mercredi 10 avril 2019

La justice et le politique

M.Netanyahou semble devoir être réélu. Heureusement pour lui, car il est poursuivi par la justice.

Il y a d'ailleurs quelque-chose de curieux. Beaucoup de leaders "populaires" ont la justice sur le dos. Y a-t-il corrélation entre ce qu'aime le peuple et ce qui est malhonnête, ou la justice ne serait-elle pas totalement aveugle ?

Aux USA, la justice est devenue caricaturale. Dès qu'un homme politique surgit, on lui fait un procès. Le mal américain gagnerait-il le monde ? Le système judiciaire pourrait-il avoir des biais systématiques ?

Le CNRS ou Les misérables

France Culture célébrait les 80 ans du CNRS. Entretien avec son PDG et le directeur du Collège de France. Interviews de gens fameux étant passés par le CNRS.

J'en retiens que le CNRS n'a pas les moyens de payer ses chercheurs. Mais, les salaires lui coûtent tellement cher (pas loin de 85% de son budget), qu'il n'a plus les moyens de leur donner de quoi travailler ! Exception française. Quant aux prix Nobel interviewés, ils déclarent que, dans les conditions actuelles de recherche conditionnée par l'économie et les appels d'offres, ils n'auraient jamais pu réussir.

Le ridicule ne tue pas.

mardi 9 avril 2019

L'extraterrestre Macron ?

Politico EU donne des nouvelles des institutions européennes. On y rapporte les déclarations de M.Macron. Je m'interroge. M.Macron semble parler en son nom propre. Deux questions. Ne devrait-il pas se préoccuper de son opinion nationale, et s'assurer qu'elle sait, et est d'accord, avec ce qu'il dit ? Ce qu'il dit, justement, est-il jugé pertinent par les autres chefs de gouvernement européens ?

Je me demande s'il ne ressemble pas à George Mikes. George Mikes, Hongrois installé en Angleterre, explique que les Anglais ne savent pas parler anglais. Le véritable anglais est celui qui est parlé en Hongrie. Et si M.Macron avait inventé son "libéralisme", et si, d'une part, il découvrait que ce n'était pas celui des libéraux, et, d'autre part, qu'il n'est plus à la mode et que ce qui l'est est ce qui fait que la nation qui l'a élu résiste au libéralisme, comme elle a résisté à la guerre d'Irak ?

L'ère de la technocratie ritualiste

Nous sommes une technocratie, pas une démocratie. Non seulement la bureaucratie étatique est une machine gigantesque, mais les multinationales sont, elles aussi, des bureaucraties qui ont un poids formidable.

Le principe de la technocratie est "l'artificiel" par opposition au "naturel" (cf. Herbert Simon). La technostructure trouve la vérité dans sa tête, dans ce qu'elle a étudié. Elle ignore le monde.

Curieusement, on est arrivé au delà de ce qu'avait prévu Max Weber. Il disait, en substance, que la bureaucratie était constituée de gens compétents, les fonctionnaires, dirigés par des incompétents, les élus du peuple. Or, aujourd'hui, même les élus sont des fonctionnaires !

Après guerre, la bureaucratie a fait l'objet d'une quantité de travaux. Par exemple ceux de Robert Merton, ou de Michel Crozier, en France. Tous montraient qu'elle était aux prises avec des cercles vicieux systémiques. C'est une forme de ritualisme. Le membre d'un système oublie ce pourquoi le système a été créé, pour vénérer le système lui-même.

Faut-il s'inquiéter ?

lundi 8 avril 2019

Epater le bourgeois, est-ce une politique ?

Bobos in paradise dit que le mot d'ordre de l'élite est "épater le bourgeois", le provoquer. Cela explique certainement la stratégie des démocrates américains, qui ne cherchent pas tant à gagner les élections qu'à choquer les électeurs de M.Trump.

Cela expliquerait aussi pourquoi, après avoir défendu le mariage libre, la gauche s'est faite la championne du mariage pour tous. Elle est mue par une "contre culture". Elle cherche les valeurs de la culture, pour les provoquer. Les "valeurs socialement avancées" ont pour but de choquer les valeurs sociales ? Que la société adopte ces contre valeurs et "l'intellectuel", par réaction, défendra ce qu'il combattait ?

Voilà pourquoi les pouvoirs de gauche n'ont eu aucune action politique ? Ils se payaient de symboles ?

Flaubert est le modèle du Bobo. Non seulement il a vécu de ses rentes, mais il a empêché sa nièce de faire un mariage d'amour, pour un mariage bourgeois (qui a mal tourné, et a ruiné Flaubert). "L'intellectuel" n'est pas qu'un bohème, c'est surtout un (grand) bourgeois. Il est imprégné des valeurs qu'il combat. L'académie française est pleine de soixante-huitards.

("L'intellectuel" serait-il un gosse de riche qui veut conserver le confort, l'irresponsabilité, de l'enfance ?)

Faire payer les riches ?

Une gilet jaune disait : "il faut faire payer les riches". Ce n'est pas original. Mais ça ne semble pas avoir marché par le passé. En effet, la richesse est inégalitaire. En grande partie elle est possédée par peu de personnes. Il leur est aisé de s'enfuir, ou de procéder à des mesures de rétorsion : nous sommes tous dépendants les uns des autres. (Voir ce qui s'est passé au Vénézuéla.)

Y aurait-il d'autres solutions ? Il y a eu déversement des riches vers les pauvres, sans révolution. Ne serait-il pas possible que le phénomène ait lieu dans l'autre sens ? Un ouvrage traitant de l'émergence du Bobo, disait que les nouvelles classes dirigeantes pensaient n'avoir aucune responsabilité sociale (elles estiment qu'elles doivent leur fortune à leur mérite). Est-ce ce qu'on appelle "oligarchie" en Russie ? Le détournement, à leur profit, des biens collectifs par ceux qui en avaient la charge ? Un retour, modéré, au passé ne permettrait-il pas de conserver les avantages acquis, sans risquer une révolution, et en étant récompensé par la reconnaissance générale ?

dimanche 7 avril 2019

Vax ou Antivax ?

Mouvement anti-vaccins. Origines ? Apparemment les anti-vax reprennent du poil de la bête actuellement. C'est l'effet de l'individualisme ambiant. D'ailleurs les anti-vax étaient au creux de la vague pendant les périodes de guerre, alors que la vaccination faisait des dégâts... Mais alors il n'était pas permis de critiquer la nation.

Curieusement, vax ou anti-vax se ressemblent. Ce sont des actes de foi. Initialement, la vaccination tue relativement souvent, parfois des gens qui ne seraient pas morts sans vaccination (comme lorsque le procédé vaccinal transmet par inadvertance la syphilis)... On ne comprend pas ce qui se passe. Pas certain que si l'on devait recommencer aujourd'hui de la même façon, le principe de précaution ne mettrait pas un terme à la carrière de Jenner et de Pasteur.

Vax et anti-vax : deux faces d'une même pièce ?

Bug de Boeing et fiabilité de l'aviation civile

L'accident des Boeing 737 Max pose deux questions : y a-t-il un problème "émergeant" de fiabilité des avions modernes et peut-on croire Boeing s'il dit qu'il a réparé son avion ?

Ce qu'on lit :
  • Le 737 Max serait une version à peine modifiée du 737, qui a 50 ans. Un avion parmi les plus vendus. Argument : pas besoin de former vos pilotes. Probablement aussi : un nouvel avion pour pas cher. 
  • Le changement tiendrait à un nouveau moteur. Ce moteur a conduit à une modification du comportement de l'avion, que l'on a cherché à corriger par un système informatique, en particulier pour que le pilote ne se rende compte de rien. 
  • Pour des raisons inconnues ce système ne serait pas pourvu des redondances habituelles. 
  • La validation du système n'aurait pas été faite par un organisme indépendant, mais par Boeing. 
  • Le développement de l'avion aurait pris du retard, les tests de vol ne se sont pas bien passés, et il y avait donc des raisons pour aller vite et ne pas prêter attention aux mauvaises nouvelles. 
Scénario habituel du bricolage qui a des conséquences imprévues ? Ou culture pervertie par la soif du gain, ou la gestion par les coûts ?

Quant à mes questions. Pour la première, il semble qu'il faille remettre en place les processus traditionnels de certification. Pour la seconde, il est possible que la phase de test et de mise au point du 737 Max ne soit pas finie... Avec une probabilité, faible mais non nulle ?, qu'il y ait une erreur de conception définitive.

(USA Today ; France Culture.)

samedi 6 avril 2019

Michel Foucault ou l'instrumentalisation de l'autorité ?

Le philosophe Pierre Vesperini parlait de Marc Aurèle. Quand on étudie ce qui se disait à l'époque de Marc Aurèle, on en arrive à une interprétation des écrits de cet empereur qui est totalement différente de celle qui domine la pensée française. En particulier, Marc Aurèle n'est pas un stoïcien, le membre d'une secte, mais une personne qui se sert de différentes disciplines de la pensée pour guider sa vie. Les travaux de Michel Foucault, en particulier, reposent sur une interprétation tronquée des textes.

Les philosophes et les scientifiques patentés ont-ils eu le tort d'utiliser leur position d'autorité pour servir leurs combats personnels ? Devrait-on s'interroger sur ce qu'exige, en termes de rigueur intellectuelle, "la science" ?

Qu'est-ce que le pragmatisme ?

Le pragmatisme est un des grands courants philosophiques mondiaux. Il est traditionnellement puissant aux USA. Il semble aussi proche de la pensée chinoise (ou d'une forme de pensée dominante).

La raison n'est qu'un outil, mais elle croit être la réalité, ou savoir ce qu'est la réalité. Le pragmatisme me semble être une tentative de contrôle de la raison par la raison, de même que l'on apprend à utiliser un outil. Par exemple, les lois de la physique ne disent pas ce que sont les lois de la nature (y en a-t-il ?) mais permettent de concevoir des outils qui nous sont utiles. Le pragmatisme, c'est la science comme autre nom d'une pensée qui pense correctement (ce que Descartes et Edgar Morin appellent "méthode").

Après une période où l'on a fait grand usage de l'utopie, marxisme, nouvelle économie, consensus de Washington, block chain ou autre intelligence artificielle, le retour sur terre pourrait s'appeler pragmatisme.