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dimanche 20 juin 2021

Suisse anti écolo

Les Suisses votent pour les pesticides et se désintéressent du réchauffement climatique (article de Telos). Leurs raisons sont celles des Gilets jaunes. 

Voilà qui annonce des moments difficiles pour les mesures "tout environnementales" qui sont lancées partout dans le monde. 

Cela signifie peut-être que la croissance des inégalités a atteint un point critique, et qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs : il faut recréer une économie compatible avec les intérêts de la population avant de demander à cette économie d'arrêter de chauffer le climat. (Les deux pouvant certainement être combinés, pour peu que l'on fasse preuve d'un rien d'intelligence.)

jeudi 18 mars 2021

Les sources de l'inégalité

On parle beaucoup d'inégalités ces derniers temps. Et, effectivement, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais certaines parties du pays et de la population ont subi une sorte de "nettoyage à sec". 

Notre obsession de l'égalité est la risée des nations étrangères. Et pourtant, nous sommes ultra inégalitaires. Que se passe-t-il ? 

La Révolution et la 3ème République semblent avoir voulu remplacer les nobles par des individus sélectionnés pour leurs mérites intellectuels innés. Autrement dit, nous vivons sur le principe de l'Ancien Régime ! (Au passage, c'est aussi la thèse de Tocqueville.) D'ailleurs, ceux qui nous dirigent prétendent que nous leur devons le respect parce qu'ils sont une "élite" ! Autrement dit, c'est une aristocratie. On ne peut pas la contester, parce que l'on n'a pas la capacité intellectuelle de la comprendre !

L'inégalité serait-elle dans nos têtes ?

mardi 15 décembre 2020

L'école de l'inégalité ?

Lorsque la confection des lois, les travaux d'administration, la fonction de juger, deviennent des professions particulières réservées à ceux qui s'y sont préparés par des études propres à chacune, alors on ne peut plus dire qu'il règne une véritable liberté. Il se forme nécessairement dans une nation une espèce d'aristocratie, non de talents et de lumières, mais de professions. C'est ainsi qu'en Angleterre celle d'homme de loi est parvenue à concentrer, parmi ses membres, presque tout le pouvoir réel. (Condorcet, Cinq mémoires sur l'instruction publique.)
Voilà qui nous décrit l'ENA ? Prescience de Condorcet ?

Antidote ?
Le pays le plus libre est celui où un plus grand nombre de fonctions publiques peuvent être exercées par ceux qui n'ont reçu qu'une instruction commune. Il faut donc que les lois cherchent à rendre plus simple l'exercice de ces fonctions, et qu'en même temps un système d'éducation sagement combiné donne à cette instruction commune toute l'étendue nécessaire pour rendre dignes de remplir ces fonctions ceux qui ont su en profiter.

Le premier de tous les changements ? 

jeudi 10 décembre 2020

Le paradoxe du sablier

Le numérique va transformer la société en "sablier". Quelques informaticiens bien formés à la tête, une masse de personnels de service à la base, pas de classe moyenne, au milieu. On l'a beaucoup dit, il y a quelques années. Notre réalité ?

Le paradoxe de ce modèle est que ceux qui en parlent ne sont pas les informaticiens. Ils n'ont même presque jamais une formation scientifique. (Formation, d'ailleurs, qui se perd en Occident.) Comment se fait-il qu'ils ne se sentent pas menacés ? Une raison, peut-être, est qu'ils sont hors de ce système. Leur "mérite" les a placés à ses postes de commande. Ils observent, de l'extérieur, sa transformation, en sablier ? 

mercredi 20 novembre 2019

De la source des inégalités

Il semble que les aptitudes soient à la fois innées (cf. les caractéristiques physiques) et acquises (si l'on ne vous enseigne pas le piano assez tôt, vous ne serez jamais un bon pianiste). Surtout, ce qui caractérise l'homme, c'est la capacité à changer.

Les inégalités viennent d'un traitement différent de ces aptitudes (capacité au changement compris) par la société. La société serait tout autre, si elle cherchait à en tirer parti également.

(Peut-être serait-elle moins secouée par des crises produites par l'émergence d'un talent auquel résiste l'ancien ordre des choses ?)

dimanche 20 octobre 2019

Grève sans préavis

Vendredi, quai de la gare : des agents de la SNCF partout, pour dire qu'il y a une grève sans préavis. Résultat d'une agression. J'ai cru que les voyageurs allaient agresser les agents de la SNCF.

D'après ce que j'ai lu, le "droit de retrait" serait la justification juridique d'une grève sans préavis. Le droit de retrait signifie, toujours si j'ai bien compris, que, soudainement, tous les agents de la SNCF estiment que leur vie est en danger. Il y a encore un semblant de loi ? Mais pour combien de temps ? Et si tout le monde se comportait comme cela ?

Loi de la jungle ? C'est toléré, parce que la loi ne s'applique qu'à l'homme ? Les agents de la SNCF sont des "misérables" ? Le peuple en général ?

Que signifie l'égalité sinon que les lois s'appliquent à tous ? Et que les manifestations de mécontentement se font dans la dignité ?

mercredi 4 septembre 2019

Reproduction des élites

Je disais à un étudiant de grande école de commerce que la meilleure façon de trouver un stage était l'annuaire des anciens élèves de son école, et les parents de ses camarades.

J'ai alors pensé que, de mon temps, ce n'était pas le cas. Les parents de mes camarades étaient, généralement, de petits fonctionnaires ou employés, leurs grands parents étaient des immigrés ou des paysans. S'il y avait des sortes de dynasties, c'était des dynasties d'intellectuels. Et elles étaient rares. En fait, la reproduction des élites se trouve dès la terminale : j'ai été surpris d'entendre qui étaient les parents des camarades de la fille d'un ami. Il y avait des associés d'Ernst et Young, des descendants d'une des plus riches familles roumaines, etc. (J'avais aussi un "camarade" roumain, mais, lui, avait fuit la Roumanie soviétique, par ses propres moyens...)

mercredi 21 août 2019

La méritocratie : le mal de notre temps ?

La méritocratie serait-elle la cause de nos inégalités ? Cela semble le cas aux USA. En effet, le mérite se mesure à l'éducation, et l'éducation qui produit le mérite n'est accessible qu'aux enfants des sélectionnés de l'éducation. Relativement, c'est la classe moyenne qui perd le plus avec cette nouvelle "méritocratie". (Que jadis on appelait "aristocratie", "gouvernement des meilleurs".)

Autre paradoxe. Cette élite souffre. Elle n'a pas de jeunesse. Et elle ne connaît que le travail. Mais c'est ce qui la rend résistante au changement : elle pense qu'elle doit sa position sociale à son travail acharné.

Comment changer les choses ? Réduire le temps de travail de l'élite, élargir l'accès à l'éducation, et réorienter l'économie vers les biens et services produits par des gens qui n'ont pas de diplômes compliqués. Tout le monde peut y gagner.

(La dernière idée m'a frappée. En effet, au delà de la question de la méritocratie, ne serait-ce pas un moyen d'améliorer, magistralement, notre vie ? Par exemple, le médecin est devenu un goulot d'étranglement de notre système de santé, alors que, probablement, une très grande partie de ses fonctions pourraient être remplies par des personnels moins qualifiés. Plus généralement, dans tous les domaines, quelques "castes" semblent occuper des monopoles qui paralysent la vie de la société.)

mardi 16 juillet 2019

L'éducation enrichit

M.Obama est très riche, les Gilets jaunes sont très pauvres. Si l'on confiait la question des inégalités à l'intelligence artificielle, il est probable qu'elle nous dirait qu'elles sont corrélées à la politesse.

Dans une logique d'égoïsme décomplexé, chacun lutte avec ses armes. Les classes éduquées font de beaux discours, les classes incultes hurlent.

Curieusement, lorsqu'un intellectuel grand bourgeois, Jaurès, Marx ou Sartre, rejoint le peuple, au lieu de lui apporter son éducation, il l'encourage à l'incorrection. Comme s'il croyait qu'elle était génétique.

A une époque de théorie du genre, où l'on pense que toute différence résulte de la société, pourquoi cette idée n'a-t-elle pas atteint la question des inégalités ? Et si l'inégalité était une question d'éducation ?

lundi 8 avril 2019

Faire payer les riches ?

Une gilet jaune disait : "il faut faire payer les riches". Ce n'est pas original. Mais ça ne semble pas avoir marché par le passé. En effet, la richesse est inégalitaire. En grande partie elle est possédée par peu de personnes. Il leur est aisé de s'enfuir, ou de procéder à des mesures de rétorsion : nous sommes tous dépendants les uns des autres. (Voir ce qui s'est passé au Vénézuéla.)

Y aurait-il d'autres solutions ? Il y a eu déversement des riches vers les pauvres, sans révolution. Ne serait-il pas possible que le phénomène ait lieu dans l'autre sens ? Un ouvrage traitant de l'émergence du Bobo, disait que les nouvelles classes dirigeantes pensaient n'avoir aucune responsabilité sociale (elles estiment qu'elles doivent leur fortune à leur mérite). Est-ce ce qu'on appelle "oligarchie" en Russie ? Le détournement, à leur profit, des biens collectifs par ceux qui en avaient la charge ? Un retour, modéré, au passé ne permettrait-il pas de conserver les avantages acquis, sans risquer une révolution, et en étant récompensé par la reconnaissance générale ?

jeudi 8 novembre 2018

Classe moyenne et changement

Ce qui est reproché à la classe moyenne est de ne pas s'adapter au changement, et de réagir méchamment : racisme, etc.

Lorsque l'on y regarde de plus près, elle a subi un curieux changement. Tout ce qui faisait sa vie a été attaqué : chômage de masse, transports en commun dégradés, ascenseur social démonté, etc. On serait mécontent à moins que cela. Au fond elle s'est faite dépecer. Et ceux qui ont profité d'elle lui reprochent d'être une mauvaise perdante.

mercredi 3 octobre 2018

Pauvreté en France

La pauvreté ferait de grands pas en France. La tendance actuelle aurait démarré en 2005 - 2009.

Ce qui est surprenant est que la gauche se définit comme le défenseur des "perdants", et que le thème de la pauvreté n'a pas été à son programme ces dernières décennies. Plus curieux, c'est dès l'après guerre, en pleine période de prospérité, qu'elle s'est jetée dans la lutte contre l'injustice, dénonçant les forces du mal qui étaient à l'oeuvre. Parti d'aussi haut et avec un tel élan, on devrait avoir atteint le communisme des théories de Marx, aujourd'hui.

mardi 2 octobre 2018

Egalité et intelligence artificielle

Les responsabilités de l'enseignant sont terribles, lorsque l'on y réfléchit. Il décide du sort d'un homme. Comme Saint Pierre, il choisit comment notre esprit sera développé. S'il sera entraîné à la pensée, ou laissé en friche, à la merci de la manipulation.

La spécialisation est faite par la société, en partie pour des raisons raisonnables : il faut que l'offre corresponde à la demande. Du coup, la fonction est corrélée avec l'éducation.

Jusqu'ici, on a cherché à combattre ce type "d'injustice", par la politique. Pourquoi, plutôt que de faire la révolution, ne se mettrait-on pas à utiliser des moyens physiques, tels que les formations en ligne ? Il y aurait, d'un côté, la fonction que l'on occupe dans la société, à la mesure de nos dons et de nos envies, ou de la nécessité, et, de l'autre, nos capacités intellectuelles qui s'accroitraient au gré de notre motivation. Tous des autodidactes.

Dans ce modèle, le rôle de l'enseignant, ne serait plus de couper les ailes de ses élèves, mais, au contraire, de leur donner l'impulsion qui les pousse à s'envoler.

dimanche 30 septembre 2018

Qu'est-ce qu'un homme libre ?

Sur demande, je me suis penché sur la question de l'entreprise libérée. J'en arrive à penser que la meilleure façon de comprendre ce que c'est est, comme souvent, de la définir par son contraire : "command and control". L'entreprise libérée est l'inverse de l'organisation-machine.

Cela permet aussi de réfléchir sur ce que veut dire "homme libre". Car le composant de l'entreprise libérée, c'est l'homme libre. Là aussi, on peut le définir par son opposé, qui est inattendu. Car "command and control" ne produit pas que des exécutants. Mais un homo hierarchicus : des exécutants et des dictateurs, des "petits chefs". Car l'exécutant et le dictateurs sont la même personne à des endroits différents. Le principe de "command and control" c'est l'inégalité. Le principe de l'entreprise libérée, c'est, à l'opposé, l'égalité. Mais pas  celle que l'on a en tête quand on entend le mot. C'est un état dans lequel personne ne se sent inférieur ou supérieur à un autre. Ce qui meut l'entreprise libérée, ce n'est pas le "commandement", c'est le leadership, c'est ce que jadis on appelait "l'autorité", c'est-à-dire un comportement exemplaire, qui est une source d'inspiration, pas de suivisme. C'est Napoléon à Arcole.

Les travaux sur l'entreprise libérée constatent que la liberté n'est pas un état naturel. Elle se crée, et s'entretient. Ce sont les conditions sociales dans lesquelles il vit qui libèrent l'homme, ou qui l'asservissent. Dans une société d'esclaves, Socrate est condamné à mort. Les conditions de la liberté ont un nom : une "constitution". C'est un dispositif multiple (murs, ou absence de murs, lois, coutumes...) qui oriente plus ou moins consciemment les comportements.

C'est le paradoxe de l'anarchie. L'anarchie, c'est le contraire de l'anomie pour laquelle milite le lanceur de bombes. C'est la loi qui organise la liberté.

samedi 29 septembre 2018

Nous sommes tous des Américains ?

C'est fou comme la France ressemble à l'Amérique. Il y a quelques années je lisais des articles anglo-saxons qui disaient que si les enfants des diplômés (riches) faisaient des études (et devenaient riches), c'est parce que le génie était héréditaire. Je lisais aussi que les familles des gens riches étaient heureuses, et qu'elles pensaient que la misère des pauvres avait des causes morales.

Eh bien je rencontre cela en France. Celles des familles de diplômés "des meilleures écoles" qui ont su éviter le divorce ont une vie heureuse et des enfants bien dans leur peau, qui font des études exceptionnelles.

Cela me frappe, parce que lorsque je préparais les grandes écoles au lycée Condorcet (qui était à l'époque n°3 en termes de réussite), ma classe était composée quasiment à 100% d'ascenseur social. Aujourd'hui, la proportion du dit ascenseur dans la terminale du dit lycée est quasiment de 0%. Comme l'écrit J.Attali, la sélection se fait à la maternelle ? Et elle n'a pas la compétence pour critère ?

samedi 15 septembre 2018

La métamorphose de M.Macron

Homéostasie ? Y a-t-il quelque-chose qui fait que tous nos présidents se ressemblent ?

M.Macron avait démarré "troisième voie". Une tradition française. Il y a autre chose que la gauche et la droite. Il y a la France. Réconciliation de tout, opposants, mais aussi individu et société. Curieusement, il a basculé vers l'option "président normal", c'est-à-dire prétentieux et méprisant, sans que l'on sache ce qui lui a donné une aussi haute opinion de sa supériorité. C'est exactement ce que le Français adore haïr. C'est peut-être ce qui a coûté leur tête aux aristocrates. En France, l'égalité n'est pas tant une question d'argent que d'humilité ?

jeudi 13 septembre 2018

Talent

J'entendais un professeur du collège de France parler de talent (France Culture). La vogue moderne pour le "talent" aurait été lancée par McKinsey. Jusque-là le talent se trouvait uniquement dans l'art et la science. Maintenant, il est essentiellement au sommet de l'entreprise.

En son temps, je n'ai pas pris au sérieux cette mode. J'ai pensé que c'était un moyen qu'avait inventé les dirigeants pour justifier des salaires disproportionnés. Le dirigeant se dit un "créateur de valeur", il doit donc être rémunéré en proportion de sa création.

(Les politiques, eux aussi, se sont mis un moment à se définir comme des "entrepreneurs". Il n'est pas impossible que M.Macron soit un des derniers membres de cette jet set.)

jeudi 6 septembre 2018

Malheurs de la classe moyenne

On parle beaucoup des malheurs de la classe moyenne...

Aristote disait qu'elle jouait un rôle de stabilisateur. Elle semble avoir été l'enjeu de la guerre froide. Il ne fallait pas que le peuple de l'Ouest cède aux attraits soviétiques. Alors, on a cherché à augmenter la proportion de "petits bourgeois", la "classe moyenne" ? A l'Ouest, le mouvement est probablement parti des USA. Puis a été suivi par l'Europe. Ce qui me fait penser cela ? L'ouverture en grand des portes de l'enseignement supérieur, commencée après guerre aux USA, est peut-être une volonté d'embourgeoisement.

J'ai été surpris par un livre écrit en 68. Ses auteurs, des intellectuels, s'opposaient aux révolutionnaires de 89. Ils prenaient, par conséquent, fait et cause pour l'aristocratie. 68 : contre-Révolution ? Le véritable ennemi de son Marxisme était la "classe moyenne" petite bourgeoise ? (N'est-ce pas elle dont on vole les nains de jardin, et qui subit les grèves de la SNCF ?) Un avatar de l'aristocratie a été la gagnante du changement ? La disparition de l'URSS l'a aidée ? (Il n'y avait plus besoin de séduire le peuple.) Mais elle a peut-être poussé son avantage un peu loin : l'effet stabilisateur a disparu...

Pertinent ?

jeudi 19 octobre 2017

ISF

Grand débat sur l'ISF. M.Macron est-il le président des riches ?

Question pertinente ? Le problème qui préoccupe la population est-il la richesse ou l'accès à une situation décente ? Si c'est le cas, le véritable enjeu politique, au moins en France, c'est l'éducation. Ou plutôt "l'ascenseur social", la possibilité d'avoir accès à certains emplois. C'est elle qui crée les privilèges. C'est elle qui explique le creusement des inégalités. C'est probablement la raison pour laquelle aucun de nos politiques, de gauche ou de droite, ou nouvellement renouvelés, n'ont intérêt à en parler ? Ce sont tous les hommes politiques des riches ? ISF : écran de fumée ?

mardi 18 avril 2017

Inégalités

France culture parlait d'inégalités, samedi dernier. La France est un champion mondial dans ce domaine. L'inégalité est créée par l'école. Tout ce que l'on fait pour la combattre ne fait qu'empirer le mal. Les mesures gouvernementales désignent à la population ses zones de "non éducation", qui sont fuies par ceux qui le peuvent, d'où constitution de ghettos !

Ce qui est étrange, c'est que l'on ne parle pas d'un paradoxe. En effet, il y a un coupable évident : c'est l'enseignant. Cela semble évident, non ? D'ailleurs, Camus était un ultra pauvre, qui a été repéré par un instituteur d'élite. Notre histoire est faite de ces histoires. Pourquoi cela n'arrive-t-il plus ? Pourquoi, notre enseignement, qui est, de notoriété publique, de gauche et inspiré par l'esprit 68, n'a-t-il pas fait le bonheur du peuple, comme il le voulait ? Pourquoi, enfin, les enfants des enseignants réussissent-ils exceptionnellement bien ? 

Ce qui est intéressant dans cette question, n'est pas de désigner un bouc émissaire (quoi que, il serait bien que le dit bouc balaie devant sa porte avant de nous donner des leçons de morale). Mais d'en tirer un plan d'action. Et si les enseignants appliquaient à leurs élèves les recettes qui font réussir leurs enfants ? Certes, mais leurs enfants n'auraient plus d'avantage concurrentiel. Alors pourquoi ne pas inventer un enseignement dans lequel il n'y aurait plus de gagnant et de perdant ? Nous avons des talents différents. Nous sommes interdépendants. La sélection d'un prétendu "mérite" n'a aucun sens. Après tout, c'est cela l'égalité.