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jeudi 15 septembre 2022

ADN et société

L'hérédité a besoin de conditions favorables pour s'exprimer. Voilà ce que disait le neurologue Laurent Cohen à France Culture, il y a quelques temps. 

Il suffit de regarder autour de nous pour comprendre que mesurer deux mètres vingt a plus de chances d'être un atout au basket, que dans un sous-marin, deux inventions humaines. 

Pourtant, on entend exactement le contraire : si j'ai réussi, c'est parce que j'étais un sur-homme...

(Mais Montaigne s'indignerait : la "fortune", la chance, il n'y a rien de plus important dans les affaires humaines !)

vendredi 29 juillet 2022

Mauvaise histoire ?

Il y a quelque-chose qui ne me va pas dans Le nom de la rose, et ce type d'ouvrage écrit par un moderne sur un temps ancien (comme toutes ces enquêtes que diffuse la BBC, et qui m'amènent à écrire ce billet !). Il me semble qu'on projète des idées modernes sur un monde ancien. 

Ce que j'aime, au contraire, ce sont les anciens parlant d'eux-mêmes. 

Il me semble que le monde se crée en permanence, et donc que l'individu est toujours confronté à des problèmes que personne n'a rencontrés avant lui. 

Ce qui est intéressant est de voir ce qu'il fait alors. C'est rarement glorieux, mais il y a parfois des moments d'humilité et de grâce... 

mercredi 27 juillet 2022

Hasard et succès

Dans la "société de la performance", il n'y a que le résultat qui compte, dit le psycho-sociologue Adam Grant. Implicitement, cela signifie que la condition nécessaire et suffisante du succès est la valeur humaine. 

Mes premiers contacts avec les sciences du management anglo-saxonne m'ont fait comprendre que cette pensée est consubstantielle à la nation américaine. Elles consistent à apprendre des "meilleures entreprises". Paradoxalement, quelques années plus tard, les dites entreprises sont en piteux état, quand elles existent encore. Pas grave, on les a oubliées. 

Toute l'oeuvre de Montaigne tourne autour de cette question. Que faire dans un monde où non seulement le hasard joue un rôle massif, mais nos propres facultés sont, quasiment, nos pires ennemies ? 

Je me demande si la réponse n'est pas dans la question. Il faut, à la fois ne pas croire aux illusions américaines, et, couler, le cas échéant, avec le navire : être ferme dans ses convictions. Ce qui demande de les chercher. 

(La pensée américaine est bien adaptée à un monde aléatoire. Elle dit au soldat : courrez sur la batterie adverse, Dieu reconnaîtra les siens. 

La thèse d'Adam Grant est que le monde n'est pas totalement aléatoire. Pour le comprendre, il faut apprendre. Ce qui signifie une démarche "scientifique" d'essais et erreurs.)

lundi 20 juin 2022

Mécanique quantique

Feynman donne une introduction à la mécanique quantique qui n'a rien à voir avec ce que j'ai connu. 

Je me souviens d'équations mystérieuses. Chez lui, il part de l'expérience. Il montre que, dans certaines conditions, l'électron est diffracté. C'est à dire qu'il se comporte comme une onde. Du coup, on aboutit au principe d'incertitude d'Eisenberg, qui devient le principe fondamental de la mécanique quantique, sur lequel tout repose. 

Et, surprise, ce principe produit une forme de certitude. C'est lui, en quelque sorte, qui maintient les électrons en orbite. En effet, sans cela l'électron obéirait à la mécanique newtonienne, dissiperait son énergie, et finirait collé au noyau. Ce qui permet à Richard Feynman de faire quelques calculs précis...  Paradoxe. Et il y a beaucoup d'autres applications pratiques du dit principe. Par exemple, il fournit une raison pour laquelle nos chaussures ne s'enfoncent pas dans le sol... 

Encore plus mystérieux que les équations mystérieuses ? Ou est-ce notre "esprit simplifiant" qui est totalement inadapté à la réalité ?

lundi 12 octobre 2020

Le système D dans la nature

"On peut considérer que les organismes vivants sont construits à partir d'un programme, que ce programme est très lié à l'architecture générale des organismes, mais il ne faut jamais oublier que ce programme a la particularité, par construction, même en restant strictement déterminisme, de créer systématiquement de l'imprévu." (L'identité génétique, Antoine Danchin, dans La Vie, Université de tous les savoirs, Odile Jacob.)

Un livre peut être lu ou servir de presse-papier. Mieux : un mécanisme ayant une fonction originelle de lutte contre une maladie pourra être utilisé, des millions d'années plus tard, par l'être dans sa structure (pour déterminer ce qui sera le dos, ce qui sera le ventre, par exemple), et cela pour faire face à des conditions extérieures nouvelles. En quelque sorte, le résultat de l'action de l'agent pathogène aura été de transformer, définitivement, l'individu et sa descendance ! (Application au coronavirus ?)

Le hasard et la nécessité forcent les mécanismes vitaux à trouver des fonctions nouvelles. Et c'est pour cela que l'eugénisme est impossible. Rien n'est fondamentalement bon ou mauvais, tout a la capacité de devenir utile, un jour, dans des circonstances imprévisibles, par "bricolage".

mardi 16 juin 2020

La modélisation nous a-t-elle sauvés du coronavirus ?

La nouveauté du coronavirus tient à l'importance qu'ont eue les modèles mathématiques et informatiques dans l'information que nous avons reçue. France Stratégie analyse ce phénomène dans un débat, que l'on retrouve ici : https://youtu.be/j0RVJID4D58.

Au fond, l'anthropologue du débat l'a tué dès qu'il a parlé : l'anthropologie a cru à la modélisation (le structuralisme de Lévy-Strauss) et a vite compris que la complexité du monde s'y refusait.

Il y a cacophonie entre modèles, ce qui ne conduit à rien. Tous leurs enseignements se ramènent à très peu de choses, qui ressortissent à la simple observation : les gouvernements ont tardé à réagir alors qu’il y avait une augmentation manifeste des malades, la densité semble un paramètre important dans la propagation du virus. (Mais, la question du fait que des pays hyper denses ne semblent pas touchés, n'a pas été évoquée.) Pour le reste, on ne sait pas.

Une remarque intéressante : certains modèles peuvent être "impérialistes". Ils imposent implicitement les normes qu'ils désirent pour la société.

Détail inquiétant : pour masquer cette cacophonie, qui en elle-même est un signal, les chercheurs tendent à s'entendre pour parler d'une seule voix...

(Détail rassurant ? On apprend que les Anglais sont très en avance sur nous en termes de modélisation...)

lundi 4 mai 2020

Le chaos dans le système solaire

Ouvrage de circonstances ?

L’avenir est imprévisible.

Le bel équilibre des équations newtoniennes n’est qu’apparent : elles cachent le chaos et l’indétermination.

Par exemple, on est incapable de savoir si le triplet, Lune, Terre, Soleil est stable à long terme, ou si le système solaire n’est pas susceptible d’éjecter une de ses planètes.

C’est ce qu’a découvert Poincaré, il y a plus d’un siècle. Tenter d’expliquer le mouvement des planètes a été une aventure, en voici le récit.

mardi 7 avril 2020

Camus est grand

Jean Daniel racontait qu'il s'était brouillé avec Camus sur la question de "l'inéluctabilité" de la décolonisation de l'Algérie. Camus lui a répondu que "inéluctable" est un concept hégélien qui pose en principe que le cours de l'histoire est déterminé.

Et, effectivement, ce qui est arrivé à l'Algérie n'était pas "inéluctable". Jean Daniel explique que, contrairement à ce qu'il a fait avec la Tunisie, et le Maroc, de Gaulle a "bâclé" les négociations avec le FLN, parce qu'il n'avait aucune considération pour ses interlocuteurs. S'il en avait eu, le sort de l'Algérie aurait-il été différent ?

Et que se serait-il passé si nous avions fait comme les Anglais avec Hong Kong ?

(D'ailleurs, Hong Kong ne serait-il pas en train de résister au colonialisme chinois ?)

jeudi 28 février 2019

Ai-je de la volonté ?

Je décode avec peine le volontaire et l'involontaire de Paul Ricoeur. Problème : je ne crois pas à la volonté. Volonté signifie qu'il y ait un libre arbitre, et le supposer conduit à des contradictions sans fin. Je ne crois pas à je.

Comment avançons-nous, alors ? Par influence, peut-être. Nous réagissons à notre environnement, en particulier à ce que nous entendons. C'est pourquoi il est probablement utile de croire qu'il existe une "volonté", ou un je.

(Pour autant, je ne crois pas au déterminisme. La vie change par "big bang", qui rend son cours imprévisible. Le monde se crée continûment. Le prospectiviste est contre nature.)

vendredi 2 février 2018

Changement de météo

Vous allez voir, il va y avoir un froid de saison. Voilà ce que j'ai vu sur un site de prévision météo, à au moins deux reprises. On a eu de la pluie et du vent.

J'ai l'impression que le temps reste du même type pendant plusieurs jours, avant de changer brutalement. La météo a beaucoup de difficultés à prévoir ces changements. Du coup sa prévision consiste à dire que demain il fera le même temps qu'aujourd'hui.

jeudi 11 janvier 2018

La renaissance de 68 ?

Je disais, en fin d'année, que M.Macron enterrait 68. Et si 68 renaissait ? me fait demander le billet précédent. Et si Harvey Weinstein était l'hirondelle qui refait le printemps ? Le test existentiel qui révèle que 68 ne fut pas un mouvement de paresseux, comme semblait le penser M.Sarkozy, mais répondait à de puissantes et respectables aspirations ?

La conséquence de la capacité humaine au changement est d'avoir toujours tort ?

lundi 4 décembre 2017

Histoire

M.Hollande aurait été obnubilé par sa place dans l'histoire. Mais l'hirondelle fait-elle le printemps, et M.Hollande, l'histoire ? Il semble surtout que sous Hollande pointait Emmanuel. Il a amorcé un virage, qui se préparait peut-être depuis longtemps, et qui a été négocié par M.Macron ?

N'en est-il pas de même de M.Trump ? Lors de l'élection de M.Obama, j'ai lu une étude qui expliquait que les USA oscillaient entre le prosélytisme et le repli frileux. Comme souvent, les deux résultent de la même idée. Les USA sont le bien. Donc soit il doit être étendu au monde, soit il doit être protégé du mal. M.Obama a amorcé le mouvement. Mais c'est M.Trump qui l'a amené à son terme.

vendredi 10 novembre 2017

Déterminisme

Kant disait que l'on est déterminé, mais qu'il faut agir comme si on ne l'était pas. Je crois que la contradiction n'est qu'apparente. Nous faire croire que l'on n'est pas déterminé est une manière de nous déterminer. Et elle conduit à un meilleur résultat que l'hypothèse inverse. Elle crée une angoisse existentielle, favorable au changement.

Car, il me semble aussi que l'homme est indéterminé. Sa vie est faite de "big bangs" qui le changent. Ils sont imprévisibles. Ce sont eux qui font que nous sommes collabos, résistants ou majorité silencieuse. La société joue sans doute un rôle essentiel dans la création des conditions qui permettent le big bang. C'est probablement une conclusion qu'il faut tirer des travaux de E. Durkheim sur le suicide. Cependant, dans les mêmes conditions, deux hommes peuvent ne pas réagir de la même façon. (Cf. étude sur des jumeaux, citée par B.Cyrulnik.) Ce qui est inquiétant, me semble-t-il, est que ce qui détermine leur réaction est au delà de la raison. James March conclut : "décisions happen".

lundi 8 mai 2017

Vérité

Combien de gens n'ont-ils pas dit que leur motivation était la quête de la vérité ? Mais qu'entend-on par vérité ? Deux acceptions possibles (au moins) :
  • Il existe des sortes de "lois de la nature". Frederick Taylor, dans le domaine de l'entreprise pensait qu'il y avait "the one best way" de la faire fonctionner, la seule bonne façon. Cette définition de la vérité sous-entend que l'homme est déterminé. Il y a une seule bonne façon de mener sa vie. Il y a un bien et un mal. 
  • Il y a des faits, des "donnés". Par exemple telle personne a prononcé telle ou telle parole à tel moment. Il n'y a jamais une certitude totale par rapport à ces faits. (On peut avoir mal compris les dîtes paroles.) Mais il y a tout de même quelque-chose sur lequel on peut bâtir une action. Cette vérité s'oppose au mensonge. Le mensonge, volontairement, travestit ce qu'il sait. "Fake news" dit-on maintenant.
La science est-elle la recherche de la première vérité, ou de la seconde, une connaissance, ou plutôt une description, de notre monde, qui nous permette d'agir ?

mercredi 10 août 2016

Indétermination

A qui ressemble-t-il ? se demande-t-on en regardant un enfant. Souvent à son père ou à sa mère, ou à un ancêtre. Cela semble évident qu'il devait en être ainsi. Mais lorsque l'on considère ses frères, on constate que chacun a pris quelque-chose d'autre à sa famille. Si bien qu'ils sont très différents les uns des autres. Et pourtant ils ont un air de famille.

Je me souviens d'un article qui parlait d'antimatière et qui concluait que si la matière avait gagné, c'était parce qu'il y avait un tout petit peu plus de matière que d'antimatière. J'ai l'impression qu'il en est de même un peu partout. Notre caractère est fait de tas de paramètres qui peuvent prendre un petit nombre de valeurs. Choisir l'une plutôt que l'autre ne tient à presque rien. C'est ainsi que l'on peut sembler être déterminé, tout en étant imprévisible.

lundi 23 mai 2016

Nature humaine

"J'ai toujours tort" était le titre d'un de mes premiers billets. Et c'est en particulier vrai de mes jugements sur les gens. Je tends à les faire entrer dans des stéréotypes. Ils sont globalement justes. Mais le petit peu qui ne l'est pas est, malheureusement, capital pour le succès de notre relation. D'ailleurs, je constate que l'on ne peut jamais parfaitement cerner une personnalité. Au mieux peut-on espérer la connaître assez pour mener ensemble telle ou telle tâche.

En vieillissant, je deviens prudent. Cependant ce n'est pas assez. Il faut trouver un moyen de connaître l'autre rapidement. Une sorte de plan d'expérience. Pour cela, il me semble qu'il faut surtout encourager le hasard. Il permet à la personnalité de se révéler. Or, je ne suis pas un habitué du hasard.

dimanche 22 mai 2016

L'homme est-il naturellement bon ?

Au 18ème siècle on s'est déchiré pour savoir si l'homme était naturellement bon ou mauvais. 

Pour ma part, je pense qu'il n'est "naturellement" rien. La personnalité est le fruit de multiples influences. L'influence d'un éventuel "selfish gene" est écrasée par celle de la société. Aujourd'hui, nous tendons à être effroyablement égoïstes, mais ce n'est pas pour autant que nous ne puissions pas changer, en bloc. 

Et pourtant, comme le dit Bergson, nous ne sommes pas déterminés. Il y a des moments ou "quelque chose survient" qui fait que nous créons de l'inattendu. Pour que cet imprévu se produise, il faut que nous agissions comme si nous avions un libre arbitre.

samedi 23 janvier 2016

Y aura-t-il de la neige ?

Le week-end dernier, je me demandais s'il allait neiger. La météo de mon téléphone me disait oui. Mais, à chaque fois que je la regardais, je voyais le début des chutes de neige s'éloigner. Il n'a pas neigé sur Paris.

Mystère de la prévision. C'est curieux à quel point elle change rapidement. Je l'ai remarqué lorsque je cherchais à savoir si un épisode doux aller s'achever. Je voyais chaque jour les prévisions à quinze jours changer. Peut-on encore parler de prévisions ? A moins que ce ne soit une indication : si les prévisions ne changent pas, elles sont sûres, sinon, rien ne va plus, tout est possible, comme au casino ? 

La météo pose la question du déterminisme. Si Bergson a raison et que le monde est Création permanente, alors la prévision parfaite est impossible. Le fait que l'on puisse un peu prévoir semble dire qu'il y a assez d'indéterminisme pour assurer notre liberté, mais pas suffisamment pour que le monde soit totalement incompréhensible... Espérons que ça ne va pas changer ? 

dimanche 3 janvier 2016

La philosophie est-elle utile ?

J'ai eu la surprise d'entendre une philosophe surdiplômée me dire que la philosophie n'avait pas d'intérêt pratique. Etudier Bergson ressortirait au plaisir intellectuel. 

Il me semble que la philosophie nous concerne au premier chef. Philosopher, selon moi, c'est chercher un sens à la vie. Mais, en retour, cette explication a des conséquences sur la façon dont l'humanité agit et vit. Heureuse ou non, durable ou non. 

Et si l'homme était libre ?  
Prenons le cas de Bergson. Voici comment je l'interprète. Il dit, selon moi, que le philosophe rationalise ses préjugés ou son intérêt. Kant, par exemple. Scientifique, il veut nous "prouver" que la science est le seul moyen de connaître le monde. Le même argument s'applique au philosophe Platon, qui nous affirme que le philosophe doit être roi ; ou à l'économiste, qui nous prouve, comme Hayek, que "la société n'existe pas", c'est un marché.

Conséquence ? Refus du changement. Soit tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, soit l'histoire a un sens unique (Hegel et Marx). Alors que reste-t-il à l'homme ?  A obéir aux lois ou à l'histoire. C'est le déterminisme. L'homme esclave, machine. L'aliénation. 

Bergson a un préjugé : l'homme est libre. Le déterminisme est un faux problème. A ce point, il se dit : quitte à rationaliser mes préjugés, en bon philosophe, à quel modèle cette hypothèse peut-elle me conduire ? Eh bien, à l'innovation permanente ! Le propre du monde serait le changement. Un changement discontinu (pas l'image du fleuve), par "coup de génie", par "bangs". Cette exigence de changement impliquerait que nous sommes un cosmos immatériel. Ce monde n'est ni chaos, ni néant, mais changement en bon ordre. Nous sommes partie prenante de sa création continue. Bergson appelle cela le "spiritualisme", et cela ressemble beaucoup à "l'animisme" des peuples de la nature. Et le sens ? Il n'y a ni absurde, ni direction. Le sens est une création, sans cesse renouvelée. L'humanité est l'artiste de l'univers ? Par ses recherches et son travail, sa révolte dirait Camus, elle lui donne un sens ?

Conséquences ? Le changement devient continu et solidaire. Développement durable. C'est aussi une nouvelle source d'inspiration pour la science. Exemple : le monde n'aurait pas eu de commencement. Le "Big bang" ne serait qu'un bang créatif parmi d'autres. 

dimanche 27 septembre 2015

Les conditions initiales d'Einstein

Einstein est d'utilité publique. Grâce à lui, nous avons une excellente opinion de nous-mêmes. Mécanisme en deux temps : 1) on proclame que c'est l'homme le plus intelligent de tous les temps ; 2) on montre qu'une de ses idées est ridicule. Ce qui sous-entend "qu'on" est plus intelligent que le plus intelligent... 

Dans cet épisode, on s'en prend à ses déclarations concernant la mécanique quantique. Pour lui, des conditions initiales identiques doivent donner des résultats identiques. La mécanique quantique dit que ce n'est pas le cas, et l'expérience lui donne raison. (Article de F.Wilczek.) Le monde est imprévisible. 

Pour ma part, je soupçonne que "condition identique" n'a pas de signification. La physique travaille sur des abstractions. Qu'est-ce qu'un "électron" par exemple ? De loin, on le sait, mais de près ? Il en est de même pour toutes les grandeurs de la physique, la hauteur d'eau par exemple.