On a voulu réformer la société pour la rendre économiquement efficace, conséquence : une crise économique sans précédent ! Vouloir réussir produit l'échec, vouloir faire de ses enfants des génies, produit des cancres. Suivre sa raison donne le contraire de ce que l'on voudrait. C'est "l'énantiodromie".
Et si c'était, plus que le réchauffement climatique, ce qui menace l'espèce humaine ?
Peut-on l'expliquer ? Je me demande si cela ne vient pas de l'association entre raison et "lois". La raison croit qu'il y a des lois naturelles. Il suffit de les suivre, sans réfléchir. Or, même les lois de la physique ne marchent pas. Par exemple, un satellite ou une sonde demandent des ajustements de trajectoire permanents. Sinon ? "Enantiodromie". Et les sociétés ? Les lois s'appliquent à tous, sauf à quelques exceptions. Et ces exceptions retournent l'opinion !
Antidote ? Aime et fais ce que tu veux. Une attention permanente.
vendredi 10 juillet 2020
jeudi 9 juillet 2020
Licenciements de masse ?
France culture interviewait le dirigeant d'Aéroports de Paris. Il annonçait des licenciements massifs, dans le monde de l'aéronautique, et soulignait la révolution que constituaient les lois sociales de début de mandat. Il semblait encourager ses collègues à en profiter.
Ces lois vont-elles servir l'obsession de réduction des coûts salariaux des grandes entreprises, alors qu'elles devaient favoriser l'embauche, en retirant à la PME la peur du licenciement difficile ?
(Quant à la PME, d'après ce que j'entends, elle n'envisage pas de licencier, elle cherche des affaires.)
Ces lois vont-elles servir l'obsession de réduction des coûts salariaux des grandes entreprises, alors qu'elles devaient favoriser l'embauche, en retirant à la PME la peur du licenciement difficile ?
(Quant à la PME, d'après ce que j'entends, elle n'envisage pas de licencier, elle cherche des affaires.)
Coronavirus : quel pays s'en est-il le mieux tiré ?
La vie des idées publie une étude, qui évalue la réponse de quelques systèmes sanitaires à l'épidémie de coronavirus. (L'étude ne parle ni de l'Afrique, ni de l'Asie.)
"Trois logiques principales se dessinent : celle de la centralisation par défaut, de la décentralisation harmonisée et de la décentralisation conflictuelle."
La sélection naturelle serait favorable aux cultures solidaires qui ont confiance en leur population ?
"Trois logiques principales se dessinent : celle de la centralisation par défaut, de la décentralisation harmonisée et de la décentralisation conflictuelle."
- La France et de l'Angleterre, premier cas. "Dans ces deux pays, le caractère artificiel de la décentralisation du système sanitaire se révèle aujourd’hui pleinement." "Dans la crise sanitaire, ces deux régimes centralisés ont étalé leurs impuissances multiples."
- Ensuite, Allemagne et Suisse. "une gestion plus habituelle a rapidement repris ses droits, suite à l’épisode centralisateur que la crise a imposé pratiquement de partout". "L’essentiel du système sanitaire et social est (...) géré en Allemagne par des fondations proches des églises catholiques et protestantes ou du mouvement ouvrier, dans un système de lien avec les pouvoirs publics (...) On est en présence d’un système parapublic plutôt que privé ". Finalement : "La culture politique du compromis et l’absence de polarisation excessive dans la production et l’évaluation des connaissances scientifiques permettent des coordinations efficaces entre les échelles d’action publique."
- En fin, des USA à la Russie, en passant par l'Italie et l'Espagne ou l'Inde et le Brésil, l'épidémie a suscité une lutte fratricide.
La sélection naturelle serait favorable aux cultures solidaires qui ont confiance en leur population ?
mercredi 8 juillet 2020
Le monde à l'ère du boot strapping ?
La Chine écrase la démocratie de Hong Kong, l'Occident ne bouge pas. Demain, Taiwan ? La Turquie menace un navire français, impunément... Que la France est peu de choses ? Que l'Europe est faible ?
Et si le virus n'avait fait qu'exploiter la lente désagrégation de structures sociales, conséquences d'années d'insouciance rationalisée par l'idéologie ? Maintenant, il s'agit de reconstruire. En espérant qu'il ne va pas y avoir une nouvelle catastrophe.
Il va falloir faire preuve de génie. Car nous n'avons plus de moyens. C'est ce qu'en statistique on appelle "boot strapping" : se soulever en tirant sur ses lacets.
Et si le virus n'avait fait qu'exploiter la lente désagrégation de structures sociales, conséquences d'années d'insouciance rationalisée par l'idéologie ? Maintenant, il s'agit de reconstruire. En espérant qu'il ne va pas y avoir une nouvelle catastrophe.
Il va falloir faire preuve de génie. Car nous n'avons plus de moyens. C'est ce qu'en statistique on appelle "boot strapping" : se soulever en tirant sur ses lacets.
Sens du remaniement ?
Avant le remaniement, on se demandait si M.Macron allait recentrer son gouvernement, ou, encore, faire un signe aux écologistes vainqueurs des municipales, ou encore lâcher du lest aux "territoires".
Mon hypothèse est qu'il a jugé qu'à long terme on était tous morts, comme disait Keynes, et que l'affaire de la fin de son quinquennat va être la crise économique, qui menace d'être redoutable (d'autant que le pays était déjà mal en point avant qu'elle ne commence). Il semble donc avoir choisi, avant tout, des personnes de pratique, non des théoriciens.
Mon hypothèse est qu'il a jugé qu'à long terme on était tous morts, comme disait Keynes, et que l'affaire de la fin de son quinquennat va être la crise économique, qui menace d'être redoutable (d'autant que le pays était déjà mal en point avant qu'elle ne commence). Il semble donc avoir choisi, avant tout, des personnes de pratique, non des théoriciens.
Système D : les raisons de son invention
Brutalement, l'hydrogène crée l'agitation. Carburant de demain ? Ecologique de surcroît ? Mieux que la batterie ? J'enquête, mais pour le moment rien n'est clair (article) : on avance péremptoirement que la batterie électrique serait adaptée aux courtes distances, l'hydrogène aux longues. On annonce des coûts qui, à mon avis, ne veulent rien dire puisque si l'on concentre nos moyens sur eux, ont les réduira à quasiment rien, comme on l'a fait quand cela en a valu la peine (et que l'on n'a pas laissé agir les "forces du marché", comme avec le solaire). Et on ne parle pas des réels enjeux écologiques : savons-nous ou saurons-nous recycler le matériel nécessaire (ce qui est un problème majeur pour les batteries au lithium, les éoliennes et les panneaux solaires) ?
Mais surtout pourquoi cet engouement ? Un moyen d'aspirer l'économie en période de crise ?
Et là, un détail qui laisse rêveur : l'Allemagne investit 9 milliards, la France 100 millions. C'est probablement tout ce que l'on a. Peuple de charlots ?
(Cela me rappelle un film avec Belmondo et David Niven, Le cerveau, où l'on voit le cambrioleur français tenter le casse du siècle avec des boules puantes...)
Mais surtout pourquoi cet engouement ? Un moyen d'aspirer l'économie en période de crise ?
Et là, un détail qui laisse rêveur : l'Allemagne investit 9 milliards, la France 100 millions. C'est probablement tout ce que l'on a. Peuple de charlots ?
(Cela me rappelle un film avec Belmondo et David Niven, Le cerveau, où l'on voit le cambrioleur français tenter le casse du siècle avec des boules puantes...)
mardi 7 juillet 2020
La France peut être pragmatique
Sans réglementation, pas de marché, me disait-on. Sans contrainte, on n'achète pas.
Juste et pas juste. C'est l'opinion qui fait les lois.
Cela explique, d'ailleurs, un comportement irritant : pour éviter l'attention de l'opinion, le gouvernement fait passer ses lois en douce. S'il est pris la main dans le sac, c'est la déroute en rase campagne. Il évoque le "principe de précaution". Aux yeux du monde, nous paraissons des charlots.
L'agglomération de Vichy a trouvé une parade. Il y avait une décision délicate à prendre (reconversion d'une friche). On a demandé à un comité de sages d'instruire le dossier. Ils ont rencontré une quarantaine de "parties prenantes". Et ont débouché sur un consensus. Ils appellent leur méthode "management durable". (Article.)
Le cas de la France ne serait-il pas désespéré ?
(C'est la méthode qu'utilisent les Allemands pour prendre leurs décisions collectives. Mais il paraît qu'il ne faut pas le dire, car le Français ne peut plus supporter d'être comparé, toujours à son désavantage, à un Allemand.)
Vive le fonctionnaire libre !
Qui a dit que l'administration était un cas désespéré ? Il suffit de la débarrasser de ses chefs, et elle devient efficace et responsable, et ne compte plus ses heures !
Voilà les conclusions que l'on a tirées du confinement. C'est ce qu'on lit ici.
Voilà les conclusions que l'on a tirées du confinement. C'est ce qu'on lit ici.
lundi 6 juillet 2020
Le secret du bonheur : l'insécurité ?
Je me suis toujours demandé pourquoi les pauvres étaient joyeux, et les riches sinistres.
Colas Breugnon, le livre de Romain Rolland dont parle un précédent billet, a peut-être une réponse à cette question. Quand la vie est imprévisible, quand elle est sujette aux catastrophes, on vit au jour le jour, et on apprend à tirer le meilleur de ce qu'elle a à apporter. Et on traverse les catastrophes avec bonhommie, et fatalisme.
Colas Breugnon, le livre de Romain Rolland dont parle un précédent billet, a peut-être une réponse à cette question. Quand la vie est imprévisible, quand elle est sujette aux catastrophes, on vit au jour le jour, et on apprend à tirer le meilleur de ce qu'elle a à apporter. Et on traverse les catastrophes avec bonhommie, et fatalisme.
Le propre de l'Occident, c'est le changement ?
L'humanité va d'invention en invention. Il y a eu le feu, l'agriculture, les différents "âges", de la pierre, du bronze, du fer... Mais ces changements ne semblent pas voulus. La caractéristique de beaucoup de cultures, égyptienne ou chinoise, par exemple, semble être de vouloir, ou d'avoir voulu, maintenir le statu quo.
L'histoire occidentale (cf. ce que je disais de l'art récemment) semble être une recherche du changement pour le changement. Le PIB, en particulier, est une mesure de changement.
Ce changement semble avoir la particularité d'être lié à la raison. Max Weber dit que la rationalité consiste à poursuivre un objectif. C'est peut-être cela le propre de l'Occident : penser qu'il y a un absolu, qu'il faut atteindre. Pour l'art, par exemple, cet absolu a été la représentation. Pour la physique, il s'agissait de trouver l'être matériel ultime ("l'atome").
Le changement rationnel a pour caractéristique de finir par donner le contraire de ce qu'il cherchait. Ainsi, l'art ne représente maintenant plus rien. La physique s'est noyée dans une multiplication de particules et de phénomènes non matérialistes.
Question : renouvellerons-nous toujours notre stock d'absolus, ou la raison finira-t-elle par se lasser de rencontrer l'absurde ?
L'histoire occidentale (cf. ce que je disais de l'art récemment) semble être une recherche du changement pour le changement. Le PIB, en particulier, est une mesure de changement.
Ce changement semble avoir la particularité d'être lié à la raison. Max Weber dit que la rationalité consiste à poursuivre un objectif. C'est peut-être cela le propre de l'Occident : penser qu'il y a un absolu, qu'il faut atteindre. Pour l'art, par exemple, cet absolu a été la représentation. Pour la physique, il s'agissait de trouver l'être matériel ultime ("l'atome").
Le changement rationnel a pour caractéristique de finir par donner le contraire de ce qu'il cherchait. Ainsi, l'art ne représente maintenant plus rien. La physique s'est noyée dans une multiplication de particules et de phénomènes non matérialistes.
Question : renouvellerons-nous toujours notre stock d'absolus, ou la raison finira-t-elle par se lasser de rencontrer l'absurde ?
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