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vendredi 29 juillet 2022

Friendly shoring

Après "off shoring" il y aurait "friend shoring". 

On ne commercera plus qu'avec les pays qui ne risquent pas de faire défaut. On parle même d'un internet fragmenté... Après la société de la performance et de la "supply chain" du moins disant, on entre dans la société de la confiance ? 

Il serait intéressant d'étudier la question sous son aspect théorie des réseaux. Il est possible que ce qui fait leur résilience tienne aux liens de chaque noeud avec ses voisins immédiats. Ce n'est que lorsque chaque écosystème est solide qu'il peut envisager avec confiance d'établir des contacts un peu plus distants : il sait que ses risques sont limités ? 

jeudi 17 février 2022

Le paysan : un modèle ?

Il y a quelques temps j'ai interviewé les dirigeants du FMSE. C'est le fonds de solidarité des agriculteurs. Il permet de distribuer des aides sans contrevenir à la réglementation européenne sur la concurrence. Nos agriculteurs ont du génie ?

Ils m'ont raconté qu'ils n'avaient pas attendu le coronavirus pour constater que leurs exploitations étaient dévastées par les calamités. Il y a le temps et les virus. Ils ont été les premiers à observer les "externalités négatives" de la globalisation. 

Pourrait-on s'inspirer de leur exemple ? 

Tout leur souci est de maintenir leurs revenus à flots. Résilience, maître mot. Pour cela, ils font feu de tous bois. 

Seulement, si je comprends bien, dans ce dispositif entrent beaucoup de subventions à la calamité. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui, en ce qui concerne les nations, pour le coronavirus et l'entreprise. 

En bref, la conclusion que l'on peut tirer de cette expérience est que notre capitalisme avait un coût insoupçonné. Il se prête aux crises sanitaires ou politiques. Ses coûts peuvent-ils être réintégrés dans les prix qu'il pratique, sans produire une crise, ou faut-il envisager un autre modèle de société ? 

samedi 29 janvier 2022

Du plomb dans la supply chain

Les entreprises qui font des affaires avec la Russie s'interrogent. En particulier les banques. C'est ce que je lisais récemment parmi les titres du Financial Times. ("Banks betting on Russia face a new test of their appetite".)

L'Ukraine est un coup de semonce. La Russie est un pays avec lequel il est risqué de faire des affaires. Mais c'est aussi vrai de la Chine : imaginons qu'elle attaque Taiwan... 

La "supply chain" a été le coeur ignoré de l'ordre mondial de ces dernières décennies. C'est elle qui a rendu possible la mondialisation. Or, ce géant avait des pieds d'argile. Le coronavirus l'a révélé. Mais on n'a pas voulu le croire, car il est plus aisé de se bercer d'illusions que d'effectuer un changement. 

Il serait maintenant sage de prendre les mesures qui s'imposent ?

vendredi 26 novembre 2021

La globalisation victime du virus ?

Les organismes internationaux de la santé s'inquiètent de la possibilité que la nouvelle variante du virus échappe aux vaccins, dit le Financial Times. 

Cela m'a fait penser à une opinion entendue au début de l'épidémie de Sida. Selon elle, tout se passerait comme pour les maladies vénériennes : on ne pourrait pas l'éliminer, mais on parviendrait à vivre avec. Effectivement, l'épidémie a été contrôlée, mais pas arrêtée. Et on y est arrivé en maintenant en vie ses victimes, mais, surtout, par un changement de comportement. 

Le ressort de la globalisation était le très faible coût du transport. Il permettait de mettre en concurrence les nations. Entre élevage, congélation, découpage, conditionnement, consommation, un poulet pouvait être transporté dans plusieurs pays. Aujourd'hui, dépendre d'approvisionnements étrangers devient dangereux. Le virus semble avoir trouvé le talon d'Achille de la globalisation. 

Pour éviter les effets des variants du virus sur le transport international, leurs conséquences, et, surtout, l'incertitude qu'ils créent, le circuit des échanges et des déplacements humains devrait être amené à évoluer radicalement dans les prochaines années. 

lundi 27 septembre 2021

La relocalisation n'est pas pour demain

Conférence de l'ESCP sur la relocalisation. Où l'on apprend que la délocalisation n'a pas été une bonne affaire. Rien ne marche correctement avec une "supply chain" étirée. Il n'y a que des "coûts cachés". Manque de réactivité, baisse de qualité, contrefaçon, risques d'approvisionnement, risques de réputation, freins à l'innovation (on a découvert que, pour innover, il fallait que la création et la production soient proches)... Paradoxalement, ce sont ceux qui avaient le plus à gagner, le textile et le jouet, et qui en ont le plus profité, qui étaient les moins faits pour être loin de leurs marchés et des modes. 

Va-t-on revenir à la raison ? Non, car, entre temps, nous avons perdu les compétences nécessaires à faire le travail maintenant délocalisé ! (La délocalisation ou l'attrape nigaud ?)

L'espoir : reconstruire à partir de ce qui existe encore de compétences sur notre territoire. 

(La conférence disait aussi que la France a été particulièrement efficace dans l'élimination de son industrie, il n'y a que la Grande Bretagne qui ait fait mieux, et, encore, marginalement.)

vendredi 3 septembre 2021

Panne de gaz

"Gas crunch" dit le Financial Times. L'offre ne suit pas la demande. Augmentation de prix sévères à prévoir pour les entreprises consommatrices de gaz et les ménages.

Décidément, cela n'arrête pas. 

Il est possible que cela signifie que les épidémies fassent faire à l'économie du yoyo, et qu'elle n'y soit pas adaptée. (D'autant que le yoyo encourage la spéculation ?) Il est aussi possible que la fameuse "supply chain" qui faisait des miracles pour répartir les productions de biens là où le marché donnait les prix les plus bas soit en train de montrer ses limites. D'autant que les nations semblent tendre à réserver leurs ressources pour leur propre industrie.

Faut-il, en urgence, repenser la "globalisation" ?

mardi 25 août 2020

L'épidémie : un retour à la normale ?

Surprise d'une interview de Bill Belt. Alors que l'on attend une rentrée explosive, et que personne ne peut dire ce qui va arriver, Bill Belt estime que c'était "avant" que l'on marchait sur la tête. Les "supply chains", par exemple, contredisaient tout ce que nous avaient enseigné l'expérience et la science. Les cycles courts ne sont pas une réaction nationaliste, mais, au contraire, un principe fondamental.

Paradoxalement, cet enseignement s'applique très bien à la situation actuelle. La bonne nouvelle, c'est cela.

Back to basics (en français dans le texte) ?

L'interview.

lundi 11 mai 2020

Les coûts imprévus des pays à bas coûts : le mat chinois ?

On découvre une nouvelle conséquence imprévue des délocalisations, une de celles qui avaient été oubliées des business plan. Les pays délocalisateurs se retrouvent privés d'une partie de leur capacité de production. Et si les pays de délocalisation profitaient de leur avantage ?

lundi 9 décembre 2019

PC chinois

Le Financial Times annonce que l'Etat chinois a demandé à ses services de remplacer ordinateurs et logiciels étrangers par de la production locale.

Conséquence de la politique de M.Trump ? Ou tendance mercantiliste (impérialiste ?) naturelle du gouvernement chinois ?

Cela pourrait bien vouloir dire que le temps de la "supply chain" et des délocalisations est fini. Les grandes "régions" économiques vont-elles devoir se recentrer sur leur demande locale, illico presto ?

jeudi 6 juin 2019

Guerre commerciale : arroseur arrosé ?

M.Trump joue-t-il à l'arroseur arrosé ? Ses guerres commerciales ne vont-elles pas se retourner contre lui, contrairement à ce qu'il croit ? (Une analyse d'économiste.)

Qui peut se mettre dans la tête de M.Trump ? En a-t-il une ? En tout cas, la logique d'une guerre commerciale, ce n'est pas cela. Il est évident qu'elle coûte cher. Son objectif n'est pas à court terme, mais à long terme. Ce que semble révéler la crise actuelle est que les échanges ne sont plus équilibrés. Tous les pays ne respectent pas les règles, implicites, du commerce international. En particulier, il y a destruction de "facteurs de production" dans certains pays. De plus, la guerre commerciale, en augmentant ses coûts d'importation, force l'industrie locale à trouver des solutions de contournement. Elle met en lumière les dépendances critiques. Toute la "supply chain", la grande innovation des dernières décennies, se réorganise.

Finalement, M.Trump semble se moquer des coûts de sa politique protectionniste : il compense les perdants en creusant son déficit, dont il se rit.

(Le déficit semble revenir à la mode : M.Macron, lui aussi, a employé cette méthode, pour circonvenir les Gilets jaunes.)

dimanche 14 décembre 2014

USA : mort aux sous-hommes

Si vous êtes Américain et que vous trouvez que la tête de quelqu’un ne vous revient pas, vous pouvez lui faire subir le traitement qu’il vous semble bon. Les drones de M.Obama, d’ailleurs, montrent l’exemple.

Les 4 grands cabinets d’audit internationaux ne servent pas à grand-chose. Et ce pour la bonne raison qu’ils s’auto-contrôlent : « la profession (…) a mis la barre au plus bas : en fait, les auditeurs se contentent de dire si les états financiers respectent les normes comptables – ce qui fait qu’il est impossible qu’ils puissent mal faire leur travail ». Une solution originale : que les assureurs assurent les entreprises contre les risques comptables ; ce qui les contraindrait à pousser les auditeurs à devenir compétents. Peut-être n’en aura-t-on pas besoin. A l’exception de Google, les grandes entreprises découvrent qu’il est bon de ne rien cacher au marché. « la franchise (…) fait augmenter le prix des actions en signalant que le management s’en prend aux risques cachés ». En tout cas, les constructeurs automobiles allemands et français sont parvenus à faire croire qu’ils respectaient les normes européennes d’émission. Ce qui est de plus en plus faux. (L’écart entre ce qu’ils disent et la réalité approcherait 50%.)

Elections à haut risque en Grèce. Le support des Russes à M.Poutine pourrait faiblir à mesure que les sanctions occidentales affectent leur train de vie. La Mafia a infiltré le nord de l’Italie et sa classe politique. C’est l’Allemagne qui est l’obstacle aux négociations de libre échange entre l’Europe et les USA. Curieusement, les nationalistes écossais auraient repris du poil de la bête. Ce serait devenu le 3ème parti anglais. Ici comme ailleurs, l’électeur est à la recherche d’idéaux qui remettent un peu de couleur dans sa vie. En Chine, la propagande du PC passe au numérique.

Depuis qu’il n’y a plus de chômage aux USA, leur banque centrale veut combattre une inflation qui n’existe pas. Ce qui semble malencontreux. En Europe, M.Draghi voudrait expédier rapidement sa politique monétaire, de façon à pouvoir prendre la présidence de l’Italie. 

Conclusion. Chute du prix du pétrole, changement de politique monétaire américaine, possible crise grecque et retour de celle de la zone euro, fragilité chinoise… attention risque d’explosion

Grâce aux fameuses supply chains, et à la suppression des barrières douanières, les échanges mondiaux ont connu un extraordinaire développement. Avec des résultats surprenants : « des 2md$ d’exportations d’iPhone par la Chine, seulement 73m$ de leur valeur a été ajoutée en Chine, contre 108m aux USA et 670m au Japon ». Le mouvement se serait arrêté. Mais peut-être a-t-il changé de nature. Du commerce de pièces détachées il est passé à celui de l’immatériel ? 

La Chine est devenue le pays le plus innovant au monde, depuis que son gouvernement en a décidé ainsi. Tentative de « disruption » de la banque : des start up mettent en relation emprunteur et prêteur. Et on découvre que, sans garantie, on réduit les coûts de transaction. Mais à quoi servent donc les banques ?

L’Organisation Mondiale de la Santé, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Plus de budget, plus de personnel. Dommage, elle est utile.

Geoengineering (génie climatique ?). Pour le moment seul Bill Gates veut financer des expériences en grandeur nature. Quant aux sacs plastics, ils ont colonisé les océans. Et, surtout, ils se dissolvent en particules qu’absorbent les êtres vivants et les sédiments. « Personne ne sait vraiment où ils vont. »

vendredi 11 avril 2014

La "Supply chain" n'a plus la cote ?

La "supply chain" (chaîne d'approvisionnement) a été une des grandes innovations de ces dernières décennies. Elle cherche à produire au prix le plus faible en recherchant, partout dans le monde, le moins disant. On découvrirait maintenant qu'elle est particulièrement sensible aux crises. Sa complexité amplifierait les aléas (en particulier, les fournisseurs intermédiaires ont une très mauvaise vision du marché final). Les produits "simples" (non issus d'assemblages multinationaux) présenteraient moins de risques. (Article de Vox.)

De l'offshoring au nextshoring, comme le dit McKinsey ?

vendredi 1 novembre 2013

Et si l’on avait tué le moteur de la croissance ?

Ces trente dernières années ont été marquées par deux innovations. Internet et la « supply chain ». La supply chain a conduit aux délocalisations. Elles permettaient de remplacer des salaires (relativement) élevés par des salaires plus bas. Internet a eu le même effet. Il a facilité la création d’une nouvelle classe de travailleurs précaires. Résultat ? Les entreprises ont échangé leurs machines pour de la main d’œuvre, mal payée.

Quel est l’intérêt de cette analyse ? Ce phénomène ressemble à celui qui a été décrit pour le Japon dans les années 90. Le miracle japonais tenait à la mobilisation de plus en plus de personnes. Il s’est arrêté net, faute de combattants. (KRUGMAN, Paul, The Return of Depression Economics, Princeton 1999.) En pire. Il y a appauvrissement de la population, et, peut-être, destruction de la capacité créative, désormais inemployée. Or, le moteur de la croissance est l’innovation et le gain de productivité. Les dernières décennies n’ont-ils pas cassé ce moteur ?

Ceux qui disent « halte à la croissance » doivent-ils s’en réjouir ? Je n’en suis pas sûr. Ce changement, ni préparé ni voulu, ne va-t-il pas avoir des effets désastreux ?

lundi 18 février 2013

L'Europe patauge, l'Afrique se développe, le monde se transforme

Communauté européenne. L’Italie à nouveau en difficulté. Et donc l’Europe aussi. Prochaines élections incertaines, notamment parce que les électeurs n’ont plus confiance en leurs politiques. Le PIB de l’Italie serait en recul depuis son entrée en euro. L’euro aurait bloqué son fonctionnement ordinaire. C’était alors « l’une des économies qui se développaient le plus vite en Europe, fondant son dynamisme en partie sur une succession d’accès de forte inflation et de dévaluations de sa monnaie ». Lorsque sa croissance a baissé elle « s’est reposée sur une accroissement des dépenses publiques et de sa dette ». Il reste « un épais maquis de régulations et des intérêts spéciaux protégés » et une population divisée entre des « initiés protégés » en CDI et les autres, en CDD. C’est tout ceci qu’il faut réformer. On se croirait en France. Décidément, nos gouvernements n’avaient pas pris la mesure du changement que constituait l’adoption de l’euro… The Economist s’interroge aussi sur les plans de M.Hollande. Il semble plus modéré que prévu. Mais ne va-t-il pas s’arrêter au milieu du gué ? Ne faire que le juste nécessaire pour éviter un naufrage ?
Le budget européen suscite des chamailleries. Mais pourquoi les 40% qui vont à l’agriculture, 2% de son PIB, ne sont pas reroutés, vers la recherche, l’éducation et des infrastructures communes ?
Le marché du carbone européen, qui devait nous sauver de l’effet de serre, est en déroute. La crise a fait chuter les émissions de carbone. Si rien n’est fait l’Europe va s’équiper en centrales à charbon. En outre, le reste du monde avait décidé de suivre notre exemple, si nous échouons, il n’y aura plus de régulation des émissions… L’Amérique propose à l’Europe d’étendre leurs accords de libre échange. Ce serait le bon moment. « Quelques-uns des lobbies les plus bruyants ont cédé du terrain ». L’Europe, par exemple, laisse entrer les OGM.
Viande de cheval et Supply chain. Classique effet pervers de la réglementation : une réglementation européenne a amené les producteurs à remplacer une cochonnerie par une autre (la seconde à base de cheval).
Il n’y aurait pas de guerre du taux de change. Les Etats impriment des billets pour relancer leur économie, ce qui fait choir leur monnaie. Il n’y a qu’à faire comme eux.
Russie. M. Poutine ne veut plus entendre parler de l’Ouest. La Russie est un pays à part. (Ce qui me semble avoir été un thème récurrent dans l’histoire russe.)
Afrique. L’Afrique est le prochain eldorado. En grande partie pour les TIC, qui permettent d’éviter en partie les défauts d’infrastructure. On s’y bouscule. Mais apparemment on y est moins colonialistes qu’à l’ordinaire. On associe les locaux aux affaires, et on essaie de créer une offre adaptée aux spécificités locales. La dernière mode serait l’informatique cognitive : déverser des tonnes de données dans un ordinateur, en vrac, et il vous en sort des idées utiles.
Changement d’époque. The Economist se demande comment récupérer les impôts des fonds qui les évitent (de l’ordre de 20.000 milliards). Les plaques tournantes de l’évasion seraient aussi bien les Iles Cayman, que la Cité de Londres, le Delaware, Miami, Le Luxembourg, l’Ireland ou les Pays Bas. Solution : plus de transparence, meilleure réglementation des systèmes de prix de transfert et imposer ce qui est facile à contrôler (« possesseur de capital, employé ou consommateur »). Le nouveau dirigeant de Carrefour serait en passe de redresser l’entreprise. En faisant l’exact envers de ses prédécesseurs (systémique !). En particulier, il pense qu’il est important de comprendre les besoins du consommateur. Mais il doit toujours compter avec les fonds d’investissement qui ont cherché à dépecer la société. Le pape part. Il aurait été « épuisé par les conflits et les machinations qui ont affecté sont règne ». Le Vatican ressemblerait-il à une multinationale ?
Après une période où l’individu était roi, on redécouvre que c’est sa culture qui fait la fortune d’une entreprise. Et que l’armée à quelques trucs à lui enseigner. Par exemple que « un officier ne doit jamais donner un ordre qui ne sera pas obéi, donc il doit apprendre à évaluer l’humeur de ses hommes ». On découvre aussi le « microbiome ». L’homme est un écosystème de microbes. Dernière observation : des bactéries auraient la capacité d’agir sur notre pression sanguine. 

jeudi 14 février 2013

Viande de cheval et supply chain

On découvre dans des plats congelés de la viande qui ne devrait pas y être. En même temps, on s’étonne de la complexité des circuits d’approvisionnement. Et surtout, on constate que nos systèmes de contrôle européens ne fonctionnent pas.

Pourtant tout ceci est connu depuis longtemps, et décrit. Il est surprenant que l’on s’en étonne. Le principe même de la « globalisation » de ces 30 dernières années est de trouver des pays qui ne respectent pas nos droits de l’homme ou nos normes sanitaires, afin de réduire les coûts de fabrication des produits que nous consommons. Il en est d’ailleurs de même des normes environnementales (voir : Les conséquences imprévues du protocole de Kyoto ?). 

mercredi 3 août 2011

Reflux de la vague d’outsourcing

Quelques-uns des pires désastres économiques de ces dernières années ont été causés ou aggravés par l’externalisation. Il y a huit ans, Boeing, le plus gros fabricant d’avions américain, a décidé de suivre l’exemple des fabricants automobiles et d’utiliser des sous-traitants pour faire le gros œuvre de son nouveau 787 dreamliner. Ce fut un cauchemar. Certaines pièces ne s’ajustaient pas. Parmi les dizaines de sous-traitants, certains n’arrivèrent pas à livrer leur composant dans les temps, malgré qu’ils aient sous-traité leur travail à des sous-sous traitants. Boeing a dû reprendre des fournisseurs pour leur éviter de disparaître. Si le Dreamliner sort des lignes de production à la fin de l’année, comme le promet Boeing, ce sera avec un surcoût de plusieurs milliards et trois ans de retard.
On constate le désastre qu’a été l’outsourcing. C’était bien une mode de management.

Mais difficile de revenir en arrière : les entreprises n’ont plus les compétences sous-traitées.

L’outsourcing n’est pas mort, mais dorénavant il devrait être plus intelligent. (The trouble with outsourcing)

Compléments :
  • J’avais fait ce constat dans un livre, il y a quelques années. Simple bon sens. Que les entreprises n’aient pas voulu le comprendre montre probablement qu’elles préféraient les illusions à court terme à une gestion durable de leurs affaires. 
  • Billet de ce blog sur ce sujet. Et désaccord avec Hervé Kabla...
  • L'article explique aussi que l'Angleterre a externalisé 10% de son emploi...

lundi 13 juin 2011

Les pays émergents produisent nos médicaments

On découvre que « Aujourd'hui, 80 % des principes actifs de médicaments sont fabriqués en Chine et en Inde, contre à peine 20 % il y a trente ans ». Délocalisations massives. (Article de la Tribune : Faut-il craindre une pénurie de médicaments en France ?)

D’où multiplication des ruptures de stock ; qualité douteuse.

Raison ? Réduire les coûts de production. Mais la cause principale serait l’État et ses génériques.

Ou, plutôt, sa faute est d’avoir fait de la santé un marché, avec tout ce que ceci sous entend de coups tordus ?
L’utilisation du mot « profit » est un signal qui met en cause la notion même de confiance. (Kenneth Arrow, dans un autre billet)
Compléments :
  • Nouvel exemple des ravages de la mode de la « supply chain », et des problèmes de traçabilité qu’elle présente ? (Vers une crise du médicament frelaté, à l'image du lait frelaté chinois ?)
  • Les externalités de la mode de la supply chain commencent à être mesurées.
  • Comment nous en sommes arrivés ici : réforme des systèmes de santé.

samedi 4 juin 2011

Responsabilité et Entreprise

Une association professionnelle travaille sur le sujet de la RSE. Un dirigeant d’une entreprise adhérente se demande si elle ne devrait pas faire appel à un cabinet spécialisé.

Surprenant. Le sujet de la RSE c’est son nom, c'est-à-dire la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de la société. Comment peut-on imaginer de sous-traiter sa responsabilité ?

Ce qu’il y d’extraordinaire dans la question de la RSE est que l’on nous a convaincus qu’il s’agissait d’un sujet pour consultants ! « C’est compliqué, débarrassez m’en ».

Et si l’affaire du concombre meurtrier était une manifestation de ce même phénomène ? D’où vient l’E. Coli tueur ? Aucune idée, on en a perdu la trace. La grande innovation de ces dernières décennies a été la supply chain, chercher le moins disant mondial. Avec une telle supply chain on peut employer des enfants, tuer des mineurs ou brûler du charbon, personne ne le sait. La véritable économie que permet de faire une telle supply chain est de s’affranchir de ses responsabilités. Adam Smith n’a-t-il pas dit qu’en suivant son intérêt on fait l’intérêt collectif ?

Compléments : 
  • Mise en oeuvre de la RSE
  • LE changement que nous devons réussir : amener chacun (être physique ou moral) à se pénétrer de sa responsabilité vis-à-vis de la société ? 

vendredi 3 juin 2011

Concombre tueur, avatar de la vache folle ?

Le concombre tueur serait-il le résultat d’une nouvelle entourloupe d’un capitalisme sans foi ni loi ?

Ce qui semble certain est que ce concombre est organique. Qui dit organique dit engrais biologique, et risque de contamination par une bactérie intestinale d'un mammifère.

En fait, ce que la bactérie a d’inquiétant est qu’elle résiste aux antibiotiques. (Why This E. Coli Outbreak Has Me Scared).

Et là, notre version actuelle du capitalisme pourrait effectivement avoir des choses à se reprocher : Résistance aux antibiotiques et économie de marché.

Compléments :