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vendredi 29 juillet 2022

Friendly shoring

Après "off shoring" il y aurait "friend shoring". 

On ne commercera plus qu'avec les pays qui ne risquent pas de faire défaut. On parle même d'un internet fragmenté... Après la société de la performance et de la "supply chain" du moins disant, on entre dans la société de la confiance ? 

Il serait intéressant d'étudier la question sous son aspect théorie des réseaux. Il est possible que ce qui fait leur résilience tienne aux liens de chaque noeud avec ses voisins immédiats. Ce n'est que lorsque chaque écosystème est solide qu'il peut envisager avec confiance d'établir des contacts un peu plus distants : il sait que ses risques sont limités ? 

vendredi 11 février 2022

Confiance et coopération

Le mal de la France, c'est que le Français considère le Français comme un ennemi. Ailleurs, dès que l'intérêt collectif est en jeu, on se sert les coudes. 

Question qui pourrait être de simple survie, pour notre pays : comment inverser les choses ? 

F.Mauriac, dans ses Mémoires intérieurs, a peut-être une réponse. C'est un croyant convaincu, qui a trouvé la lumière. Et, comme Dieu, il juge tout le monde par rapport à ce critère. Mais il accorde des circonstances atténuantes aux auteurs qui ont du talent, et qui ont du succès. (Sachant, comme il le dit, que le succès est fait par trois mille personnes, en France.)

Et si c'était le parcours du combattant qui faisait l'estime ? La raison du bizutage ? Et si le Français n'estimait pas le Français parce qu'il estimait, lui-même, être un escroc ? Et si la fraternité avait pour cause la confiance en soi ? 

dimanche 10 octobre 2021

Gendarme et voleur

Quand j'étais petit, je jouais au gendarme et au voleur. Ce qui m'a toujours surpris, c'est que mes camarades préféraient être les voleurs. Il est stimulant de défier l'autorité ?

J'ai l'impression que c'est dans l'air du temps. Que peut faire Boris Johnson, sinon un mauvais coup ? Mais pourquoi s'en priverait-il ? S'il est pris, il devra se conformer à ses engagements. Sinon, il aura gagné. Et voilà pourquoi nous soupçonnons notre gouvernement de nous cacher quelque chose : fors l'honneur, qui ne compte plus, il n'à rien à perdre. 

Mais, au fond, n'est-il pas plus stimulant de jouer le gendarme que le voleur ? Car le gendarme, lui, ne peut jamais gagner définitivement. Et revanche, une seule erreur peut être fatale. Le gendarme vit les mêmes sensations que l'alpiniste à mains nues ? 

dimanche 29 août 2021

Réconcilier la France

Réconcilier la France. C'est le sous-titre du livre d'Emmanuel Macron. S'en souvient-il encore ? 

Non seulement il n'a pas réussi, mais ses décisions jettent de l'huile sur le feu. 

France, cas désespéré ? Illusions de campagne ? Ou faut-il garder le cap, c'est en cherchant que l'on trouve ?

(Phénomène bien connu pour celui qui s'intéresse au changement : il a peut-être mis le doigt sur le problème du pays, mais l'idée initiale qu'il avait pour le résoudre n'était pas la bonne...)

dimanche 14 mars 2021

Elinor Ostrom, nouvelle Jeanne d'Arc ?

Elinor Ostrom a fait boire un bouillon au machisme économique. Aussi étrange que cela puisse paraître, l'économiste est un scientifique en chambre. Il définit ce qu'est un homme, et en déduit les lois de son comportement. Pour cela, il se donne des prix Nobel. Elinor Ostrom a eu l'idée de vérifier ce qu'il en était dans la réalité. Elle a constaté que rien ne se passait comme dans les livres de cours. Et ce pour la bonne raison que l'homme vit en société. Ce dont l'économiste nobélisé n'avait pas pris conscience !

(Tous nos gouvernants se disent économistes. Voilà pourquoi leurs réformes font de tels désastres ?)

Elle obtient un résultat surprenant : c'est l'organisation de la société qui crée un climat favorable à la confiance. 

Cela devrait nous amener à réfléchir, nous, Français. Ce que montre une étude que je mène, c'est que le propre de notre culture, c'est la défiance. Alors que les entreprises des autres nations, par exemple, "chassent en meute", les nôtres sont dans le chacun pour soi. D'où l'éternelle médiocrité de notre pays, toujours en retard d'une guerre ? 

Elinor peut-elle sauver la France ? 

(Emission de France Culture dont j'ai tiré ces idées ; brève introduction à l'oeuvre principale d'Elinor Ostrom.)

jeudi 4 mars 2021

Réconciliation nationale

Oubliez tout ce que l'on vous a dit sur l'entreprise, et l'économie. Le problème français est unique : c'est la défiance. Si nos entreprises se faisaient confiance, tout ce que l'on leur reproche, et qui encombre les livres et les journaux, disparaîtrait. Voilà un résultat paradoxal de l'étude que je mène depuis deux ans. 

Réconcilier le Français avec le Français : une cause nationale ?

Comment faire ? demandé-je. Il faut aller vers ses concurrents, me dit un chef d'entreprise. En les découvrant, il a compris qu'ils n'étaient pas concurrents ! Et ils se sont mis à travailler ensemble. Préliminaire ? Apprendre à se connaître ("se renifler"?). Pour cela, il faut commencer par se découvrir, donc avoir l'occasion de se rencontrer en "terrain neutre". 

Les clusters d'entreprises semblent propices à ces rencontres. Une dirigeante de CPME constate que le plus efficace pour que les chefs d'entreprise parlent à d'autres chefs d'entreprise est de les amener à participer à des événements qui n'ont rien à voir avec l'entreprise. 

L'enquête se poursuit... 

samedi 26 décembre 2020

Qu'est-ce que la liberté ?

Etudier des expériences "d'entreprises libérées" m'amène à m'interroger sur la liberté. 

Qu'est-ce qui a mis en branle ma tête ? Une constatation : tout le monde ne peut pas être libéré. Tenter de "libérer" une entreprise révèle que l'ancien régime convenait à beaucoup de gens. L'asservissement a du bon. Comme au temps de l'Union soviétique, nous critiquons ce dont nous ne pourrions pas nous passer. 

Comment se libérer ? C'est totalement contre-intuitif. Exemple après exemple, je comprends que c'est le groupe qui nous donne la liberté. Un groupe qui a la responsabilité pleine et entière d'un projet. C'est ce qu'ont été les hôpitaux lors de la première vague de l'épidémie. 

Pourquoi ? Parce que, grâce au groupe, l'individu a du pouvoir, alors que, seul, il n'est rien. Ensuite, parce qu'il a une influence sur le groupe, et, surtout que, s'il ne l'exerce pas, il peut le regretter amèrement. Car le groupe a besoin des facultés de tous pour ne pas se tromper. Et l'erreur lui coûte cher. Pensez au commando, ou à l'équipe sportive. 

Ce qu'apporte le groupe, c'est la confiance en soi. Cela vient de ce que l'individu découvre ses facultés uniques. Il sait ce qu'il est. 

Détail amusant. Je mène actuellement une enquête sur la France et l'entreprise. Après 60 entretiens, un message en sort, haut et clair, le propre de la France, c'est la méfiance !

mardi 3 novembre 2020

Facteurs de rebond

Et si l'on envisageait de "rebondir" ? On nous annonce une méchante crise économique. Et si on l'a prenait de court ? Qui est mieux placé que l'association 60000 Rebonds (qui aide les entrepreneurs en faillite à se reconstruire), pour nous dire comment faire ? 

Réponse inattendue. Le préliminaire au rebond est la confiance. Et cette confiance a pour condition nécessaire un "cadre" : un sens, des valeurs fortes, une animation intransigeante. Ils permettent de dépasser les différends. 

(Interview.)

samedi 25 avril 2020

Résilience : inspirons-nous de polytechnique ?

Le mal de l'entreprise française ? Chacun pour soi. Elle se fait écraser. Le Français se méfie du Français. En ces périodes de crise, cela risque de nous coûter cher. Et si l'on s'inspirait de polytechnique ?

Si vous êtes polytechnicien, vous pouvez contacter n'importe quel polytechnicien. Et ce même si vous sortez de l'école, et que lui dirige la plus grosse entreprise du CAC 40. Il vous tutoiera et vous écoutera.

Et les escrocs ? Il y en a, comme partout. Comment résister à la tentation d'utiliser "l'annuaire" pour accélérer la bonne fortune de ses idées, forcément géniales ? Seulement, le système sait s'en garantir. Le patron du CAC 40 va mettre en contact le jeune avec le service de son entreprise qu'il juge compétent. Le dit service enterrera la demande, si elle ne lui convient pas (ce qui est généralement le cas). La morale sera sauve. Le jeune pestera contre les incompétents du service. Le "bien commun" du polytechnicien, c'est la confiance que l'on doit faire à un autre polytechnicien.

(J'ai l'impression que les Allemands ont étendu le système polytechnicien à l'échelle de leur nation.)

samedi 29 juin 2019

Confiance

Je participais à une conférence dans laquelle il était dit que le premier problème que posait l'intelligence artificielle était celui de la "confiance".

On l'a oublié, mais il y eut un temps, où on avait confiance dans l'entreprise, mais aussi dans le progrès. IBM faisait des matériels chers, mais fiables, par exemple. A l'époque où je travaillais avec IBM, un de ses commerciaux m'avait dit que le bon vendeur était la personne à laquelle on faisait confiance, d'ailleurs.

Confiance : ce que nous devons rebâtir ?

jeudi 21 avril 2016

L'entreprise malade de la perte de confiance

Discussion avec une DRH. "Le vrai problème : les salariés n'ont pas confiance." La cause ? "La pagaille des années 90 à 2010", on licencie à tour de bras, "les jeunes générations ont vu la vie de leurs parents, fichus à la porte, elles n'ont plus confiance". En outre "on rabâche : vous changerez cinq ou six fois de boîte." Résultat : l'employé n'est plus prêt à s'engager pour son entreprise. Elle ne peut pas fonctionner correctement dans ces conditions.

mardi 10 novembre 2015

Napoléon était-il compétent ?

"Je ne connais rien de plus immoral que quelqu'un qui exerce un métier pour lequel il n'est pas compétent." Napoléon Bonaparte est cité par Jean-Jacques Auffret.

Napoléon était-il compétent pour diriger la France ? me suis-je demandé. 

Et j'en suis revenu à mes réflexions concernant la confiance. A mon avis si l'on veut s'entourer de gens de confiance, il faut commencer par comprendre pourquoi l'on doit nous faire confiance. Qu'est-ce que je sais faire particulièrement bien ? Sur quoi puis-je m'engager ? Qu'ai-je à offrir ? 

vendredi 23 octobre 2015

Qu'est-ce que la confiance ?

La direction de VW était-elle au courant... ? m'interroge un ingénieur. 
Je lui demande : dans votre entreprise, parle-t-on de ses problèmes ? 
Nous gérons des centrales nucléaires, imaginez ce que cela donnerait si on les cachait !, me répond-il. 

Et si c'était cela qui permettait de savoir si la confiance règne dans l'entreprise ? 

Mais il y a encore mieux, peut-être. Non seulement on ne masque pas ses problèmes mais dès que l'on a un problème on appelle à l'aide, et ce de manière agressive. C'est une technique que j'ai rencontrée dans une (grande) entreprise. Dès que quelqu'un rencontrait une difficulté, il en faisait la préoccupation du groupe. C'est à cela que l'entreprise devait son étonnant succès, pensait son PDG (tout de même un peu las de ne jamais être sûr d'avoir le dernier mot). 

En résumé, il semblerait qu'il y ait une échelle de la confiance à trois valeurs :
  1. Je cache mes problèmes. 
  2. Je ne cache pas mes problèmes. 
  3. Quand j'ai un problème, j'utilise l'organisation pour le résoudre. Mon problème n'est pas le mien, mais celui de l'organisation. 

lundi 12 octobre 2015

Qu'est-ce qu'une entreprise libérée ?

On parle beaucoup de "l'entreprise libérée", en se demandant comment la réaliser. On cherche une méthode. Je pense que l'on se trompe. 

Jean-Farnçois Zobrist, dont on cite généralement les exploits, dit que son entreprise est bâtie sur la confiance, et que l'art du management est de concevoir les conditions pour que les choses se fassent toutes seules. Il me semble que c'est ce qui compte. 

J'ai rencontré, et je rencontre, des entreprises comme cela. Extérieurement, elles n'ont rien d'original. Mais leurs employés viennent travailler avec plaisir. Et ils font preuve d'initiative. Ils donnent, en quelque sorte, sans compter. Et surtout sans se demander si c'est ce qu'on leur demande.

Et il y a peut être mieux. Un dirigeant me disait que, avant que sa société ne soit achetée par une multinationale, ses employés faisaient un drame personnel du moindre problème de l'entreprise et harcelaient leurs collègues jusqu'à ce qu'ils l'aient résolu. Elle faisait des exploits. Maintenant elle a de l'argent, des robots et des ingénieurs, mais on ne pense plus qu'à sa carrière. Et elle n'est plus rentable. 

lundi 5 octobre 2015

Escroquerie : test de dépistage

Après un billet sur la confiance, un autre sur la tromperie, son envers. Et si nous étions des escrocs ? Si nous le sommes, nous ne le savons pas. Robert Trivers dit que le bon menteur est convaincu de ce qu'il affirme. C'est ce qui le rend persuasif. 

En fait, pour savoir si on l'est, il faut utiliser la méthode Bergson : comparer vos paroles et vos actes. Comme dans l'histoire du scorpion qui tue la grenouille, vos actes trahissent votre véritable nature. 

Mais pourquoi devrais-je faire un test de dépistage ?, me direz-vous. Parce que l'escroc étant partiellement inconscient, ses facultés sont diminuées. Il est donc facilement manipulable. 

Je me demande même si ce n'est pas l'arme qu'a utilisée la perfide Albion pour conquérir le monde, et disloquer l'Europe. Elle a peut-être bien su jouer sur les intérêts des hypocrites qui nous gouvernent pour leur faire essorer, à son profit, les populations qu'ils administrent. (Exemples : Europe et Waziristan.)

lundi 6 octobre 2014

La confiance est-elle devenue impossible ?

Peut-on faire confiance aux USA ? Alors qu’on pensait qu’ils allaient bombarder l’Etat Islamique, ils s’en prennent à un de ses adversaires (apparemment un constituant d’Al Qaeda qui constituerait une menace pour les USA). Du coup, les rangs d’EI grossiraient. Si j’en crois The Economist.
De même, Ebola se répand parce que les peuples locaux n’ont aucune confiance en ceux qui les dirigent.

Il semblerait que, partout dans le monde, on utilise les bonnes causes pour pousser, ni vu ni connu, ses intérêts. Résultat ? Nous devenons méfiants. Alors, risquons-nous ce qui est arrivé à la France en 40 ? Une méfiance réciproque qui empêche de réagir aux dangers mortels ?

Quelle solution ? Peut-être la tactique que semble utiliser The Economist. Repérer les effets de l’intérêt individuel. Et montrer à celui qui veut faire un coup tordu, qu’il n’est pas dans son intérêt de continuer ainsi. 

Sinon, essayer de trouver des gens de confiance...

mercredi 12 mars 2014

Increvable spéculation

On les croyait mortes, elles sont de retour. Les techniques d'évaluation des entreprises de la bulle Internet sont à nouveau utilisées. Dans un monde qui ne punit pas les erreurs, la confiance est impossible. Surtout, le puissant est au dessus des lois ? Pour lui, le crime peut payer ? Ce qui semble dire que notre société demeure incapable de remettre en fonctionnement ses processus de contrôle.