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jeudi 7 juillet 2022

Jaws

Jaws, c'est "les dents de la mer". Un feuilleton de BBC4 à partir du texte original. 

Le chef de la police d'une l'île, lieu de villégiature à la haute société de l'Est, doit affronter un monstre. Eternel thème puritain de la lutte du bien contre le mal ? 

Le "bon", c'est le policier. Un policier élu, comme il est d'usage aux USA. C'est le héros américain de beaucoup de films. Humilité, sens du devoir, courage. Il ne lutte pas uniquement contre le monstre ("the fish"), mais surtout, contre les puissances de l'argent, qui le menacent de le licencier s'il ferme la plage, et, contre les Bobo de l'Est qui préfèrent la nature à l'homme, et qui méprisent ce plouc. 

Aujourd'hui ce même homme serait qualifié de "déplorable" par Mme Clinton, et voterait, probablement, Trump. Ce que révèle Jaws est que la façon de raconter les histoires change. 

dimanche 11 avril 2021

Du néo libéralisme au néo rooseveltisme ?

Depuis la première présidence Clinton, un consensus s’était formé sur l’intérêt à long terme de mener une politique budgétaire prudente, de conserver l’essentiel de la dérèglementation économique des mandats Reagan et de préserver le multilatéralisme commercial (...) la crise du Covid et l’exacerbation des inégalités qu’elle a mises au grand jour auront finalement eu raison des restes du consensus clintonien et préparé l’entrée en scène du néo-rooseveltisme. (Article.) 

Changement aux USA. Le président Biden revient à une politique démocrate. On parle à nouveau de "bons emplois". Certes il est question de l'environnement, mais la situation du peuple redevient une préoccupation de la gauche américaine. 

Cela va-t-il réussir ? Le diable est dans les détails. Mais peut-être pense-t-on, aux USA, que faire le contraire de ce qui n'a pas marché est une idée qui a, au moins, le mérite de la simplicité ?

mercredi 8 janvier 2020

Portrait de la femme qui gagne

Hillary Clinton aurait personnifié le stéréotype de la femme que les Américains haïssent. C'est ce qui expliquerait son échec. Quant à Donald Trump, il serait le "real man" de la culture locale. Analyse de Joan C. Collins dans White Working Class.

Les stéréotypes ont la vie dure. Mais, paradoxalement, sont-ils fatals ?

Quelle est la dirigeante que l'on aime ? Mme Merkel. Mutti. Une femme politique qui représenterait la compétence et la maternité serait imbattable. D'ailleurs, c'est l'histoire de Mme Merkel : elle a liquidé un à un les hyper machos de la politique allemande, de tous les camps, justement en jouant sur leur point faible : leur complexe de supériorité.

Et si l'égalité se jouait sur la différence assumée, et même sur ses faiblesses ? Le secret du succès de M.Trump ?

mercredi 11 décembre 2019

Donald Trump ou le rêve américain ?

White Working Class permet de comprendre la façon dont Donald Trump a été perçu par la population américaine.

Tout d'abord, dit le livre, c'est un "real man", un "homme". Si l'on y réfléchit bien, il correspond à un stéréotype de héros de film. Le mauvais garçon au grand coeur. Mais il y a peut-être plus subtil. Ce que White Working Class appelle "l'élite", c'est-à-dire les riches intellectuels (par ailleurs de gauche), n'a que l'insulte à la bouche lorsqu'elle parle de la classe moyenne blanche : "hillbillies, rednecks, hicks, toothless idiots". Elle s'est peut-être reconnue dans le duel Hillary Clinton, Donald Trump. Hillary Clinton surclassait intellectuellement Donald Trump, et le méprisait. C'était la lutte du pauvre type contre l'élite intellectuelle, sur le terrain de cette dernière. Et, comme dans les films de Clint Eastwood, dans le feuilleton Lieutenant Colombo, dans le film Erin Brockovich, et dans beaucoup d'autres productions cinématographiques, c'est "l'underdog" qui a gagné, à force de détermination.

Hollywood dit aussi que ce combat n'est autre que le mythe américain (cf. Captain Blood). Les classes laborieuses européennes, celles qui "travaillaient dur", ont pris le bateau pour fuir les faux raffinements de la société aristocratique, paresseuse, qui les exploitait, et construire un monde où le travail de l'homme lui garantirait la liberté. Hillary Clinton, c'est l'aristocratie européenne et son arrogance suffocante. Donald Trump, c'est le May flower.

Sans cesse l'aristocratie, le serpent de la Bible, ressurgit, avec toute la trompeuse séduction du fruit défendu de la raison. Sans cesse le "hard working dim witted", le "simple d'esprit", l'esprit qui a pour seule boussole son coeur, doit, contre vents et marées, à force de détermination, se libérer, pour (re)gagner le Paradis. C'est le rêve américain.

mardi 10 décembre 2019

Portrait de la classe moyenne américaine ?

Retour à White Working Class, dont parle un précédent billet. Voici quelques idées, surprenantes ?, qui en ressortent.
  • Typologie. Le livre segmente la population américaine selon son comportement. Cela correspond, grossièrement, à un niveau de revenus et, surtout, d'éducation. "L'élite" est avant tout définie par son éducation supérieure. Elle est très riche. La "classe laborieuse" s'est généralement arrêtée à l'enseignement secondaire. Elle a des revenus intermédiaires. Et, enfin, les pauvres. Pas d'études, revenus faibles 
  • En fait, il s'ajoute à cela une quatrième classe, dont on ne parle que peu : les "riches". Peut être éduqués, ils sont perçus par la classe laborieuse comme ayant réussi par le travail. Ils fournissent de l'emploi à ceux qui aiment travailler. (A l'opposé d'Uber, qui a mis sur la paille le taxi, issu de la classe moyenne.) La classe laborieuse s'identifie à cette classe de riches. "Nous, en plus méritant", en quelque sorte. 
  • Car ce sont les valeurs qui font la classe laborieuse. La classe laborieuse aspire au bonheur familial. Point. Pour cela, elle a besoin d'un emploi qui paie comme il payait jadis. Les études supérieures. ne sont pas pour elle. Elle ne veut pas ressembler à un intellectuel, ce lunatique "qui ne sait pas faire son travail, mais dit aux autres comment faire le leur". Le travail intellectuel n'est pas un travail. Sa situation s'est dramatiquement dégradée. Pour éviter à leurs enfants de "mal tourner", les parents doivent parfois se relayer, l'un travaillant le jour l'autre la nuit. 
  • Même si le livre ne s'intéresse qu'aux "blancs", on découvre que les noirs et les latinos, dans les mêmes conditions de revenus et d'éducation, ont quasiment les mêmes valeurs et aspirations. Et, même, ils auraient tendance à être beaucoup plus conservateurs que les blancs. Mais ils votent démocrate pour des raisons tactiques. 
  • Racisme. La classe laborieuse blanche est accusée d'être raciste. En fait, toutes les classes jugent les autres par rapport à leurs valeurs. Peut-être la pire de toutes est "l'élite". La valeur ultime pour elle est le "mérite". On est méritant lorsque l'on a fait des études prestigieuses. La classe laborieuse et les pauvres sont donc soit stupides, soit paresseux. En outre, si elle "parle mal", la classe laborieuse bat l'élite sur son propre terrain. Elle est bien plus généreuse, et l'homme prend une part très active aux travaux familiaux.
  • Religion. La classe laborieuse est religieuse. La religion est un atout, parce qu'elle aide à tenir droit dans la tourmente, à ne pas céder à la fatigue et à la tentation, et rend généreux (la communauté aide l'individu en difficulté). 
  • L'élite. L'élite dont il est question ici est faite des meilleurs élèves des meilleures universités. C'est donc une élite intellectuelle. Elle se définit par son emploi, sa carrière. Elle se reproduit, en contrôlant le système éducatif. Elle est démocrate. Elle est aussi extrêmement riche. Plus qu'à ses diplômes, elle doit cette richesse à ses réseaux, qui excluent des meilleurs emplois ceux qui ne connaissent pas leurs codes, quelle que soit leur performance scolaire. 
  • Le mirage du diplôme, point critique. Les prospectivistes nous annoncent que l'emploi qui fait la classe laborieuse est obsolète. Erreur fatale. L'élite voit l'avenir à son image. Or, s'il y a un problème d'éducation, il n'y a pas de problème de diplôme. En effet, la classe laborieuse n'est pas assez bien formée pour les emplois qu'elle occupait traditionnellement. D'où chômage structurel. Du coup, on utilise une main d'oeuvre de diplômés surqualifiée. Ce qui explique qu'une fraction importante des diplômés ne parvient pas à rembourser ses frais de scolarité. Il y a trop de diplômés de l'enseignement supérieur ! Il faut un enseignement qualifiant fourni par la collaboration de l'université et de l'entreprise. (Des exemples montrent que cela marche.) C'est bien pour les entreprises et cela remettra les salaires de la classe moyenne au bon niveau. C'est la solution de tous les problèmes.
  • Les pauvres. La classe laborieuse n'aime pas les pauvres. Et ce pour deux raisons : les pauvres ont un comportement que la morale réprouve, et ils sont l'objet de programmes d'aide qui leur permettent d'avoir ce que la classe laborieuse ne peut pas s'offrir. Et la classe laborieuse est bien placée pour le constater : les employés qui sont nécessaires aux dits programmes sortent de ses rangs. En fait, c'est la situation qui fait le pauvre, et pas le contraire. Les programmes d'aide sont donc contre-productifs. Les besoins du pauvre sont les mêmes, "en pire", que ceux de la classe moyenne : un bon emploi. 
  • Aide de l'Etat. Les classes laborieuses ne veulent pas d'aide de l'Etat (en fait, elles en profitent sans le savoir) pour deux raisons : elles s'en privent, pour en priver les pauvres ; elles estiment qu'il faut aider les riches, parce que plus ils sont riches, plus ils créent de "bons" emplois, pour tous. Par contraste, les syndicats défendent le "petit nombre" (un autre genre d'élite ?).
  • Droits de l'homme. En utilisant l'argument des droits de l'homme pour un oui pour un non, l'élite les a dévoyés. Les droits de l'homme ont un sens quand on parle de crime contre l'humanité. Pour le reste, les cultures qui composent une société ont leur logique, respectable, et doivent s'accommoder les unes des autres. 
  • Hillary Clinton. Hillary Clinton était certaine qu'elle allait remporter les élections de 2016. Elle avait prévu de célébrer sa victoire en donnant l'illusion que le plafond de verre de la salle qui abritait l'événement éclatait. C'était tout son programme : vaincre la discrimination qui brime la femme, qui vaut mieux que l'homme. Mais ce n'était que l'idéal de peu de gens, les femmes d'élite. Les femmes de la classe laborieuse ont voté massivement contre elle. Elles veulent un bon salaire pour leur mari, de façon à ce qu'elles puissent abandonner leur travail et s'occuper correctement de leurs enfants. Pendant la campagne, Bill Clinton a tenté d'alerter les Démocrates, de leur rappeler que la classe laborieuse était depuis toujours le coeur de leur électorat. Mais, qui aurait voulu se faire prendre à une nouvelle ruse, aussi évidente, d'un machiste ringard décidément incapable d'accepter sa défaite ?
  • Donald Trump. Donald Trump est le "bras d'honneur" que la classe laborieuse a fait à l'élite. Mais Donald Trump est aussi la seule personne qui ait montré qu'elle comprenait la classe laborieuse. Et Donald Trump appartient à la race des riches, celle que respecte la classe laborieuse, parce qu'elle lui fournit du travail, mais aussi parce que le riche doit son succès à ce qu'il a travaillé exceptionnellement dur. Et Trump, finalement, est un "homme, un vrai". "L'homme, le vrai", parle peut-être mal, mais il a un coeur d'or, on peut compter sur lui dans les moments difficiles (Tout Hollywood est là pour nous le rappeler !). 

mercredi 6 novembre 2019

Trump, le fils d'Obama ?

Dans certains milieux américains, on dit que l'Amérique est arrivée à un tel niveau de civilisation en élisant un noir, que cela ne pouvait que mal se terminer. (Une opinion dont Angélique Kidjo se faisait l'écho dans A voix nue.) Le bien a réveillé le mal.

Seulement, ce n'est pas Barack Obama qui a été battu. Au contraire, il a terminé son mandat avec une cote de popularité élevée. Et, auparavant, il avait été réélu assez facilement. C'est Hillary Clinton qui a mordu la poussière. Le vieux blanc serait-il moins raciste que sexiste ? Ou Hillary avait-elle moins d'empathie que Barack ?

jeudi 6 avril 2017

Madame Clinton

Pourquoi Madame Clinton a-t-elle suscité une telle haine ? J'ai multiplié les explications issues de la presse américaine. Elles ne sont pas convaincantes. 

Il y a mieux. Plus théorique, mais peut-être plus proche de la réalité. Mme Clinton est l'anti Poutine. M.Poutine a pris la tête d'une croisade conservatrice. Elle veut restaurer des valeurs traditionnelles contre une contre culture venue des USA, qui veut les liquider. Et le champion de cette contre culture, c'est Mme Clinton. Pas M.Obama. D'ailleurs, elle était vue comme un "faucon", lorsqu'elle était ministre des affaires étrangères. Pour imposer ses idées, elle était partisan de la hard power. 

Ce courant de pensée, et peut-être ses conséquences, pourrait avoir suscité une émotion vive chez beaucoup de gens (elle n'a pas hésité à qualifier une partie de ses concitoyens de "deplorables", en anglais), un peu partout dans le monde.

(Quelle est cette contre culture ? Voici ce que disait The Economist de ce que pensent les jeunes Anglais : "Pour eux les causes sociales et morales telles que le droit des homosexuels et l'égalité des sexes sont plus importantes que des choses comme l'assistance sociale ou la santé. En ce qui les concerne, les gens ont le droit de s'exprimer par ce qu'ils consomment et par leurs choix de vie.")

dimanche 6 novembre 2016

La presse américaine et l'élection

L'élection du président des USA se joue en ce moment. Les journaux du pays proposent deux types d'articles : ne votez par Trump, il va nous conduire au désastre ; pourquoi Hillary Clinton provoque-t-elle une telle haine ? 

La réponse semble être une sorte de répulsion physique, que la raison, et même l'intérêt, est incapable d'expliquer. C'est probablement proche de ce que certains de nos anciens présidents ont inspiré à la population française. La cote d'impopularité de M.Hollande doit être incompréhensible par l'étranger...

mardi 1 novembre 2016

Clinton et conflit d'intérêts

Ce matin : interviews de jeunes Américains (France Culture). S'ils votent, ils voteront "contre". Les deux candidats semblent susciter une haine sans précédent. 

Un article explique peut-être la raison des difficultés de Mme Clinton. La notoriété de M.Clinton a été transformée en une machine à actions charitables, qui profitent aux intérêts de la famille Clinton et de ceux qui l'aident. Y a-t-il, d'ailleurs, confusion ? L'activité caritative n'est-elle pas, simplement, un moyen de faire de la publicité à l'activité, à but lucratif, de conseil, et de multiplier les contacts commerciaux ? 

Imaginons un candidat, socialiste !, à la présidence français, dont les grands patrons de l'industrie mondiale seraient les clients, et qui gagnerait, ainsi, des dizaines de millions d'euros. Qu'en penserions-nous ?

lundi 31 octobre 2016

L'Amérique n'est pas la France

Nouvelle affaire des emails de Madame Clinton. Patatras. Coup de théâtre. On disait l'élection pliée. Tout est à refaire. Le Français est atterré. Lui qui croît à la vérité. Mais il n'en est pas de même aux USA. 

Probablement, la vérité n'existe pas, là-bas. Ce qui compte, c'est la capacité du champion à faire face à l'aléa. Tout lui est pardonné, viol, crime, parjure..., pour peu qu'il sache affronter l'adversité avec talent. Bill Clinton en a fait la démonstration. Ce qui a été fatal à Nixon, ce n'est pas le Watergate, mais sa gueule de triste sire. Et si le principe de la culture américaine, au sens de Montesquieu, était "l'optimisme", au sens du psychologue ?

Voilà. Dieu a lancé un nouveau défi à nos deux héros. Lequel d'entre-eux, va le mieux en tirer profit ?

mercredi 12 octobre 2016

Qui est Madame Clinton ?

Que révèlent les emails volés à Mme Clinton ? Qu'elle fait de la politique. Qu'elle oriente ses déclarations en fonction de ce qui peut lui rapporter le plus. (The Atlantic.)

On en arrive au fond des choses. Les mots ne comptent pas, ce qui compte, c'est la personnalité. Mme Clinton est une politicienne, avec un positionnement (au sens marketing du terme) donné, mais pas de convictions très arrêtées ; M.Trump est un homme d'affaires façon conquête de l'Ouest.

samedi 17 septembre 2016

Fragile Hillary

Le plus surprenant dans l'élection américaine n'est pas la force de Trump, mais la faiblesse "d'Hillary". 

Je me suis rendu compte que celui qui écoute un discours le juge selon deux critères : honnêteté et compétence. Le premier est de loin le plus important. Hillary semble compétente. Probablement, elle est beaucoup plus intelligente que son mari. Mais est-elle honnête ? On parle de ses dissimulations d'emails. Rien de bien sérieux, pour nous, en France. Mais y aurait-il de fumée sans feu ?

En fait, Trump semble avoir flairé un autre point faible. Il a dit que, contrairement à lui, elle a une santé fragile. Or, on vient de se rendre compte que c'était le cas. A tel point que M.Obama a dû la remplacer dans ses meetings de campagne. Elle nous dissimulait donc quelque-chose ? Surtout : voudriez-vous confier la tête de la puissance mondiale à une faible femme, vieille de surcroît ? Hillary n'est ni Merkel, ni Thatcher. Les préjugés servent la com. 

Et cela pose, du coup, la question de son vice-président. Mais, c'est une autre histoire. 

vendredi 5 août 2016

Pourquoi Hillary est-elle haïe ?

Cela va surprendre le Français mais Mme Clinton suscite plus de haine que M.Trump. On se croirait en France.

Quelle en est la raison ? Il semblerait que ce soit sa personnalité qui irrite. Un peu à l'image de ce qui est arrivé à M.Giscard d'Estaing. En ce qui la concerne, on lui reprocherait de ne pas agir comme une femme (comme Mme Obama), mais comme un politicien. Dans notre inconscient, ce qui peut faire réussir une femme de pouvoir est d'être une femme, pas un homme. (Le maternalisme semble, effectivement, la force de Mutti Merkel.) 

Curieusement, et contrairement à M.Giscard d'Estaing, le phénomène ne jouerait, pour Mme Clinton, que lorsqu'elle est candidate. Lorsqu'elle occupe une fonction élective, on se met à l'aimer. Alors, peut-être, devrait-elle parler comme une présidente, pas comme une candidate ? 

mardi 26 juillet 2016

Mme Clinton contre M.Poutine

L'autre jour j'entendais dire que Mme Clinton avait été victime d'une fuite d'emails compromettants. Je me disais que, comme dans l'affaire du Brexit, il ne fallait pas enterrer M.Trump trop tôt. 

Puis, a émergé la rumeur selon laquelle ce serait un coup des Soviétiques. Peut-être manœuvre de Mme Clinton : cette manoeuvre pourrait détacher de M.Trump certains électeurs qui n'aiment pas compter M.Poutine dans leurs rangs. Mais elle pourrait aussi être juste. Car M.Poutin Hait Mme Clinton. Car elle veut remplacer les Kadhafi, Assad et autres Poutin par des dirigeants un peu plus proches des usages américains.

Mais il y a une dernière interprétation : M.Poutin  ne se fait pas d'illusions sur les chances de Trump ; il a envoyé un coup de semonce à Mme Clinton. Il veut qu'elle le prenne au sérieux.

vendredi 5 février 2016

La transformation d'Hillary Clinton

Quand elle était jeune, Hillary Clinton était solidement républicaine. C'est son passage à l'université qui l'a transformée

Question que je me posais pour F.Mitterrand. Quelle est la nature de ce type de changement ? Et si seul le discours changeait, mais pas le comportement ? (Plus clairement : j'ai un discours démocrate, mais j'agis comme un Républicain.)

dimanche 30 août 2015

Maudite Hillary ?

Hervé Kabla me transmet un article de Christophe Lachnitt sur Hillary Clinton. Hillary Clinton : candidate malgré elle. En le lisant, je me suis souvenu de ce que je disais d'HEC et de son concours : il y a plus de filles que de garçons qui tentent cette école, mais il y a plus de garçons que de femmes qui sont reçus. Si vous êtes un garçon vous avez 50% de chances de plus qu'une fille de réussir. 

Je crois que cela tient aux caractéristiques du mâle : il est stimulé par l'adversité. Il rate les examens, mais réussit les concours. Un effet imprévu de la sélection naturelle ? 

Quant à Hillary, elle me fait l'effet de la très bonne élève, incapable du coup de génie, ou du coup de folie, au bon moment. 

dimanche 9 août 2015

Népotisme et politique

Etre "parent de" en politique. Emission de France Culture samedi dernier. Intéressante comparaison entre la France et les USA. 

En France, être "parent de" est très mal vu. Pas aux USA. On l'oublie en France, mais la politique aux USA ne se réduit pas à la présidence de la fédération. Ce n'est pas que la famille Bush contre la famille Clinton. Certains maires, certains gouverneurs... sont extrêmement puissants. Et il existe des dynasties locales, qui ne sont pas sans rappeler les dictatures bananières. Un maire pouvant passer sa vie au pouvoir, sans opposition crédible. Jusqu'à ce qu'un de ses descendants le remplace. 

Hypocrite démocratie ? Car ce qui est compliqué en politique n'est pas se faire élire, mais parvenir à être candidat à une élection. Or il est infiniment plus facile pour un "parent de" (ou un "ami de") d'être candidat que pour vous ou moi. 

Dans ces conditions, pourquoi les Américains tolèrent-ils mieux le népotisme que nous ? Je me demande s'il n'y a pas du culturel là-dedans. Les grandes familles françaises ne tendent-elles pas à être haïssables ? Elles défendent des avantages acquis. Comme celles d'ancien régime, elles croient tenir leur légitimité d'un "droit" inné. Elles ne produisent que des "fruits secs". Aux USA, ces familles savent que rien n'est définitivement acquis. Donc, elles soignent leur image. Surtout, elles font fructifier le talent de leurs membres les plus brillants. Ce sont leurs représentants. Gestion de marque ? 

dimanche 21 septembre 2014

Qui est Xi ?

The Economist s’intéresse à la Chine de M.Xi. Après le pouvoir collectif, retour au modèle Mao. L’élite chinoise aurait pensé que seul un homme seul pouvait mener les réformes que demande le pays. Ailleurs dans le monde, le dit pays tente, avec plus ou moins de bonheur, de monter un ensemble d’alliances dans lesquelles l’Amérique (et l’Occident) ne soit pas. « Nouvel ordre mondial. »

La Russie a gagné la guerre d’Ukraine. Mais, des deux côtés, il fallait un armistice. Le danger maintenant est l’incurie endémique du pouvoir Ukrainien. D’une manière générale, les frontières de l’Europe sont en flamme. Elle tente de « repenser sa stratégie de sécurité ». Ce qui n’est pas simple compte-tenu des divergences d’intérêt entre ses membres. Le retour de M.Sarkozy pourrait être une chance pour M.Valls. Enfin un opposant ! M.Renzi semble enlisé. L’Angleterre croît fort, crée des emplois, mais les impôts ne rentrent pas. Trop de pauvres. Trop de dépendance vis-à-vis des salaires de la City. Politiquement, l’anti élitisme a le vent en poupe. Il en est de même en Allemagne. Où, de plus, les minorités musulmanes deviennent anti-sémites. En Suède, les démocrates sociaux arrivent au pouvoir sans pouvoir gouverner. Ce qui pourrait aussi être le cas de Mme Clinton, si elle était élue.

Les USA montent une alliance pour combattre l’Etat Islamique. Vues les différences d’intérêts entre tous les courants qui parcourent le Moyen-Orient, on peut se demander combien elle tiendra. En attendant, cette situation de chaos fait les affaires du nouveau président de l'Egypte, rare îlot de calme dans la région.

Huawei s’en prends à IBM, HP et Cisco, il veut devenir un leader des systèmes d’information. Apparemment, il a les moyens de réussir. Quant à Sony, ça ne marche pas très fort. Il faudrait restructurer, ce que ne semble pas vouloir son PDG. Air France est en grève. Ses pilotes n’ont pas pris conscience des multiples menaces qui planent sur la tête des compagnies traditionnelles. En attendant on empile de plus en plus de pauvres dans les avions, et on donne de plus en plus de place aux hommes d’affaires. L’avion moderne est à l’image du capitalisme. On ne sait pas assez que l’entrepreneur a une vie de chien. Et il est généralement atteint « d’hypomanie, un état psychologique caractérisé par énergie et confiance en soi, mais aussi nervosité et prise de risque ».

Supprimer la monnaie ferait du tort aux criminels, et rentrer beaucoup d’impôts, et cela faciliterait le combat contre la déflation, par la possibilité d’imposer des taux négatifs. Les fonds de pension ne croient plus aux miracles des hedge funds. (Leur modèle économique : vendre de l’illusion ?) Acheter des actions d’Alibaba, qui vient d’entrer à la bourse de New York, serait hautement risqué. (Spéculatif ?)

Pour combattre l’effet de serre, il faut réutiliser l’esprit du protocole de Montréal, « financement généreux et coopération ». Tactique qui a eu la peau du trou d’ozone. Et l’étendre aux hydrofluocarbones. Ce ne serait pas la fin du problème, mais un premier pas vertueux.

Le degré d’altruisme de l’homme varie aléatoirement entre l’hyper altruisme et la psychopathie. Napoléon a nuit à la France, qui de puissance européenne dominante est devenue second couteau. 

mardi 30 avril 2013

L’irresponsabilité favorise-t-elle l’innovation ?

Ceux qui veulent le changement sont incapables d’en appliquer les règles, disait un précédent billet. Et si c’était une règle générale ?
  • Un traité sur la dynamique des systèmes que je résumais il y a peu insiste sur la question de la distance entre celui qui fait, et celui qui subit. Il est clair que l’on innove d’autant plus facilement que l’on ne paie pas pour ses erreurs.
  • Je lis actuellement des ouvrages sur Athènes ancienne. Elle fut, du moins dans le cadre de la pensée, extraordinairement innovante, et sur un laps de temps court. Et si l’individualisme, qui me semble avoir été sa réelle particularité, favorisait l’innovation parce qu’il casse les solidarités sociales et la chaîne causes / conséquences ? Mais le plus fort est la pensée. Nous pouvons avoir les idées les plus farfelues sans en être punis. C’est d’ailleurs ce que Tocqueville reprochait aux intellectuels des Lumières, dont la philosophie avait déclenché la révolution.
  • Tout le capitalisme ne tourne-t-il pas autour de cette question ? Ne s’agit-il pas, quasi explicitement, de pigeonner son prochain, de lui masquer les conséquences de ses actes ? C’est ainsi que Galbraith décrit les mécanismes de spéculation. D’ailleurs, est-ce immoral pour un Anglo-saxon ? Ne dirait-il pas que c’est le plus malin qui gagne ? Sélection naturelle. Ezra Suleiman (dans ce livre) montre que l’Amérique n’a pas notre notion d’intérêt général. Seul compte l’affrontement des intérêts particuliers. Cela justifierait-il l’hypocrisie, la soft power de Madame Clinton ? Moyen comme un autre de défendre ses intérêts ? 
L’innovation est-elle incompatible avec la responsabilité ?
Il y a plus curieux. Robert Trivers explique que, pour bien mentir, il faut être convaincu de son mensonge. Je me demande si ce raisonnement ne nous amène pas à reconnaître l’avantage concurrentiel d’une forme de schizophrénie.

Mais l’avantage est-il durable ? La société (la nature ?), dont dépend l’innovateur !, ne finit-elle pas par avoir le dernier mot ? N'est-ce pas la question même du développement durable ? Ne faudrait-il pas mettre au point une forme d’innovation qui ne procéderait pas par pigeonnage / réaction ? Est-ce ce que j’essaie de faire ?

mercredi 17 avril 2013

Pourquoi les Allemands ne sont-ils pas prêteurs ?

Il semble bien qu’il y ait un problème de distribution de richesses en Allemagne.
  • Premièrement, la richesse en Allemagne est hautement concentrée dans la tranche supérieure de la distribution des revenus
  • Deuxièmement, une grande partie de la richesse allemande n’est pas détenue par les ménages, et donc doit être détenue par les entreprises ou le gouvernement.
(…) l’opposition de l’Allemagne aux transferts vers le sud trouve son origine non dans le richesse du pays. L’Allemagne est un des pays les plus riches de la zone euro. Le problème est que la richesse est distribuée de manière inégalitaire. (L’article.)
Cercle vertueux ? Les réformes Schröder déplacent la richesse des pauvres vers les riches, les entreprises et l’Etat. Les pauvres, qui contrôlent la démocratie allemande, ne veulent donc plus aider qui que ce soit. Pour cette raison, il faut appliquer partout les réformes Schröder.

On notera au passage que, de Schröder, à Blair, en passant par Clinton, la gauche aura été le fer de lance du démantèlement de la protection sociale en Occident.