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vendredi 5 août 2022

Changement et boussole


Il s'est produit un changement étonnant depuis que j'ai écrit mon premier livre, il y a 20 ans : une génération spontanée d'experts du changement. Désormais, on sort de l'Education nationale diplômé en conduite du changement. 

Le changement est partout, pourtant rien ne change. 

Comment expliquer, alors, avec tout ce savoir-faire, le conflit qui mine le pays, l'échec des réformes gouvernementales, et l'état de notre économie ? 

Je constate le manque de "boussole" dans le changement. Une boussole a deux intérêts :

  • Elle demande un cap. Ce cap doit être un "changement de rupture" (par opposition à "incrémental"), ce que l'on appelle aussi un "stretch goal" ou un "changement de modèle économique". Autrement dit le changement doit être un changement : l'organisation ne doit plus être la même avant qu'après. Quand on observe de près nos changements, ils n'en sont pas. On installe tel ou tel logiciel, par exemple, mais, simplement, en espérant qu'il transformera l'entreprise. Non : la fin justifie les moyens, et pas le contraire. 
  • Ensuite la boussole guide. L'humanité semble incapable d'envisager le long terme, elle est dans l'instant présent. A chaque fois qu'elle rencontre une difficulté, elle cherche à l'escamoter. Le changement dévie de son cours, et le statu quo revient au galop. Homéostasie. La boussole rappelle le cap, et pourquoi on l'a choisi, et comment on compte l'atteindre. Et alors, miracle, le problème devient simple à résoudre. 
(Légende de l'illustration : "By Jacek Halicki - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48106443) 

vendredi 9 avril 2021

Méfions-nous des modes ?

Un journal régional publie toujours sur papier. Et il s'en porte très bien. En revanche, ce qui a failli lui être fatal c'est d'avoir cru, dans les années 2000, à ce que l'on disait d'Internet. 

Certes, contrairement au Canard Enchaîné, qui se porte aussi très bien, il utilise Internet, mais uniquement comme un service supplémentaire.

Etes-vous sûr que la mode à laquelle vous être prêt à adhérer est bien dans votre intérêt ?


mardi 6 avril 2021

Gauche brahmane

Thomas Piketty, hier, parlait de "gauche brahmane", gauche intellectuelle, très riche, et qui a oublié le peuple dans son programme. Cela m'a rappelé l'époque de la bulle Internet : il a fallu attendre qu'elle éclate pour que l'on puisse dire que c'était une bulle. 

Nous vivons au temps de ce que l'on appelle, dans le monde des affaires américain, les "modes de management". Des idées apparaissent de temps à autres, qui s'imposent à la société, et qu'il est interdit de discuter. Ce sont des sortes de révélations, au sens biblique du terme. 

Qu'est-ce qui les explique ? Nous avons besoin de croire au père Noël ? "The trend is our friend", disent les Anglo-saxons : elles sont attisées par des intérêts ?... Ou, tout simplement, lorsque l'humanité est protégée des réalités, elle invente des fantasmagories ? 

Le virus sera-t-il fatal à la mode ?

vendredi 26 février 2021

Indestructible raison ?

J'ai toujours tort, dit ce blog. Ce qui est parfois faux. En particulier, lorsqu'il lit les analyses qui sont faites des changements en cours. Ce qui était prévu s'est passé. Effectivement, les réformes ont donné le contraire de ce qui était attendu par nos gouvernements successifs, qui ont, essentiellement, fait une politique identique. 

Quel enseignement peut-on en tirer ? 

Que nous ne pensons pas. Les politiques suivent des modes identiques aux modes vestimentaires. On les absorbe sans réfléchir. En ce sens on peut même considérer que nos hommes politiques ne sont pas responsables des politiques qu'ils ont appliquées : ils n'ont fait que suivre ce qui se disait dans leur petit milieu international. 

Pour autant, il existe une raison qui résiste. Paradoxalement, les textes que je cite viennent souvent de Sciences Po, la fabrique de l'élite, qui apparemment ne les lit pas !

Conclusion : les Lumières ont échoué. Elles voulaient, justement, que nous ne soyons plus victimes de ces phénomènes de foule. La liberté, c'est cela. C'est penser par soi-même. 

Le problème que cela pose n'est peut être pas tant comment faire que nous pensions que : comment éviter que les derniers remparts de la pensée ne soient emportés ? 

mercredi 30 septembre 2020

Pourquoi les entreprises font-elles toujours les mêmes erreurs ?

Dans la littérature du management (anglo-saxonne), j'ai découvert le terme "management fad", mode de management. Les entreprises tendent à adopter mode après mode. D'où échec après échec. J'ai cru que c'était un mal des Anglo-saxons. Je constate qu'il nous a gagnés.

J'ai fait, dans les années 80, un mémoire sur l'intelligence artificielle, et un autre sur l'énergie solaire. Lorsque je lis la littérature du management, je vois revenir régulièrement les mêmes thèmes.

D'où cela vient-il ? Les "sciences du management", par exemple, ne sont pas enseignées comme les mathématiques. Peu de gens en entendent parler, et elles ne font pas l'objet d'un corpus structuré. Du coup, on lit un article sur le sujet de temps à autre, ou on "entend dire que". C'est une hypothèse.

lundi 10 août 2020

Océan bleu fabrique des baleines bleues ?

Une des dernières grandes modes de management a été "blue ocean". Il s'agissait, pour l'entreprise, de se différencier en se spécialisant au maximum. D'ailleurs, cela a été une des grandes tendances des sciences du management. On m'a enseigné qu'il ne servait à rien de se diversifier, le "marché" le faisait mieux que moi.

Et voilà le virus. Et l'on s'est rappelé que l'entreprise devait avoir les moyens de s'adapter. La spécialisation tuait.

"Dans un monde qui favorise de plus en plus les opportunistes et les généralistes de la biosphère, qu'adviendra-t-il des spécialistes comme la baleine bleue ?" disait récemment Scientific American.

jeudi 11 juin 2020

L'intelligence artificielle supprime un emploi

Les navires modernes sont pleins de capteurs. Ils envoient des milliers de données, toutes les quelques minutes, aux satellites qui les expédient à l'armateur.

Un manager demande à un subordonné, un ancien officier mécanicien qui, depuis deux décennies, est l'homme qui intervient partout dans le monde pour régler les imbroglios dans laquelle son métier fourre sa société, d'utiliser ces masses de "data" pour améliorer la "performance" de la flotte. L'innocent répond "le roi est nu". Selon les conditions météo, la vitesse d'un bateau peut aller de 13 à 3 noeuds. Et l'informatique embarquée a sérieusement augmenté le risque de panne du navire (notamment du fait de virus informatiques, qui arrivent avec les cartes électroniques mises à jour sans arrêt). Sans égard pour ses états de service, il est débarqué.

Quelques temps après, le manager est parti, et l'entreprise a constaté qu'elle ne pouvait pas faire mieux que ce que lui avait dit le marin. Pourquoi ne revient-il pas ? Parce qu'il a découvert qu'il avait des talents qui valent cher, pour beaucoup de secteurs économiques (en dehors des emplois évidents, un chef mécanicien est la personne idéale pour faire fonctionner bien des usines)...

(Autre intérêt de cet exemple : voir le discours du consultant tel qu'il est perçu par les membres de l'entreprise : ils essaient de comprendre ses "mots" par leur sens courant alors qu'ils appartiennent à une langue étrangère, celle du conseil en management.)

dimanche 8 mars 2020

Les entreprises sont elles sensibles au "populisme" ?

"Management fad", mode de management. J'ai découvert cette expression quand je me suis plongé dans la littérature du management.

Les entreprises suivent des modes. Les entreprises sont des moutons. Il y a la mode du reengineering (diviser par deux les effectifs), de la qualité (emploi à vie), de l'intelligence artificielle, de la block chain, des délocalisations, du développement durable, de la croissance externe, puis de la croissance interne...

Ces modes, contradictoires les unes des autres, ne coûtent-elles pas cher aux entreprises et à l'économie ?

Mais elles ont une logique : la pression sociale. Le dirigeant de multinationale, qui est un salarié, subit la pression de la bourse et des actionnaires "activistes", autrement dit une forme "d'opinion". Il s'agit peut-être de celle de gens qui ont une haute opinion d'eux-mêmes, mais il n'en demeure pas moins qu'ils sont soumis à des phénomènes qui ressemblent à ce que l'on appelle, ailleurs, "populisme". D'ailleurs la mode a un intérêt : elle évite de penser.

A côté des girouettes, il y a aussi ce que la théorie du management appelle les "leaders". Le leader est, probablement, plus souvent un entrepreneur qu'un dirigeant salarié. Paradoxalement être un leader n'est pas compatible avec une carrière ?

mardi 3 mars 2020

Jack Welsh

Jack Welsh, légende du management anglo-saxon, est décédé. Etrange. Car, pour ce type de démiurge, la mort n'est pas possible.

Il a tellement impressionné ses contemporains qu'il a épousé la rédactrice en chef de la Harvard Business Review (de loin la plus respectée des revues mondiales de management), elle-même en pleine folie de la bulle Internet !

Le propre de la littérature du management est de nous dire d'imiter des entreprises qui, le lendemain, disparaissent. Eh bien, c'est ce qui est arrivé à GE. General Electric, durant son règne, fut la plus belle entreprise américaine. Puis, tout s'est dégonflé. Avait-il un talent exceptionnel de manager, ou d'illusionniste ?
J.Welsh a dirigé GE de 1981 à 2001

mercredi 8 janvier 2020

Modes et convictions

Management fad disent les Anglo-saxons. Les entreprises suivent des "modes de management". Il en est de même des Etats (cf. la mode des "start up nations"). Est-ce idiot ?

Pas nécessairement, faire comme ses concurrents évite de se faire distancer par eux. En outre, les modes de management correspondent à des consensus sociaux. Beaucoup de gens croient encore que l'Intelligence artificielle peut faire des miracles, par exemple.

Bien entendu, les modes de management tournent généralement mal. Ce qui est mauvais pour ceux qui y ont cru. Quoi qu'il y ait des artistes du retournement. Certains s'appellent des "prospectivistes". C'est l'art de la girouette.

Mais tout le monde n'est pas comme cela. Ce qui fait la girouette, c'est l'absence de convictions. Mais il y a des gens qui en ont. Comme le disait Sartre "on ne naît pas homme, on le devient". Eux se sont construits.

La conviction serait-il ce qui différencie le dirigeant salarié, issu des grandes écoles, de l'entrepreneur, le "self made man" ?

lundi 7 octobre 2019

Tu seras un PDG, mon fils : licenciements et virilité

Il est écrit, dans le Financial Times, que le nouveau dirigeant, par intérim, de HSBC, veut laisser sa marque sur la société. Pour cela il envisage un plan de licenciement de dix mille personnes.

On ne soupçonne pas à quel point la direction d'entreprise est une question de mode. Aujourd'hui, le dirigeant "qui en a dans la culotte", doit le montrer par ses actions mâles. Le licenciement est un acte de courage. Le dirigeant contre tous. Le management est une question de virilité.

Hier, la mode était à l'intelligence. L'entreprise créait. Et le faisait de l'intérieur, en équipe. Une vertu féminine ?

Et si, au lieu de vouloir que la femme ressemble à l'homme, on cherchait à faire le contraire ?

Citation :
HSBC to axe up to 10,000 jobs in cost-cutting drive 
HSBC has embarked on a cost-cutting drive that threatens up to 10,000 jobs, as new interim chief executive Noel Quinn seeks to make his mark on the bank. The plan represents the lender’s most ambitious attempt to rein in costs in years, said two people briefed on it, who said it would result in a substantial reduction in HSBC’s headcount of roughly 238,000.

lundi 20 mai 2019

Flop et MOOCs

MOOCs ? On n'en parle plus. Les rêves ont été défaits par la réalité.

Encore une mode qui a fait long feu. Marketing adroit, puis prospectivistes qui se nourrissent de nouveauté, puis, personne ne veut être en retard, moutons de Panurge, en particulier écoles d'élite. C'est à celui qui s'affirme le plus bruyamment le champion de la nouveauté. Est-ce comme cela que ça se passe ?

Combien cela coûte-t-il aux start up nations crédules ?

vendredi 17 mai 2019

Faut-il décider vite ?

Mon précédent billet dit que Mme Loiseau pense qu'il faut décider vite. Depuis plus de 30 ans que je côtoie l'entreprise, j'entends cela. Nous sommes en des temps de décision rapide.

Qu'est-ce que cela donne ? L'état actuel du monde.

Des modes de management et des crises. Les entreprises sont des moutons. Décider vite est synonyme d'encéphalogramme plat. Comme le dit le psychologue Robert Cialdini, l'homme économise son cerveau. Pour cela, il a recours à des courts-circuits, il copie, en particulier. Du coup, il ne voit pas les conséquences de ses décisions. Il échoue et il persévère dans l'erreur. Il a l'impression de travailler comme un fou. Mais, au mieux, il fait du surplace, quand il ne détruit pas son patrimoine.

jeudi 16 mai 2019

No touch

L'année dernière, j'ai découvert l'idée du "no touch". Cela semble résulter d'un raisonnement ultra rationnel. Puisque l'on achète de plus en plus de logiciel, la commercialisation doit être dématérialisée. Le client apprend que le logiciel existe, il l'achète et l'utilise. Internet sera notre univers.

Dans un premier temps, il était permis aux commerciaux de s'aider encore du téléphone.

Cela a eu une conséquence imprévue : plus personne ne répond au téléphone, ou n'ouvre un mail d'une personne inconnue (ou regarde les publicités qui apparaissent sur les sites web). Approcher un client potentiel est devenu impossible, à moins d'avoir avec eux des relations personnelles, me disaient des commerciaux.

(Des sociétés proposent désormais des robots expéditeurs de séries de mails à des masses de gens. Ils cherchent à vous faire croire que leur propriétaire s'intéresse réellement à vous. "J'ai regardé votre site web...".)

lundi 14 janvier 2019

Entreprise libérée : un témoignage

Il y a quelques-temps, j'étais invité à une conférence. On y donnait un exemple d'un changement visant à libérer une entreprise. Enfin ?

Le problème initial : Société d'une centaine de personnes, croissant vite ; ses dirigeants sont des techniciens, non des managers ; comment gérer un personnel de plus en plus nombreux ? On leur conseille d'embaucher un directeur général. Mais, leur DRH, qui vient de lire les oeuvres de Frédéric Lalou, les pousse à libérer leur entreprise. On appelle un consultant.

La méthode : une expérimentation, portant sur une partie de l'effectif, mène à la constitution de quatre pôles d'activité, quasi autonomes, dont les membres se sont choisis. Alors à quoi cela-ressemble-t-il, une entreprise libérée ? On aboutit à une division en "business units", que d'aucuns qualifieraient de "silos"…

Qu'a-t-on gagné ? Meilleures conditions de travail pour les commerciaux. Mais on a réduit leurs objectifs de 15%, pour leur permettre de participer à l'opération, et le directeur commercial part (était-il inutile ?). On ne fait pas de changement sans casser des oeufs, sans pertes financières, dit, en substance, le consultant. Les bénéfices se verront à long terme.

Surtout, surprise, on apprend que les dirigeants ont vendu l’entreprise ! Donc, la réelle solution à la question qu'ils se posaient, gérer ses ressources humaines, c’est l’acquéreur, pas l’entreprise libérée. On entend aussi que les personnels, apparemment mécontents de la vente, partent.

Décidément, "l'entreprise libérée" est une mode de management, ont dû penser les participants. Mais ce témoignage contredit-il les travaux d'Isaac Getz ? Pour qu'il y ait entreprise libérée, il faut un leader libérateur. Ici, il y a des dirigeants qui veulent se débarrasser de leurs responsabilités. Ils sont libérateurs par abus de langage. Le sens des responsabilités, et d'appartenance à une communauté, est la caractéristique première d'un leader libérateur ?

jeudi 13 septembre 2018

Talent

J'entendais un professeur du collège de France parler de talent (France Culture). La vogue moderne pour le "talent" aurait été lancée par McKinsey. Jusque-là le talent se trouvait uniquement dans l'art et la science. Maintenant, il est essentiellement au sommet de l'entreprise.

En son temps, je n'ai pas pris au sérieux cette mode. J'ai pensé que c'était un moyen qu'avait inventé les dirigeants pour justifier des salaires disproportionnés. Le dirigeant se dit un "créateur de valeur", il doit donc être rémunéré en proportion de sa création.

(Les politiques, eux aussi, se sont mis un moment à se définir comme des "entrepreneurs". Il n'est pas impossible que M.Macron soit un des derniers membres de cette jet set.)

mardi 17 juillet 2018

Faire fortune dans l'électronique

Bientôt, il n'y aura plus que Foxconn et Amazon, me disait un ami. Une entreprise qui fabrique, et l'autre qui distribue.

Il y a quelques décennies, le dirigeant d'Alcatel se défaisait de ses sites de production. Alcatel a disparu, tué par la concurrence chinoise. Jamais les entreprises de fabrication d'électronique n'ont été aussi fortes. D'ailleurs, me disait cet ami, ce qui a fait la fortune des beaucoup d'entrepreneurs du secteur c'est d'avoir repris, à vil prix, les usines d'Alcatel et de ses collègues. Même phénomène que celui qui a enrichi les oligarques russes.

Car Alcatel n'a pas été original. Il était à la mode à l'époque, partout, de la pharmacie à l'automobile, en passant par le pétrole, de se débarrasser de sa production, pour la confier à des sous-traitants. Il y avait toute une théorie qui allait avec.

Si l'on a quelque chose à reprocher à quelqu'un, c'est peut-être à notre Education nationale. Elle fait croire à son élite qu'elle a une pensée originale, alors qu'elle n'est qu'un mouton ?

samedi 2 juin 2018

Mode de management

Mode de management (une). J'ai découvert ce terme (management fad) dans les journaux anglo-saxons il y a 3 décennies. A l'époque, cela me paraissait très anglo-saxon, et ridicule. Mais, aujourd'hui, nous en sommes atteints. Preuve de plus que notre culture est anglo-saxonne ? Exemple :

Pour une fois je ne parlerai pas d'IA, de Big Data ou d'objets connectés, mais de voitures. Il y a quelques temps, quelqu'un me racontait que le dirigeant d'un équipementier avait réussi à changer son image. Il était désormais vu comme innovant. En revanche, il s'était relâché en termes de qualité. Alors que, jusque-là, c'était son obsession. Quelques jours après le Financial Times disait que le phénomène était mondial : l'industrie de l'automobile court après le numérique et réduit ses coûts d'assurance qualité. (Ce qui provoque des rappels massifs, et des accidents.)

Innovation mais aussi qualité sont des modes de management ? On s'y livre parce que d'autres le font ? Et du coup, on fait mal son travail ?

Morale ? Vice de sélection des patrons d'entreprise ? Ils sont choisis sur leur capacité à prendre le pouvoir pas à avoir des convictions fermes quant à ce qu'exige le métier de leur entreprise ? Autre idée ?

(L'exemple de la qualité. L'automobile a appliqué les techniques mises au point par Toyota, sans en comprendre le sens. Car, la qualité est un état d'esprit, alors que l'on en a fait un processus technocratique. De ce fait, cela produisait des sur-coûts évidents. Seulement, il vaut mieux ce type de processus, que pas de processus du tout...)

samedi 9 décembre 2017

Mythes

Dans ma jeunesse, Jack Welsh était un mythe. Pas uniquement pour moi : il a séduit et épousé la rédactrice en chef d'Harvard Business Review ! Aujourd'hui GE va mal. Et on soupçonne que Jack Welsh en est la cause. Diversification hasardeuse.

Nouvel exemple d'une longue tradition de la littérature du management américaine ? Son principe est de dire : imitez les "meilleures" entreprises (ENRON, GE, IBM...). Si elles sont les meilleures c'est pour telle et telle raison. Puis, quelques temps après, la belle entreprise se révèle un village à la Potemkine.

Ce qu'il y a d'étrange est que le phénomène se reproduise. La société ne semble pas avoir de mémoire.

dimanche 21 mai 2017

Intelligence artificielle

On nous répète que nous vivons à l'heure des machines, et qu'elles vont remplacer l'emploi. Mais pourquoi ne dit-on pas aussi que l'Intelligence artificielle, dans les années 80, a été une mode, et un désastre sans nom. Qu'est-ce qui a changé ? Expliquez-moi. J'ai fait une thèse de MPhil sur la question, et je vis au milieu de quelques-uns des meilleurs experts du sujet. 

Il y a quelques temps, je participais à une conférence. On y a expliqué que La Poste avait gagné 40% en productivité, sur une dizaine d'années, du fait de la seule menace de l'innovation. Et s'il en était de même de l'Intelligence Artificielle ? Et si sa seule utilité était de faire peur ? Une façon d'extraire encore plus d'argent de la société ?