dimanche 26 janvier 2014
La concurrence n'est plus à la mode ?
jeudi 15 juillet 2010
Suicide et Corée du Sud
mardi 30 juin 2009
À vendre pays pauvre (suite)
Il y a quelques mois, j’avais écrit une note sur l’achat des terres des pays pauvres. L’affaire a évolué. Ce que dit un chercheur :
- La tactique initiale, que j’assimile à celle du passage en force, a échoué. Elle consistait en des négociations entre gouvernements, sans se préoccuper des droits des petits propriétaires. Il en a résulté un mécontentement populaire, qui a notamment fait échouer les projets Madagascar / Corée du sud (1,3mha), Philippines / Chine (0,5mha), Indonésie / Arabie Saoudite (1,2mha).
- Il serait mieux, en quelque sorte, de faire des pays pauvres des pays riches : de leur apporter les techniques qui permettent de développer leurs capacités agricoles. Tout le monde y gagnerait. Leurs ressortissants mangeraient à leur faim ; leurs clients auraient accès à des sources d’approvisionnement beaucoup plus fiables et abondantes que par la méthode précédente, sans risque de révolte.
C’est la loi fondamentale du marché : plus l’autre produit, plus on peut lui vendre. Espérons qu’elle sera comprise.
samedi 28 février 2009
Innovation et culture
Olivier Ezratty, qui revient d’un voyage en Asie (délégation emmenée par Nathalie Kosciusko-Morizet), observe que la manière d'innover d'un pays est marquée par sa culture (Retour de Corée et Japon – culture et innovations).
- Japon replié sur lui-même. D’où, notamment, un énorme intérêt pour la robotique. Le robot évitera d’avoir recours à un personnel immigré pour s’occuper des personnes âgées.
- Quant à la Corée, reconstruite à neuf, elle aime la nouveauté.
samedi 21 février 2009
La Chine sort de l’économie de marché
L'offensive mondiale de la Chine pour "sécuriser" ses matières premières :
Production de minerais et d’énergie : la Chine achète tout ce qu’elle peut. L’Australie est en coupe réglée (Rio Tinto, Fortescue Metals, OZ Minerals…), le Brésil presque autant, le pétrole de Sibérie va profiter d'une exploitation chinoise…
Tout cela est rendu nécessaire par une relance qui construit de l’infrastructure. Ou par une volonté de s'extraire du diktat d'une très dangereuse économie de marché (Stratégie de la Chine) ?
Complément :
- Question que soulevaient déjà les tractations entre la Corée et Madagascar : un Etat peut-il s’approprier les ressources d’un autre, même s’il les paie ? À vendre, pays pauvre
- Axe sino-russe ? Dimitri Uzunidis et l'économie russe.
jeudi 15 janvier 2009
À vendre, pays pauvre
Article que m’expédie Dominique Delmas. On y dit que les pays riches (Chine, Corée du Sud, Pays du Golfe), qui n’ont pas de les terres pour nourrir leurs populations, achètent celles des pays pauvres, qui n’ont pas plus les moyens de nourrir les leurs.
Nouvelle forme de colonialisme : la Corée achète ainsi la moitié des terres arables de Madagascar ! (J’ai entendu un Malgache dire, sur RFI, que la Corée ne paierait même pas d’impôts !)
Ces terres sont payées. Ce sont les lois du marché, non ? Ce sont celles de l’offre et de la demande.
On ne pouvait pas rêver de démonstration plus claire de ce qu’elles permettent aux riches d’exproprier les pauvres !
D’où une question : voulons-nous subir les lois du marché, suivant la doctrine fondatrice de l’économie moderne (cf. la Main invisible d’Adam Smith), ou mettre le marché au service de l’humanité ?
Plus exactement, ne serait-il pas judicieux que nous cherchions à maîtriser les effets dévastateurs du marché, avant que ceux qui en sont victimes ne nous fassent payer leur mécontentement ?
GROSSACK, Irvin M., Adam Smith : His Times and Work, Business Horizons, Août 1976.
mercredi 7 mai 2008
Consensus de Washington
- Elle viendrait de l’économiste John Williamson. Il a résumé ainsi ce que pensaient alors les cercles dirigeants de la finance américaine (donc mondiale) : on savait désormais comment rendre une économie prospère. Le consensus était une liste de 10 recommandations sensées faire l’unanimité chez les experts. Dans les faits des divergences sérieuses demeuraient. Le seul consensus était probablement que l’économie de marché avait définitivement triomphé et qu’on avait là le moyen de sauver les pays pauvres. Ensuite tout ne serait qu’une question d’ajustements mineurs.
- Mise en œuvre enthousiaste. Et série de crises majeures : Turquie, Venezuela, Argentine, Mexique, Corée du sud, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Russie et Brésil. À chaque crise, on découvre une faille, a posteriori ridicule, dans le modèle. Et il évolue et se complexifie. À chaque fois on croit possèder la martingale gagnante. Nouveau drame humain.
- L’Américain est pragmatique. La fin justifie les moyens est probablement son idéologie fondamentale. S’il doit en venir à la nationalisation et au socialisme pour réussir, il le fera. De même il serait faux de parler d’une théorie économique. Rien n’y est figé.
- Le Français, par contre, a besoin de certitudes : toute son éducation lui dit qu'il existe une « seule bonne solution ». Le succès apparent des Américains lui fait croire qu'ils l'ont trouvée. (Il est d’autant plus abusé que les bulles spéculatives peuvent durer plus d’une décennie.) Il adopte quelques idées qui semblent y courir. Mais parce qu’il n’est ni habitué à douter de ce en quoi il croit, ni très soucieux de ce qui se passe à l’extérieur, il ne les voit pas évoluer. Comment arriver à faire que la lenteur française ne soit pas victime de « l’innovation américaine » ? Je suggère un Institut Pasteur du risque financier. Il analyserait en permanence les nouvelles idées américaines et les évaluerait. Son travail serait simplifié par le fait que l’Américain a relativement peu de mémoire : certaines idées font des retours réguliers. Cet Institut pourrait ensuite alimenter en quasi certitudes le reste de la nation.
- L'origine principale de mes informations sur le Consensus de Washington : Moises NAIM, Fads and fashion in economic reforms: Washington Consensus or Washington Confusion?, Third World Quaterly, Vol 21, N°3, 2000.
- Kevin J. STIROH, Is There a New Economy?, Challenge, Vol. 42, No.4, Juillet - Août 1999.
- Stephen B. SHEPARD, The New Economy : What It Really Means, Business Week, 17 Novembre 1997.
- Gary HAMEL, Reinvent your company, Fortune, 12 Juin 2000.
