lundi 7 juin 2010

Banques européennes

Bizarre, on parle peu des banques européennes, et pourtant elles semblent dans un état aussi (plus ?) précaire que celui des banques américaines :
Elles peuvent facilement emprunter à la BCE et investir cet argent dans des obligations d’état à taux plus élevé
Les banques ont aussi réduit la maturité de leurs propres emprunts, plutôt que de payer des taux plus élevés pour des fonds à long terme plus sûrs. Quand toutes les banques prennent la même décision, c’est une forme de folie collective, parce que cela rend le système vulnérable à une défaillance du marché. 

dimanche 6 juin 2010

Fortune bancaire ?

Pourquoi la rentabilité des banques a-t-elle brutalement cru ces dernières décennies ? Situation de monopole :
  • Elles sont implicitement soutenues par l’Etat, ce qui réduirait massivement le coût de leur financement (une subvention supérieure à leurs bénéfices, en Angleterre…).
  • L’adoption de taux de changes flottants a conduit à la création d’une industrie du produit dérivé, produit d’une telle complexité qu’il est difficile d’en juger le prix.
  • Le plus curieux peut-être est que les grands fonds (notamment de pension) possèdent le marché, et que leurs achats / ventes incessants (qui cherchent à augmenter la valeur de leur portefeuille) ne servent à rien, sinon à enrichir les intermédiaires.

iPad

J’ai eu en main il y a quelques temps un iPad. J’ai été un peu déçu. En tout cas, il semble bien se vendre. Usages possibles ? vidéo interactive et magazines (ce que j’envisageais, effectivement).

Il a suscité une foule de produits concurrents. 0 innovation chez eux, me semble-t-il. L’objectif des concurrents d’Apple serait simplement d’être présents sur le marché. (Not written in stone.) C’est ce que j’appelle dans mes cours la « stratégie de l’option ».

C’est triste. J’ai l’impression que l’entreprise, à l’exception d’Apple, ne cherche plus à inventer ce que nous aurions envie d’acheter. Elle ne parle plus que de prix et de coûts. A la réflexion, et contrairement à ce que j’ai dit dans un précédent billet, il y a peut-être là une des raisons de la crise actuelle. La demande n’est tirée par rien.

Moyen orient compliqué

Le blocus de Gaza aurait donné un résultat inattendu. Sa population se serait installée dans une mentalité de siège. Le territoire serait stable, bien géré, bien organisé, ne manquerait de rien, grâce à ses tunnels. Il serait dirigé d’une main de fer par le Hamas, qui créerait un peuple « à son image ».

La férocité de la répression israélienne aurait fait cesser les tirs de rockets (encouragement à user de la force ?). Et Israël serait satisfait d’avoir une Palestine divisée. (Israel's siege mentality, How Israel plays into Hamas's hands.)

En dépit des crises récurrentes, la situation serait-elle relativement stable ? La crise serait-elle un élément de l’équilibre ?

samedi 5 juin 2010

Démographie russe

Les années 90 ont dû être terribles en Russie : le taux de natalité y est tombé à 1,2. (Le taux de mortalité, lui, augmentant nettement.)

La situation s’améliorerait timidement. La cause en serait un programme d'encouragement à la natalité, et peut-être surtout l’amélioration de la stabilité du pays. D’ailleurs ce serait, contrairement à ailleurs, les diplômés qui auraient le plus d’enfants, justement parce que leur situation est plus solide que celle des autres catégories de la population.

Artiste et entreprise

Curieusement, je rencontre beaucoup d’artistes ces temps derniers. Ils utilisent l’art pour illustrer les mécanismes du changement. Pourquoi pas ?

Cet échantillon peu significatif me fait me poser quelques questions. L’artiste comprendrait-il qu’il doit sortir de son existence d’intermittent ? Que s’il veut gagner sa vie, il doit se rapprocher de l’entreprise ? Effet de la défaillance de l’État providence, une fois de plus ?

Intéressant changement aussi, qui ressemble à ceux dont parle ce blog. Il s’agit pour ces artistes de continuer à faire ce qu’ils aiment, dans un environnement qui n'est pas prévu à cet effet. Changer pour ne pas changer. 

vendredi 4 juin 2010

Israël : drame du désespoir ?

Israël pris au piège d’un cercle vicieux ?
(Les dirigeants israéliens) se comportent comme s’ils pensaient (…) que le monde dans son intégralité hait les Juifs et qu’il n’y a rien à y faire.
Compléments :

Électronique chinoise

Taiwan domine le marché de l’électronique mondiale (« plus de 50% des puces électroniques, près de 70% des écrans d’ordinateurs, plus de 90% des ordinateurs portables »). Son tissu économique (« un réseau de centaines d’entreprises spécialisées ») et la qualification de sa main d’œuvre sont exceptionnels. Ils sont les fruits d’une politique à long terme de l’État. Pourtant, ceci est peu rentable, car l’industrie taiwanaise est écrasée par ses clients occidentaux et japonais.

Ce qui la pousse dans les bras de la Chine continentale.

Je me demande si l’Occident fera toujours d’aussi bonnes affaires le jour ou l’électronique mondiale sera entre les mains de la Chine. 

jeudi 3 juin 2010

Moody’s et Warren Buffett

J’entendais ce matin Warren Buffett, qui possède un gros morceau de Moody’s, dire que les agences de notation se sont trompées comme tout le monde.

Mais à quoi servent-elles si elles ne font pas mieux que nous ?

Il y a quelques années, M.Buffett et ses collègues rêvaient d’un monde merveilleux où notre vie serait entre les mains de l’entreprise, qui tiendrait infiniment mieux que lui le rôle de l’État. Illusion en faillite ?

Prudential et AIG

Depuis quelques temps l’assureur Prudential veut acheter la partie asiatique d’AIG. Après plusieurs rebondissements, échec : les actionnaires de Prudential ont trouvé le prix d’achat trop élevé. Résultat : Prudential doit payer 660m$ pour différents frais liés à cette tentative avortée.

660 million reasons to be angry décompose cette somme et découvre qu’une grosse partie ira aux intermédiaires financiers. Il y aurait collusion entre dirigeants et financiers :
Le secteur financier « trait » l’entreprise, et les patrons ont peu de raisons de l’arrêter.
Ce qui rejoint une idée qui m’est venue ce matin, en écrivant sur le changement. Quand on conduit un changement on découvre que l’entreprise manque cruellement de compétences. D’une certaine façon elle semble optimisée pour faire toujours la même chose. Pour prendre ses virages, elle a maintenant l’habitude d'utiliser de très grosses équipes de consultants extrêmement chers, et terriblement peu efficaces (voire totalement inefficaces). De ce fait les cabinets de conseil internationaux sont devenus monstrueux.

L’économie aurait-elle été mise en coupe-réglée par l’élite universitaire, qu’elle dirige l’entreprise ou les cabinets de conseil en management, ou encore le secteur financier ? L’entreprise sortant de ce traitement réduite au minimum, sans plus de savoir-faire, transformée en une machine à exploiter une position dominante (et donc à nous essorer) ?

Compléments :