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mardi 28 juin 2022

Le temps des miracles ?

J'ai dit que le propre des techniques de résistance au changement était le suicide. Cela a beaucoup surpris (indigné ?) l'animateur du débat auquel je participais. Pas besoin de chercher des justifications dans les travaux savants...

Le gouvernement de M.Macron est entre les mains des partis politiques traditionnels, que l'opinion a "dégagés", pour cause d'irresponsabilité. On leur demande d'aller contre leur nature ?  Quant aux deux autres partis, leur politique est la terre brûlée. Sous les pavés, la plage. 

A 27, l'Union européenne n'est pas manoeuvrable. Alors, elle a décidé de porter à 40 le nombre des ses membres. En faisant entrer le type de pays qui, actuellement, la paralyse !

Quant aux USA. Ils ont abattu le pilier de leur démocratie : la Cour suprême. Au moment où les régimes autoritaires ont décidé de porter le coup de grâce aux démocraties, que vont-elles faire si la plus puissante d'entre-elles, et qui les a sauvées en 40, ne s'intéresse plus qu'à ses querelles internes ? 

Je disais, l'autre jour, à quelqu'un qui s'inquiète de la situation du pays, qu'étudier le changement, c'est croire au miracle. 

(Et le Brexit ?)

jeudi 23 décembre 2021

Les paradoxes du poète

Baudelaire est l'archétype de l'intellectuel moderne, du "bohème". Il incarne toutes ses contradictions. 

Baudelaire voulait vivre comme un dandy. Il prétendait que la société devait à son talent le droit de jeter l'argent par les fenêtres. Après avoir dilapidé un gros héritage, il a été réduit à une maigre rente. Cela lui a permis de vivre sans travailler, sans quasiment rien écrire, en révolté. 

Le plus surprenant est que ce qu'il dénonçait lui était essentiel. Les biens matériels, d'abord, mais aussi la culture de son temps. Il n'y a rien de plus classique que sa poésie. D'ailleurs, c'était un virtuose du vers latin ! 

Il en est de même des apôtres de la "contre-culture" moderne. Les chanteurs anglo saxons, par exemple, sont souvent des fondamentalistes religieux. Ils s'identifient généralement à Jésus Christ. 

Peut-être Durkheim verrait-il dans la contre-culture une pathologie sociale ? Cela ressemble à un des cas de suicide dont il parle, d'ailleurs. Ceux qui sont trop liés à une culture, ses meilleurs élèves en quelque sorte, tendent à se suicider plus facilement que le reste de la population. La contre-culture, manifestation de ce phénomène ? Lorsque l'on croit trop à la culture, paradis artificiel, l'on devient inadapté à la vie ?

(Inspiré de la lecture des Fleurs du mal.)

dimanche 5 septembre 2021

Que cache la Burqa ?

Cet été, j'ai entendu une émission dont le sujet était le voile islamique. Une étude a été faite sur celles qui le portent. Curieusement, ce sont souvent des esthéticiennes. Cela ressemble un peu aux théories de Durkheim sur le suicide. Celle qui porte le voile est, en quelque-sorte, une championne des normes culturelles occidentales. Mais ces valeurs l'amènent à une impasse. Par exemple, elle ne peut pas être aussi belle que les images de magazines. Ou encore, elle a trouvé un "copain" vraiment gentil, mais ce n'est pas supportable. Il lui faut un homme, un guerrier. 

Quant à la législation sur le voile islamique, elle a, comme le pass sanitaire, durci le mouvement des durs. 

vendredi 21 mai 2021

Suicide : Durkheim et l'amour

Mourir d'aimer ? France Culture rappelait une affaire célèbre. En 68, une enseignante a une aventure avec un élève. Les parents de l'élève la poursuivent en justice pour "détournement de mineur" (apparemment, ils veulent avant tout retrouver leur enfant qui a fuit leur domicile). Un premier procès se solde par une peine légère. Mais il y a appel. Elle se suicide la veille du second procès. Cette affaire a fait l'objet d'un film. 

Je me suis demandé si elle illustrait les théories de Durkheim sur le suicide. Théories issues d'analyses statistiques. Si je comprends bien ses thèses, la société joue un rôle dans le suicide de deux façons : 

  • position de l'individu par rapport à la société, soit trop à la marge, soit trop lié à elle, 
  • action régulatrice de la société défectueuse (ou "anomie" : absence de règles). 

Il y avait probablement de cela dans ce cas. En effet, l'enseignante écrit, avant de se suicider, qu'elle est "perdue", elle ne comprend pas ce qui lui arrive. 

  • Elle même est pleine de contradictions : c'est une mère exceptionnellement rigoureuse pour ses enfants, mais une amie pour ses élèves. De plus, elle est décrite à la fois comme provocante et doutant d'elle-même. 
  • Quant à la société, elle est, probablement, entre deux eaux. Après le tout est permis de 68, c'est le retour de l'ordre. L'appel aurait pu être un signal envoyé aux enseignants : ne suivez pas cet exemple. (Appel auquel notre société souscrirait probablement, si l'on en juge par l'importance qu'elle donne aux affaires de moeurs impliquant des mineurs.)

mardi 13 août 2019

Mass killing

Pourquoi des tueries de masse aux USA ? lis-je. C'est la faute de Trump, ou du petit blanc, raciste par nature, dit-on souvent.

Ce qui me semble rapide. Ces tueries de masse sont des suicides. C'est de là qu'il faut partir. Ensuite, le suicide prend, dans chaque culture, mais aussi en fonction des modes ("Effet Werter"), des aspects différents. Comme les djihadistes, les Américains aiment finir dans un bain de sang.

Mais pourquoi le petit blanc se suicide-t-il ? Pourquoi pas le noir, qui semble dans une situation bien plus précaire ?

En fait, être un homme noir n'a rien de très agréable. Si vous naissez noir, vous avez une chance sur trois de faire de la prison.

Curieusement, ce sont surtout les hommes qui vont en prison, ou tuent en masse. Et si la société américaine était particulièrement hostile au mâle ?

mardi 18 décembre 2018

Auto organisation

Le mouvement des Gilets jaunes est un exemple des capacités humaines à s'auto organiser. Cela montre aussi l'efficacité de cette auto organisation : ils ont obtenu une dizaine de milliards en quelques manifestations.

Sa force première était là : auto organisation. Le fait qu'il ne soit manipulé par aucun mouvement politique ou syndical le rendait incontrôlable. Le seul moyen de l'arrêter était de chercher à comprendre ses revendications, pour y répondre.

Le plus surprenant est peut-être que ce mouvement a profité à des gens qui ne demandaient rien, alors que ceux qui ont pris le risque de manifester ont eu peu, et peut-être, parfois, rien. De la rationalité, de l'efficacité, de l'irrationalité ?

dimanche 6 mai 2018

Le changement fait peur

J'aurais dû poser la question plus tôt. Ses résultats sont surprenants. "Pourquoi le changement nous fait-il peur ?".

Exemple. Réponse d'un ami : "Ce qui est anxiogène dans le changement aujourd’hui, c’est la perte totale de repères, avant il y avait la famille, la religion, l’entreprise, la société…. La proposition d’une foultitude de modèles pour se sentir bien. La perte de sens critique…" Voilà ce que je n'attendais pas.

Bien sûr, a posteriori, la perte des repères n'est peut-être pas surprenante. Hannah Arendt l'annonçait déjà dans les années 50. Mais, avons-nous compris ce que cela signifie ? Qui dit pas de repères dit "anomie" (absence de règles). Et E.Durkheim en fait une cause  favorable au suicide. Explication du malaise actuel ? Car on en est arrivé à un point, difficilement concevable, où même les livres qui devraient nous rendre heureux nous terrifient. (Cela s'applique à mes livres, je l'ai noté.)

Et si "la perte du sens critique" était au départ de tout ? On entend "critique" comme cynisme, destruction aveugle. D'où, peut-être, perte de repères. Mais "critique", telle que la comprenaient les Lumières, signifie exactement le contraire. C'est une analyse rigoureuse qui porte à l'action, parce qu'elle élimine ce qui est faux. C'est l'art de la pensée. Et si, pour aimer le changement, et, accessoirement, être heureux, il fallait réapprendre à penser ? Paradoxal.

lundi 2 avril 2018

Raison dépressive

Il y a un curieux décalage entre la vie et ce que l'on en écrit sur elle. Lorsque l'on lit les philosophes, ce que je fais actuellement, on voit le malheur partout. Mais, les malheureux se considèrent-ils comme des malheureux ? Je n'en ai trouvé jamais aucun témoignage, au contraire. Je n'ai d'ailleurs découvert que récemment que j'appartenais à une famille de misérables.

Il est possible que les gens malheureux se suicident. Et, là aussi, il y a un paradoxe. Ce blog cite un article du Monde traitant des suicides de France Télécom. Les employés de France Télécom se trouvaient malheureux, alors que les prestataires de service qui travaillaient pour eux les considéraient comme des privilégiés.

Cela signifie qu'il y a là certainement un problème de raison qui déraisonne. Cela ressortit aux propos sur le bonheur d'Alain ? Mais, pour repenser droit, il faut peut-être un coup de main de la société. On a peut-être besoin d'aide pour comprendre que l'on n'est pas si malheureux que cela. Et qu'on peut, même, changer la situation. Le suicide est un drame de la raison, et de la solitude ?

(Durkheim ne me semble pas très loin de cette conclusion...)

jeudi 23 novembre 2017

Suicide policier

J'entendais que les taux de suicide des policiers étaient exceptionnellement élevés. L'explication qui suivait l'annonce montre à la fois qu'il faut se méfier de ses premières réactions et à quel point Durkheim demeure indépassable.

En effet, les raisons évoquées sont : on est policier à un âge où l'on tend à se suicider ; le policier, par le jeu des mutations, tend à être coupé de ses proches - un facteur de dépression ; il dispose d'une arme...

Autrement dit, les conditions dans lesquelles vit le policier se prêtent au suicide. Comment lui sauver la vie ? Par le lien social, aurait dit Durkheim. La "police de proximité" n'est pas bonne que pour la proximité, elle l'est surtout pour le policier...

lundi 6 novembre 2017

Fait social

Nouvelle tuerie aux USA. Comme d'habitude, on tape dans la foule. Comme souvent, c'est à l'arme de guerre, ou quasiment.

Et si c'était un "fait social" à la Durkheim ? Et si la culture américaine était un facteur aggravant, autrement dit ? Dans une société individualiste, l'homme est un loup pour l'homme. Mais l'affrontement est du ressort de la psychologie, plus du coup de poing. La règle du jeu, c'est le harcèlement moral. C'est la destruction de l'identité de l'autre, encore plus sûrement que dans 1984. Cela ne contredit aucune loi. Alors, le perdant du jeu, écrasé, qui n'a plus aucun droit, plus aucune voix, manifeste une dernière fois son existence par un grand massacre ? Alors, il a de nouveau l'impression d'avoir du pouvoir sur les événements, de vivre ?

(L'affrontement est certainement le même à tous les niveaux de la société, mais, en haut, on a des psychanalystes, de l'éducation, et aussi les moyens de s'éloigner de la zone de combats.)

dimanche 24 juillet 2016

Munich ou le mal américain ?

Au sujet des morts du 14 juillet de Nice, j'envisageais une épidémie d'un type particulier de suicide. La fusillade de Munich semble confirmer cette intuition. Les Allemands appellent le phénomène "Amok", du nom de la nouvelle de Zweig, et disent que le tueur de Munich voulait imiter Anders Breivik, tueur norvégien. 

La pratique étant quasi quotidienne aux USA, on peut se demander si elle n'a pas été importée chez nous, lorsque la culture américaine s'est imposée au monde. Il serait curieux de penser que les Jihadistes sont des Américains comme les autres...

lundi 18 juillet 2016

Le temps du suicide

Une nouvelle fois, on tue des policiers aux USA. Cela ne ressemble-t-il pas un peu à ce qui se passe en France ? Il y a à la fois une tentation du suicide, et d'un suicide qui punisse la société ?

Faut-il y voir la main de l'Etat Islamique, comme le pense notre président, ou celle de Durkheim, et son concept "d'anomie". Une société individualiste détruit le lien social, qui soigne, et transforme l'homme en désespéré ? Peut-être aussi, comme dans les pièces de Shakespeare, l'individu isolé ne peut-il que donner de la tête contre la société ? Dans le cas du candidat au suicide, la voir comme la cause de ses malheurs, et vouloir la détruire ? 

(Par ailleurs, comme je le disais à l'époque des suicides de France Télécom, les psychologues ont noté un phénomène de "mode" en termes de suicides. L'effet Werther. Ce qui explique peut-être qu'un pilote allemand se soit suicidé en précipitant son avion, plein de passagers, contre une montagne.)

jeudi 14 avril 2016

Racisme anti-blanc

Racisme anti-blanc ?  La fin de l'homme rouge montre que, en quelque sorte, les "classes laborieuses" russes ont été les victimes des transformations de leur pays. Aux USA, l'intérêt pour M.Trump résulterait aussi des difficultés des classes moyennes. C'est ce que l'on appelle ailleurs que chez nous "l'effet sablier". La réduction de la partie intermédiaire de la société, "squeezed middle". Le peuple des sans grades méritants a le sentiment d'être victime de discrimination. 

Et si c'était, simplement, l'expression de la traditionnelle lutte des classes (entre "blancs", ou plutôt nationaux), plutôt qu'une lutte entre immigrés et nationaux ?

Y a-t-il complot ? Est-ce l'expression d'un changement, de tout changement ? Le système change et les classes qui portaient ses valeurs subissent le changement ? Comme dans la théorie de Durkheim sur le suicide, le meilleur élève du système coule avec lui ? Si oui, n'y aurait-il pas d'autres moyens de changer, sans faire de victimes ?

jeudi 17 décembre 2015

La dépression du patron de PME

Phénomène bien connu dans le développement d'une entreprise : crise lors du passage de la phase lancement (petite équipe), à la phase gestion (entreprise structurée, qui tire le maximum de son avantage concurrentiel). Moment critique que peu d'entreprises réussissent. Ce qui est moins connu, c'est qu'elle peut s'accompagner d'un comportement suicidaire.

Cela semble se passer ainsi. Lorsque l'entreprise commence à connaître ses premières difficultés, réflexe humain, le dirigeant cherche un coupable. Il devient impossible pour son personnel. Ce qui, indirectement, ruine ses affaires. Il fait un diagnostic faux : il est un créateur, pas un manager, il ne comprend pas que lorsque son entreprise atteint une certaine taille, il doit trouver une compétence qu'il n'a pas.

Peut-être perçoit-il que c'est lui le problème. Mais, il ne veut pas se l'avouer. Question d'amour propre. Après tout, en France, le manager (le haut fonctionnaire inspecteur des finances) est mieux vu que le créateur (parvenu peu honnête et sans éducation).

Quelque psychologue aurait-il étudié ce phénomène ? 

(Je me demande aussi si on ne le voit pas ailleurs. Par exemple, les problèmes de l'Allemagne sont venus de l'intégration de l'Allemagne de l'Est. Or, au lieu de traiter la cause, elle a attaqué les conséquences. Non seulement elle s'en est pris au modèle social issu de Bismarck, mais aussi à sa capacité d'investissement industriel, qui est le cœur de son succès économique. Et s'il en était de même de la crise actuelle ? Erreur de diagnostic suivie d'une auto-destruction ?)

samedi 18 octobre 2014

Nos enfants sont malheureux

D’après une étude de l’Unicef les enfants français seraient méchamment malheureux.
Les adolescents connaissent, en France, un mal-être dont l’ampleur frappe l’Unicef. (…) 43% des jeunes de 15 ans et plus seraient ainsi en « situation de souffrance psychologique ».
Y a-t-il une réalité derrière ces chiffres me suis-je demandé ? (Une réelle souffrance.) Peut-être : on parle beaucoup de suicide.

En tout cas, tout est surprenant. Les lieux habituels de sécurité deviennent ceux de l’angoisse. Ecole, famille, réseaux sociaux. Mères plutôt que pères. Il y a aussi du prévisible : pauvres plutôt que riches et divorcés plutôt qu’unis.

La liberté qu’a tant voulu 68 a-t-elle été obtenue aux dépens des plus faibles ? 

vendredi 28 mars 2014

De la rationalité d'un comportement suicidaire

On m'interroge sur mon dernier livre. On me pose la question suivante : Vous dites que le comportement suicidaire est éminemment rationnel (page 37) pourriez vous élaborer un peu la dessus ? 

Imaginons que deux camions soient face à face sur une route trop étroite pour eux deux. Que faire ? - Une de mes élèves répond : accélérer. Thomas Schelling, prix Nobel d’économie, a redécouvert indépendamment cette idée. Quand l’autre voit que vous n’avez rien à perdre, il cède. C’est cela la logique d’un comportement suicidaire.

Les organisations et les individus l’adoptent naturellement lorsqu’ils sont confrontés à une décision qu’ils jugent « injuste ». On le rencontre, donc, souvent dans la conduite du changement. D'ailleurs c'est un comportement courant chez nous.

mardi 29 mai 2012

Petit traité de manipulation : l’injonction paradoxale

L’injonction paradoxale a connu une grande popularité récemment. En effet, elle est liée à la souffrance au travail. Et elle tue, par suicide.

L’injonction paradoxale, qui s’appelle double bind depuis qu’elle a été étudiée par Gregory Bateson, consiste à placer une personne entre deux obligations contradictoires, une consciente, l’autre non. Par exemple, un avocat m’a parlé d’un manager à qui l’on a demandé d’augmenter la rentabilité de son unité par réduction de ses coûts, ce qui était impossible. Mais impossible de refuser, sous peine (implicite) de perdre son emploi ou d’être mal noté. Épuisement à la tâche, et suicide.

La subtilité de l’art de l’injonction paradoxale est de la construire sur ce à quoi la personne tient le plus, par exemple son sens de l’honneur, l’amour qu’elle éprouve pour vous, le respect qu’elle doit à ses parents, sa peur de la mort…

Mais, l’injonction paradoxale peut aussi être involontaire, et c’est pourquoi elle est aussi dangereuse. Dans l’exemple précédent celui qui a donné l’ordre était peut-être ouvert à d’autres solutions qu’une réduction de coûts…

L’injonction paradoxale est d’autant plus effrayante que, comme l’Escherichia coli, elle est présente à l’état latent dans notre société. En effet, c’est une généralisation, par exemple, de la méthode qui consiste à obtenir ce que les parents désirent de leurs enfants « si tu ne fais pas, tu n’auras pas ». 

vendredi 11 février 2011

Suicide et responsabilité de l’entreprise

Risque suicidaire : enjeux et responsabilité. Article écrit par 4 avocats.

Une entreprise dont un salarié se suicide a peu de chances de ne pas être jugée coupable. La justice tendant surtout « à se montrer peu exigeante en ce qui concerne les éléments à fournir par les ayants droit. Ainsi la Cour admet-elle au rang de preuve du lien de causalité des attestations de proches ou de collègues, ainsi qu’un certificat médical »

Le décès peut-être reconnu comme accident du travail, ce qui peut entraîner ensuite une action en faute inexcusable. Par ailleurs, des poursuites pénales peuvent être engagées « contre l’entreprise personne morale, mais aussi contre le représentant légal de celle-ci ou son délégataire, l’encadrement en général, voire les collègues de travail. »
le Code pénal prévoit un arsenal répressif important pour sanctionner ceux qui, par leur comportement, pourraient conduire un salarié, collègue ou subordonné, à mettre fin à ses jours.
Quant à la prévention :
la nécessité de développer une vraie politique de reconnaissance au travail. A cela, les DRH ajoutent aussi la nécessité de mieux anticiper les changements en y associant davantage les salariés, et celle de développer un climat de confiance et d’appartenance plutôt que de compétition et d’individualisation.
Cet arsenal législatif ne s’applique pas qu’au suicide mais défend l’individu contre le harcèlement. Il devrait devenir difficile (et dangereux). Mais un employé qui poursuit son employeur ne risque-t-il pas de devenir un paria ? Comme pour la bombe H, ces lois me semblent ressortir à la dissuasion. Il faudrait en informer les employés (harceleurs et harcelés potentiels) et leur apprendre à les utiliser (ou plutôt à signaler qu’ils vont le faire). 

samedi 30 octobre 2010

L’énigme de Bouygues

Un paradoxe qui intriguait un ami, médecin du travail au siège de Bouygues : les ouvriers du bâtiment peuvent avoir les pires maux et handicaps, ils veulent travailler ; les bureaucrates sont des malades imaginaires.

Plus de 20 ans après qu’il m’ait raconté cette histoire, je lui ai peut-être trouvé une explication. Et elle se trouve dans le billet précédent.  

Le travail des ouvriers a un sens, pas celui des bureaucrates. Une même tâche peut être vue comme une punition ou comme une récompense, selon qu’on lui ait donné l’un ou l’autre sens. On peut conduire une personne au suicide en lui faisant faire ce qui enchanterait quelqu’un d’autre !

jeudi 15 juillet 2010

Suicide et Corée du Sud

Qu’est-ce qui cause le suicide ? Au moins en ce qui concerne la Corée, où il est exceptionnellement élevé, il semble que ce soit la société :

« Grande importance de l’apparence – avoir la bonne formation, le bon emploi, ou le bon niveau de réussite sociale perçue », le tout amplifié par les médias qui créent un « mythe du suicide », et peut-être aussi par un succès économique en marche forcée.