MOOCs ? On n'en parle plus. Les rêves ont été défaits par la réalité.
Encore une mode qui a fait long feu. Marketing adroit, puis prospectivistes qui se nourrissent de nouveauté, puis, personne ne veut être en retard, moutons de Panurge, en particulier écoles d'élite. C'est à celui qui s'affirme le plus bruyamment le champion de la nouveauté. Est-ce comme cela que ça se passe ?
Combien cela coûte-t-il aux start up nations crédules ?
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lundi 20 mai 2019
dimanche 15 mars 2015
Puissante Asie, faible Occident ?
L’Asie, en tant que
Région, a acquis une réelle compétence industrielle. Chaque pays y joue un
rôle. La Chine, en particulier, possède un puissant tissu économique, avec une
riche sous-traitance. Par ailleurs, elle a été gagnée par la mode des
aéroports. Ou, plus exactement, des villes construites autour d’un aéroport. Ces
aéroports ont immédiatement la taille d’Heathrow… M.Netanyahou va-t-il être réélu ? Pas totalement sûr. Curieuse
personnalité : « ni ses alliés,
ni ses ennemis ne croient tout à fait ce qu’il dit ». Mais « nous avons besoin d’un premier ministre qui
soit un salaud » pense un conducteur de taxi. Marine Le Pen devient une rock star. Raison de son succès ? « « Quand ils se battent contre le FN »
dit Mme Le Pen, avec jubilation, « nous nous battons pour les Français ». »
En Russie le KGB et les Tchétchènes, les hommes de main de M.Poutine, s’affrontent.
En Europe, il y a deux poids deux
mesures. Pour la France, d’une part, et pour les petits pays, de l’autre. En Angleterre, la main d’œuvre est
extraordinairement pauvre (et peu productive) : « des
15 membres initiaux de l’UE, seulement la Grèce et le Portugal ont des coûts
horaires plus faibles (que l’Angleterre) ». Cela semble en partie dû à l’immigration : « un demi million d’immigrants de plus qu’en
2010 sont employés en Angleterre, ce qui représente à peu près un tiers de la
croissance de l’emploi du pays ». Le président égyptien se bat contre
les Islamistes et semble vouloir, et avoir le talent pour, s’impliquer dans les
affaires africaines. Dans certaines villes américaines,
le rôle de la police est de rançonner la population (noire ?) pour combler
les trous budgétaires. Dans 30 ans, plus
d’un quart de la population des USA sera hispanique. The Economist se
réjouit de cet afflux de sang neuf. Cependant, il semble que la transition n’aille
pas de soi. Ils sont considérés comme « non blancs » (du coup, les « blancs »
seront bientôt en minorité) ; non seulement l’ascenseur social ne semble
pas marcher, mais ce serait le contraire qui se passerait : il y a un
risque de « sous-classe hispanique » ; et il y a un risque « d’affrontement
avec les blancs âgés », car, demain les vieux seront blancs, mais pas les
jeunes…
L’esclavage se porte
toujours bien. Particulièrement en Inde. Les « supply chains »
lui seraient favorables.
MOOCS. On leur trouve d’utiles usages, en appui des cours traditionnels, et aux mêmes prix qu’eux. Notamment pour aider les élèves en difficulté. Mais aussi, c’était prévisible, pour la formation continue, et, à distance. The Economist ne croit pas aux montres d’Apple. D’une manière générale, à moins d’une « killer
app », ce type de gadget portable ne devrait avoir un intérêt que pour les
entreprises. En revanche, les troubles internationaux poussent les nations à s’armer.
C’est bon pour l’industrie de la défense.
La carte de visite n’a pas été disruptée par Internet. Pour contrer les menaces
de Google, les assureurs vont nous
équiper, nous et nos maisons, de capteurs. Et nous surveiller de près. « Les assureurs sont occupés à se transformer
en entreprises technologiques. »
La politique monétariste de la BCE fait s’envoler la bourse
et s’effondrer l’euro. Les Américains commencent à souffrir. Les inégalités de salaire viendraient
du nombre et de la taille grandissants des entreprises.
dimanche 29 juin 2014
Après la tempête libérale, un monde exsangue ?
Révolution dans l’enseignement
supérieur. Les MOOCs vont transformer l’enseignement supérieur. Pas
vraiment parce que ça marche, car ce n’est pas au point (« il faut que la pédagogie des MOOCs s’améliore
très vite »), mais parce que l’éducation supérieure est en faillite. Raison ? Inflation monstre de ses coûts, notamment salariaux. Et aussi
parce qu’on lui en demande de plus en plus. Notamment une formation continue de
la population. Les MOOCs devraient surtout bouleverser les universités les
moins prestigieuses. Les autres devraient conserver un enseignement
traditionnel. Le Brésil, en exemple ? L’enseignement public, gratuit, y
est aux mains des riches. Une énorme entreprise privée s’est emparée de la
formation supérieure des moins favorisés. D’où nécessité de réduire les coûts
par reengineering de l’éducation.
Dossier spécial Pologne. La Pologne comme modèle ? Très rapide développement, elle n’a
pas subi la crise de 2007. Pour une fois la subvention de l’UE (plus de 200md€ !)
semble avoir été bien utilisée. Mais, à quel prix ce succès ? La Pologne est
en voie de désertification. Les jeunes la fuient. Le taux de natalité y est
extraordinairement faible (1,3). L’économie repose sur la sous-traitance (donc
de bas salaires ?) et ne semble pas avoir trouvé de moteur propre. Etrangement,
l’Espagne ressemble à la Pologne. Son
économie redécollerait. Mais le pays paraît exsangue, sans beaucoup de garde
fous contre une violente rechute. En France, M.Valls porte le boulet Hollande. La
marque de fabrique de M.Renzi : on ne comprend pas ce qu’il fait, mais on
a envie d’y croire. Le mouvement comme stratégie ? The Economist, pense,
finalement, que M.Juncker est un bon bougre et qu’il faut lui laisser une
chance. Aux USA, l’infrastructure de
transport est en ruine. Elle n’a quasiment pas évolué depuis les années 60.
50% des ponts doivent être remplacés. Boeing propose des avions à ailes
pliables, de façon à ce qu’ils entrent sans dommages dans des aéroports d’un
autre temps. « La plupart des
systèmes de contrôle aérien sont moins sophistiqués que la technologie d’un
smartphone. » Il va falloir augmenter les impôts… En
Iraq, les alliances changent. Les intérêts du moment font que les USA, l’Iran
et M.Assad font un bout de chemin commun. Face à eux, Al Qaïda rassemble les
perdants et les pauvres. Et ils sont nombreux dans la région.
Alstom serait l’avenir
de GE. GE se transforme. Ses activités financières occupaient une part très
importante de ses affaires. La crise de 2007 a montré que c’était dangereux. Sans
compter que Jack Welsh semble avoir fait du ENRON pour gonfler le prix de l’action.
GE redevient donc industriel, international, innovant. Et semble décidé à être
un des grands du logiciel. Les pays du golf tentent un hold up sur le transport
aéronautique. Cas particulier du Qatar : sa stratégie est d’entrer en minoritaire
dans des compagnies et de les aider à se transformer.
« Les marchés financiers ressemblent de
manière inquiétante à ceux de 2007 ».
Après le gaz de schiste, voici le schiste bitumineux. Les réserves sont colossales. De nouvelles
techniques permettraient d’éviter les risques écologiques qui jusque-là avaient
empêché son exploitation.
Bis repetita ? Richard Nixon aurait dû son élection au
rejet par l’Amérique d’en bas d’une Amérique de gosses de riches manifestant
pour les droits civiques. Sa tactique fut de parler à l’instinct, pas à la
raison.
lundi 10 février 2014
MOOCs et importance du lien social dans l'enseignement
Un
économiste s’intéresse aux conséquences des MOOCs :
- Caractéristiques : lourd investissement de réalisation, des coûts quasi nuls d’utilisation. C’est un modèle presque inverse de l’Université, qui est soumise à des contraintes physiques et dont le « coût marginal » est très élevé.
- La bataille devrait se faire sur la qualité. Comme pour les livres (les éditeurs devraient-ils se lancer dans les MOOCs ?), quelques cours devraient s’accaparer tout le marché. Faisant ainsi des stars d’une poignée de professeurs.
- Les universités américaines se divisent en deux. Le bas de gamme qui devrait plus ou moins servir de support aux MOOCs ou périr. Le haut de gamme qui, lui, devrait impérativement ne pas collaborer avec les MOOCs. En effet son modèle est, en quelque-sorte, la « fidélisation » d’une élite étudiante qui, une fois fortune faite, en reverse une partie à son établissement d’origine. Pour cela il faut des liens humains exclusifs et forts.
Mes remarques :
- Comme pour toute innovation, ses conséquences sont difficiles à évaluer, et laissées de côté. Quid des enseignants actuels, qui pourraient se trouver au chômage ? Et du modèle à adopter pour former les prochaines générations de professeurs, sachant que seulement quelques stars doivent survivre ? Quel rôle joue le lien social dans ce que l'on apprend à l'université, dans la capacité de l'élève à absorber efficacement beaucoup de connaissances... ? La force de Cambridge, par exemple, c’est que chaque élève est suivi par un superviseur, qui travaille avec lui en face à face. En outre, la vie sociale de l'étudiant et sa capacité à s'y faire remarquer, et à y jouer un rôle de leader (équipes sportives, clubs politiques, journaux universitaires, compagnies théâtrales...) sont vus comme des tests de ses qualités et sont décisifs pour sa future carrière.
- Internet a un effet très particulier. Son marché est souvent marginal (cf. les ventes de livres en ligne). Mais il conduit à un effondrement de ce qu'il attaque, qui était optimisé pour servir au meilleur prix son marché existant. Du coup, l'effet d'Internet peut être la disparition de services importants pour une grande partie de la population. Les MOOCs pourraient-ils avoir cet effet dévastateur ? D’un côté des formations extrêmement chères, du type de celle de Cambridge, désormais réservées à une élite de possédants ? De l’autre des cours d’accès facile et peu coûteux dont ne pourraient se tirer que quelques autistes ayant des talents et une volonté exceptionnels ? Ce qui ne leur ouvrirait, pour autant, pas de carrières magnifiques, celles-ci étant réservées à ceux qui ont des liens avec le meilleur monde, et qui savent s’y bien comporter ?
dimanche 2 février 2014
Méfiance et écosystèmes
Les tendances du
moment. Ce qui caractérise les
marques, c’est la méfiance qu’elles inspirent au marché. Les entreprises se
demandent comment le manipuler pour qu’il les aiment de nouveau. Il faut prendre le peuple par les émotions.
En effet, la société américaine est lasse des donneurs de leçon et de leurs grands
principes (les droits de tels ou tels…). L’argent
étranger fuit les pays émergents. Il revient aux USA, depuis qu’ils ralentissent leur politique d’innovation monétaire. Hier, on les appelait les BRICS, aujourd’hui,
ils sont « fragiles ». Mode
des écosystèmes. Le paresseux à trois doigts est un champion de l’économie
d’énergie. Sa recette ? Il entretient sur son pelage
une algue, des champignons et une mite. Tout cela fournit une partie de sa
diète. L’ordinateur va-t-il remplacer l’enseignant ?
Il pourrait aider à corriger les faiblesses de l’enseignement traditionnel (qui
est chiant, tue toute créativité et dégoûte de ce qu’il enseigne), sans
renoncer à ses vertus, dont les bénéfices sont indirects, et qui sont fondamentales
pour construire l’esprit humain.
Les bêtes noires de
The Economist. Russie. M.Poutine a utilisé l’argent du pétrole pour
maintenir la Russie d’hier. Mais cela ne marche plus. Les élites russes
pourraient le lâcher. Vers une dislocation du pays ? Idem pour le Vénézuela et l’Argentine (soja plutôt
que pétrole, pour cette dernière). Ces pays sont en proie à l’inflation et ne
peuvent plus payer leurs importations. Angleterre.
L’Ecosse va-t-elle faire sécession ? Probablement non, mais The Economist
craint une perfidie de dernière minute des indépendantistes. M.Miliband,
finalement. Son discours vise « les 40% de l’électorat qui partagent l’expérience d’un salaire faible
et de prix en hausse. » (Quant à la France, n'inspire-t-elle plus que de la pitié ?)
Business as usual.
USA. Discours sur l’Etat de l’Union. M.Obama, président impuissant, n’a rien à
dire. En Ukraine et en Thaïlande, les guerres civiles locales ont connu une
accalmie. En Turquie, le pouvoir de M.Erdogan semble s’éroder. Mairie de Paris. Match Hidalgo / NKM.
Problème d’image : ombre de M.Delanoë contre morgue aristocratique. L’une
veut diluer la composition sociologique de la population en subventionnant le
logement social, l’autre joue la classe moyenne, de plus en plus écrasée entre « le riche et le pauvre subventionné ».
Toutes deux veulent sortir Paris de sa léthargie. M.Karzai veut régler ses
comptes avec les USA, ce qui pourrait laisser l’Afghanistan aux mains des
Talibans. Attendons son départ. Développement
durable. La qualité de l’eau et de l’air se dégrade, mais la Chine a fait
des pas de géant en termes de réduction d’émission de CO2.
Pourquoi l’Angleterre embauche mais ne croît pas ? Pourquoi
est-ce l’inverse aux USA ? Parce qu’en Angleterre, l’inflation attaque les
salaires et rend la machine plus chère que l’homme. C’est l’inverse aux USA. On
ne sait toujours pas quoi penser du Bitcoin.
Outil de blanchiment pour truand ou innovation financière ? La tentative
de réforme du système bancaire européen pourrait forcer la BNP et d’autres à
des restructurations douloureuses. Walmart cherche à se réinventer. « Ecosystème »
(c’est à la mode) de magasins de proximité et de vente en ligne. Les
conglomérats familiaux turcs ont pris le meilleur de tous les mondes : paternalisme
rassurant ; diversification internationale, qui les protège de leur crise
locale ; refus d’engagement politique, qui leur évite les mauvais coups. La Chimie européenne (même allemande) va
mal. Concurrence des Chinois « appuyés par l’Etat », et des
Américains, portés par le gaz de schiste. Espoir ? Que le marché européen
de l’automobile relève la tête. La
nouvelle mode Internet : la santé en ligne. Suivi automatisé,
permanent, de notre santé. C’est supposé faire faire des économies à la
sécurité sociale, bien que rien n’ait pu être démontré. Pas grave. Il y a les
hypocondriaques. « (Les entreprises
du secteur) peuvent compter sur l’armée des technophiles qui poussent leurs
médecins à incorporer les nouveautés dans leur traitement. » (Vraie
cible des fonds d’investissement : remboursement par la sécurité sociale ?)
Par ailleurs, pour améliorer les soins, on multiplie les indicateurs. Rien ne disparaît, tout se transforme ? On reconstitue l’ADN
de l’homme de Neandertal à partir de ce que ses croisements avec notre espèce
nous ont laissé.
lundi 20 janvier 2014
MOOCs : une idée à mettre au point ?
Par hasard, j’ai lancé un débat sur les MOOCs dans
plusieurs groupes linkedin. Voici ce que j’en tire. Vrac.
- Comme je le soupçonnais, on est beaucoup plus intelligent à plusieurs que seul. En particulier, ces discussions me font découvrir deux intéressantes applications. L’une à Centrale, en anglais, apparemment très professionnelle, et sur un sujet technique de pointe. L’autre à l’EM Lyon, en français, portant sur l’entrepreneuriat, apparemment un peu bricolée, mais qui semble avoir été une réussite (plus de deux mille personnes sont allées au bout du cours, avec succès).
- Il est surprenant de voir des étrangers, parlant anglais avec des accents non anglo-saxons, représenter une école d’ingénieurs française. Et la façon dont le cours est abordé donne un coup de vieux à ceux que j’ai eus. A l’époque ils étaient donnés par d’anciens élèves qui s’écoutaient parler. On disait qu’ils étaient là pour avoir raté leur carrière. Apparemment, ce temps est révolu. Cela devrait donc transformer de manière radicale la façon dont on enseigne en France. Mais, comme je le disais il y a peu, cela fait aussi courir le risque de l’élimination du vrai pédagogue : celui qui pose des questions qu’il faut plus d’une vie pour résoudre.
- C’est d’ailleurs une magnifique plate-forme de promotion pour le (jeune) professeur ambitieux, qui veut se faire connaître. En conséquence, n’y a-t-il pas un risque que nos grandes écoles connaissent le syndrome Insead : vouloir recruter des gens de formation anglo-saxonne, et ne récupérer que ceux dont ne veulent pas les Anglo-saxons ?
- Ce qui me frappe surtout c’est à quel point je sais peu de choses. Fini le temps où l'on arrêtait son apprentissage à 20 ans ! Voici un moyen de découvrir que le savoir bouge vite. Et d’être mis au courant quasi instantanément de ce qui se fait de nouveau. (Il faut cependant le temps d’un minimum de travail de reformulation.)
- C'est aussi un moyen formidable, pour une école cette fois, de mettre en scène ses avantages compétitifs (par exemple les mathématiques appliquées, dans le cas de la vidéo de Centrale).
- En revanche, en termes d'accélération d'apprentissage, cet outil a probablement des limites. N'est-ce pas le cas pour des disciplines qui demandent beaucoup d’expérimentation et de consultation de références écrites (qui demeurent très efficaces) ? Par exemple, sciences expérimentales, mais aussi mathématiques qui s’apprennent par l’équation ou encore sciences du management : en MBA, par exemple, la partie théorique du cours est faite sur support papier. Le reste du temps, dont les séances avec l’enseignant, sont des exercices.
- Il me semble que les MOOCs sont un outil fantastique de formation permanente. Ils nous font réaliser que notre savoir s’encrasse vite, il faut le remettre à jour sans cesse. Leur démarche pédagogique non conventionnelle peut aussi permettre à des gens qui décrochent du système scolaire classique de reprendre confiance en eux, et peut-être de doubler certains bons élèves qui sont surtout devenus maîtres dans la manipulation des ficelles du système scolaire. Finalement, je crois que ce peut être un moyen extraordinaire de diffusion de « bonnes pratiques ». C’est l’expérimentation de l’EM Lyon qui m’amène ici. Un exemple. Les patrons de PME sont submergés de travail. Ils ne peuvent se consacrer qu’au strict nécessaire. Si bien qu’ils ignorent des points de droit, des « sciences du management », des techniques de levée de fonds sans dilution, etc. qui pourraient transformer leur vie. Et ce presque sans effort. Que font les Chambres de commerce ?
- Les MOOCs me font aussi penser à ce que j’ai vu pendant la bulle Internet. Ce n'est pas au point, ça se cherche. Impossible, aussi, d'apercevoir un modèle économique rentable. Cela ressemble à une sorte de service public. Un peu comme Wikipedia. (C’est d’ailleurs aussi l’impression que je retire de l’article, bancal, que consacre Wikipedia aux MOOCs.)
Courage, encore vingt ans de travail et ce sera au point ?
dimanche 22 décembre 2013
Les MOOCs vont-ils renouveler le corps enseignant ?
Je participe à un débat concernant les MOOCs, dans un groupe
linkedin. Un participant soulève une question fondamentale :
cela va favoriser les meilleurs profs en exposant leurs cours au plus grand nombre. Imaginons que je veuille devenir compétent sur la théorie des jeux. C'est un sujet touffu, et si je veux le maîtriser il me faut le meilleur enseignant possible qui me rendra accessibles les concepts les plus importants et les implications pratique de cette théorie. Pourquoi devrais-je me satisfaire d'un professeur dans la moyenne alors que quelque part je peux profiter d'un cours au top qui me captivera et me fera progresser plus vite ?
Cela m’a plongé dans de profondes réflexions. Voici ce que je
lui ai répondu :
Les MOOCs vont-ils faire émerger les meilleurs professeurs ? La question est intrigante. Ce que j’ai lu semble dire que ce qui émerge ce sont des « stars ». Mais les stars sont-elles de bons professeurs ? Si je considère ma propre expérience, je n’en suis pas convaincu. Voici quelques éléments sur lesquels je me base.
Il y a une vingtaine d’années j’ai eu à animer un module de dernière année de grande école de commerce. Deux jours à plein temps, juste avant le dernier stage, et en concurrence avec un marteau piqueur. (J’en suis sorti aphone !) Avant de démarrer, on m’a prévenu que les élèves allaient disparaître au fur et à mesure du cours. Or, c’est l’inverse qui s’est produit. Pourquoi ? Parce que j’ai fait un show. Mon objectif premier était de conserver les élèves, et j’ai réussi.
Plus récemment, j’ai eu à examiner l’université d’entreprise d’une grande société. Elle commandait des cours de gestion à HEC, ESSEC et autres, mais n’en était pas contente. En revanche elle était enchantée des cours de l’INSEAD. Or, si les participants en sortaient heureux, manifestement ils n’avaient rien appris. La force de l’INSEAD est de faire un show.
Finalement, il y a quelques temps je me suis souvenu d'un différend avec un professeur de troisième, que, par ailleurs, je ne pouvais pas souffrir. Je dois avouer que c’est lui qui avait raison. Il m'a fallu presque une existence pour comprendre son point de vue !
En multipliant les exemples, j’en arrive toujours à la même idée : le bon enseignement se mesure à très long terme, souvent, initialement, il est vu comme désagréable. Peut-être même qu'il doit frapper pour lancer une réflexion qui durera une vie. (Un problème plus qu'une solution ?) Le risque des MOOCs est d’installer une sélection naturelle qui fera émerger quelques amuseurs publics.
Conclusion ? Ce qui précède ne veut pas dire qu’il ne faille pas de MOOCs, bien sûr.
Mais il serait bien de se demander ce que l'on attend de l'enseignement. Qu'est ce qu'un enseignement efficace ? Et d'expérimenter les MOOCs, pour en tirer ce qu'ils ont de bon, sans s'y jeter à corps perdu.
dimanche 13 octobre 2013
Réputation américaine, production d’énergie européenne et attaque des Moocs
Le blocage du
gouvernement américain n’aurait pas de conséquences. Danger
principal ? Ne pas être capable de payer les intérêts de la dette. Or, les
obligations du gouvernement américain sont devenues une monnaie d’échange.
Mais, même là, rien de grave ne peut arriver à l’Amérique à court terme. A long
terme, sa réputation sera peut-être ternie.
La banque centrale américaine a un président d’un nouveau
genre. Contrairement à ses prédécesseurs l’inflation n’est pas son obsession,
mais le chômage. Elle va imprimer de la monnaie.
L’Amérique travaille à un projet de libre échange avec l’Asie. Curieusement, c’est moins la Chine qui gêne que le protectionnisme américain, seul sujet qui fasse l’unanimité aux USA.
En Europe, le mécanisme de
stabilité se met en place. Il peut aider les Etats, en leur prêtant et en
achetant leurs obligations, mais pas les banques. L’Europe est ennuyée que l’on
meure sur ses côtes. Mais n’a pas envie de faciliter l’immigration. « Si les pays comme l’Italie refusent
d’accepter plus de tomates d’Afrique, elles sont condamnées à accepter plus de
gens. »
En Espagne, « Les
usines de production automobile ronronnent, elles prennent du travail aux
usines européennes moins compétitives. » Les exportations se portent
bien. Mais le gouvernement aura-t-il le courage de s’en prendre au salaire
minimum ? En Allemagne Mme Merkel pourrait s’allier aux Verts, « qui ont très envie du pouvoir ». En
Angleterre, les politiciens s’en prennent à leur jadis toute puissante presse.
Pour la bonne raison qu’elle ne l’est plus. En Syrie, les excès des jihadistes
pourraient susciter une réaction de la population. Le pouvoir tunisien n’a pas
fait cette erreur.
Le marché de
l’énergie européen est dans un fichu état. Conséquences imprévues en
pagaille. Gaz de schiste américain qui fait chuter le prix du charbon, surinvestissements,
déréglementation, subvention à l’énergie renouvelable. Non seulement les
conséquences environnementales ont été négatives (paradoxalement, c’est le
charbon qui gagne). Mais tout cela mettrait en quasi faillite les producteurs
d’énergie qui n’auraient plus les moyens d’investir dans une « smart
grid » nécessaire à la circulation de l’énergie.
La globalisation a survécu. The Economist n'en revient pas. Pourquoi ? Le monde a retenu la leçon des années 30. Il n'y a pas d'idéologie de remplacement. Et « La capacité de la technologie à effacer les distances est trop puissante et les bénéfices économiques du commerce international et de l'investissement étranger sont trop largement admis. »
Qu’est-ce qui fait
l’éducation efficace ? L’éducateur, impact colossal, et le secondaire.
Les meilleurs enseignants doivent aller avec les élèves qui ont des
difficultés. Les MOOCs effraient les professeurs. En particulier, tous n’auraient pas les (nouveaux) dons que réclame
la formation en ligne. Elle s’en prend aussi aux MBA. Paradoxalement, le MBA MOOC est plus cher qu’une formation traditionnelle. Mais il permet à
l’élève de ne pas quitter son emploi. On espère combiner la pub télé avec de la
pub sur application mobile. Douteux. Moins
de start up aux USA. Donc moins de création d’emploi. Pourquoi ? Elles
n’arrivent pas à recruter. Les universités ne produisent pas ce qu’il leur
faut. Et l’immigration est bloquée. Sans compter que les lois américaines sont
effroyablement compliquées. (Mais si les start up ont besoin de Martiens,
sont-elles aussi bonnes qu’on le dit pour l’emploi ?)
La bicyclette publique gagne le monde. Cela réduit les
embouteillages, et c’est bon pour la santé.
mercredi 9 octobre 2013
La révolution MOOCs
MOOCs : l'université sans professeurs. Toutes les grandes écoles et universités s'y mettent, histoire de ne pas se laisser déborder. Cela peut-il marcher ?
J'ai travaillé sur une sujet proche, il y a une douzaine d'années : comment réduire les coûts d'appropriation d'un progiciel de gestion (ERP, CRM...) par une organisation (ce qui s'appelle "conduite du changement"). Réponse subtile :
(Une représentation graphique du phénomène MOOCs. Comme pour toute formation à distance, le taux de réussite semble extrêmement faible.)
J'ai travaillé sur une sujet proche, il y a une douzaine d'années : comment réduire les coûts d'appropriation d'un progiciel de gestion (ERP, CRM...) par une organisation (ce qui s'appelle "conduite du changement"). Réponse subtile :
- La formation en ligne seule est un flop quasi absolu.
- Il faut un mélange homme / machine / processus de formation / "parcours pédagogique" (la formation est orientée "expérience marquante" plutôt qu'apprentissage des fonctionnalités type Education nationale, inefficace). On pouvait alors réduire le coût de l'apprentissage par deux, peut-être plus.
- Un des gros postes de réduction de coût est de remplacer des consultants, inexpérimentés mais très coûteux, par des formateurs, expérimentés mais bon marché. Autrement dit un des grands bénéfices de ce type de formation est d'acquérir une partie de la "rente" des consultants ("rente" = exploitation abusive d'un monopole).
- La mise au point du dispositif demandait un gros savoir-faire, mais donnait des résultats infiniment meilleurs que ceux d'une formation classique, parce qu'il permettait une sorte de formation individualisée. En effet, l'apprentissage humain procède en quelque sorte par "blocages". Chaque blocage étant propre à un individu. Un processus mixte (autoformation / formateur) permet de concentrer l'énergie du formateur sur le juste nécessaire : la dissolution du blocage.
- Car le plus gros mérite de l'approche était qu'elle fonctionnait... Les méthodes classiques donnent un très mauvais niveau de maîtrise des nouveaux processus de travail. Une raison en est qu'il y a une sorte d'incommunicabilité entre consultant surdiplômé et théorique et opérationnel baignant dans la réalité de son métier. Pour contourner cette difficulté, on procède par "utilisateurs clés". On demande à des employés modèles de former leurs collègues. Mais 1) ceux-ci rencontrent la même difficulté que l'utilisateur normal : ils ne comprennent pas le consultant ; 2) ce sont des personnels indispensables, très difficiles à immobiliser pour un projet qui peut leur demander une présence à quasi plein temps.
(Une représentation graphique du phénomène MOOCs. Comme pour toute formation à distance, le taux de réussite semble extrêmement faible.)
mardi 10 septembre 2013
Les MOOCs au secours de l'éducation supérieure ?
Le coût de l'éducation supérieure a explosé aux USA (x4 depuis 1980 - une sorte de record toutes catégories). Et voilà qu'arrivent les MOOCs, la promesse d'une révolution par la formation à distance, et d'une réduction du prix de l'enseignement supérieur. (Une révolution qui pourrait toucher la France, qui me semble menacée, elle aussi, par la contamination du modèle américain.)
Je tendais jusque-là à me méfier des MOOCs (Massive Open Online Courses). N'était-ce pas une mode inventée par des commerciaux irresponsables, qui menaçait de torpiller la vraie éducation ? Maintenant, je la vois comme une illustration de la destruction créatrice de Schumpeter. La société est sujette à un phénomène d'innovation spontanée qui empêche les monopoles de tirer exagérément parti de leur position.
Je tendais jusque-là à me méfier des MOOCs (Massive Open Online Courses). N'était-ce pas une mode inventée par des commerciaux irresponsables, qui menaçait de torpiller la vraie éducation ? Maintenant, je la vois comme une illustration de la destruction créatrice de Schumpeter. La société est sujette à un phénomène d'innovation spontanée qui empêche les monopoles de tirer exagérément parti de leur position.
vendredi 26 juillet 2013
Crime en régression et retour du politique ?
« La vague
criminelle des années 50 aux années 80 paraît de plus en plus
comme une anomalie historique. » Pays développés : pourquoi le crime faiblit-il en temps de
crise ? Curieuse question que se pose The Economist. Beaucoup de
phénomènes seraient à l’œuvre. Quelques-uns technologiques : la société
est mieux armée pour détecter le criminel et pour défendre des biens qui
deviennent aussi moins tentants (les voitures ne sont plus des raretés). D’autres
sociétaux : épidémie de drogue en recul, repopulation des centres-villes. (Pour
ma part, je me demande s’il ne faut pas aussi chercher du côté de la protection
sociale. Et interrogation : pourquoi nous parle-t-on autant d’insécurité ?) Preuve de ce phénomène ? Aux USA, un jeune noir est abattu sans que cela
suscite de révolte violente.
Autre tendance sociétale : l’emploi deviendrait
favorable aux vieux. Les
gouvernements ne croient plus qu’ils doivent laisser la place au jeune. Et ils
sont mieux formés et en meilleure santé que jadis.
L’Europe légifère sur
Internet. Essaierait-elle de défendre les intérêts de ses industries
numériques contre ceux des Américains en cherchant à protéger les données individuelles ? Phrase de
Jean-Louis Bruguière : « Pour
les Américains, la protection des données est une question de droit de la
consommation, pour les Européens, c’est un droit fondamental. » Peut-être
aussi essait-elle de corriger un biais du marché européen, extrêmement
concurrentiel, qui comprime les revenus et empêche les investissements (l’Europe
serait-elle allé un peu loin dans l’idéologie de la liberté des marchés ?).
Toujours est-il que les banques devraient se débarrasser de leurs services
informatiques et passer au cloud computing. Pour raison d’économie. Les petites
y sont déjà, les grosses y vont lentement. Ce n’est pas sans risques.
Tendance à la réforme
politique, plutôt qu’économique (libérale) ? Enrico Letta voudrait s’en
prendre à un système d’équilibre Sénat / chambre des députés qui conduit à une
instabilité permanente. La victoire électorale de M.Abé pourrait préfigurer une
modification de la constitution japonaise. Quant à la Grèce et au Portugal, ils
paraissent, toujours, victimes du cercle vicieux de la rigueur. Scandale en Espagne.
Apparemment lié au fait que la crise y est due à une spéculation immobilière dans
laquelle baignait le politique. Une intéressante remarque sur Mme Merkel :
ses origines orientales font qu’elle se sent plus proche de la Pologne que de
la France.
Chine. Elle ferait
payer aux étrangers sa lutte contre la corruption (Glaxo SmithKline). Et la
bourse ferait payer aux entreprises un trop fort engagement en Chine. L’économie
chinoise freinerait, ses exportations pénalisées par le prix de sa monnaie. Elle se redéploierait, vers le service et la consommation interne. Sainement ? Elle semblerait surtout tirée par les investissements et l'emprunt.
MOOCS. Comme souvent avec Internet, on est incapable de
savoir si cela sera bon, ou aura des effets pervers. Ou encore ce que l’on doit
en faire (former les enfants ou les adultes ?). Une fois de plus cela secoue
les acteurs en place. Car les barbares (par exemple les éditeurs de presse) voient
là un bon moyen d’étendre leur territoire.
Banques américaines.
Bons résultats trimestriels, mais ambiance maussade. La réglementation a le
haut du pavé. Elles font le gros dos.
Energie renouvelable.
Ça n’arrête pas d’aller mal. L’Espagne doit revenir sur un programme d’aide à l’énergie
solaire, qui a été ruineux (les subventions auraient atteint 8,1md€ en 2012). (Cela
ne va-t-il pas aggraver la crise économique ? « les prêts à l’énergie renouvelable sont estimés valoir 30md€ ».)
Et le climat ne serait pas favorable. La hausse de température liée à l’émission
de CO2 serait moindre que prévu.
L’homme a-t-il la
guerre dans le sang ? Une relecture de statistiques semble dire que
non. La guerre serait une cause minoritaire de décès de la main de l’homme chez
les chasseurs cueilleurs. Pourquoi l’athlète
se drogue-t-il ? Parce que les régulateurs sont sous la pression du
marché. Et le marché ne veut pas qu’une application trop stricte de la loi tue
le sport.
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