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vendredi 30 mai 2014

L'école est devenue irréformable ?

68 semble avoir mis un terme aux réformes de l'école. Avant, la réforme faisait consensus. Depuis, elle fait aussi consensus, mais contre elle.
non seulement les attentes quant à l’école s’accroissent et s’avivent, mais elles sont contradictoires : mixité sociale et libre choix, sanctuarisation et ouverture, autonomie et crainte d’un système à plusieurs vitesses.
(Référence : Ismaïl Ferhat, « Réformer l’école ? », La Vie des idées, 21 mai 2014. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Reformer-l-ecole.html)

jeudi 10 décembre 2009

Histoire géo

France Culture ce matin. Le gouvernement voudrait alléger le programme d’histoire géographie des filières scientifiques, ce qui permettrait de réduire le nombre d’enseignants, donc de mieux payer ceux qui restent (paroles de ministre interviewé).

Curieux changement de tendance. L’histoire de l’éducation nationale a été marquée par la victoire du « secondaire », école du citoyen, sur le « primaire » école de la pratique. Du coup nous avons hérité d’un enseignement abstrait. Maintenant, non seulement il demeure toujours aussi coupé des réalités mais en plus on en retire ce qui préparait le citoyen à ses responsabilités. On veut une France de larves ?

Le gouvernement parcourt le chemin inverse du mien. Après n’avoir juré que par le mesurable, je me suis rendu compte que c’était inefficace et que le salut était dans les sciences de la pensée et de la société.

En fait, le gouvernement pourrait réussir d’une pierre deux coups. Les USA, comme l’Angleterre, et bientôt comme la France, ont des fonctionnaires très bien payés. D’où haine du peuple pour ces privilégiés dont l’emploi est protégé et pression constante pour leur éradication, et la disparition corrélative de l’état.

Compléments :

dimanche 12 octobre 2008

Éducation nationale : les bons sentiments m’ont tuée

Jean-Paul Brighelli croit qu’il y a une conspiration contre l’école de la République. Pour qu’elle produise les crétins nécessaires à la production de masse. Pas d’accord : ce qui a détruit l’Éducation nationale ce sont des intentions louables :
  • Je me souviens de la rentrée scolaire de 1971, mon maître de CM2 nous annonce que dorénavant nous n’allons plus apprendre bêtement, nous allons comprendre. Finie la stupidité de l’enseignement. J’ai eu tort de dire du mal des « gauchistes » de mon enfance (À la découverte de la philosophie allemande). Ils n’étaient que bons sentiments : ils voulaient détruire tout ce que l’enseignement avait de manifestement idiot. (Ce qui les avait fait souffrir ?) Le rendre digne de l’être humain.
  • En attaquant le diktat des mathématiques, le Ministre Darcos poursuit leur ouvrage.
    Il y a quelques semaines j’ai rencontré un consultant qui était encore bouleversé, trente ans après, d’avoir échoué à HEC à cause des mathématiques. Quelle injustice ! Je suis sûr que les dizaines de milliers de personnes qui partagent son sort lui donneraient raison.
  • Et puis n’oublions pas la grande réforme de notre système scolaire. Il y eut le primaire, enseignement technique court, et le secondaire, intellectuel, réservé à l’élite. Les deux ont été fusionnés. Le secondaire a gagné. Deux vitesses, c’était insupportable.
Résultat ? Un enseignement inadapté aux besoins de la société, une sélection culturelle (au sens ethnologique = les valeurs des classes dominantes, cf. la « bien pensance »), une élite qui, en conséquence, se reproduit et s’appauvrit intellectuellement, des banlieues misérables.
Que s’est-il passé ? Notre ascenseur social, avec tous ses défauts, avait des raisons que la raison de nos réformateurs ne comprend pas. Une fois de plus l’individu a cru que ce qu’il avait dans la tête était supérieur à la sagesse de la société. On a rejoué le scénario de la Révolution de 89. En moins sanglant.

Qu’aurait-il fallu faire ? Partir de l’existant et chercher à l’améliorer, en essayant de comprendre ses forces, et sans le détruire.

Compléments :
  • Sur Jean-Paul Brighelli : La France de Dickens?
  • Réforme de l’école : l’hallali
  • Paradoxalement, je me demande si ce que produit le système scolaire français n’est pas l’exact envers de ce que veut notre gouvernement : Dangereux enseignement.
  • Sur le secondaire et le primaire : PROST, Antoine, Éducation, société et politiques: Une histoire de l'enseignement de 1945 à nos jours, Seuil, 1997.
  • La solution proposée est non seulement le B A BA des techniques de changement, mais aussi ce que suggérait Hegel (Hegel pour les nuls). Malheureusement pour lui, ses disciples se sont appelés Marx, Lénine, Staline et Hitler… Comme les réformateurs de l’Education nationale ils pensaient avoir trouvé la formule gagnante : L’intellectuel, fondamentaliste de la raison.

mardi 2 septembre 2008

Réforme scolaire

Ce matin, je découvre qu’il y a eu une nouvelle réforme scolaire.

La réforme est-elle bonne ou mauvaise ? Même critère de décision que pour la prévision météo : le temps de demain a de fortes chances d’être celui d’aujourd’hui. La réforme sera certainement mauvaise, comme les précédentes. C'est-à-dire qu’elle sera immédiatement défavorable aux plus faibles. Et, dans un second temps, à la nation. L’exemple des précédentes montre pourquoi :
  • Ma filleule, qui va avoir 10 ans (elle entre en 6ème), est reconnue comme étant particulièrement douée, or elle a des difficultés avec les divisions. Bizarre, pour moi et pour tous les gens que je connais (y compris ma grand-mère, qui n’avait pas dépassé le certificat d’études) la division n’a jamais posé de problèmes.
  • Fille d’un ami, visiblement extrêmement brillante (en 6ème elle était donnée en exemple aux 4ème), ne comprend rien à son cours de 5ème. Son père découvre que ce cours dit de manière très compliquée des choses très simples.
  • Il y a quelques années j’ai aidé une autre filleule, cette fois-ci en terminale S, à apprendre une leçon de mathématiques qui ne passait pas. Elle n’y voyait que dix pages de mots. Il n’y avait que trois formules (équations différentielles linéaires du second degré).

Je ne sais pas à quoi riment ces réformes, mais à chaque fois elles complexifient un peu plus l’apprentissage de l’enfant. C’est vrai pour tout le monde, mais l’élève qui dispose d’aide a un avantage déterminant. Conséquence : je soupçonne qu'une part massive de la population doit renoncer au succès scolaire dès le début de sa scolarité. Ensuite les jeux sont faits. C’est très préoccupant pour l’avenir du pays :

  • un pays divisé en classes (au sens marxiste du terme) n’est pas efficace. Les pauvres sont inadaptés aux exigences de l’économie moderne ;
  • « l’élite » est faible parce qu’issue d’un système de sélection déficient.

La cause du mal ? Celle qui fait échouer le changement dans l’entreprise. Décision de haut en bas, qui ne prend pas en compte le point de vue de celui qui est concerné au premier chef. Ici c’est l’enfant. Il ne peut pas dire grand-chose. Mais, lorsqu’il sera homme, il ne sera guère reconnaissant à des parents qui ont sacrifié son avenir à leurs week-ends.

Références :

  • Antoine Prost, que j'ai entendu à la radio ce matin : PROST, Antoine, Éducation, société et politiques: Une histoire de l'enseignement de 1945 à nos jours, Seuil, 1997.
  • Un témoignage : La France de Dickens?