés », en un temps record, ils ont épuisé leurs illusions : démocratie, économie de marché libérale, Europe.
En Europe, comme à la roulette, rien ne va plus…
Compléments :
- Dans le fil du billet précédent, un témoignage des naïves illusions américaines, qui ont guidé le monde dans les dernières décennies, réformé les pays de l’est, et dont M.Sarkozy ne semble pas avoir fait le deuil. Larry Summers, actuel conseiller de M.Obama, déclarait alors :
Répandez cette vérité : les lois de l’économie sont comme celles de l’ingénierie. Un même type de lois marche partout.
lundi 27 avril 2009
Les certitudes du gouvernement Obama
Lawrence Summers est un grand homme. Conseiller économique le plus influent de Barak Obama, c’est le dernier ministre des finances de Bill Clinton (il a aussi travaillé dans l’administration Reagan). Il a été un des plus jeunes professeurs de Harvard, qu’il a dirigé, il est le neveu de deux prix Nobel d’économie. Lui-même a reçu tous les prix qui annoncent l’arrivée du prix Nobel. Larry Summers’ New Model résume les idées qu’il développe lors d’une conférence faite à des collègues économistes (j’ai extrait 2 de ses 5 points) :
1 - All crises must end. The “self-equilibrating” nature of the economy will ultimately prevail, although that may take massive one-off government actions. Such a crisis happens only ”three or four times” per century, so taking on huge amounts of government debt is fine; implicitly, we will grow out of that debt burden.
2 - We will get out of the crisis by encouraging exactly the kind of behaviors that “previously we wanted to discourage” two years ago. It is “this insight, this view” particularly with regard to leverage (overborrowing, to you and me) that “undergirds the policy program in the United States.”
Menace au changement : certitude
Intéressant ! Non seulement on entrevoit ici les « hypothèses fondamentales » qui guident le gouvernement américain, mais, aussi, voilà l’exemple typique de ce qui fait s’effondrer le changement : une pensée qui est incapable d’envisager son propre changement, de se remettre en question, qui est tellement sûre d’elle-même qu’elle pense commander à la nature.
Qu’est-ce qui nous dit que « toutes les crises doivent finir », que la « nature de l’économie » est d’être « auto adaptable » ? Que l’Amérique peut empiler des dettes démesurées qui seront effacées par une croissance inévitable ? Qu’est-ce qui a remis l’économie mondiale en place, lors de la crise de 29 : la nature de l’économie, ou une guerre et un interventionnisme forcené de tous les états mondiaux ?
La politique américaine est guidée par la foi. Pas tant une foi en l’économie, qu’en une confiance aveugle en son intelligence. Retour à la croyance néoconservatrice de l’ère Bush : il existe un bien et l’homme supérieur le connaît.
L'homme commande rarement aux éléments
The Economist (glimmer of hope?), lui, doute que l’économie mondiale reparte, autrement qu’en titubant. Il y a beaucoup de raisons pour cela :
- L’Amérique est extrêmement fragile : « un chômage élevé et une augmentation des faillites de banques pourraient facilement causer une nouvelle vicieuse dégringolade. »
- Et la demande mondiale ne va pas renaître : les banques européennes sont à la veille de révéler leurs pertes (1100md$), le Japon est surendetté et n’a plus de latitude pour stimuler son économie, et le chômage va faire de tels dégâts qu’il va empêcher la reprise de la consommation interne.
En fait, la crise pourrait causer l'impensable (pour Larry Summers) : attaquer le muscle de l’économie, sa capacité à produire : « Un chômage continu, des années de sous-investissement et de dettes publiques excessives (…) vont ébranler le potentiel sous-jacent de l’économie ».
Bienvenu dans une ère d’espérances réduites et de dangers permanents ; un monde où les responsables politiques doivent naviguer sous la menace imminente de la déflation tout en contrant les (raisonnables) peurs des investisseurs que des dettes publiques croissantes et un relâchement monétaire massif puissent finalement conduire à une forte inflation ; un monde inconnu où les emprunts du gouvernement atteignent un niveau jamais vu depuis la seconde guerre mondiale
Compléments :
- Début des tentatives de décodage de ce qui guide le gouvernement américain : Changement en Amérique (suite), Chronique d’une crise annoncée (dernier paragraphe).
mercredi 8 avril 2009
Obama cache la forêt ?
Article de Dominique Moïsi, professeur à Harvard, dans le Financial Times :
Il fait un inattendu parallèle entre la situation actuelle des USA et celle de la France de 1789. Des banquiers en nobles hyper privilégiés, un roi populaire mais des ministres discrédités, parce qu’ils sont des purs produits de l’ancien régime, des fauteurs de crise, de grands amis des financiers, aveugles aux souffrances du peuple…
Et c’est peut-être le plus surprenant pour un Français. L’énorme popularité d’Obama, soigneusement entretenue mais malsaine (« le président des USA simplement parle trop »), cacherait la dangereuse inefficacité d’une administration à laquelle son mépris pour le sort de la population pourrait jouer de mauvais tours (« la combinaison actuelle de peur et d’humiliation et d’un sens profond d’injustice produit une colère qui est potentiellement irrépressible »).
Compléments :
- Style d’Obama (3), Style d’Obama (2), Style d’Obama.
- Des débuts difficiles : Que penser d’Obama ?
- Sur Larry Summers, conseiller du président des USA, qui semble avoir été fort mouillé dans la déréglementation de l’économie américaine (souvent considérée comme la cause de notre crise) lorsqu’il était ministre des finances de Bill Clinton : De la difficulté de prévoir l’avenir.
mercredi 25 mars 2009
De la difficulté de prévoir l’avenir
Flashback: Dorgan vs Summers on Bank Regulation : 2 déclarations lors de la promulgation, en 1999, de la réforme de la réglementation du système bancaire américain, généralement accusée d’avoir créé notre crise.
Lawrence Summers, actuel conseiller de Barak Obama, déclare que démanteler les mesures qui gouvernaient le système financier depuis la grande dépression est ce qu’il faut à l’Amérique du 21ème siècle. Un sénateur lui répond que, dans dix ans, on sera revenu à la situation de 1930. a posteriori ça semblait bien vu.
Serait-il plus efficace de faire confiance à la sagesse des anciens qu’aux idées des économistes ? (L.Summers est un économiste particulièrement distingué.)