mardi 12 novembre 2019
Europe à deux vitesses
Ce que l'on dit de l'Europe de l'Est c'est, à la fois, qu'elle absorbe les fonds de l'Ouest, et qu'elle est anti-démocratique.
En fait, il semble que ce qui s'est passé en Allemagne de l'Est, se soit passé, en pire, en Europe de l'Est. D'ailleurs, le pire absolu est peut-être hors Europe : c'est la Russie.
L'Est a été victime d'une tentative d'annexion des forces économiques de l'Ouest. Cela s'est très mal passé en Russie, un peu mieux en Europe de l'Est. Mais tout de même suffisamment mal pour que ses pays désirent reprendre leur sort en main, et affirmer une identité qui ne se limite pas à la seule absence de lois du marché.
mardi 6 mai 2014
Changement en Europe de l'Est
Je me suis demandé si beaucoup de problèmes ne venaient pas de là. Les pays de l'Est ont adopté un capitalisme débridé qui n'est pas celui de l'UE. S'ils avaient été intégrés à la culture de l'UE, ils se comporteraient peut-être avec un peu plus de mesure.
Ce qu'il ressortait aussi de l'entretien était que la Russie était en grand danger. Et si elle se repliait sur elle-même ? Et si, privée de sang et d'alliés, elle était absorbée par la Chine ? Et si son intérêt était de refuser la tentation de l'autarcie ?
mercredi 22 décembre 2010
Soviétisation de l’Europe de l’est
lundi 6 septembre 2010
Malheurs des Roms
lundi 22 mars 2010
Espoir à l’Est ?
- Les États les plus touchés ont procédé à des plans de rigueur redoutables. Mais le peuple n’a pas bronché, pas plus que les fragiles coalitions gouvernementales.
- Le FMI et la BCE, notamment, sont venus au secours des banques européennes, afin d’éviter leur désertion.
Grâce à la chance, à un sain jugement, et à une aide amicale, l’Europe de l’Est a conjuré le désastre.
mardi 1 décembre 2009
1410
Quoi de neuf depuis la dernière centaine ?
- J’ai réalisé, en lisant les travaux de deux chercheurs, que mettre en œuvre des lois de solidarité sociale était une question de volonté. Si quelques états puissants le désirent ils peuvent imposer au monde de telles lois. Le plus curieux est que les lois sociales sont favorables à l’économie. À l’inverse ceci signifie que les dernières décennies ont vu le mouvement inverse, tout aussi délibéré.
- Une idée m’a traversé la tête en écrivant Séduisante Albion : et si l’Angleterre n’était pas qu’individualisme, laissez-faire, matérialisme et économie mais aussi volonté de puissance internationale, désir de jouer dans les affaires du monde ? Et si ce talent diplomatique pouvait être le moyen de l’intéresser à l’UE ? Et si l’UE avait à gagner à utiliser ce talent ?
- Les vingt ans du mur de Berlin m’ont poussé à m’interroger sur ce qu’était devenu l’Est. Ces questions ont fini par déboucher sur un billet étrangement optimiste (Résoudre la question russe).
- Autre billet optimiste à contre courant : le dernier d’une série sur B.Obama.
- Peut-être qu’un excès de nouvelles pessimistes me force à en prendre le contre-pied ? En tout cas, troisième série qui se termine (provisoirement) bien, celle qui s’interroge sur le choix des dirigeants de l’Europe : Choix idéal pour la tête de l’UE ?
- À la suite de ma réflexion sur le lean manufacturing, j’ai découvert « The Bottom of the pyramid », une méthode pour concevoir les meilleurs produits pour les classes les plus pauvres. Une attitude au monde qui pourrait éliminer la pauvreté du capitalisme ?
- La réflexion de JS.Mill sur le « gouvernement représentatif » me semble, cent cinquante ans après son écriture, étonnamment en avance sur notre temps.
- Les réformes ratées du président Sarkozy illustrent remarquablement clairement à la fois pourquoi les changements tendent à échouer, et pourquoi c’est en particulier le cas des réformes de nos gouvernements successifs. Déprimant mais instructif.
mercredi 11 novembre 2009
L’Est après le mur
L'Europe de l'Est, vingt ans après, par Jacques Rupnik :
- L’Europe centrale a « trouvé son ancrage dans l’Union Européenne », mais sa vie politique s’est vite essoufflée. Les dissidents, champions de la démocratie, ont été éliminés par les ex communistes qui disposaient d’appareils politiques mieux organisés (et du soutien d’une population pas si inadaptée qu’on le pensait au communisme ?). « Les réseaux hérités du passé sont corrompus et basés sur le contournement de la loi et des institutions. Ils sapent la confiance dans l’État de droit et sont un ingrédient majeur du désenchantement démocratique à l’arrière plan des commémorations de 1989. »
- Les Balkans, « sous protectorat », ne peuvent construire de démocratie faute de limites nationales claires. « Des nationalistes devenus « eurocompatibles » » seraient le seul espoir de stabilité.
- La périphérie de l’URSS, en révolte contre un « mélange de régime autoritaire et de capitalisme mafieux », est malmenée par une Russie « en transition vers l’autocratie ».
Les pays de l’est sont « désenchantés », en un temps record, ils ont épuisé leurs illusions : démocratie, économie de marché libérale, Europe.
En Europe, comme à la roulette, rien ne va plus…
Compléments :
- Dans le fil du billet précédent, un témoignage des naïves illusions américaines, qui ont guidé le monde dans les dernières décennies, réformé les pays de l’est, et dont M.Sarkozy ne semble pas avoir fait le deuil. Larry Summers, actuel conseiller de M.Obama, déclarait alors :
Répandez cette vérité : les lois de l’économie sont comme celles de l’ingénierie. Un même type de lois marche partout.
jeudi 17 septembre 2009
Bouclier antimissiles et autarcie américaine
Selon la radio, B.Obama renonce au « bouclier antimissile » de M.Bush. Le bouclier inquiétait les Russes, B.Obama aurait obtenu une concession en échange de son oubli (une attitude moins amicale de la Russie vis-à-vis de l’Iran ?).
L’Europe de l’Est est inquiète, et se sent trahie (End of an affair?). Et je me demande si B.Obama n’organise pas un repli de l’Amérique vers son territoire, et l’abandon corrélatif de ses amis. Les commentateurs des dernières élections japonaises ne disaient-ils pas que les Japonais doutaient du soutien militaire américain, ce qui les jetait dans les bras de la Chine ? Lors de son passage en Europe B.Obama ne nous a-t-il pas reproché de ne pas prendre en main notre défense ?
Voici un scénario pour dirigeant européen : que signifierait un retrait américain ? Que faire dans ces conditions ?
Compléments :
- Washington renonce au bouclier antimissiles.
- Réponse possible à ma dernière question : pour éviter quelque explosion imprévue, il serait une bonne idée que les forces américaines soient remplacées par des forces équivalentes. (Voir Louis XVI en leader du changement.)
- Obama et l’Europe.
- Un article en complément ultérieur au billet.
vendredi 3 avril 2009
Sommet du G20
Parmi les sujets évoqués durant sa préparation :
- Régulation mondiale. On en parle beaucoup mais y a-t-il eu des décisions concrètes (« dans les circonstances actuelles il serait inapproprié de les promulguer avant que le rétablissement ne soit solide ») ?
- Plan de relance mondial. Ceux qui le voulaient (USA, Angleterre) n’en avaient pas les moyens, et ceux qui le pouvaient (Allemagne), avaient peur d’un départ d’inflation. Ces derniers ont gagné.
- Protectionnisme. Outre des déclarations de bonnes intentions, il y aurait eu accord pour un mécanisme de financement du crédit client (« la plus grande menace au commerce n’est pas le protectionnisme explicite, mais le protectionnisme financier – l’assèchement du crédit client qui finance jusqu’à 90% du commerce mondial »).
- Endettement de l'Europe de l'est. Important financement pour les pays en développement. Donc en partie pour les pays de l’est, dont la demande, une fois remise en état, pourrait tirer l’économie mondiale. (Et les pays pauvres ?)
Il semble qu’il y ait eu volonté d’unanimité, et que, de ce fait, les plus décidés aient fait passer leurs idées, du moins dans le communiqué final. Mais croyait-on fermement à ce qui a été abandonné ?
Processus efficace (les problèmes ont été identifiés, des solutions leur ont été apportées après débat - exemple d'ordinateur social ?), ou déficit d’idées ?
Compléments :
- Les citations viennent de : The outcome of the London Summit: A view from the Cabinet Office
- L’avis de The Economist : au moins on a évité les erreurs du catastrophique sommet de Londres de 1933.
samedi 21 mars 2009
L’Europe ferme
L'addition, pour l'Union, risque de s'avérer salée, puisqu'il n'est pas question de ne pas se montrer solidaire de la « nouvelle Europe ». Déjà, l'Union (par l'intermédiaire de la Banque centrale européenne et de la Commission) a volé au secours de la Hongrie et de la Lettonie et il n'est pas exclu qu'elle doive venir en aide aux autres pays baltes et à la Roumanie. Le fonds de stabilisation est déjà passé de 15 à 25 milliards d'euros et le couple franco-allemand veut une nouvelle fois l'augmenter.C'est en quelque sorte la facture cachée de l'élargissement que les pays d'Europe de l'Ouest se voient présenter aujourd'hui. Cette perspective de devoir passer à la caisse a douché l'enthousiasme des États les plus favorables à de nouvelles adhésions.
- Sur l’histoire de l’UE : L’Europe est-elle une communauté ?
- Du nouveau sur l’Est ?
mardi 10 mars 2009
Du nouveau sur l’Est ?
Suite d’enquête (The whiff of contagion, The bill that could break up Europe) sur l’Europe de l’Est.
Ses citoyens, ses entreprises et ses nations auraient voulu rattraper l’Occident en marche forcée. Non seulement en s’endettant, mais surtout en s’endettant – à 90% en 2008 - en monnaie de l’Ouest (auprès de banques italiennes et autrichiennes), qui avaient l’avantage de taux faibles. La convergence vers l’Euro étant certaine, cela semblait judicieux. Ça l’est moins aujourd’hui : les monnaies de ces pays étant dévaluées, les emprunts vont être difficiles à rembourser.
Même les entreprises russes devraient 100md$ à l'Ouest.
D’après ce que je comprends, le libéralisme y a eu un grand prestige. On y rêvait d’Amérique et pas d’une Europe évidemment ringarde (Allemagne et France).
Aujourd’hui, c’est à la dite Europe ringarde que l’on demande de l’aide. L’Amérique est indifférente. L’Allemagne commence à être sérieusement lasse (Europe's reluctant paymaster) d’avoir à réparer les effets de l’inconscience collective. L’argument qu’on lui sert est toujours le même : certes elle n’y est pour rien, mais si elle ne fait rien, elle va disparaître avec les coupables.
Début d’enquête : Europe de l’est : bombe à retardement ?
dimanche 1 mars 2009
Europe de l’est : bombe à retardement ?
Parmi les surprises de la crise, voici l’Europe de l’est. Les derniers entrés dans l’UE semblent en mauvaise forme, ce qui ne peut pas nous laisser indifférents.
Je dois avouer que je n’ai pas très bien compris la nature de la question. Ce qui semble émerger :
- Les banques de l’Europe de l’Ouest seraient quasiment propriétaires du secteur bancaire local. Elles seraient exposées à hauteur de 600md€. Elles auraient été prises d’une crise de folie en 2007, qui les aurait amenées à prêter beaucoup plus que ne le permettait le niveau des dépôts. Mais le problème ne serait que marginalement local. Forcées par la crise et les mesures qu’elle entraîne d’augmenter le taux de garantie de leurs prêts – une solution étant de réduire leurs encours -, elles sont tentées d’abandonner leurs filiales et leurs engagements orientaux. Ce qui, bien entendu, pourrait dévaster les dits pays. (Le problème serait le même pour le tissu productif, possédé en grande partie par l’Occident.)
- Par ailleurs les pays auraient de très lourds déséquilibres entre imports et exports.
Pour éviter une crise « systémique » (prises individuellement, les banques ont intérêt à se désengager, ce qui, globalement, signifie le désastre), What EU leaders must do to avoid banking crisis in Eastern Europe (dont je tire ces informations), suggère de créer un fonds de solidarité européen (500 à 700m€). Il fournirait des crédits à ceux qui en ont besoin. Il pourrait être garanti par l’Ouest. Mais pas alimenté par ses états : la demande internationale pour ce type d’emprunts d’état est forte (Les gouvernements doivent rendre l’avenir prévisible).
Il y a peut-être là une nouvelle démonstration de l’efficacité admirable du laisser-faire et des marchés : un peu d’inattention, et, en deux temps trois mouvements, ils vous transforment la planète en un champ de ruines.
Compléments :
- Je me demande si ceci ne signifie pas que l'Est est presque entièrement entre les mains de l'Ouest. Nouvel exemple de : À vendre, pays pauvre ?