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lundi 15 août 2022

McLevy

Le gisement anglais d'histoires criminelles est sans fond ! Cette fois, j'ai découvert "McLevy". 

J'ai cru que l'on avait retrouvé, en Ecosse, la tribu perdue d'Israël. Mais, apparemment, McLevy serait un autochtone. 

En lisant sa fiche Wikipedia, j'ai vu que ce fut un des premiers inspecteurs de police écossais, qu'il a officié 30 ans, et qu'il a résolu quasiment toutes les affaires qu'il a traitées. 

Au même moment, les informations de la BBC disaient que, dans seulement 4% des cas, un cambriolage moderne débouche sur une conviction. 

Pourquoi de tels écarts ? 

Peut-être y a-t-il crime et crime ? Des victimes qui comptent plus que d'autres ? A moins que la société ait été plus étroitement imbriquée en ces temps lointains, et qu'il ait donc été plus facile de savoir ce qui s'y passait ?...

mercredi 29 juin 2022

Economie et société

Et si l'économie se nourrissait de la destruction de la société ? Question que je me posais en réfléchissant aux malheurs des gens touchés par l'inflation. 

Ils vont devoir renoncer à Netflix et réapprendre à se distraire avec d'autres êtres humains. 

Idem pour l'électro ménager : il a libéré la ménagère pour qu'elle puisse travailler ? Et une fois au travail, elle s'est trouvée l'objet de discriminations inacceptables ? 

Comme tout, l'économie est probablement la meilleure et la pire des choses ? Il faut parvenir à la maîtriser, et éviter, comme aurait dit Marx, qu'elle nous "aliène" ? 

samedi 18 juin 2022

L'être humain est-il incompréhensible ?

Kundera semble penser que l'on est condamné à se méprendre sur l'autre. L'incommunicabilité est un principe d'organisation de la société. 

Ce que je constate est que l'on a "toujours tort", si l'on croit comprendre l'autre. Ma mère, qui me disait "qu'elle me connaissait comme s'il elle m'avait fait", est un parfait exemple de cette erreur fatale. 

En revanche, croire que l'autre ne peut être compris paraît tout aussi idiot. 

Il y a, en fait, entre ces deux idées reçues un juste milieu. Effectivement, l'autre est, a priori, un inconnu, et il fait tout pour le rester, en changeant sans arrêt. C'est ce qui fait, d'ailleurs, beaucoup de son charme.

De ce fait, s'il y a un espoir de le comprendre (de temps en temps, et approximativement), c'est en cherchant sans cesse qui il est. 

Voilà ce que je tire de mon expérience...

jeudi 24 mars 2022

Lien social et changement

Yakafokon expliqué ? 

Le Yakafokon, c'est le raisonnement cartésien. Nos institutions ont des missions. Si elles les exerçaient tout serait facile. Par exemple, notre président ne devrait avoir qu'à ordonner pour être obéi. 

Mais une société, ce sont des rites et un "système". Nos comportements sont encadrés. Nous pouvons croire, dire, et faire croire que nous sommes puissants, nous faisons toujours la même chose. 

Le changement, le vrai, ne part pas du haut, mais du bas. Son principe, c'est le "lien social". Un à un, un groupe de personnes voulant faire bouger les choses se constitue. 

La question est : comment se crée un lien ? La réponse que je tire du confinement est : Zoom. 

J'ai découvert que j'étais anormal. Les entrepreneurs me disent avoir besoin de rencontrer les gens pour les connaître. Pas moi. Il peut se passer "quelque-chose" dans une discussion à distance. 

Kurt Lewin explique peut-être le phénomène : il dit que pour connaître quelqu'un, il faut vouloir le changer. Eh bien, ma préoccupation est toujours le changement. Et c'est peut-être cela qui crée le lien. 

vendredi 4 mars 2022

Pardon

Les mystère du pardon, une émission de Radiolab. Curieuse chose que le pardon. L'émission commence avec Justin Trudeau. Par mégarde, il bouscule une députée. Pendant deux jours, il n'arrête pas de se confondre en excuses. Un rien lassant. 

D'ailleurs, lorsque le dommage est sérieux on n'a pas intérêt à demander pardon, car cela est une reconnaissance de culpabilité. Alors, les Américains ont eu l'idée de permettre un pardon qui n'engage pas. Mais il a été exploité, par les avocats, à l'envers de ses intentions. 

Et pourtant, le pardon peut réussir. L'émission citait le cas d'une erreur médicale qui tue un enfant. Le directeur de la clinique rencontre la mère, et reconnaît sa faute. Ainsi se mettant en son pouvoir. Un lien s'est établi entre deux personnes qui n'étaient que vrais sentiments. Et la mère aide maintenant la clinique pour que de tels accidents ne se reproduisent plus. 

Le pardon est un miracle ? 

(Je et tu de Martin Buber ?)

mardi 22 février 2022

Distanciation sociale

Distanciation sociale : "mot de la décennie". Ou du siècle ? 

J'ai découvert qu'elle se pratiquait avant qu'on la décrète. Une personne m'a expliqué que, déjà, elle évitait les grands rassemblements de début d'année, car c'était là que l'on attrapait la grippe. J'ai aussi découvert que, depuis longtemps, certains DRH faisaient appliquer à leurs collègues des mesures de "distanciation" dès qu'il y avait une épidémie de quoi que ce soit. Et aussi que, pour cette raison, le port du masque était courant en Asie. (Asie qui était, donc, déjà, un foyer d'infection ?)

Je me suis aussi rendu compte que j'avais régulièrement des périodes de fièvre inexpliquées, et qu'elles ont disparu depuis que je suis isolé. 

Qu'en déduire ? Notre modèle social était-il insuffisamment "distancié" ? Le contact, qu'il soit avec l'homme, l'animal, ou la nature, a un coût, qui peut être énorme ? Apprenons à cultiver, avec parcimonie et efficacité, l'art, si précieux, du lien ?

vendredi 15 octobre 2021

Société sidérée

Il y a perte de repères, une forme de « sidération » de la société. On est « désorientés ». On ne sait même plus si le pays fonctionne ou non, s’il est au bord de la faillite, ou non. Du coup, chacun se replie sur soi. Curieuse manifestation : les gens font du « présentiel en télétravail ». Ils vont au bureau mais vivent avec un casque sur les oreilles et se parlent par ordinateur interposé. 

Débat entre amis.

Que faire ? Du positif et de l’humain. Retrouver un sens à notre action, en prenant conscience des forces de notre pays et des opportunités qui s’ouvrent à nous. Et nous donner les moyens d’en tirer parti, en « se retrouvant entre être humains ». Apprendre ou réapprendre le lien social. Et tout d’abord pour sa nature même : « l’innovation ».  

lundi 23 novembre 2020

Qu'est-ce qu'un privilégié ?

Le salon de musique, de Satyajit Ray, est l'histoire de la ruine d'un Maharadja. Le film montre son rôle social. Il était l'assurance de son peuple, en cas de calamité. Peut-être aussi était-il le garant de sa culture. 

Un discours a émergé aux USA, mais aussi en France, selon lequel ceux qui dirigeaient le pays et ses entreprises étaient une "élite", ils devaient leur position au "mérite" d'avoir fait des études, et que le peuple était "paresseux", qu'il fallait "siffler la fin de la récréation" et le mettre au travail. En même temps, on a évoqué un retour à l'Ancien régime, on a parlé de révolution et de "populisme". 

Le privilégié serait-il celui qui ne voit que les avantages de sa position, est certain qu'ils lui sont dûs, et pas ses devoirs ? 

samedi 12 septembre 2020

Perdez votre temps !

Il y a eu un temps où je négociais beaucoup. Rien ne se passait pendant la négociation, mais tout survenait, de manière inattendue, la tension retombée, dans les 5 minutes qui précédaient l'arrivée de mon taxi.

Il y a temps et temps. Le temps de la société est un temps-durée, un temps mort, le temps des livres de physique et des sondes intergalactiques, lors duquel il n'arrive rien. Mais si l'on sort des limites que nous fixe la société, alors tout change. Si, au lieu de répondre mécaniquement, "ça va !" à "comment ça va ?",  vous perdez un peu de temps à écouter l'autre, vous finissez par découvrir des choses curieuses.

Il y a le "temps calcul", pendant lequel on gagne ce que l'on a mis, euro pour euro, et il y a le "temps relation", le temps "non linéaire" nécessaire à l'établissement d'une relation entre hommes. Ce qui apporte un gain "non linéaire", infini : la solution de vos problèmes (souvent existentiels).

Je soupçonne que je retrouve les idées de Bergson.


jeudi 16 juillet 2020

Vacances et résilience

Le voyage est généralement le désagrément des vacances. On se dépêche pour rejoindre son lieu de villégiature. Temps perdu. Des amis font du voyage leurs vacances. Ils vont d'ami en ami, et de spécialité locale en spécialité locale. Pas de temps mort. Ils ne bronzent pas idiots.

En fait leur périple ressemble beaucoup à celui des Tobriandais dont parle Bronislaw Malinowski, avec leur rite de "don et contre don". Ici aussi, "on ne vient jamais les mains vides". L'avant départ est une recherche fébrile du cadeau original qui va montrer son affection.

Le "don et le contre don" rendaient la communauté tobriandaise, éparpillée sur un chapelet d'îles, solidaire, et si, en ces temps de résilience, on imitait mes amis ?

vendredi 24 avril 2020

Pourquoi gagne-t-on à donner ?

J'ai toujours essayé de mettre les gens en contact, de faire que quelqu'un apporte ce qu'il sait à quelqu'un d'autre. Bien peu de choses, généralement : seulement un peu de temps, et, éventuellement une idée.

Il y a des personnes qui ne se prêtent pas à ce jeu. Ils n'ont pas le temps.

Ce qui est dommage. Parce qu'un jour ils ont désespérément besoin d'autre chose, d'argent par exemple, ou d'un contact avec tel ou tel, de clients, etc. Et cela leur paraît alors impossible à obtenir, un travail de surhomme. Pourtant, lorsque l'on a des amis, un réseau... tout cela est très facile.

Et voilà pourquoi l'on a intérêt à donner.

(Sauf, lorsque l'on est dans un monde qui ne sait que prendre. Ce monde, alors, est bloqué, tout y est impossible.)

Un témoignage d'expert du don.

mardi 25 février 2020

Coronavirus : ce qui ne tue pas renforce ?

Le coronavirus touche l'Italie. L'Europe tremble. On ne dit plus que le coronavirus est une punition de nos pêchés. Notre société a bien changé.

Et pourtant, à la réflexion, il y a quelque-chose de juste là-dedans. Le coronavirus révèle nos instants "d'hybris". Libertarisme, libéralisme... pendant quelques décennies l'humanité, au moins sa couche supérieure, a cru que la dimension sociale de l'existence n'existait pas. Le virus nous détrompe. Il est l'externalité négative de la supply chain mondiale, qui a conduit à une délocalisation massive. Il dit peut être aussi à la Chine, qui a voulu s'imposer en force, une manière bien peu chinoise, que cela ne se fait pas sans risque. Il dit encore que la dissimulation, le mensonge, tuent, comme on le voit en Chine et en Iran. Enfin, on a cru au "post modernisme", à la "post vérité", le monde n'était que croyances, que l'on pouvait manipuler. La réalité se rappelle à notre bon souvenir.

Enseignement ? Sans parler de pêché, il est peut-être bon de garder en tête que le changement "trop facile", la raison qui dicte ses raisons à la nature, a pour conséquence "imprévue" le drame.

jeudi 6 juin 2019

Comment ne pas répéter le passé ?

Ce qui me frappe est que l'on n'arrête pas de répéter les mêmes erreurs. En particulier, tout ce qui avait été mis en place après guerre pour empêcher que les mêmes causes ne produisent des effets encore plus violents a été démantelé.

La "vaccination sociale" ne pourrait-elle pas marcher ? Placer les nouveaux venus dans des situations qui ont mal tourné, dans le passé. Mais dans une version très atténuée des événements.

mercredi 5 juin 2019

Faut-il comprendre un criminel ?

Edgar Morin pense qu'il faut essayer de "comprendre" un criminel. (Ce qui ne signifie pas pardonner ou absoudre.)

Pourquoi ? Parce qu'un être humain est multiple et ne peut se réduire à une dimension, criminel, polytechnicien ou homosexuel, par exemple. Parce que les situations sont déterminantes. Mais surtout parce que ce "réductionnisme" est le poison qui provoque la haine et détruit les sociétés.

mardi 30 avril 2019

Comment dire non poliment

Le problème du non, c'est que l'on est à peu près sûr que l'on doit dire non, mais on ne sait pas l'expliquer clairement. Ce qui fait que l'on est maladroit.

Je me demande si l'on ne devrait pas aborder la question comme cela : "je pense que je dois vous dire non, mais je ne sais plus pourquoi ; si vous avez un peu de temps à m'accorder, je vais essayer de retrouver mon raisonnement". Les relations humaines ne s'en porteraient-elles pas mieux ?

samedi 19 janvier 2019

Respecte, et dis non

Je lis "Comment dire non". Condition nécessaire d'un non efficace : ressentir du respect pour l'autre.

Je me suis demandé si le manque de respect ne caractérisait pas la politique américaine, actuelle, et la contestation française, depuis toujours. Cela explique peut-être pourquoi trouver un accord est aussi difficile, et, surtout, pourquoi l'accord ne tient pas : on méprise celui qui l'a signé.

D'après le livre, c'est dans la famille que l'on se respecte le moins : "ne pose pas de questions, je te l'ordonne".

Comment ressentir du respect pour l'autre, pour ses enfants, en particulier ? Il y a une technique pour cela, elle est surprenante : éprouver du respect pour soi. Ce qui n'est pas évident. Cela exige un travail d'introspection. Il faut trouver nos valeurs, ce qui nous meut. Une fois que vous avez compris que vous aimez vos enfants, vous leur trouvez des qualités.

(Corollaire surprenant : si quelqu'un vous manque de respect, c'est probablement qu'il en manque vis-à-vis de lui-même.)

vendredi 7 septembre 2018

Fils de

J'entendais dire qu'au Magazine littéraire, Nicolas Domenach remplaçait Raphaël Glucksmann.

Les noms me semblant familiers, je suis allé me renseigner sur wikipedia. Où l'on voit que les réseaux sociaux ne sont peut-être pas qu'électroniques...

dimanche 27 septembre 2015

Journée sans voitures


27 septembre, journée sans voiture ? Je ne m'en étais pas rendu compte.

La Mairie de Paris ne semble pas avoir réussi son changement. Kurt Lewin dirait que, pour changer l'individu, il faut agir sur le groupe, et qu'elle n'a pas su créer un mouvement social qui arrête la voiture. Pour cela, il aurait suffi que les piétons envahissent les rues. Mot d'ordre pour la prochaine fois ? 

samedi 26 septembre 2015

Agence VW

Le scandale VW illustre le phénomène de "l'agence", obsession de l'économiste. Comment faire que celui qui a l'argent (principal) ne soit pas arnaqué par celui à qui il le donne (agent) ? Car ce dernier est mieux informé que le premier. L'économiste se préoccupe ordinairement d'entreprise. Mais le phénomène est général. Dans le cas de VW, VW a utilisé ce qu'il savait mieux que nous contre nos intérêts. Goldman Sachs, autre exemple : naguère il vendait des produits qu'il savait dangereux. On lui a fait un procès pour cela. Mais alors, me direz-vous, comment puis-je avoir confiance en mon vendeur de légumes, en mon assureur, en mon médecin... ? 

La solution trouvée par l'entreprise moderne est de remplacer l'homme par le robot. Mais, d'ordinaire ce n'est pas comme cela que la société procède. Elle utilise le lien social. Ce sont ses membres qui se contrôlent les uns les autres. Ainsi, vous ne roulez pas à gauche, parce que si vous le faisiez, vous n'existeriez plus. Il est possible que si Goldman Sachs, VW ou votre médecin peuvent tricher, c'est parce qu'un excès d'individualisme a détendu le lien social. 

samedi 21 juin 2014

Le chaos comme cancer social

Pourquoi le changement produit-il le chaos, suite. Une nouvelle modélisation.

"Pourquoi dois-je me battre contre ceux pour qui je me bats", me disait un dirigeant de l'économie sociale. Constatation que j'entends souvent. Pourquoi ceux que l'on veut aider cherchent-ils à nous voler ? Cela s'explique facilement, si l'on part de l'idée que :
  1. nous sommes dans un régime clientéliste qui nous a appris à vivre sur la bête ; 
  2. nous avons une très haute opinion de nous-même qui nous fait croire que tout nous est dû. 
Cela explique un paradoxe curieux : pourquoi ne m'en veut-on pas de rendre des services, que l'on ne me rend pas ? (Les psychologues disent qu'ainsi je fais perdre la face à mes interlocuteurs, ce pour quoi ils devraient me haïr.)

Mais ce n'est pas nouveau. Pourquoi le chaos ? Parce que les conditions s'y prêtent :
  • La division des tâches. L'efficacité sociale passe par la spécialisation. C'est aussi une situation de monopole facile à exploiter. Plutôt que de jouer son rôle social, on nuit à la société. 
  • La déréglementation de la fin du XXème. Ce qui évite d'ordinaire le phénomène précédent est probablement le contrôle (le lien) social. La déréglementation, plus généralement l'individualisation de la société, en le rendant difficile, a donc favorisé la transformation de la division des tâches en un cancer social.