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lundi 11 juillet 2022

Les dossiers d'Uber

C'est amusant d'écouter la BBC. On découvre que chacun voit midi à sa porte. 

En Angleterre, on s'offusque qu'Uber ait eu une telle influence sur le pouvoir en place. Au même moment, la même "fuite d'informations" amène la France à dire la même chose de son gouvernement. Aucun ne parle de l'autre. Dommage ?

Probablement, on oublie un fait essentiel : ce qu'Uber a représenté pour la pensée éclairée. 

Je me souviens d'avoir vu Alfred Sauvy à la télé, dans les années 70. C'était un économiste respecté. On lui a demandé (Pivot, je crois) ce qu'était la solution à la crise. Il a répondu : le taxi ! 40 ans après, j'ai invité un économiste tout frais émoulu de la commission Attali, à présenter ses idées à un club de dirigeants. Il a révélé à l'auditoire médusé que le secret de l'emploi était... le taxi ! Cela n'a pas manqué. M.Sarkozy a voulu réformer les taxis. Waterloo. Il s'est fait réformer par eux, disent deux économistes qui ont travaillé sur ce sujet. 

Le taxi, c'est l'esprit même du libéralisme. S'il n'était pas réglementé, des foules de personnes se feraient conducteurs de taxis. On pourrait se déplacer facilement, et il n'y aurait plus de chômage ! 

Généralement, ceci s'accompagne d'impressionnantes équations, et d'un impeccable raisonnement mathématique. Uber, c'était la théorie faite réalité. Le miracle du taxi, sans la résistance au changement des taxis. 

Les théories libérales reposeraient-elles sur une hypothèse incorrecte ? La nature humaine ne serait-elle pas ce qu'elles croient ? Le miracle a fait long feu.

Et c'est pourquoi, me semble-t-il, Uber est devenu une mauvaise fréquentation. Malheur au vaincu ?

(PS. Depuis l'écriture de ce billet, Telos a repris ce sujet, et rappelle la position des économistes, il y a quelques années, en ce qui concernait les taxis.)

mardi 8 décembre 2020

Voiture autonome : la fin d'une époque ?

La voiture autonome, c'est fini, annonce Uber. 

La voiture autonome, comme le virus, est un symbole. Le symbole d'une croyance. Celle de la puissance de la technologie capable de tout plier sur son passage. "The sky is the limit" dit-on en américain. Il suffit de vouloir, rien n'est impossible à l'âme bien née. C'est ce que pense M.Trump. Mais c'est aussi ce que pense la classe d'entrepreneurs qui domine la Silicon Valley, ses frères ennemis (et ceux de M.Poutine, pour d'autres raisons). Aussi incultes que lui, d'ailleurs. Quand on est guidé par son génie, on n'a pas besoin de la science des hommes.

L'exemple même de leur croyance est la mort. Pour eux, c'est une maladie. Ce qui nous empêche d'être immortels, c'est notre manque de caractère. 

Cette classe avait besoin d'accrocher sa rhétorique à une innovation, elle a trouvé l'Intelligence artificielle. Elle devait tout permettre. Surtout de remplacer le "sous-homme", vous et moi. Voilà pourquoi l'automobile se passerait de nous. 

Nous vivons peut-être la fin d'une ère. Celle, commencée symboliquement en 68, d'un individualisme poussé à outrance. Les entrepreneurs de la Silicon Valley en furent les champions. 

jeudi 26 décembre 2019

L'année de la disruption des disrupteurs ?

La disruption, c'est fini ? Sera-ce une des nouvelles de l'année ?
Le dirigeant flamboyant, qui clamait la fin de l'entreprise traditionnelle, sa réinvention par le "digital", a-t-il pris un bouillon ? La retraite des fondateurs de Google et la déroute d'Uber, le symbole de ce changement annoncé, entre autres, ne le signifie-t-il pas ?

Echec d'un modèle de société ? Une société aux "valeurs avancées" créée par quelques entrepreneurs géniaux qui allaient secouer un monde dépassé, et remettre la masse de pauvres types qui le constitue à la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter : à leurs ordres ?

samedi 7 décembre 2019

Mystère Uber

"Uber dévoile 6000 cas d'agressions sexuelles aux USA", disait le Financial Times.

Pourquoi Uber est-il affecté par ce mal, et pas les compagnies "ordinaires" de taxi ? Une question de culture ? L'Ubérisation de la société, c'était sa transformation en un marché d'entrepreneurs. Un rêve libertaire. Renard libre dans un poulailler libre ? C'est le lien social qui contrôle les instincts prédateurs ?

(Les fondateurs d'Uber considéraient les taxis comme des "rentiers". Et si cette "rente" avait une justification ?)

mardi 10 septembre 2019

Wework : fin de bulle ?

Wework, c'est la génération Uber. Cette génération semble avoir beaucoup de soucis. Elon Musk perdrait pas mal d'argent, Uber aussi. Netflix n'est pas brillant. Et Wework doit renoncer à entrer en bourse. Fin d'une bulle spéculative ?

En tout cas, je soupçonne que ce n'est pas la der des der. Car, dans la spéculation, il y a des gens qui gagnent à tous les coups. Ce sont ceux qui investissent en départ de bulle, et qui vendent à la génération suivante d'investisseurs. (Il arrive aussi que ceux qui ont investi initialement parient ensuite contre l'entreprise qu'ils viennent de quitter.) Surtout, à chaque éclatement de bulle, les banques centrales réinjectent de l'argent dans le système. Ce qui signifie qu'il y aura toujours beaucoup d'argent voulant s'investir. L'industrie financière a-t-elle commencé sa recherche d'idées nouvelles susceptibles d'emballer le marché ?

dimanche 25 août 2019

La chute de la maison Uber

Ubérisation a dit Maurice Lévy. Il y a quelques années, Uber était le symbole de la "disruption". La vieille entreprise allait crever. Elle serait remplacée par du jeune, dynamique et numérique.

Uber a perdu 5,2md$ sur un trimestre... Il n'est que l'ombre de lui-même.
Qu'est-ce qu'était Uber ? La fusion de la contre-culture américaine et du capitalisme le plus primitif. La croyance au bien et au mal. Uber affrontait des politiciens corrompus et le lobby des taxis. L'innovation numérique, le logiciel, allait révolutionner, par miracle, la qualité du service. Et même résoudre la question de l'insécurité au Brésil. Guerre de religion. Uber recrutait des croyants, qu'elle payait royalement. Pour gagner tous les coups étaient permis, et l'argent ne comptait pas.

Mais la réalité s'est rappelée à eux. Uber a beaucoup de concurrents, et aucun avantage concurrentiel. Elle dépense beaucoup et gagne peu. Et son modèle a une faille : ses chauffeurs avec lesquels Uber est en guerre. Seul espoir : la voiture autonome. Uber est un puits sans fond. Mais Uber a enrichi beaucoup de monde : les investisseurs qui ont vendu leurs actions lors de l'entrée en bourse de la société. Uber a été un attrape nigauds.

Fin d'une nouvelle bulle spéculative ?

samedi 11 mai 2019

Uber ou la fin d'une époque ?

L'entrée en bourse d'Uber a été décevante. Le Financial Times se demande combien de temps encore le marché permettra à Uber d'être déficitaire. Et si on était à la fin d'une époque ?

Uber n'est pas qu'une entreprise, c'est un humanisme. L'idée a émergé, un peu partout, que la société idéale était une société d'individus, c'est à dire une société "atomisée", sans liens sociaux (donc pas une société au sens des sciences humaines). Le 68 français n'a pas été la seule expression de cette aspiration. D'autres ont pensé que le marché était le moyen de réaliser leurs désirs. Le marché était la force qui permettait à cette société d'individus d'exister. Pas besoin d'Etat et de services publics, qui volent l'entrepreneur pour nourrir le paresseux.

Uber était cette vision faite entreprise. En remplaçant le salariat par l'entrepreneuriat, il faisait exploser le tissu social. Mais, en se dispensant de prélèvements sociaux, peut être aussi en profitant d'un excès d'offre de taxis par rapport à la demande, il devait gagner beaucoup. Et, un jour, il serait en position de monopole. Il pourrait prélever une rente colossale. C'était un pari. Mais il arrivait au bon moment. Il y a énormément d'argent qui cherche des rendements énormes. Uber a été le modèle d'une nouvelle génération d'entreprises. Ce que les Allemands appellent "capitalisme de plates-formes". Et il a même séduit la gauche, du moins son élite. C'était une autre façon de faire 68 ? D'autant que cette société nouvelle reconnaissait les talents des intellectuels, et les payait très cher. Divine surprise.

L'utopie d'une société atomisée aurait-elle été rattrapée par la réalité ?

dimanche 31 mars 2019

Lyft : dernière chance de s'enrichir ?

L'entrée en bourse de Lyft, plate-forme de réservation de taxis, a été un succès. Si bien que beaucoup d'autres sociétés, dont Uber, vont suivre sont exemple. Or, "ses pertes, depuis 2016, s'élèvent à 2,3md$" dit le Financial Times. Et il en est de même pour les autres "licornes".

Cela m'a rappelé une conversation avec "trader", peu avant la crise de 2008. Je lui avais demandé s'il ne voyait pas arriver les crises. Il m'avait raconté, qu'au contraire, c'était des moments de grande excitation. Il ne fallait pas être le dernier à recevoir la "patate chaude". Et si c'était le cas actuellement ? Et si les investisseurs voyaient poindre la fin d'une phase spéculative, et voulaient profiter de la dernière occasion de gagner beaucoup en peu de temps ?

(Que signifie "licorne" ? Une corne : les pertes, pas de revenus ? Un animal de légende, pour économie irréelle ?)

mercredi 30 janvier 2019

Uber et la réforme des taxis

A l'époque où j'animais un club d'économie, j'ai reçu un chercheur éminent qui, entre autres, voulait supprimer la réglementation des taxis, pour créer de l'emploi. Je lui avais fait remarquer que cela faisait plus de 70 ans que l'on voulait le faire. J'ai eu raison : le gouvernement Sarkozy a été défait pas les taxis. Mais j'ai finalement eu tort : Uber est arrivé. Et Uber, c'est un rêve d'économiste. Et il a été encouragé : j'entendais dire que Pole Emploi, à une époque, poussait les chômeurs à conduire des taxis.

Mais les prévisions des économistes ne semblent pas s'être réalisées. La création d'emploi ne paraît pas massive. Problèmes d'infrastructures ? Rues encombrées ? Ou d'aspirations ? Je me souviens d'un conducteur de taxi américain qui ne rêvait que de retrouver un emploi en usine, une fois que la crise serait finie. On ne travaille pas pour l'argent, mais par vocation ? Un terme à faire entrer dans les manuels d'économie ?

mardi 20 mars 2018

Péril autonome

Une voiture autonome d'Uber tue un passant, dit le Financial Times. Qui est responsable ? se demande un ami expert.

On peut imaginer qu'Uber fabrique son propre logiciel. Si le passant n'a rien fait d'anormal, il semble difficile de voir un autre coupable qu'Uber. D'un seul coup, la notion de "bug" a une réalité concrète. Et l'affaire peut faire jurisprudence. On va pouvoir commencer à faire appel aux statistiques : à partir de combien de morts, la voiture autonome n'est-elle plus rentable ?

vendredi 24 novembre 2017

Dangereux Uber ?

On apprend en même temps qu'Uber a subi un piratage de ses données et qu'il va équiper Londres de taxis autonomes... Sera-t-il capable d'éviter que ceux-ci soient assaillis par un virus ?

Et si Uber était une course en avant de paris fous ? (Ce qui n'a rien d'exceptionnel dans la culture anglo-saxonne de l'entreprise. "Bet the farm," dirait Monsanto.)

lundi 18 septembre 2017

Gig economy

Le Financial Times s'intéresse à la "Gig economy", c'est à dire à l'économie créée par Uber et les autres, et qui est à base de petits boulots.


Je retiens une double astuce (mais il y a plus) : ce sont des entreprises qui n'ont pas à être rentables, parce qu'elles sont financées par le capital risque, dont la stratégie est de faire sauter les entreprises installées, puis d'appliquer une politique de prix monopoliste ; c'est une transformation (douteuse) de contrats de salariés en contrats de sous-traitance, donc pas de charges sociales (mais aussi pas d'achat de matériel).

Mais ce n'est pas la vidéo que j'ai trouvée le plus intéressant, mais un commentaire. Il disait, en substance : sales gauchistes, si l'on supprime la gig economy, il y aura des chômeurs.

Est-ce aussi évident qu'il y paraît ? Car un tel argument peut justifier n'importe quel emploi. En particulier l'effort de guerre d'Hitler. Je me demande si l'économie ne fonctionne pas comme le sang. Si l'argent ne va pas au bon endroit, la société dépérit. Une société de petits boulots est malade.

samedi 5 août 2017

Prolétariat

Il y a quelques années, j'ai ouvert ma porte à un vendeur de posters. Il se révèle qu'il cherche un emploi, et qu'il sort de prison. A l'époque, je travaillais pour un cabinet d'études de marché. Je lui propose d'entrer en contact avec ses centres d'appel. Il me répond, en substance : j'ai essayé, c'est insupportable. 

Une de mes cousines m'appelle. Elle est en année de césure d'une bonne école de commerce. Elle vient de décrocher un stage dans une Start up de Londres. Quelle aventure ! Elle va être payée 800€ par mois. Et cela pour vendre au téléphone les produits de la société. Bien sûr, il y a le coût de la vie à Londres, mais c'est une Start up... (Un ami fait une très belle carrière de directeur commercial pour des éditeurs de logiciel internationaux : il appelle ses quatre-vingt collaborateurs, des commerciaux, des "robots".)

Il y a quelque chose de paradoxal dans la révolution numérique. C'est qu'elle n'a rien de numérique. Elle a fait ressurgir le prolétariat. Amazon emploie des magasiniers en masse, Uber donne une nouvelle vie au taxi, les livraisons se font maintenant à vélo, les éditeurs de logiciel emploient des légions de "vendeurs assis", qui passent leur existence au téléphone dans des sweat shops modernes... Mais ce qui me semble fascinant, et difficile à expliquer, c'est ce mouvement ancien, que l'on ne semble pas parvenir à stopper, qui conduit à exploser le travail en des tâches stupides, et de payer des gens au dessous de ce qui leur est nécessaire pour vivre. Une mécanique à créer la pauvreté, qui semble au coeur de notre système. 


jeudi 15 juin 2017

Ubérisé

Quand Maurice Lévy, PDG de Publicis, a parlé "d'ubérisation", on s'est moqué de lui. Obscurantisme ! Rien compris à la marche du Progrès. Eh bien, il a créé un mot, ce qui prouve qu'il est un grand publicitaire. Et il est toujours là. Pas le PDG d'Uber. 

L'histoire de Travis Kalanick me rappelle ce que raconte Hannah Arendt. Quand les cadres du parti Nazi ont compris que l'Amérique allait gagner la guerre et que les Juifs y occupaient le haut du pavé, ils ont lâché Hitler. Les idées de Monsieur Kalanick sont celles des milieux financiers internationaux. Il a été leur héros. Mais ces milieux sont pragmatiques. Ils constatent que le vent a tourné. Alors, ils brûlent leurs idoles. 

mercredi 22 février 2017

Culture d'Uber

Une brillante employée d'Uber dénonce ses mœurs. Le "high performer" a tous les droits. Ce qui fait fuir les femmes, en particulier, mais pourrait aussi avoir des conséquences sur le comportement des conducteurs.

Edgar Schein explique que la culture d'une entreprise est une interprétation de ce qui fait réussir son fondateur. Dans un article, contemporain de la faillite d'ENRON, Jennifer Chatman (Berkeley) dit : "Si la culture de l'entreprise accepte la tricherie comme un moyen d’avancement, elle tendra à conserver des employés qui sont à l’aise avec l’idée de tricher, y compris vis-à-vis de leur société."

mardi 13 décembre 2016

Le taxi crée de l'emploi

J'entendais parler taxis. France Info. Une enquête indépendante d'une assurance montre, si mes souvenirs sont bons, que les VTC créent 13000 emplois en Région Parisienne, quand les taxis traditionnels en perdent 750. Et qu'un nouvel emploi sur 4 créé dans la dite Région est un taxi. 

Je me suis demandé si l'on comparait bien les mêmes types d'emplois. Et si on avait réparti les salaires des 750 personnes en 13000 ? (ou à peu près) Quand on parle de réduction du chômage, a-t-on ce type d'emploi en tête ? Tu seras taxi indépendant, mon fils ? Au fait, pourquoi une société d'assurance se met-elle à faire des enquêtes sur ce type de sujet ? Sachant qu'une assurance est bien plus un fonds d'investissement qu'une société de secours à proprement parler, peut-on réellement la considérer comme "indépendante" ?

mercredi 30 novembre 2016

Ubérisation à visage humain ?

Il y a quelques temps, j'ai rencontré un secteur qui s'était transformé d'une nuée de cabinets libéraux à quelques grosses sociétés. Deux mécanismes sont entrés en jeu. Dans l'un, une entreprise a acheté les autres. Dans l'autre, une entreprise a proposé à une société après une autre de mettre des moyens en commun. Puis, si, après quelques années, il y avait entente, elle achetait la société, et les membres de celle-ci acquéraient des parts dans l'ensemble. Si bien qu'aujourd'hui elle ressemble à une coopérative. Et son dirigeant est élu tous les trois ans. (Et souvent renouvelé.)

C'est Uber à l'envers. Les infrastructures communes n'appartiennent pas à un fonds d'investissement, mais à ceux qui font marcher la société. C'est un Uber qui serait possédé par ses taxis. Et qui répartirait ses bénéfices entre eux.

Cela a-t-il des inconvénients ? Oui. Chacun étant préoccupé par son quotidien, l'entreprise est un rien myope. Cependant rien n'empêche ce type de dispositif de mettre en place des mécanismes coopératifs de prospective et d'action. C'est ce que les Grecs appelaient, pour les cités, "politique". 

samedi 26 novembre 2016

Ubériser n'est pas transformer

Proudhon observe que lorsque les hommes se rassemblent, ils créent une valeur collective (la société). L'ubérisation remplace l'organisation collective par un strict minimum logiciel. Et ramène ses composants à leur fonction "mécanique". (A tel point qu'Uber investit dans la voiture autonome !) Les nouveaux prolétaires n'ont même plus un semblant de sécurité, un salaire. Ils sont "aux pièces". L'ubérisateur n'a aucun engagement vis-à-vis d'eux. Marx est dépassé.

Mais la transformation numérique c'est aussi lean start up : la démocratisation des technologies les plus avancées. Je constate que beaucoup de PME ont un avantage dont elles ne sont pas conscientes. Le concept de Lean start up permet de développer une offre à partir de cet avantage et de la distribuer largement. Ainsi, l'entreprise sort de la concurrence stérile qui la détruit, elle et son personnel. 

De quel côté la transformation numérique va-t-elle basculer ?

mardi 7 juin 2016

Auto ubérisation, science et pratique

L'auto ubérisation est la mode du moment. Comment la reconnaître ?

Votre entreprise vous dit : notre métier traditionnel est fichu. Nous devons nous réinventer. Et ce à partir de certaines de nos compétences. Celles liées aux "data" (terme à ne pas confondre avec "données"). Par exemple celles dont nous disposons sur nos clients. Elle va alors vider son activité principale de son argent pour nourrir des "spin off". La multinationale devient une holding pour start up. Curieusement, en ce qui concerne son fonctionnement central, elle demeure une bureaucratie, avec toutes ses lourdeurs, ses gros salaires et ses gros bonus, et les mêmes dirigeants qu'auparavant.

Le mouvement est nouveau en France, mais vieux aux USA. C'est ainsi qu'une entreprise comme Carlson Wagonlit est maintenant éditeur de logiciel. Le premier exemple d'un tel changement de peau est la société ENRON. D'opérateur de pipe lines, elle devient place de marché. Vivendi est aussi un désossage d'une activité traditionnelle pour financer l'achat de châteaux en Espagne. 

Car on n'a aucune idée des raisons pour lesquelles les nouvelles activités gagneraient de l'argent. Et moins encore en quoi elles ont quoi que ce soit d'innovant : tout le monde fait la même chose ! C'est un acte de foi. Au mieux, il semble que ce mouvement corresponde à un gigantesque transfert de cash de l'économie réelle vers les coffres de quelques opérateurs habiles. Les promesses n'engagent que ceux qui les entendent. 

(Et il n'est pas sûr que les anciennes activités soient aussi condamnées qu'on veut bien le dire... à suivre.)

mercredi 27 janvier 2016

Uber ou l'art de la rhétorique

Kalanick (Uber) à Macron : "Les fabricants de voitures ont-ils payé pour la disparition des chevaux ? " Lis-je dans la Tribune.  

Il n'y a pas longtemps il allait de soi d'avoir des esclaves ou de tuer des Indiens, par ce qu'ils occupaient des terres que l'on convoitait. C'était aussi un temps ou les "innovateurs" étaient prêts à payer de leur vie. Et si l'on revenait en ce temps là M.Kalanick ?