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dimanche 16 décembre 2012

Les Vikings et le capitalisme


L’Organisation pirate pose la question : la piraterie serait-elle à l’origine du capitalisme ? Cette idée m’était venue en lisant l’histoire de la City. Les Vikings de Régis Boyer m’y avaient aussi fait penser. Et c’est ce que dit le film Capitaine Blood, que j’avais peut-être vu à tort comme une simple allégorie de la confrontation entre les USA et la vieille Angleterre. En outre, j’ai l’impression que la Chine a été victime d’une sorte de parasitisme qui l’a vidée de sa substance. Piraterie, à nouveau ?
Et si c’était les Vikings qui avaient fait le capitalisme ? Après tout, venus de Normandie ou de leurs pays d’origine, ils ont fourni sa classe dirigeante à l’Angleterre. Et si, contrairement à ce qu’ils pouvaient faire chez eux, l’organisation pirate s’était maintenue par exploitation d’une masse de natifs ? (C’est d’ailleurs une idée qui revient régulièrement en Angleterre.)

Mais, L’Organisation pirate dit plus que cela. Le capitalisme s’est construit par une dialectique Etat - monopole / piraterie. Or, il se trouve que la forme start up, que Mintzberg appelle adhocratie, est démocratique, voire libertaire. Elle est suivie d’une phase bureaucratique, taylorienne, d’exploitation d’un monopole, qui finit par la paralysie et la destruction aux mains de start up innovantes. Piratage de l’intérieur, par le management de l’entreprise ?
Et si les Vikings anglais avaient combiné démocratie, en ce qui les concernait, et l’absolutisme peut-être trouvé en France, comme moyens d’exploitation du monde ? 

vendredi 16 mars 2012

Constitution des sociétés : Robert Axelrod

Robert Axelrod a fait s’affronter des programmes informatiques qui, chacun, avait une tactique propre. Quelle est celle qui a gagné ? « dent pour dent ». Plus exactement, l’algorithme est d’abord amical puis modèle son comportement sur celui de l’algorithme qu’il rencontre. Rapidement, on aboutit à une coopération généralisée, avec quelques îlots de parasitisme.

Contrairement à ce que semble dire Konrad Lorenz, l’individu ne serait pas qu’agression. Elle serait une option, parmi d’autres. Et ces options lui permettent une sorte de dialogue avec son environnement, dont l’objectif est la coopération ?

Bien entendu, s’il ne trouve personne capable de se mesurer avec lui, il peut finir par éliminer ceux qu’il rencontre.

Compléments :
  • La provocation serait-elle une demande d’amitié ?
  • AXELROD, Robert, The Evolution of Cooperation, Basic Books, 1985.
  • Curieusement, l’histoire des Vikings rejoint cette théorie. C’était un peuple de commerçants, qui ne s’en prenait qu’à plus faible que lui. Il coopérait avec les forts. Son action semble avoir eu pour bénéfice de forcer ses victimes à la solidarité, et de mélanger idées et pratiques européennes. Des vertus des virus ? (BOYER, Régis, Les Vikings, Perrin 2004.) 

lundi 9 janvier 2012

Élections présidentielles : comment passer à l’offensive ?

Drôles d’élections présidentielles. Les deux camps semblent enterrés dans leurs tranchées. On joue au mieux l’escarmouche.

Pourquoi ne bougent-ils pas ? Peut-être parce que leurs idées ne sont pas les nôtres. D’un côté, il y a un libéralisme débridé, que nous croyons à l’origine de la crise ; de l’autre de nobles principes, effrayants d’irréalisme.

Ce faisant, chacun court le risque d’être éliminé sans combattre, du fait d’un aléa malheureux. Comme M.Jospin en 2002. L’idéal du Viking, d’après le film de Kirk Douglas, était de mourir l’épée à la main. Peut-être est-ce mieux que de crever de remords ?

Quelle forme pourrait prendre une offensive ? La logique de la politique est le Machiavélisme. Une tentative :
  • M.Hollande pourrait montrer que partout en Europe ceux qui pensent comme M.Sarkozy utilisent la crise pour faire plus de libéralisme, remède au manque de compétitivité de l’entreprise. Et si notre président n’attendait qu’une réélection pour laisser libre cours à ses passions ?
  • Quant à M.Sarkozy sa force est probablement son hyperactivité brownienne et la haine irrationnelle qu’il inspire au camp adverse. La danse de Saint Guy à laquelle il se livre naturellement rend fou. Or, la gauche n’est qu’individualisme et ses francs tireurs ne demandent qu’une occasion pour partir en Jihad.
Compléments :
  • M.Sarkozy et sa taxe Tobin, probablement techniquement inapplicable, suivent-ils ces recommandations ? 

dimanche 6 novembre 2011

Secret des Vikings

Je me souviens de lectures d’enfance qui s’émerveillaient des capacités des Vikings à naviguer dans la brume.

Ils auraient utilisé un cristal qui permet de repérer la direction du soleil : sa lumière polarise l’air, et le cristal permet de repérer cette polarisation. (Sunstruck)

vendredi 4 mars 2011

Publicité : le crime paie

Pour une entreprise inconnue toute publicité est bonne. Cela crée sa notoriété. Rien d’autre ne reste (en particulier l’éventuel aspect négatif de la nouvelle).

L’affaire Kerviel, illustration de la robustesse de ce théorème ? J.Kerviel est sorti de l’anonymat. C’est une star, et toute star peut trouver une rémunération de star ?

Dans notre société, le crime paierait-il ?

Compléments :
  • Chez les Vikings la peine la plus terrible n’était pas la mort, mais l’exclusion de la communauté. Ainsi, la mauvaise pub ne rapportait pas. BOYER, Régis, Les Vikings : Histoire et civilisation, Librairie Académique Perrin, 2004

mercredi 10 décembre 2008

Bernard Kouchner et les droits de l’homme

Mon radio réveil déclare que Bernard Kouchner est mal à l’aise avec son secrétariat d’état aux droits de l’homme. À midi, j’entends un des rédacteurs de la déclaration des droits de l’homme dire que la France ne les respecte pas, notamment dans le domaine de l’immigration.

Qu’arriverait-il si des millions d’immigrés se présentaient à nos portes, et que nous les recevions ? La théorie économique répond : que de bonnes choses. À terme, ça augmente mécaniquement la richesse du pays.

Doit-on faire profiter les immigrants des systèmes de protection sociale, à la construction desquels ils n’ont pas participé ? Les immigrés sont rarement des dirigeants, plutôt des travailleurs peu qualifiés, qui parlent mal la langue du pays : s’ils doivent trouver un emploi ce sera probablement, au moins initialement, dans une entreprise existante, et à une place qu'aurait pu occuper un indigène peu favorisé. En outre, la loi de l’offre et de la demande ne va-t-elle pas amener à un abaissement des salaires les plus faibles ? Et, égoïstement, que dirions nous si le métro se trouve saturé, si nous n'arrivons plus à nous loger comme nous le pensions, si nos enfants ne peuvent plus faire les études que nous leur promettions… ?

Je me souviens de paysans basques (français) très ennuyés par l’immigration de touristes anglais : les terres étaient devenues hors de prix. Ces paysans, indirectement, se trouvaient expropriés, ils ne pouvaient plus vivre la vie qui avait semblé leur destin. On les privait de leur identité. N’était-on pas en train d’enfreindre leurs droits les plus fondamentaux ? Les Corses, eux, avaient su se faire respecter, m'a-t-on dit...

La notion de droits de l’homme est difficile à appliquer, parce qu’elle est une invention récente. Par définition, il y a encore quelques siècles, personne ne la respectait. Chez les Vikings, la peine ultime n’était pas la mort, mais l’expulsion du groupe : l’homme n’était qu’un membre du tout. Aujourd’hui encore, il semble que la notion de droits de l’homme soit une abstraction pour le Chinois. Sa culture y est imperméable. Il y a quelques jours RFI diffusait un reportage sur la crise du lait frelaté chinois. Un éleveur interviewé expliquait que mettre des additifs dans le lait était le seul moyen de répondre à une demande en croissance forte. Et le risque pour l’homme ? Sa famille ne consommait jamais de ce lait.

Problème de conduite du changement. Les droits de l’homme sont un idéal. Mais comment les mettre en œuvre ? On n’en sait rien.

Mission d’un secrétariat aux droits de l’homme ? Ma suggestion. Plutôt que de se contenter de dénoncer les manquements à ceux-ci, aider, là où il y a manquement, à les faire respecter, sans produire de déséquilibres regrettables. Le secrétariat d'état doit être un champion de conduite du changement !

BOYER, Régis, Les Vikings, Perrin 2004.
Aperçu chinois : Le discours de la Tortue