- Vues les ressources disponibles, les pauvres pourraient manger à leur faim. Mais leur manque d’espoir en l’avenir fait qu’ils recherchent des consolations qui les privent des moyens de satisfaire des besoins, apparemment, fondamentaux.
- La santé est une question trop complexe pour être laissée à l’entendement du seul individu. Il faut créer une infrastructure / un système, dans lequel l’homme tende naturellement à prendre des décisions favorables à sa santé.
- Pour que le système éducatif fonctionne, il faut des enseignants devant réaliser une mission claire et simple : enseigner les connaissances essentielles.
- Pourquoi les pauvres ont-ils de grandes familles ? Pour assurer leurs vieux jours. Pour réduire la taille de la famille, donc augmenter son aisance, il faut un système de sécurité sociale.
- Ce qui caractérise la vie du pauvre, c’est un niveau de risque colossal. Un incident et c’est la spirale de la destruction. Les pauvres ont développé des mécanismes d’assurance remarquablement sophistiqués. Mais ils ne sont pas parfaits et ils ne prennent pas en charge la santé. Il est difficile pour un assureur privé d’approcher ce marché : sans institutions adéquates, les contrats ne peuvent être respectés. Seuls peuvent être assurés des risques incontestables, donc majeurs. Le plus efficace semble la subvention qui permet de réduire le coût d’achat d’une assurance. Ce n’est pas de la charité, mais un investissement de l’État
- La microfinance n’est pas le miracle que l’on croit souvent. Elle repose sur l’autoncontrôle exercé par une communauté, qui permet de réduire le coût du crédit. Ce coût s’explique à la fois par le nécessaire suivi du débiteur, et par la flexibilité qu’il demande. La microfinance ne convient qu’à une minorité de pauvres, et pas à l’entrepreneuriat.
- Le pauvre vit dans un état de dépression tel qu’économiser lui demande d’aller contre sa nature (chercher des consolations). Lui donner un peu d’espoir aurait un impact direct sur sa capacité à économiser.
- Les pauvres ne sont pas des entrepreneurs par nature, mais par nécessité. Leur rêve est d’être fonctionnaire. Et leurs affaires ont une très faible capacité de développement. En fait pour qu’elles se transforment significativement, il faut franchir un cap, qui demande un énorme investissement (et peut-être même une réorganisation de la société : dans un même village, il y a une multitude de commerces identiques). Pour qu’ils puissent prospérer, il faut leur donner un « bon emploi » salarié stable. La stabilité apporte la confiance nécessaire pour envisager et construire son avenir.
- Les pauvres ne seront pas sauvés par de grandes théories, mais par des formes de micro actions. Si l’on comprend la logique du problème particulier dans lequel se trouve une population pauvre donnée, on peut l’aider à en sortir, en utilisant de très faibles moyens. En la maintenant ainsi à flots, on rendra supportable l’attente du décollage (éventuel) de son économie nationale, qui l’extraira définitivement de la pauvreté.
Affichage des articles dont le libellé est Banerjee. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Banerjee. Afficher tous les articles
mardi 17 juillet 2012
Comment éradiquer la pauvreté : Poor Economics
lundi 2 juillet 2012
La famille et l’économiste
Voici une histoire qui me rappelle celle de l’Enarque qui
prend un chien pour un mouton.
L’économiste analyse les modes de décision de la famille. Il
a longtemps crû qu’elle était constituée d’une seule personne. Puis il a
compris qu’elle était dirigée par un couple. Il en a déduit qu’il décidait par
négociation, ce qui conduisait à un choix optimal.
On a testé les prédictions de ce modèle. Elles ne correspondent
pas à la réalité.
La famille est liée ensemble, donc, non par une harmonie parfaite, ou par la capacité à répartir ressources et responsabilités efficacement, mais par un très incomplet, très grossier, et souvent très lâche, « contrat », qui définit les responsabilités de chaque membre par rapport aux autres.
Autrement dit la famille est liée par ce que l’ethnologue
appelle, depuis la nuit de son temps, la culture. L’économiste n’a fait que
redécouvrir ce que la science sait depuis longtemps. En fait cette histoire révèle probablement l’idéologie qui le guide : il croit l’homme asocial.
Elle vient de Banerjee,
Abhijit Vinayak, Duflo Esther, Poor Economics: A Radical Rethinking of the
Way to Fight Global Poverty, PublicAffairs 2011.
mardi 19 juin 2012
Quand l’intello manœuvre le peuple
Une série télé des années 70 – 90 semble avoir fait baisser
massivement les naissances brésiliennes. Les héros avaient un enfant alors que
la famille de l’époque en avait 6, en moyenne.
L’histoire vient de Banerjee, Abhijit Vinayak, Duflo Esther, Poor Economics: A Radical Rethinking of the Way to Fight Global Poverty, PublicAffairs 2011.
La série avait été écrite par des « artistes progressistes ».
Du pouvoir de la télévision sur les masses, et de celui de
ceux qui savent l’infiltrer ?
L’histoire vient de Banerjee, Abhijit Vinayak, Duflo Esther, Poor Economics: A Radical Rethinking of the Way to Fight Global Poverty, PublicAffairs 2011.
Inscription à :
Articles (Atom)